jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2107844 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MICHEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 30 septembre 2021 et 10 octobre 2022, l'office public de l'habitat de la métropole de Lyon (" Lyon Métropole Habitat "), représenté par Me Pousset-Bougère, demande au tribunal :
1°) de condamner in solidum, sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs ou, subsidiairement, de la garantie de bon fonctionnement ou de la responsabilité contractuelle, les sociétés Socotec Construction, Holding Socotec, Genim et Christin et M. C A à lui verser la somme de 130 652 euros en réparation des préjudices consécutifs au désordre affectant des toilettes des chambres de la résidence Henri Vincenot à Villeurbanne ;
2°) de condamner in solidum les mêmes à le relever et garantir des condamnations qui pourraient être mises à sa charge au titre du préjudice subi par le centre communal d'action sociale de Villeurbanne ;
3°) de mettre à la charge de tout succombant les entiers dépens et la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les trois quarts des toilettes installées dans les chambres de la résidence présentent une hauteur d'assise non conforme au référentiel technique fixé par l'arrêté du 1er août 2006 fixant les dispositions prises pour l'application des articles R. 111-18 à R. 111-18-7 du code de la construction et de l'habitation, relatives à l'accessibilité aux personnes handicapées des bâtiments d'habitation collectifs et des maisons individuelles lors de leur construction ou de leur création, la circulaire interministérielle n° 2007-53 du 30 novembre 2007 relative à l'accessibilité des établissements recevant du public, des installations ouvertes au public et des bâtiments d'habitation et la norme NF DTU 60.1 à laquelle renvoyaient les marchés de maîtrise d'œuvre et de travaux ;
- ce désordre, qui rend l'ouvrage, destiné à accueillir un public âgé en perte d'autonomie, impropre à sa destination et qui n'était pas apparent à la réception, présente un caractère décennal ;
- il engage la responsabilité de l'architecte, du bureau d'études des fluides, du contrôleur technique et du titulaire du lot plomberie ;
- à titre subsidiaire, il engage la responsabilité des mêmes au titre de la garantie de bon fonctionnement d'éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage ;
- à titre encore plus subsidiaire, il engage la responsabilité contractuelle de la maîtrise d'œuvre qui a manqué à son devoir de conseil à la réception de l'ouvrage ;
- le montant des travaux de reprise des désordres s'élève à 130 652 euros TTC ;
- le montant évalué par l'expert judiciaire du préjudice revendiqué par le CCAS de Villeurbanne lié à la perte de chiffre d'affaires du fait de la réalisation des travaux de reprise n'est pas justifié.
Par des mémoires en défense enregistrés les 17 mars 2022, 2 novembre 2022 et 23 janvier 2023, la société Christin, représentée par Me Burrus, conclut au rejet de la requête et à la condamnation, le cas échéant, des sociétés Genim et Socotec Construction et de M. A à la relever et garantir des condamnations prononcées à son encontre.
Elle fait valoir que :
- la non-conformité de la hauteur des toilettes dans une partie des chambres était apparente et connue de l'OPH de la métropole de Lyon à la date de la réception, puisqu'il avait été informé de l'impossibilité de réaliser certaines toilettes à une hauteur inférieure à 50 cm compte tenu de l'adaptation de l'existant, et elle ne rend pas l'ouvrage impropre à sa destination ;
- elle ne lui est pas imputable dès lors que le contrôleur technique, qui avait une mission HAND, a validé la hauteur de ces toilettes et que le devis de réalisation des toilettes ne fait pas référence au DTU 60.1 ;
- les toilettes en cause ne constituent pas des éléments d'équipement disposant d'un fonctionnement propre et elles ne présentent pas, par leur hauteur d'implantation, un dysfonctionnement, de sorte que la garantie de bon fonctionnement ne peut être retenue ;
- la réception sans réserve de l'ouvrage a mis fin à son marché et au demeurant, l'OPH de la métropole de Lyon n'aurait pas accepté le coût de la reprise des descentes d'eaux usées ;
- les travaux de reprise du désordre préconisés par l'expert représenteraient une amélioration de l'ouvrage ;
- les conclusions d'appel en garantie de Lyon Métropole Habitat sont irrecevables car dépourvues d'objet et, en tout état de cause, la maîtrise d'œuvre et le contrôleur technique ont manqué à leurs obligations au titre de la conception et de l'analyse de la norme applicable.
