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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2205587

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2205587

vendredi 2 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2205587
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantDRAHY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 juillet 2022, et un mémoire complémentaire enregistré le 25 octobre 2022, M. I H, représenté par Me Drahy, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 21 avril 2022 par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer à titre principal, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ou à titre subsidiaire, un titre de séjour " salarié " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à titre infiniment subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.

M. H soutient que :

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que :

- le préfet ne justifie pas avoir saisi pour avis le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII);

- le rapport médical et l'avis du collège de médecins de l'OFII sont obsolètes, dès lors que n'ont pas été pris en compte les éléments relatifs à l'évolution de son état de santé et de son traitement transmis à l'office le 12 octobre 2021;

- l'avis du collège de médecins de l'OFII n'a pas été pris au vu d'un rapport médical établi par un médecin de l'OFII et transmis au collège de médecins de l'OFII;

- aucun élément ne permet d'établir que l'avis sur lequel le préfet s'est fondé a été rendu par le collège de médecins de l'OFII préalablement habilités par son directeur ;

- aucun élément ne permet de s'assurer que le médecin qui a établi le rapport médical n'a pas siégé au sein du collège de médecins de l'OFII ;

- aucun élément ne permet de s'assurer que l'avis du collège de médecins de l'OFII a bien été rendu au terme d'une délibération collégiale ;

-l'absence de communication de l'avis du collège de médecins de l'OFII avant qu'il ne soit statué sur sa demande, a violé l'article L. 311-2 du code des relations entre le public et l'administration et l'a privé d'une garantie ;

- en refusant de lui délivrer un titre de séjour au motif qu'il pourrait recevoir effectivement des soins dans son pays d'origine, le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il justifie d'un motif exceptionnel d'admission en qualité de " salarié " ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale en conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête, en soutenant qu'elle n'est pas fondée.

M. H a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme G ;

- et les observations de Me Drahi, représentant M. H.

Considérant ce qui suit :

1. M. H, né le 9 février 1979, ressortissant camerounais, déclare être entré en France le 16 août 2014 muni d'un visa de court séjour délivré par les autorités espagnoles valable du 10 août au 13 septembre 2014. Le 13 janvier 2021, il a sollicité à titre principal un titre de séjour mention " vie privée et familiale " sur le fondement des articles L.423-23 et s L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, à titre subsidiaire, sur le fondement de l'article L.425-9 de ce code et à titre infiniment subsidiaire sur le fondement de l'article L.435-1 mention " salarié ". Par une décision en date du 21 avril 2022, le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office. M. H demande l'annulation de ces décisions.

Sur la décision portant refus d'admission au séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat (). / Si le collège des médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée ".

3. Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre le titre de séjour " portant la mention vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé (). Aux termes de l'article R. 425-12 de ce même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. A défaut de réponse dans le délai de quinze jours, ou si le demandeur ne se présente pas à la convocation qui lui a été fixée, ou s'il n'a pas présenté les documents justifiant de son identité le médecin de l'office établit son rapport au vu des éléments dont il dispose et y indique que le demandeur n'a pas répondu à sa convocation ou n'a pas justifié de son identité. Il transmet son rapport médical au collège de médecins. / Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. En cas de défaut de présentation de l'étranger lorsqu'il a été convoqué par le médecin de l'office ou de production des examens complémentaires demandés dans les conditions prévues au premier alinéa, il en informe également le préfet. Dans ce cas, le récépissé de demande de première délivrance d'un titre de séjour prévu à l'article R. 432-12 n'est pas délivré. Lorsque l'étranger dépose une demande de renouvellement de titre de séjour, le récépissé est délivré dès réception, par le service médical de l'office, du certificat médical mentionné au premier alinéa.

4. Aux termes de l'article R. 425-13 de ce code : " Le collège de médecins à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. la composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avais est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical/ Lorsque le demandeur n'a pas présenté au médecin de l'office ou au collège les documents justifiant son identité, n'a pas produit les examens complémentaires qui lui ont été demandés ou n'a pas répondu à la convocation du médecin de l'office ou du collège qui lui a été adressée, l'avais le constate. / L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'office ".

