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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2109713

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2109713

vendredi 15 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2109713
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantSELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et quatre mémoires, enregistrés le 6 décembre 2021, les 26 octobre et 10 novembre 2022 et les 9 février et 8 juin 2023, M. B A et la commune de Caluire-et-Cuire, représentés par la SELARL Cabinet d'Avocats B Petit et Associés (Me Petit), doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'ordonner, avant-dire droit, la production de la décision par laquelle le maire de la ville de Lyon a réglementé de manière permanente les conditions de stationnement dans la montée Saint-Sébastien située dans le 1er arrondissement de cette ville, ainsi que la délégation de signature consentie à M. Fabien Bagnon, vice-président de la métropole de Lyon ;

2°) d'annuler :

- l'arrêté temporaire du 16 novembre 2021 par lequel le maire de la ville de Lyon et le président de la métropole de Lyon ont provisoirement réglementé les conditions de stationnement et de circulation des véhicules et des piétons dans la montée Saint-Sébastien, la rue Burdeau et la rue René Leynaud, entre le vendredi 19 novembre et le jeudi 25 novembre 2021, en vue de la réalisation des travaux d'aménagement nécessaires à la modification des conditions de circulation dans la montée Saint-Sébastien ;

- les arrêtés permanents du 19 novembre 2021 par lesquels le président de la métropole de Lyon a modifié les conditions de circulation dans la montée Saint-Sébastien ;

- la décision, révélée par l'installation de poteaux métalliques interdisant le stationnement des véhicules automobiles au droit du segment de voie situé entre la rue Burdeau et la rue René Leynaud, par laquelle le président de la métropole de Lyon a réglementé de manière permanente les conditions de stationnement dans la montée Saint-Sébastien ;

3°) d'enjoindre au maire de la ville Lyon et au président de la métropole de Lyon, à compter de la notification du jugement à intervenir, de procéder au rétablissement des conditions de circulation antérieures à cette modification et, subséquemment, à la suppression des aménagements y afférents, en particulier s'agissant des poteaux métalliques interdisant le stationnement des véhicules automobiles au droit du segment de voie situé entre la rue Burdeau et la rue René Leynaud ;

4°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ; en effet :

• cette requête est présentée tant par M. A que par la commune de Caluire-et-Cuire ;

• ils justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour agir, dès lors que M. A est élu au conseil de la métropole de Lyon, est habitant et contribuable de cette métropole mais également maire de la commune de Caluire-et-Cuire qui est elle-même directement impactée par les reports de circulation induits par les arrêtés en litige et l'antériorité des restrictions d'accès à sa commune du fait des aménagements réalisés dans la montée de la Boucle ;

• la requête, qui était initialement dirigée contre l'arrêté temporaire édicté conjointement par le maire de la ville de Lyon et le président de la métropole de Lyon et contre la décision, révélée par la modification effective des conditions de circulation dans la montée Saint-Sébastien à la fin du mois de novembre 2021, a été introduite dans le délai de recours contentieux prévu par les dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative alors qu'aucun arrêté permanent modifiant lesdites conditions de circulation n'avait encore été publié ;

- l'étude financée par les services de la métropole de Lyon afin de démontrer la nécessité et la proportionnalité de la mesure en litige est partiale et devra être écartée des débats ;

En ce qui concerne l'arrêté temporaire et les arrêtés permanents :

- ils sont entachés d'incompétence de leur auteur ;

- ils auraient dû être complétés par une décision formalisée et motivée du maire de la ville de Lyon réglementant de manière permanente les conditions de stationnement dans la montée Saint-Sébastien, conformément aux dispositions des articles L. 3642-2 et L. 2213-2 du code général des collectivités territoriales, compte tenu de l'implantation de poteaux métalliques en bordure de la voirie qui condamnent toute possibilité de stationnement ;

- les arrêtés contestés sont entachés d'une erreur d'appréciation et ne sont pas nécessaires, adaptés et proportionnés à l'objectif poursuivi ; en effet :

• aucun intérêt public ne justifiait la modification des conditions de circulation dans la montée Saint-Sébastien, dès lors qu'aucun accident impliquant des piétons n'avait été à déplorer, contrairement aux accidents impliquant des cyclistes, et qu'il existait d'ores-et-déjà un cheminement piéton sécurisé par le jardin Croix-Paquet desservant le secteur de la place Tolozan, de la rue Burdeau et de la rue René Leynaud ;

