mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203856 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CORNET-VINCENT-SEGUREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mai 2022 et des mémoires enregistrés les 24 mai 2022 et 21 juillet 2023, Mme A C, représentée par Me Laviolette (Selarl New Age Avocats), demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite intervenue le 21 mars 2022 par laquelle l'hôpital Nord-Ouest de Tarare a rejeté ses demandes tendant, d'une part, à la transmission de son solde de tout compte et de l'ensemble des documents de fin de contrat, d'autre part au versement d'une indemnité de précarité et enfin à l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'illégalité de la relation contractuelle qui l'a liée à l'hôpital depuis son recrutement ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Tarare de lui communiquer son certificat de travail, de l'informer de ses droits en matière de protection sociale et de lui verser les éléments de salaire lui restant dus ainsi que son solde de tout compte, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
3°) de condamner les centres hospitaliers de Tarare et de Villefranche-sur-Saône à lui verser une somme de 21 000 euros assortie des intérêts au taux légal en réparation des préjudices de toute nature qu'elle a subis du fait de l'illégalité de la relation contractuelle les ayant liés entre 2007 et 2021 ;
4°) de condamner le centre hospitalier de Tarare à lui verser, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 250 euros par jour de retard, une somme de 25 314 euros au titre de la perte de l'avantage financier auquel elle aurait pu prétendre si elle avait été employée dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée ;
5°) de condamner les centres hospitaliers de Tarare et de Villefranche-sur-Saône à lui verser, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 250 euros par jour de retard, une somme de 81 117,32 euros au titre de l'indemnité de précarité à laquelle elle a droit ;
6°) de mettre les dépens de l'instance à la charge des centres hospitaliers de Tarare et de Villefranche-sur-Saône ;
7°) de mettre à la charge des centres hospitaliers de Tarare et de Villefranche-sur-Saône les dépens ainsi que la somme de 2 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Mme C soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :
- le centre hospitalier de Tarare ne pouvait légalement refuser de lui octroyer l'indemnité de précarité prévue par les dispositions de l'article L. 1243-8 du code du travail ;
- le montant auquel elle peut prétendre au titre de cette indemnité s'élève à 81 117,23 euros correspondant à 10% de la rémunération totale brute qui lui a été versée ;
En ce qui concerne les conclusions indemnitaires :
- la prescription quadriennale ne peut lui être valablement opposée puisque c'est précisément la succession dans le temps de contrats à durée déterminée qui constitue la faute invoquée ;
- les centres hospitaliers de Villefranche-sur-Saône et de Tarare l'ont employée pour exercer les fonctions de médecin urgentiste durant treize ans et sept mois sous contrats à durée déterminée ;
- cette succession de contrats à durée déterminée est constitutive d'un abus fautif ;
- au surplus, les centres hospitaliers de Villefranche-sur-Saône et de Tarare n'ont pas respecté les procédures et délais applicables au renouvellement des contrats ;
- le centre hospitalier de Tarare l'a, en outre, nommée en qualité de faisant fonction d'interne alors qu'elle n'en remplissait pas les conditions entre le 1er janvier et le 31 décembre 2018 ;
- les centres hospitaliers de Villefranche-sur-Saône et de Tarare ne peuvent lui reprocher de ne pas disposer du plein exercice de la médecine puisqu'elle en remplit les conditions ;
- elle est fondée à demander l'indemnisation des préjudices subis du fait des fautes commises par ses employeurs :
* elle a été placée dans une situation administrative précaire durant près de quatorze années, ce qui est constitutif d'un préjudice moral qui pourra être réparé par l'octroi d'une indemnité de 21 000 euros correspondant à 1 500 euros par année d'ancienneté ;