Par des mémoires en défense enregistrés les 30 mars et 31 octobre 2022, M. C A et la société Genim, représentés par Me Prudon, concluent au rejet des conclusions dirigées à leur encontre, à la condamnation in solidum, le cas échéant, des sociétés Christin et Socotec Construction à les relever et garantir des condamnations prononcées à leur encontre et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Lyon Métropole Habitat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- les missions qui leur ont été confiées portaient sur des travaux de rénovation et de mise en conformité incendie et accessibilité handicapés qui n'impliquaient pas de remplacer la totalité des colonnes de chute, de sorte que les articles 2 et 19 de l'arrêté du 1er août 2006 et la circulaire interministérielle du 30 novembre 2007 ne sont pas applicables, ni de respecter le DTU 60-1, qui ne fait pas partie de la réglementation relative à l'accessibilité handicapée ;
- aucune norme n'imposait donc que la hauteur d'assise des toilettes dans les chambres soit comprise entre 40 et 50 cm du sol et en tout état cause la réalisation des travaux en site occupé rendait impossible le remplacement de toutes les colonnes de chute et le respect de la norme DTU 60.1 ;
- ils n'ont pas manqué à leur devoir de conseil puisqu'ils ont alerté l'OPH de la métropole de Lyon, qui a réceptionné l'ouvrage en connaissance de cause et imprudemment, et la société Socotec ;
- au surplus, le règlement sans réserve de la dernière facture du groupement de maîtrise d'œuvre fait obstacle à ce que Lyon Métropole Habitat recherche leur responsabilité contractuelle ;
- la hauteur des toilettes ne rend pas l'ouvrage impropre à sa destination ;
- les chutes d'eaux sont des éléments existants qui ne sont pas couverts par la garantie de bon fonctionnement et en outre elles ne peuvent être considérées comme des éléments d'équipements dissociables ;
- les travaux de reprise du désordre préconisés par l'expert représenteraient une amélioration de l'ouvrage ;
- si ces travaux avaient été réalisés initialement, le CCAS de Villeurbanne aurait subi des pertes d'exploitation ;
- ils sont fondés à demander à être garantis en cas de condamnation par la société Christin, qui aurait dû au titre de son devoir de conseil attirer leur attention sur le non-respect de la norme DTU 60-1, et par la société Socotec Construction, qui a confirmé en cours de chantier que la règlementation applicable était respectée.
Par un mémoire enregistré le 19 mai 2022, la société Socotec Construction, venant aux droits de la société Socotec France, et la société Holding Socotec, représentées par Me Lacaze, concluent au rejet des conclusions dirigées à leur encontre, à la condamnation in solidum, le cas échéant, de M. A et des sociétés Genim et Christin à les relever et garantir des condamnations prononcées à leur encontre et à ce que les dépens soient mis à la charge de Lyon Métropole Habitat et de tous succombants ainsi que la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que :
- la société Holding Socotec, qui a une activité de participation financière, doit être mise hors de cause ;
- la hauteur d'assise des toilettes ne constitue pas un désordre de nature décennale en l'absence d'atteinte à la destination de l'ouvrage dans son ensemble et au demeurant, il était apparent lors de la réception prononcée sans réserve ;
- cette hauteur est sans lien avec le fonctionnement d'un élément d'équipement dissociable et en tout état de cause, le contrôleur technique n'est pas assujetti à la garantie de bon fonctionnement ;
- la responsabilité contractuelle de la société Socotec France a pris fin avec la réception sans réserve de l'ouvrage et en tout état de cause, elle n'a commis aucune faute ;
- la société Socotec Construction, en tant que contrôleur technique qui n'est soumis qu'à une présomption de responsabilité dans les limites de sa mission, ne peut se voir opposer un manquement à son devoir de conseil pour avoir omis de citer la norme DTU 60.1 alors que celle-ci n'entrait pas dans le cadre de sa mission HAND, ni être condamnée in solidum avec les autres constructeurs ;
- dans l'hypothèse où leur responsabilité serait retenue, elles sont fondées à demander à être garanties par M. C A, la société Genim et la société Christin, auxquels il appartenait de s'interroger sur les conditions d'installation des toilettes suspendues ;
- les travaux de reprise du désordre préconisés par l'expert représenteraient une amélioration de l'ouvrage ;
- les conclusions d'appel en garantie de Lyon Métropole Habitat sont irrecevables car dépourvues d'objet et, en tout état de cause, si ces travaux avaient été réalisés initialement, le CCAS de Villeurbanne aurait subi des pertes d'exploitation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le code des marchés publics ;
- le décret n° 76-87 du 21 janvier 1976 ;
- l'arrêté du 16 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de prestations intellectuelles ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Michel,
- les conclusions de M. D,
- et les observations de Me Jakob pour Lyon Métropole Habitat, de Me Iturbide pour M. A et la société Genim, de Me Touraille pour les sociétés Socotec Holding et Socotec Construction et de Me Burrus pour la société Christin.