• cette modification unilatérale et brutale est contraire aux objectifs affichés d'apaisement de la vie du quartier, de sécurité des piétons et de préservation de l'environnement, dès lors qu'elle a pour effet d'accentuer les manœuvres de véhicules rendues obligatoires par les nouveaux sens de circulation, d'accroitre la vitesse des cyclistes et d'allonger les temps de trajet de l'ensemble des véhicules, y compris s'agissant des délais d'intervention des services publics de secours ;

• la modification litigieuse porte une atteinte disproportionnée au droit de propriété, en particulier aux droits des riverains de la montée Saint-Sébastien résidant entre les rues Burdeau et René Leynaud d'entrer et de sortir des immeubles avec un véhicule, à la liberté d'aller et venir de l'ensemble des automobilistes, à la liberté du commerce et de l'industrie et à la sécurité des personnes ;

• il existait des mesures alternatives moins attentatoires à ces droits et libertés, telles que la mise en place d'un sens unique de circulation dans la montée Saint-Sébastien, la mise en place d'un sens de circulation alterné entre les rues Burdeau et René Leynaud, la réglementation du stationnement et l'élargissement des trottoirs aux passages les plus étroits ;

- les arrêtés attaqués méconnaissent le principe d'égalité, dès lors qu'ils ont pour effet de discriminer certains usagers de la montées Saint-Sébastien tels que les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite ou les parents ayant des enfants en bas âges ;

- ils sont entachés d'un détournement de pouvoir, dès lors qu'ils poursuivent une finalité d'exclusion des véhicules sans contrepartie utile pour la sécurité ou l'environnement ;

- ils sont entachés d'un conflit d'intérêt au regard des dispositions de l'article 2 de la loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013, dès lors que le vice-président de la métropole de Lyon, délégué à la voirie et aux mobilités actives, était le président de l'association " La ville à vélo " et aurait dû se déporter ;

En ce qui concerne la décision révélée :

- elle est entachée d'incompétence de son auteur au regard des dispositions de l'article L. 3642-2 du code général des collectivités territoriales, dès lors que le président de la métropole de Lyon n'était pas compétent pour réglementer de manière permanente les conditions de stationnement dans la montée Saint-Sébastien ;

- elle ne permet pas une juste conciliation des droits de l'ensemble des usagers de la voie publique.

Par quatre mémoires en défense, enregistrés les 24 mai et 26 octobre 2022 et les 11 janvier et 31 mai 2023, la métropole de Lyon, représentée par la SELAS Adaltys -Affaires Publiques (Me Petit), conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable ; en effet :

• elle est dirigée contre des décisions inexistantes, dès lors qu'aucun arrêté temporaire n'a été édicté par le maire de la ville de Lyon le 22 novembre 2021, le seul arrêté édicté par cette autorité datant du 16 novembre 2021 et que la modification des conditions de circulation de la montée Saint-Sébastien n'a pas fait l'objet d'une unique décision mais de plusieurs arrêtés permanents du président de la métropole de Lyon ;

• M. A n'a pas produit ces arrêtés permanents, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, et ne fait état d'aucune impossibilité justifiée de les produire alors qu'ils avaient fait l'objet d'une publicité selon les formalités réglementaires ;

• à supposer que le requérant redirige les conclusions de sa requête à l'encontre des arrêtés permanents du président de la métropole de Lyon, celles-ci seraient tardives au regard des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative dès lors que ces arrêtés sont devenus définitifs ;

• le requérant ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre des mesures de police en litige et s'il fait état de sa qualité de maire de la commune de Caluire-et-Cuire, sa requête n'a pas été introduite au nom de cette commune mais en son nom propre ;

• ladite commune ne justifie pas davantage, en tout état de cause, d'un intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre des mesures litigieuses ;

- à titre subsidiaire, les moyens de M. A ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2022, la ville de Lyon, représentée par la SELAS Adaltys - Affaires Publiques (Me Petit), conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable ; en effet :

• elle est dirigée contre des décisions inexistantes, dès lors qu'aucun arrêté temporaire n'a été édicté par le maire de la ville de Lyon le 22 novembre 2021, le seul arrêté édicté par cette autorité datant du 16 novembre 2021, et que la modification des conditions de circulation de la montée Saint-Sébastien n'a pas fait l'objet d'une unique décision mais de plusieurs arrêtés permanents du président de la métropole de Lyon ;