* elle est de plus fondée à solliciter une indemnisation au titre de la perte de l'avantage financier auquel elle aurait pu prétendre en cas de licenciement si elle avait été employée dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, et à réclamer, à ce titre, une somme de 25 314 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 septembre 2022, les centres hospitaliers de Villefranche-sur-Saône et de Tarare, représentés par Me Pichon (Selarl CVS), concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme C par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les centres hospitaliers de Villefranche-sur-Saône et de Tarare soutiennent que :
- les demandes indemnitaires portant sur des préjudices subis antérieurement au 1er janvier 2018 sont prescrites conformément aux dispositions de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics ;
- ils n'ont commis aucune faute dès lors que le recours aux contrats à durée déterminée a permis à Mme C d'exercer sa profession de manière continue, alors qu'elle n'a pas entrepris de démarches afin de disposer du plein exercice de la médecine ;
- en toute hypothèse, le recours aux contrats ne peut leur être reproché par la requérante qui avait parfaitement conscience que cette situation résultait seulement du fait qu'elle ne disposait pas du plein exercice de la médecine ;
- le statut de faisant fonction d'interne est le seul qui pouvait lui être régulièrement proposé ;
- la réalité du préjudice moral n'est pas établie ;
- la requérante ayant mis fin elle-même à la relation contractuelle, elle ne peut réclamer d'indemnisation réparant le préjudice subi lors de l'interruption de la relation d'emploi évalué en fonction des avantages financiers auxquels elle aurait pu prétendre en cas de licenciement ;
- la prime de précarité invoquée ne peut être allouée à la requérante dès lors que les dispositions qu'elle invoque ne sont applicables qu'aux praticiens contractuels ;
- le solde de tout compte a bien été transmis à la requérante.
Un nouveau mémoire, non communiqué, a été enregistré le 18 août 2023 dans les intérêts de Mme C.
La clôture de l'instruction est intervenue le 21 août 2023.
Par un courrier du 12 septembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de ce que les conclusions de la requête qui tendent à l'annulation du refus implicite de transmettre le solde de tout compte et les documents de fin de contrat et à l'injonction sous astreinte de procéder à la transmission de ces documents sont devenues sans objet, dès lors qu'il résulte de l'instruction que ces demandes ont été satisfaites par un courrier daté du 15 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2005/36/CE du Parlement européen et du conseil du 7 septembre 2005 relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles ;
- le code du travail ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Allais,
- les conclusions de Mme B,
- et les observations de Me Lavisse, avocat de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, a été recrutée par le centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône, puis celui de Tarare, pour y exercer des fonctions de médecin urgentiste, en premier lieu le 1er juin 2007, jusqu'au 31 décembre 2021. Elle a exercé ses fonctions sous les statuts d'assistant généraliste associé, médecin remplaçant, assistant généraliste associé, praticien attaché associé, et, en dernier lieu, de faisant fonction d'interne, et ce en vertu de divers contrats et décisions de nomination successifs. L'intéressée a, en janvier 2022, refusé la proposition du centre hospitalier de Tarare de prolonger l'exercice de ses fonctions en qualité de faisant fonction d'interne pour une nouvelle période de six mois. Elle a, par un courrier daté du 17 janvier 2022 réceptionné le 21 suivant par le centre hospitalier, sollicité la transmission de l'ensemble des documents de fin de contrat et son solde de tout compte, une indemnité de précarité et l'octroi d'une indemnité en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de la situation de précarité dans laquelle elle a été placée depuis son recrutement en juin 2007. Du silence gardé par le centre hospitalier sur cette demande est née, le 21 mars 2022, une décision implicite de rejet. Mme C a saisi le tribunal d'une requête par laquelle elle demande l'annulation de cette décision et l'indemnisation des préjudices qu'elle expose avoir subis du fait de l'illégalité du recours successif à des contrats à durée déterminée par les centres hospitaliers de Villefranche-sur-Saône et de Tarare.
