vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202470 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | GAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 mars 2022, Mme A D épouse B, représentée par Me Gay, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2022 par lequel le préfet de l'Ardèche a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Ardèche :
- à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard,
- à titre subsidiaire, de réexaminer son dossier ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.
Mme B soutient que :
1°) s'agissant de la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier de sa situation individuelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
2°) s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
3°) s'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par exception d'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français.
Par une ordonnance du 1er avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 mai 2022.
Un mémoire présenté par le préfet de l'Ardèche a été enregistré le 9 juin 2022.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante malgache née le 28 septembre 1978, est entrée en France le 16 janvier 2020, munie d'un visa C portant la mention " famille de français ", valide du 14 janvier au 10 avril 2020. Le 11 janvier 2022, l'intéressée a sollicité son admission au séjour. Par un arrêté en date du 7 mars 2022, le préfet de l'Ardèche a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme B demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
2. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de l'Ardèche n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme B avant de refuser son admission au séjour. Si la requérante indique que le préfet n'aurait pas pris en compte sa situation personnelle et les conséquences que la décision en litige était susceptible d'engendrer, le préfet a cependant relevé les éléments déterminants de la situation personnelle et familiale de l'intéressée, notamment le fait que Mme B ne justifiait pas d'une communauté de vie effective avec son époux en France, qu'elle était par ailleurs dépourvue de visa de long séjour et d'autorisation de travail s'agissant de l'emploi d'assistante maternelle pour lequel elle disposait d'un contrat de travail à durée déterminée et enfin, qu'entrée récemment en France, elle ne démontre pas y avoir des liens personnels et familiaux intenses, anciens et stables. S'il est loisible à Mme B de contester cette analyse, cette divergence d'appréciation avec celle retenue par l'autorité administrative ne saurait établir le défaut d'examen invoqué. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit par suite être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
4. Mme B fait état de ce qu'elle réside en France depuis plus de deux ans, bénéficie d'un contrat de travail à durée déterminée pour un emploi d'assistante maternelle, a obtenu un diplôme d'études en langue française et de ce qu'elle a créé un cercle amical fort sur le territoire national. Toutefois, si la requérante a épousé, le 23 février 2006 à Madagascar, un ressortissant français et est entrée régulièrement en France en qualité de conjointe d'un ressortissant français, il est constant qu'il n'existe plus de communauté de vie entre la requérante et son époux, Mme B indiquant d'ailleurs que son époux a quitté Madagascar en 2011 suite à des problèmes de santé et qu'elle ignore où il réside. Ainsi, Mme B se trouve, à la date de la décision attaquée, séparée de son époux et sans charge de famille sur le territoire français où sa présence demeure récente alors qu'elle a passé l'essentiel de son existence dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 41 ans et où elle conserve ainsi nécessairement ses attaches culturelles et sociales. Par ailleurs, le fait que Mme B ait exercé des activités salariées de juillet à septembre 2021 en qualité d'assistante maternelle et qu'elle ait obtenu le diplôme précité attestant d'un niveau A2 en langue française ne démontre pas qu'elle aurait noué sur le territoire national des attaches intenses et pérennes, pas davantage que l'attestation versée au débat d'une personne résidant à Strasbourg indiquant qu'elle voit régulièrement la requérante lors des fêtes de famille. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France au regard des buts poursuivis. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours :
5. En l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
6. En l'absence d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de ces décisions et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi doit être écarté.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que cette requête doit être rejetée, en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D épouse B et au préfet de l'Ardèche.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Collomb, première conseillère,
M. Pineau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
Le rapporteur,
N. C
La présidente,
A. Baux
La greffière,
N. Boumedienne
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026