mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2200079 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | POCHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 janvier 2022, M. A B, représenté par Me Pochard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 juillet 2021 par laquelle le directeur de l'Office français des réfugiés et apatrides a refusé de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
2°) d'enjoindre au directeur de l'Office français des réfugiés et apatrides, à titre principal, de lui reconnaître la qualité d'apatride dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. B soutient que :
- la décision en litige est insuffisamment motivée au regard des dispositions de l'article L. 582-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors que les questions posées n'étaient pas adaptées à sa situation ;
- ses démarches répétées et assidues pour obtenir la nationalité birmane sont restées sans suite ;
- son ethnie n'est pas reconnue par l'Etat birman ce qui fait obstacle à ce qu'il puisse obtenir la nationalité de cet Etat.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 12 novembre 2021.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention de New-York du 28 septembre 1954 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soubié, première conseillère,
- et les conclusions de M. Habchi, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui allègue être né le 6 mai 1991 en Birmanie, est entré en France pour solliciter l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 25 mars 2014, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 6 octobre 2014. Il a formé le 5 août 2020, une demande de reconnaissance de la qualité d'apatride sur le fondement de la convention de New-York du 28 septembre 1954, qui a été rejetée le 26 juillet 2021 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Il demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 582-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides notifie par écrit sa décision au demandeur du statut d'apatride, par tout moyen garantissant la confidentialité et la réception personnelle de cette notification. Toute décision de rejet est motivée en fait et en droit et précise les voies et délais de recours. Aucune décision sur une demande de statut d'apatride ne peut naître du silence gardé par l'Office. "
3. La décision attaquée comporte la mention des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Elle est ainsi suffisamment motivée.
4. Il ne ressort pas de la décision attaquée que le directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B. Par suite, le moyen sera écarté.
5. Aux termes de l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides : " () Le terme "apatride" désigne une personne qu'aucun Etat ne considère comme son ressortissant par application de sa législation. ()." Les dispositions de l'article L. 812-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu l'article L. 582-1 du même code, prévoient que " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New-York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides. Ces personnes sont régies par les dispositions applicables aux apatrides en vertu de cette convention. ". Aux termes de l'article R. 812-1 du même code, devenu l'article R. 582-1 : " La demande de statut d'apatride est déposée à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Elle est rédigée en français sur un imprimé établi par l'Office. L'imprimé doit être signé et accompagné de deux photographies d'identité récentes et, le cas échéant, du document de voyage, des documents d'état civil et de la copie du document de séjour en cours de validité () ". Enfin, aux termes de l'article R. 812-2 du même code, devenu l'article R. 582-2 : " L'Office peut convoquer le demandeur à un entretien personnel dans les conditions prévues au I de l'article R. 723-19. / Le demandeur est entendu dans la langue de son choix, sauf s'il existe une autre langue qu'il comprend et dans laquelle il est à même de communiquer clairement () ". Il incombe à toute personne se prévalant de la qualité d'apatride d'apporter la preuve qu'en dépit de démarches répétées et assidues, l'Etat de la nationalité duquel elle se prévaut ou duquel elle pourrait prétendre a refusé de donner suite à ses démarches.
6. Pour refuser de reconnaître à M. B le statut d'apatride, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a estimé que les documents d'état civil et d'identité produits n'étaient pas probants, qu'il n'avait pas pu établir sa provenance de Birmanie, ni son appartenance à la communauté Rohingya, ni son parcours avant d'entrer en France et enfin qu'il n'établissait pas par les seules pièces produites que la Birmanie aurait refusé de le reconnaître comme son ressortissant.
7. M. B soutient que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a commis une erreur d'appréciation de sa situation en retenant qu'il n'avait pas fourni d'éléments relatifs à la communauté Rohingya à laquelle il appartient, ni à sa maitrise du bengali. Toutefois, si M. B fait valoir qu'il a vécu enfant dans une communauté rurale avant de fuir la Birmanie et n'a pas été scolarisé, ce qui ne lui permet pas d'appréhender la situation géopolitique des Rohingyas, ces éléments ne permettent pas à eux seuls d'établir que sa situation n'aurait pas été appréciée exactement au regard des réponses données aux questions destinées à s'assurer de son origine, dont rien ne laisse à penser qu'elles n'auraient pas été formulées au regard de sa situation particulière. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. Si le requérant soutient avoir entamé dans la limite de ses possibilités les démarches nécessaires pour se voir reconnaître la nationalité birmane, il ne l'établit pas dans le cadre de la présence instance, en faisant seulement état d'une demande du 23 février 2018 et d'une autre du 20 juillet 2020 auprès de l'ambassade de Birmanie en France, laquelle lui a adressé la liste des pièces à produire pour se voir délivrer un passeport. Ces deux demandes ne suffisent ainsi pas à établir que le requérant aurait effectué des démarches assidues et répétées, pour se voir reconnaître la nationalité birmane. En tout état de cause, la seule réponse de l'ambassade de Birmanie transmettant une liste de pièces à fournir ne permet pas d'établir que la Birmanie refuserait de le reconnaître comme un de ses ressortissants. Par suite, le moyen sera écarté.
9. Enfin, en tout état de cause, si le requérant fait état d'une loi de 1982 qui rend difficile l'accession des Rohingyas à la nationalité birmane, le requérant n'apporte pas d'éléments suffisamment probants pour établir sa naissance en Birmanie, ni son appartenance à la communauté Rohingya, les documents présentés comme établis par l'Organisation nationale des Rohingyas de l'Arakan ne présentant pas de garanties d'authenticité suffisantes. Il n'établit ainsi pas qu'il ne pourrait pas accéder à cette nationalité, ni revendiquer aucune autre nationalité. Par suite, le moyen doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions dirigées contre la décision refusant à M. B la qualité d'apatride, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Soubié, première conseillère,
Mme Boulay, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
La rapporteure,
A-S. SOUBIE
La présidente,
V. VACCARO-PLANCHET
La greffière,
C. DELMAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026