Sur la conservation, en cours d'instance, de l'objet du litige :
2. Il résulte de l'instruction que par une correspondance datée du 15 septembre 2022, Mme C a été rendue destinataire de son certificat de travail, de son solde de tout compte et de l'attestation Pôle Emploi, documents qu'elle réclamait à l'appui de sa réclamation reçue le 21 janvier 2022 par le centre hospitalier de Tarare. Il s'ensuit que les conclusions tendant à l'annulation du refus implicite opposé à cette demande de transmission, de même que les conclusions accessoires tendant à ce qu'il soit enjoint, sous astreinte, de communiquer ces documents, ont perdu leur objet en cours d'instance. Il n'y a, dès lors, pas lieu de statuer sur ces conclusions.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 1243-8 du code du travail : " Lorsque, à l'issue d'un contrat de travail à durée déterminée, les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un contrat à durée indéterminée, le salarié a droit, à titre de complément de salaire, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation. / Cette indemnité est égale à 10 % de la rémunération totale brute versée au salarié () ". Et selon l'article R. 6152-418 du code de la santé publique : " Les dispositions du code du travail sont applicables aux praticiens contractuels en tant qu'elles sont relatives, à l'indemnité prévue à l'article L. 1243-8 du code du travail () ".
4. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes () toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. / Sont prescrites, dans le même délai et sous la même réserve, les créances sur les établissements publics dotés d'un comptable public ".
5. L'indemnité de fin de contrat prévue par les dispositions citées au point 3 précédent devant être versée à la fin de chaque contrat, le délai de prescription des indemnités dues à ce titre par les centres hospitaliers de Villefranche-sur-Saône et de Tarare à Mme C à compter du 1er juin 2007 a couru à compter du 1er janvier suivant la date de fin de chacun de ces contrats.
6. D'une part, Mme C a été recrutée en dernier lieu, et depuis le 1er janvier 2018 par le centre hospitalier de Tarare en qualité de faisant fonction d'interne. Un tel recrutement étant uniquement formalisé par une décision du directeur de l'hôpital et ne faisant pas l'objet d'un contrat, la requérante ne peut utilement invoquer, pour demander le versement d'une indemnité de précarité pour la période lors de laquelle elle exerçait en cette qualité, les dispositions précitées de l'article L. 1243-8 du code du travail, qui ne visent que le cas où un contrat de travail à durée déterminée vient à expiration. Est à cet égard sans incidence la circonstance, effectivement établie par les pièces du dossier, que durant la période d'exercice sous statut de faisant fonction d'interne, Mme C, qui n'établit pas le caractère irrégulier des décisions successives la plaçant sous ce statut, percevait une rémunération similaire à celle dont elle bénéficiait en tant que praticien attaché associé, et que son nom figurait en cette qualité dans les entêtes des prescriptions délivrées par l'hôpital.
7. D'autre part, le dernier contrat à durée déterminée par lequel Mme C a été recrutée en qualité de praticien attaché associé a été signé le 27 avril 2015 et portait sur la période allant du 1er juin 2015 au 31 mai 2018. Il résulte toutefois de l'instruction que l'intéressée a été nommée en qualité de faisant fonction d'interne à compter du 1er janvier 2018. Cette circonstance ne peut être regardée que comme ayant implicitement mais nécessairement mis fin au contrat conclu le 27 avril 2015 au 31 décembre 2017. La requérante ayant sollicité l'octroi de l'indemnité de fin de contrat par un courrier réceptionné le 21 janvier 2022 par le centre hospitalier de Tarare, la prescription quadriennale était donc acquise à cette date, et Mme C n'est, par suite, pas fondée à solliciter l'octroi d'une indemnité de fin de contrat.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
8. En premier lieu, un renouvellement abusif de contrats à durée déterminée ouvre à l'agent concerné un droit à l'indemnisation du préjudice qu'il subit lors de l'interruption de la relation d'emploi, évalué en fonction des avantages financiers auxquels il aurait pu prétendre en cas de licenciement s'il avait été employé dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. Pour apprécier si le recours à des contrats à durée déterminée successifs présente un caractère abusif, il incombe au juge de prendre en compte l'ensemble des circonstances de fait qui lui sont soumises, notamment la nature des fonctions exercées, le type d'organisme employeur ainsi que le nombre et la durée cumulée des contrats en cause.