Considérant ce qui suit :
1. L'office public d'aménagement et de construction (OPAC) du Rhône a signé le 20 décembre 2012 avec la commune de Villeurbanne un contrat de bail emphytéotique par lequel il s'est engagé à réaliser les travaux de réhabilitation et de mise aux normes des locaux, dont elle est propriétaire, de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Résidence Henri Vincenot et à les louer au centre communal d'action sociale de Villeurbanne. Dans le cadre d'un marché à bons de commande relatif à la prévention des aléas techniques susceptibles d'être rencontrés dans la réalisation d'ouvrages de construction, réhabilitation, aménagement et amélioration conclu avec la société Socotec France, l'OPAC du Rhône a émis le 19 mars 2013 un bon de commande pour une mission de contrôle technique portant sur l'opération de réhabilitation et de mise aux normes des locaux. Par un acte d'engagement signé le 26 juillet 2013, l'OPAC du Rhône a confié la maîtrise d'œuvre de l'opération à un groupement composé notamment de M. C A, architecte, et de la société Genim, bureau d'études techniques des fluides. La société Christin a été chargée de la réalisation du lot n° 7 relatif à la plomberie. La réception de l'ouvrage a été prononcée sans réserve le 15 septembre 2017 avec effet rétroactif au 4 août 2017. Des résidents de l'EHPAD se sont plaints de difficultés d'utilisation des nouvelles toilettes installées dans leur chambre, en raison de la hauteur d'assise. Un expert judicaire a été désigné par une ordonnance du 1er octobre 2019 du juge des référés du tribunal aux fins de déterminer les causes et les conséquences de ce désordre. L'expert a remis son rapport le 28 mai 2021. Lyon Métropole Habitat, venu aux droits de l'OPAC du Rhône en cours d'exécution des travaux, demande la condamnation in solidum, sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs ou, subsidiairement, de la garantie de bon fonctionnement ou de la responsabilité contractuelle, la société Socotec Construction, venue aux droits de la société Socotec France, et les sociétés Holding Socotec, Genim et Christin et M. A à lui verser la somme de 130 652 euros en réparation des préjudices consécutifs au désordre affectant ces toilettes. Lyon Métropole Habitat demande en outre la condamnation in solidum des mêmes à le relever et garantir des condamnations qui pourraient être mises à sa charge au titre du préjudice subi par le centre communal d'action sociale de Villeurbanne. Les constructeurs poursuivis présentent des appels en garantie croisés.
Sur la responsabilité :
2. En premier lieu, il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté que les travaux de rénovation de la résidence Henri Vincenot, dont le lot plomberie, ont été exécutés étage par étage en site occupé et ont duré presque trois années. Les travaux demandés dans le marché conclu le 26 novembre 2014 par l'OPAC du Rhône avec la société Christin consistaient notamment en la rénovation des salles de bains des cinquante-deux chambres avec dépose et repose au sol des toilettes existantes qui ne devaient pas être remplacées. En cours de chantier il est apparu, après ouverture des gaines, que l'altimétrie de l'évacuation ne permettait pas une dépose et une repose à l'identique. Le 8 juillet 2016, Lyon Métropole Habitat a émis un bon de commande pour la fourniture et la pose par la société Christin de toilettes suspendues. La hauteur d'assise de trente-sept des cinquante-deux toilettes suspendues des chambres de la résidence est supérieure de 1 à 7 cm à la hauteur maximale de 50 cm des toilettes suspendues selon la norme NF DTU 60.1. Toutefois, si certains résidents ont quelques difficultés d'adaptation à la hauteur d'assise des toilettes de leur chambre, en particulier l'occupant de la chambre 104 en 2017, tous les résidents sont, selon le directeur de l'établissement, accompagnés et assistés dans tous les actes de la vie quotidienne. Dans ces circonstances, la hauteur des toilettes en cause n'est pas de nature à rendre l'ouvrage dans son ensemble ou même seulement les éléments d'équipement directement affectés par ce vice, impropres à leur destination. Ce vice n'est, dès lors, pas au nombre des désordres qui peuvent engager la responsabilité des constructeurs tant sur le fondement de la garantie décennale que sur celui de la garantie de bon fonctionnement.