• l'arrêté temporaire du 16 novembre 2021 ayant épuisé l'ensemble de ses effets, il ne fait pas grief à M. A ;

• à supposer que l'intéressé redirige les conclusions de sa requête à l'encontre des arrêtés permanents du président de la métropole de Lyon, celles-ci serait tardives au regard des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, dès lors que ces arrêtés sont devenus définitifs ;

• le requérant ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre des mesures de police en litige et s'il fait état de sa qualité de maire de la commune de Caluire-et-Cuire, sa requête n'a pas été introduite au nom de cette commune mais en son nom propre ;

• ladite commune ne justifie pas davantage, en tout état de cause, d'un intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre des mesures litigieuses ;

- à titre subsidiaire, les moyens de M. A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 17 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 juin 2023.

Par un courrier du 28 août 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la prétendue décision par laquelle le président de la métropole de Lyon aurait réglementé de manière permanente les conditions de stationnement dans la montée Saint-Sébastien, dès lors que l'installation de poteaux métalliques entre la rue Burdeau et la rue René Leynaud n'est pas de nature à révéler une telle décision qui est ainsi inexistante.

M. A et la commune de Caluire-et-Cuire ont présenté des observations en réponse à ce moyen d'ordre public, le 30 août 2023, qui ont été communiquées aux défendeurs.

La métropole de Lyon a produit, le 30 août 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction, une pièce complémentaire qui ne répondait pas au moyen d'ordre public et n'a donc pas été communiquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gueguen ;

- les conclusions de M. Pineau, rapporteur public :

- les observations de Me Petit, représentant M. A et la commune de Caluire-et-Cuire ;

- et les observations de Me Roussel, substituant Me Petit, représentant la métropole de Lyon et la ville de Lyon.

Considérant ce qui suit :

1. À l'issue d'une réflexion menée par les services de la mairie du 1er arrondissement de la ville de Lyon ayant donné lieu à une concertation et à une réunion publique les 29 mars et 18 octobre 2021, le projet de réaménagement de la montée Saint-Sébastien reliant la Presqu'île de Lyon au plateau de la Croix-Rousse s'est notamment traduit par l'adoption, le 16 novembre 2021, d'un arrêté temporaire édicté conjointement par le maire de la ville de Lyon et le président de la métropole de Lyon visant à provisoirement réglementer les conditions de stationnement et de circulation des véhicules et des piétons dans cette montée ainsi que dans les rues Burdeau et René Leynaud, entre le vendredi 19 et le jeudi 25 novembre 2021, en vue de la réalisation des travaux d'aménagement nécessaires à la modification des conditions de circulation dans ladite montée. Par ailleurs, par dix-sept arrêtés permanents des 19 novembre 2021, le président de la métropole de Lyon a procédé à la modification des conditions de circulation dans la montée Saint-Sébastien, en instaurant notamment un sens unique de circulation pour les véhicules en provenance des rues Burdeau et René Leynaud et en créant une bande cyclable bidirectionnelle, réservée aux cycles à deux ou trois roues ainsi qu'aux engins de déplacement personnel motorisés, dans la portion de cette montée comprise entre la rue Burdeau et la place Croix-Paquet où la circulation des véhicules est désormais interdite. M. A et la commune de Caluire-et-Cuire demandent au tribunal de prononcer l'annulation, d'une part, des arrêtés précités des 16 et 19 novembre 2021 et, d'autre part, de la décision révélée par l'installation de poteaux métalliques interdisant le stationnement des véhicules automobiles au droit du segment de voie situé entre la rue Burdeau et la rue René Leynaud, par laquelle le président de la métropole de Lyon a réglementé de manière permanente les conditions de stationnement dans la montée Saint-Sébastien.