9. Il résulte de l'instruction que Mme C a été recrutée par les centres hospitaliers de Villefranche-sur-Saône et de Tarare pour y exercer les fonctions de médecin urgentiste sous contrats à durée déterminée en qualité d'assistant généraliste associé, médecin remplaçant, assistant généraliste associé et praticien attaché associé entre juin 2007 et janvier 2018, puis, à compter de cette date, en qualité de faisant fonction d'interne. Si la requérante soutient que ces recours aux contrats à durée déterminée présentaient un caractère abusif et sont constitutifs d'une faute de nature à engager la responsabilité de ses employeurs, il résulte toutefois de l'instruction qu'aucun statut pérenne ne pouvait être proposé à Mme C dans la mesure où cette dernière ne dispose pas du plein exercice de la médecine, ce dont elle a été informée dès le mois de juillet 2010 par le centre hospitalier de Villefranche dans lequel elle exerçait alors, puis en novembre 2018 par le centre hospitalier de Tarare. En effet, si l'intéressée justifie être titulaire du diplôme médical de base correspondant à la formation dispensée durant les six premières années d'études de médecine, elle ne justifie toutefois pas être titulaire du diplôme de formation spécialisée ou généraliste exigé par la directive n°2005/36/CE du 7 septembre 2005. Elle ne justifie pas non plus d'une autorisation d'exercice délivrée par les autorités compétentes. Si, dans le dernier état de ses écritures, Mme C expose que c'est à tort qu'aucune autorisation d'exercice ne lui a été délivrée, une telle contestation ne saurait prospérer dans le cadre de la présente instance, dès lors qu'elle aurait trait à un litige distinct. Il résulte de ces circonstances que les renouvellements successifs de contrats à durée déterminée pour le recrutement de Mme C jusqu'en 2018, date à laquelle elle a exercé sous le statut de faisant fonction d'interne, ne présentaient pas un caractère abusif.
10. En deuxième lieu, si Mme C soutient que les formes et délais applicables au renouvellement des contrats à durée déterminée n'ont pas été respectés, et que c'est irrégulièrement qu'elle a été désignée pour exercer ses fonctions en qualité de faisant fonction d'interne en 2018, elle n'apporte à l'appui de ces allégations aucun élément de fait et de droit qui permettrait au tribunal d'apprécier l'existence d'une faute.
11. Enfin, Mme C ne pouvant prétendre avoir dû être employée dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, ses conclusions tendant au versement sur ce fondement d'une indemnité de licenciement ne peuvent qu'être rejetées.
12. Il résulte de ce qui précède que Mme C ne démontre pas que les centres hospitaliers de Villefranche-sur-Saône et de Tarare auraient commis une faute de nature à engager leur responsabilité. Ses conclusions indemnitaires doivent donc être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'exception de prescription quadriennale opposée en défense.
Sur les dépens :
13. La présente instance n'ayant occasionné aucun dépens, les conclusions de la requête tendant à ce qu'ils soient mis à la charge des centres hospitaliers défendeurs ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des centres hospitaliers de Tarare et de Villefranche-sur-Saône, la somme réclamée sur leur fondement par Mme C. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur ce même fondement par les centres hospitaliers de Tarare et de Villefranche-sur-Saône.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme C tendant à l'annulation de la décision intervenue le 21 mars 2022 en tant qu'elle rejette sa demande tendant à la communication de son solde de tout compte et des documents de fin de contrat, et sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte y afférentes.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A C est rejeté.
Article 3 : Les conclusions des centres hospitaliers de Villefranche-sur-Saône et de Tarare tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, au centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône et au centre hospitalier de Tarare.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Besse, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Allais, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.
La rapporteure,
A. Allais
Le président,
T. Besse
La greffière,
C. Réveillé
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026