mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2107400 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | GALLO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2021, M. A B, représenté par Me Gallo, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 23 juillet 2021 par lequel le préfet de l'Ardèche a procédé au retrait de sa carte de résident d'une durée de dix ans et lui a délivré une carte de séjour d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale " ;
Il soutient que :
- l'arrêté est illégal en l'absence de trouble à l'ordre public alors qu'il bénéficie de la présomption d'innocence ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 novembre 2022, le préfet de l'Ardèche conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a produit un mémoire enregistré le 7 novembre 2022, postérieurement à la clôture d'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Delahaye, premier conseiller.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain né le 30 septembre 1973, demande l'annulation de l'arrêté du 23 juillet 2021 par lequel le préfet de l'Ardèche a procédé au retrait de sa carte de résident d'une durée de dix ans et lui a délivré une carte de séjour d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Une carte de résident peut être retirée et remplacée de plein droit par une carte de séjour temporaire dans les cas suivants : ()2° L'étranger, titulaire de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " prévue aux articles L. 421-12, L. 421-25, L. 424-5, L. 424-14 ou L. 426-17, accordée par la France, et dont la présence sur le territoire français constitue une menace grave pour l'ordre public, ne peut faire l'objet d'une mesure d'expulsion en application des articles L. 631-2 ou L. 631-3. ".
3. Il ressort des termes de la décision litigieuse, prise au visa des dispositions précitées, que le préfet de l'Ardèche a décidé de retirer la carte de résident dont bénéficiait M. B et de la remplacer par une carte de séjour temporaire d'une année au motif qu'il a été placé en détention provisoire du 28 janvier 2020 au 22 décembre 2020, puis placé sous contrôle judiciaire suite à une interpellation le 27 janvier 2020 par la police nationale de Valence pour tentative de meurtre le 19 décembre 2019, qu'il a par ailleurs été condamné à deux reprises par le tribunal correctionnel de Valence en 2004 et 2007 pour circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance, et qu'en conséquence son comportement constitue une menace grave pour l'ordre public alors qu'il ne peut faire l'objet d'une mesure d'expulsion en application des articles L. 631-2 ou L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. M. B fait valoir qu'il est seulement mis en examen et n'a pas été jugé pour les faits de tentative de meurtre au titre desquels il bénéficie de la présomption d'innocence, et qu'il a été placé sous contrôle judiciaire et non placé en détention provisoire. Toutefois, M. B ne fait état d'aucun élément de nature à douter de la vraisemblance des faits de tentative de meurtre qui lui sont reprochés qu'il ne conteste d'ailleurs pas précisément. Par suite, compte tenu de leur gravité et de leur caractère récent à la date de l'arrêté en litige, le préfet de l'Ardèche a pu légalement retenir ces faits pour constater que la présence de M. B, qui ne peut utilement se prévaloir de la présomption d'innocence, constituait une menace grave pour l'ordre public au sens des dispositions précitées du 2° de l'article R. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors même qu'il est sous contrôle judiciaire. Si M. B fait en outre valoir que les deux condamnations prononcées à son encontre en 2004 et 2007 pour circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance ne pouvaient être retenues dès lors qu'elles sont anciennes et ne caractérisent pas une menace grave à l'ordre public, comme en atteste la délivrance postérieure de sa carte de résident, il ressort en tout état de cause des pièces du dossier que le préfet de l'Ardèche aurait pris la même décision s'il s'était exclusivement fondé sur les faits de tentative de meurtre reprochés à l'intéressé.
5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. En se bornant à faire valoir que rien n'indique qu'il bénéficiera du renouvellement de sa carte de séjour annuelle et qu'il serait alors séparé de ses deux enfants, M. B, qui s'est vu délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", n'établit pas que l'arrêté en litige aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la violation des stipulations précitées doit par suite être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Ardèche en date du 23 juillet 2021. Par suite, sa requête doit être rejetée.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Ardèche.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Collomb, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
Le rapporteur,
L. DelahayeLe président,
J. Segado
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026