Sur la recevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la prétendue décision révélée par laquelle le président de la métropole de Lyon aurait réglementé de manière permanente les conditions de stationnement dans la montée Saint-Sébastien :

2. Selon les termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".

3. Alors que l'arrêté temporaire précité du 16 novembre 2021 n'avait réglementé que de manière temporaire les conditions de stationnement des véhicules dans la montée Saint-Sébastien et dans la rue Burdeau, entre le vendredi 19 et le jeudi 25 novembre 2021, en interdisant le stationnement des véhicules, entre 7 heures et 17 heures, dans la portion de cette montée comprise entre la rue Magneval et la rue Imbert Colomès, et sur les dix mètres de la rue Burdeau des deux côtés de la chaussée située à " l'Ouest " de ladite montée, en vue de la réalisation des travaux d'aménagement nécessaires à la modification des conditions de circulation dans la montée Saint-Sébastien, alors que les dix-sept arrêtés permanents également précités du 19 novembre 2021 réglementent exclusivement les conditions de circulation dans cette montée, et alors que l'administration fait valoir en défense, sans être utilement contredite, que le maire de la ville de Lyon n'a adopté aucun arrêté réglementant de manière permanente les conditions de stationnement dans ladite montée, M. A et la commune de Caluire-et-Cuire demandent au tribunal de prononcer l'annulation de la décision, selon eux révélée par l'installation de poteaux métalliques interdisant le stationnement des véhicules automobiles au droit du segment de voie situé entre la rue Burdeau et la rue René Leynaud, par laquelle le président de la métropole de Lyon aurait également réglementé de manière permanente les conditions de stationnement dans la montée Saint-Sébastien. Toutefois, il ressort des photographies intégrées aux écritures de la métropole de Lyon que la portion de la montée Saint-Sébastien comprise entre la rue Burdeau et la rue René Leynaud, d'une longueur d'environ 45 mètres et bordée de trottoirs comportant déjà de nombreux poteaux métalliques, ne comportait, antérieurement aux travaux d'aménagement précités, aucune place de stationnement, l'administration faisant d'ailleurs valoir en défense, sans être contredite, que les propriétés riveraines situées sur cette portion ne possèdent aucune entrée charretière les reliant à la voie publique. Par suite, dès lors que contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'implantation au milieu de la chaussée, dans le cadre de ces travaux d'aménagement, de poteaux métalliques intégrés à la voie publique par une emprise au sol et destinés à matérialiser la séparation des deux sens de circulation de la nouvelle bande cyclable bidirectionnelle, sur laquelle les véhicules ne sont, en tout état de cause, plus autorisés à circuler, n'est pas de nature à révéler une décision du président de la métropole de Lyon réglementant de manière permanente les conditions de stationnement dans la montée Saint-Sébastien, ainsi qu'en ont été informées les parties en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les conclusions tendant à l'annulation de cette décision, qui est inexistante, sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées, le témoignage rédigé le 2 juin 2023 par la propriétaire d'un local situé au numéro 24 de cette voie et faisant état de son " () impossibilité () de stationner en voiture ne serait-ce que pour y déposer des personnes () " étant à cet égard sans incidence.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

En ce qui concerne les fins de non-recevoir tirées de l'absence d'intérêt donnant qualité pour agir de M. A :

4. Pour justifier de son intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre des arrêtés temporaires et permanents précités des 16 et 19 novembre 2021, M. A se prévaut de ses qualités d'élu au conseil de la métropole de Lyon, d'habitant et de contribuable de cette même métropole. Toutefois, ainsi que le fait valoir l'administration en défense, les décisions contestées, qui n'ont pas été adoptées par l'assemblée délibérante de la métropole de Lyon mais ont été respectivement édictées conjointement par le maire de la ville de Lyon et le président de cette métropole, dans le cadre de l'exercice de leurs pouvoirs propres de polices du stationnement et de la circulation, et par le seul président de ladite métropole, dans le cadre de l'exercice de son pouvoir propre de police de la circulation, n'ont ni pour objet, ni pour effet de porter atteinte aux prérogatives que le requérant tient de sa qualité de membre élu du conseil de la métropole de Lyon. Par ailleurs, alors que la seule qualité de résident de la métropole de Lyon ne lui confère pas un intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre des arrêtés en litige, l'administration fait valoir en défense, sans être contredite, que M. A n'est pas riverain de la montée Saint-Sébastien située dans le 1er arrondissement de Lyon, l'intéressé n'établissant ni même n'alléguant davantage que les décisions attaquées porteraient une atteinte directe et certaine aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance d'un bien qu'il y occuperait régulièrement ou dont il serait propriétaire. En outre, et à supposer qu'il ait entendu se prévaloir personnellement de l'augmentation, pour les automobilistes, des temps de trajets induits par les arrêtés contestés, le requérant ne justifie pas être lésé de manière suffisamment directe et certaine par la modification des conditions de circulation dans la montée Saint-Sébastien. Enfin, alors que la seule qualité de contribuable de la métropole de Lyon ne lui confère pas davantage un intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre des arrêtés en litige, en se bornant à faire état, sans plus de précisions, des " conséquences et coûts engendrés " par ces arrêtés, l'intéressé ne démontre pas que lesdits arrêtés auraient des conséquences financières sur le budget de cette métropole. Par suite, les fins de non-recevoir opposées en défense, tirées de ce que M. A ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre des arrêtés contestés, doit être accueillie, et les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant à l'encontre de ces arrêtés, qui sont irrecevables, ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne les fins de non-recevoir tirées de l'absence d'intérêt donnant qualité pour agir de la commune de Caluire-et-Cuire :

