mercredi 1 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2106924 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 31 août 2021 et le 13 janvier 2023, M. A B, représenté par la Selarl François Dumoulin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 juin 2021 par lequel le maire de Montbrison lui a infligé une exclusion temporaire de fonctions de dix-huit mois assortie d'un sursis de six mois ;
2°) d'enjoindre à la commune de Montbrison de procéder dans le délai de deux mois à sa réintégration et au versement de l'intégralité de son traitement assorti des intérêts moratoires à compter du 1er juillet 2021, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Montbrison la somme de cinq mille euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la composition du conseil de discipline était irrégulière ;
- le procès-verbal du conseil de discipline omet de faire mention de la répartition des voix concernant la sanction envisagée ;
- la décision critiquée relève d'un détournement de procédure ;
- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis et la sanction retenue présente en tout état de cause un caractère disproportionné.
Par des mémoires en défense enregistrés le 17 mars 2022 et le 26 janvier 2023, la commune de Montbrison, représentée par le cabinet d'avocats Philippe Petit et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par lettre du 6 janvier 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions de la requête à fin d'indemnisation, faute de liaison préalable du contentieux.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard-Rendolet,
- les conclusions de Mme Rizzato, rapporteure publique,
- les observations de Me Pieri pour M. B, ainsi que celles de Me Debaty pour la commune de Montbrison.
Considérant ce qui suit :
1. Chef de service de police municipale employé par la commune de Montbrison, M. B demande l'annulation de l'arrêté du 29 juin 2021 par lequel le maire de cette commune, statuant à nouveau sur sa situation après l'annulation contentieuse d'une précédente sanction du 29 avril 2020 prononçant sa mise à la retraite d'office, lui a infligé la sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de dix-huit mois assortie d'un sursis de six mois.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 28 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l'exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l'ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public () ". Aux termes de l'article 29 de la même loi : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale ". Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale alors en vigueur : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe () / Deuxième groupe () / Troisième groupe : la rétrogradation au grade immédiatement inférieur et à un échelon correspondant à un indice égal ou immédiatement inférieur à celui détenu par l'agent ; l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans ; / Quatrième groupe : la mise à la retraite d'office ; la révocation ".
En ce qui concerne la légalité externe :
3. Pour soutenir que la sanction qu'il conteste a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, M. B se prévaut de la présence du directeur du Centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Loire lorsque le conseil de discipline s'est réuni, le 10 mars 2020, en vue d'émettre un avis sur la sanction envisagée. Alors qu'en vertu de l'article 29 de la loi susvisée du 26 janvier 1984, le directeur du centre de gestion ou son représentant peut être désigné pour assister le président de la commission administrative paritaire (CAP) lors de ses réunions, le moyen tiré du vice de procédure entachant l'avis du conseil de discipline, qui est une formation de la CAP, doit être écarté.
4. Si le procès-verbal de la réunion du conseil de discipline du 10 mars 2020 à l'issue de laquelle celui-ci a émis un avis tendant au prononcé de la sanction en litige n'indique pas le nombre de voix recueillies en faveur de cet avis, aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe n'impose une telle mention. Dès lors, le moyen tiré de l'absence de cette mention doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
5. Pour infliger à M. B la sanction d'exclusion temporaire de fonctions en litige, le maire de Montbrison s'est fondé sur les manquements de celui-ci à son obligation de ponctualité et à son obligation de servir, sur son comportement dans le service jugé distant et querelleur, sur le non-respect par l'intéressé des consignes de sa hiérarchie, sur la tenue des propos menaçants au mois de décembre 2019 ainsi que sur son comportement violent ayant, le 19 décembre 2019, entraîné une dégradation des locaux du service qu'il a vainement tenté de dissimuler.
6. Pour contester le bien-fondé de l'arrêté du 29 juin 2021, M. B soutient que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis et que la sanction retenue présente en tout état de cause un caractère disproportionné. Compte tenu notamment de la teneur des évaluations professionnelles du requérant et des conditions dans lesquelles les témoignages produits ont pu être recueillis, les manquements qui sont reprochés à M. B s'agissant d'un défaut récurrent de ponctualité et d'un manque de vigilance pendant le service et les patrouilles ne peuvent être regardés comme établis. Toutefois, il ressort suffisamment des pièces du dossier que, comme le relève en particulier le procès-verbal circonstancié du conseil de discipline qui s'est tenu le 10 mars 2020 au cours duquel les intéressés ont été entendus confirmant sur ces points la teneur des témoignages produits, que M. B, qui n'a d'ailleurs pas justifié du dépôt effectif de la plainte pour dénonciation calomnieuse dont il s'est prévalu dans ses écritures enregistrées le 31 août 2021, a adopté dans l'exercice de ses fonctions une attitude traduisant un manque de solidarité avec ses collègue et un manque de distance à l'égard des administrés, s'agissant en particulier de l'application des consignes données en matière de verbalisation, entretenant ce faisant les tensions au sein du service et avec sa hiérarchie. Il ressort également du dossier qu'au mois de décembre 2019, M. B a tenu des propos pouvant être perçus comme menaçants par ses collègues et a détérioré, encore que légèrement mais dans un mouvement qui ne saurait être considéré comme relevant d'une simple maladresse, les locaux du service. Dans ces circonstances, les moyens tirés de ce que les faits retenus à l'encontre du requérant ne sont pas établis et de ce que les faits qui seraient jugés établis ne sont pas de nature à justifier la sanction en litige dans son principe ou son quantum doivent être écartés.
7. Si M. B expose que l'autorité territoriale s'est explicitement interrogée sur son état de santé et était ainsi en situation de lui proposer un examen médical en vue de le placer en congé pour cause de maladie au lieu d'engager une procédure disciplinaire, le détournement de pouvoir et de procédure allégué n'est toutefois pas établi.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre l'arrêté du maire de Montbrison du 29 juin 2021 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. B, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la requête présentées sur leur fondement et dirigées contre la commune de Montbrison, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que la commune de Montbrison présente au titre des frais d'instance.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Montbrison tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Montbrison.
Délibéré après l'audience du 1er février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
Mme Soubié, première conseillère,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er mars 2023.
Le rapporteur,
F-X. Richard-RendoletLe président,
A. Gille
La greffière,
L. Khaled
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026