3. En second lieu, il appartient au maître de l'ouvrage, lorsqu'il lui apparaît que la responsabilité de l'un des participants à l'opération de construction est susceptible d'être engagée à raison de fautes commises dans l'exécution du contrat conclu avec celui-ci, soit de surseoir à l'établissement du décompte jusqu'à ce que sa créance puisse y être intégrée, soit d'assortir le décompte de réserves. A défaut, si le maître d'ouvrage notifie le décompte général du marché, le caractère définitif de ce décompte fait obstacle à ce qu'il puisse obtenir l'indemnisation de son préjudice éventuel sur le fondement de la responsabilité contractuelle du constructeur, y compris lorsque ce préjudice résulte de désordres apparus postérieurement à l'établissement du décompte.
4. D'une part, la réception de l'ouvrage a mis fin aux rapports contractuels entre le maître d'ouvrage et les sociétés Christin et Socotec France en ce qui concerne la réalisation des travaux. D'autre part, M. A et la société Genim produisent le décompte général et définitif de la maîtrise d'œuvre daté du 15 décembre 2017 détaillant les sommes déjà payées et faisant apparaître, au profit du groupement de maîtrise d'œuvre, la somme de 3 872,12 euros. Lyon Métropole Habitat ne conteste pas, ainsi qu'ils le font valoir, avoir payé le 29 décembre 2017 la facture du 15 décembre 2017 de ce montant. Dans les circonstances de l'espèce, il doit être regardé comme ayant procédé au règlement du solde du marché, dès lors qu'aucun élément du dossier ne permet de démontrer qu'il a entendu procéder seulement à un règlement à titre d'acompte. Il s'ensuit que Lyon Métropole Habitat n'est pas recevable à rechercher la responsabilité contractuelle de M. A et des sociétés Genim, Christin, Socotec et, en tout état de cause, Holding Socotec.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Lyon Métropole Habitat doit être rejetée.
Sur les appels en garantie croisés :
6. En l'absence de condamnation des constructeurs poursuivis, les conclusions d'appel en garantie croisé sont sans objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
Sur les frais d'expertise :
7. Les frais de l'expertise ordonnée par le juge des référés du tribunal administratif de Lyon, taxés et liquidés à la somme de 9 855,10 euros par une ordonnance du 12 janvier 2022, sont laissés à la charge définitive de Lyon Métropole Habitat.
Sur les frais du litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à qu'une somme soit mise à ce titre à la charge des sociétés Socotec Construction, Holding Socotec, Genim et Christin et de M. A, qui ne sont pas parties perdantes dans la présente instance. Il y a lieu en revanche de mettre à la charge de Lyon Métropole Habitat la somme de 1 400 euros chacun à verser d'une part à M. A et à la société Genim et d'autre part aux sociétés Socotec Construction et Holding Socotec.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Lyon Métropole Habitat est rejetée.
Article 2 : Les frais et honoraires de l'expertise judiciaire taxés et liquidés à la somme de 9 855,10 euros sont mis à la charge définitive de Lyon Métropole Habitat.
Article 3 : Lyon Métropole Habitat versera la somme de 1 400 euros chacun d'une part à M. A et à la société Genim et d'autre part aux sociétés Socotec Construction et Holding Socotec au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'office public de l'habitat de la métropole de Lyon, à M. C A et aux sociétés Christin, Socotec Construction, Holding Socotec et Genim.
Copie en sera adressée à M. B, expert.
Délibéré après l'audience du 23 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Michel, présidente,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
La présidente-rapporteure,L'assesseure la plus ancienne
Dans l'ordre du tableau,
C. MichelA. Lacroix
La greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026