5. Pour justifier de son intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre des arrêtés temporaires et permanents précités des 16 et 19 novembre 2021, la commune de Caluire-et-Cuire se prévaut des " répercussions négatives " induites par la modification des conditions de circulation dans la montée Saint-Sébastien, dès lors qu'elle serait directement impactée par des reports de véhicules sur la montée de la Boucle qui aggraveraient de manière " critique " les conditions de circulation sur cette voie d'accès à son territoire, déjà affectée par l'aménagement d'une plateforme de bus et d'une piste cyclable, et " pénalise(raie)nt lourdement (s)es habitants ". Toutefois, la commune requérante, qui n'a produit aucun élément de justification à l'appui de ses allégations en dépit des fins de non-recevoir opposées en défense et qui se borne à se prévaloir, dans le dernier état de ses écritures, des éléments contenus dans une note technique produite par la métropole de Lyon qu'elle demande d'ailleurs au tribunal d'écarter des débats en raison de sa prétendue partialité, ne démontre pas que les arrêtés en litige auraient des incidences significatives sur sa propre situation ou sur les intérêts dont elle à la charge. En effet, s'il ressort de cette note technique rédigée au mois d'octobre 2022 par le bureau d'étude " Transitec " que la modification des conditions de circulation dans la montée Saint-Sébastien a entrainé une augmentation du trafic " Sud-Nord " dans la montée de la Boucle, qui ne se situe que pour partie sur le territoire de la commune de Caluire-et-Cuire, de l'ordre de 400 véhicules par jour entre les mois d'octobre 2021 et de mars 2022, cette note ne fait état d'aucun report de véhicules sur le territoire de cette commune et ne contient aucun élément de nature à corroborer les allégations de la commune requérante tirées de ce que les arrêtés en litige auraient aggravé les conditions d'accès à son territoire dans la montée de la Boucle et entrainé des " embouteillages systématiques allant jusqu'au quai du Rhône " dans " le sens de la montée ". Par ailleurs, la commune de Caluire-et-Cuire n'établit ni même n'allègue que les arrêtés contestés auraient contraint son maire à prendre l'attache du président de la métropole de Lyon pour qu'il fasse usage de son pouvoir de police afin de réglementer les conditions de circulation sur son territoire, ni qu'il ait été contraint de faire lui-même usage de ses pouvoirs de police pour réglementer les conditions de stationnement sur le territoire de sa commune, en conséquence de risques ou de nuisances induits par ces arrêtés. Enfin, la commune requérante n'établit ni même n'allègue davantage que le report de trafic automobile précité aurait entrainé des répercussions sur les coûts d'entretien des chaussées caluirardes. Par suite, les fins de non-recevoir opposées en défense, tirées de ce que la commune de Caluire-et-Cuire ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre des arrêtés contestés, doit être accueillie, et les conclusions à fin d'annulation présentées par la commune requérante à l'encontre de ces arrêtés, qui sont irrecevables, ne peuvent qu'être rejetées.

6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin, ni d'ordonner avant-dire droit la production des deux décisions sollicitées par les requérants, ni de se prononcer sur les autres fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A et la commune de Caluire-et-Cuire ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction, doivent être rejetées.

Sur les frais non compris dans les dépens :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la métropole de Lyon qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à M. A et à la commune de Caluire-et-Cuire d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la métropole de Lyon et la ville de Lyon sur le fondement des mêmes dispositions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. A et la commune de Caluire-et-Cuire est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la métropole de Lyon et la ville de Lyon en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la commune de Caluire-et-Cuire, à la métropole de Lyon et à la ville de Lyon.

Délibéré après l'audience du 1er septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Bertolo, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2023.

Le rapporteur,

C. Gueguen

La présidente,

A. Baux

La greffière,

I. Rignol

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

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