mardi 23 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2204739 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | PARAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juin 2022, Mme D B, représentée par Me Paras, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 juin 2022 par lequel le préfet du Rhône a décidé de sa remise aux autorités allemandes, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre au préfet du Rhône d'enregistrer, selon la procédure normale, sa demande d'asile et de lui remettre une attestation de demandeur d'asile en procédure normale, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à Me Paras à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas justifié de l'accord explicite des autorités allemandes pour sa reprise en charge ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnait l'article 16 du règlement UE n° 604/2013 du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil dès lors que son fils, titulaire d'une carte de résident, réside en France et qu'elle dépend de son assistance.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 juillet 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 modifié ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentée.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les observations de Me Blanc, substituant Me Paras, représentant la requérante qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 28 octobre 1964, de nationalité angolaise, déclare être entrée en France, le 28 février 2022. Ayant sollicité l'enregistrement de sa demande d'asile auprès des autorités françaises, l'intéressée s'est vue délivrer une attestation de demande d'asile le 7 mars 2022. Toutefois, après consultation du fichier européen VIS, il est apparu que Mme B avait été titulaire d'un visa délivré par les autorités allemandes, valide du 4 janvier au 12 février 2022. Le 11 mars 2022, les autorités allemandes ont été saisies d'une demande de reprise en charge de la requérante. Le 18 mars suivant, l'Allemagne a explicitement fait connaitre son accord pour la réadmission de Mme B. Aussi, par un arrêté du 8 juin 2022, dont l'intéressée demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet du Rhône a décidé de la remettre aux autorités allemandes, responsables de l'examen de sa demande d'asile.
Sur les conclusions au titre de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence, notamment lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé ou en cas d'exécution forcée emportant saisie de biens ou expulsion. Elle est accordée de plein droit au demandeur et au défendeur lorsque la procédure concerne la délivrance d'une ordonnance de protection. L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ". Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre Mme B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les autres conclusions :
3. L'arrêté en litige a été signé par Mme C E, chef du pôle régional Dublin, qui a reçu délégation à cet effet par arrêté du préfet du Rhône n° 69-2022-06-08-00001 du 8 juin 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, le 9 juin suivant, accessible tant au juge qu'aux parties. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
4. Si la requérante soutient que le préfet du Rhône devra justifier de l'accord explicite des autorités allemandes, il ressort des pièces versées au débat par l'autorité préfectorale que les autorités allemandes ont donné un accord explicite à sa reprise en charge, le 18 mars 2022. Le moyen ainsi articulé sera écarté.
5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
6. Mme B fait état, d'une part, de ce qu'elle souffre d'importants troubles psychologiques, et nécessite l'assistance de son frère, et d'autre part, de ce que son fils titulaire d'une carte de résident valide jusqu'en 2027 réside sur le territoire national. Si, Mme B soutient qu'elle souffre d'une pathologie psychiatrique lui causant des troubles de la mémoire et du comportement nécessitant un suivi psychologique et psychiatrique régulier et que son frère en qualité d'aidant, l'assiste au quotidien, ainsi qu'en attestent les certificats médicaux rédigés par deux praticiens rattachés au service des urgences et de réanimation polyvalente du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Saint-Etienne du 11 mars, 22 avril et 20 juin 2022, elle ne verse cependant aucune pièce au dossier justifiant de ce que son état de santé ne pourrait être pris en charge en Allemagne. Par ailleurs, si l'intéressée soutient qu'elle dispose d'attaches familiales en France, son fils étant titulaire d'une carte de résident et travaillant sur le territoire national et ses petits-enfants étant de nationalité française, et qu'elle en justifie par les documents qu'elle verse au dossier, ces éléments ne sauraient, toutefois justifier de ce que son transfert aux autorités allemandes pour l'examen de sa demande d'asile porterait, au regard des buts poursuivis et compte tenu des effets de cette mesure, une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales pourra être écarté.
7. Aux termes de l'article 16 du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 susvisé : " 1. Lorsque, du fait d'une grossesse, d'un enfant nouveau-né, d'une maladie grave, d'un handicap grave ou de la vieillesse, le demandeur est dépendant de l'assistance de son enfant, de ses frères ou sœurs, ou de son père ou de sa mère résidant légalement dans un des États membres, ou lorsque son enfant, son frère ou sa sœur, ou son père ou sa mère, qui réside légalement dans un État membre est dépendant de l'assistance du demandeur, les États membres laissent généralement ensemble ou rapprochent le demandeur et cet enfant, ce frère ou cette sœur, ou ce père ou cette mère, à condition que les liens familiaux aient existé dans le pays d'origine, que l'enfant, le frère ou la sœur, ou le père ou la mère ou le demandeur soit capable de prendre soin de la personne à charge et que les personnes concernées en aient exprimé le souhait par écrit. / () ".
8. Mme B se prévaut de ce que son fils réside en France et souhaite lui fournir une assistance au regard de sa vulnérabilité psychique. Toutefois, cette seule circonstance ne saurait permettre de caractériser un lien de dépendance au sens de l'article 16 précité dès lors d'une part, qu'il n'est pas contesté que jusqu'alors son frère assumait seul ce rôle et d'autre part, que si la requérante soutient qu'elle dispose d'attaches familiales en France, il est constant que son fils vit séparé de sa mère depuis son entrée en France en qualité de mineur non accompagné, et devenu majeur, a désormais vocation à créer sa propre cellule familiale. Par suite, le préfet du Rhône n'a pas méconnu les dispositions de l'article 16 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, le moyen pourra être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en ce comprises ses conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il y a lieu d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au préfet du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 août 2022.
La magistrate désignée,
A. A
La greffière,
A. Calmès
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026