5. Il ressort des pièces du dossier, que le collège de médecins de l'OFII a rendu son avis du 12 mai 2021, produit en défense par le préfet et qu'il vise dans sa décision, au vu du rapport médical relatif à la situation de H établi par le Dr E C, médecin de l'OFII. Cet avis mentionne qu'il a été rendu par les trois médecins qui composent le collège, qui ont été régulièrement désignés et ont tous signé l'avis. En outre, il ressort des documents produits en défense par le préfet que le médecin qui a rédigé le rapport préalable prévu par les dispositions précitées, ne faisait pas partie du collège. Dès lors, les moyens tirés des vices de procédure relatifs à l'absence d'avis du collège de médecins de l'OFII, à l'absence de rapport médical transmis au collège de médecins de l'Office, à l'absence d'habilitation de ce collège de médecins et à l'absence de preuve que le médecin rapporteur n'a pas siégé en son sein, doivent être écartés.

6. Il résulte des dispositions de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 que l'avis du collège de médecins doit être émis au terme d'une délibération collégiale, fut-elle tenue en recourant à des moyens de communication à distance. Lorsque l'avis porte la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant ", cette mention du caractère collégial de l'avis fait foi jusqu'à preuve du contraire. En l'espèce, l'avis médical concernant M. H porte la mention du caractère collégial de la délibération et a été signé par les trois médecins composant le collège. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait illégale en l'absence de débat collégial des médecins de l'OFFI.

7. Enfin, si M. H fait valoir que le collège de médecins de l'OFII aurait dû procéder à un nouvel examen de son dossier et statuer à nouveau à la suite de l'envoi d'éléments nouveaux le 12 octobre 2021, cette instance, qui s'était prononcée par l'avis précité du 12 mai 2021 avait épuisé sa compétence.

8. En deuxième lieu, l'article L. 114-7 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Ainsi qu'il est dit à l'article L. 311-2 et dans les conditions posées à cet article, les avis au vu desquels est prise, sur demande, une décision individuelle créatrice de droits sont communicables à l'auteur de la demande dès leur envoi à l'administration compétente. " Aux termes de l'article L. 311-2 de ce code : " Le droit à communication ne s'applique qu'à des documents achevés. Le droit à communication ne concerne pas les documents préparatoires à une décision administrative tant qu'elle est en cours d'élaboration. Cependant, les avis, prévus par les textes législatifs ou réglementaires, au vu desquels est prise une décision rendue sur une demande tendant à bénéficier d'une décision individuelle créatrice de droits, sont communicables à l'auteur de cette demande dès leur envoi à l'autorité compétente pour statuer sur la demande. Lorsque les motifs de l'avis n'y figurent pas, ceux-ci doivent être également communiqués au demandeur en cas d'avis défavorable () ".

9. M. H soutient que le préfet du Rhône a entaché sa décision d'un vice de procédure, en s'abstenant de lui communiquer, comme il l'avait demandé, l'avis du collège des médecins de l'OFII avant de se prononcer sur sa demande de titre de séjour. Toutefois, les dispositions générales qui précèdent, qui ont pour objet de faciliter de manière générale l'accès des personnes qui le demandent aux documents administratifs, sont sans incidence sur les règles procédurales qui régissent spécialement la délivrance des titres de séjour. Par suite, le moyen tiré de leur méconnaissance éventuelle est inopérant à l'appui de conclusions dirigées contre la décision de refus contestée.

10. En troisième lieu, la partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.

11. Pour refuser de délivrer à M. H le titre de séjour sollicité en raison de son état de santé, le préfet s'est approprié l'avis précité du collège de médecins selon lequel si l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, toutefois, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, - et vers lequel il peut voyager sans risque médical - il peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Si M. H soutient que le préfet a commis une erreur d'appréciation en estimant qu'il pourrait recevoir des soins dans son pays d'origine, il n'apporte aucune pièce probante relative à l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi de nature à remettre en cause cette appréciation. En particulier, les documents versés au dossier, postérieurs à l'avis du collège des médecins de l'OFII, ne justifient pas que le préfet aurait dû s'écarter dudit avis pour ce qui concerne la disponibilité du traitement approprié à l'état de santé du requérant. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 425-9 doit dès lors être écarté. Le préfet n'a pas davantage commis d'erreur d'appréciation au regard de son état de santé.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée./ Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

13. M. H, âgé de 43 ans, déclare être entré en France le 16 août 2014 sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires espagnoles. Il se prévaut de la durée de son séjour en France. Toutefois, en admettant même qu'il réside en France depuis 2014, tel que prétendu, la circonstance qu'il se soit maintenu irrégulièrement sur le territoire français pendant 8 ans ne peut suffire à le regarder comme ayant déplacé le centre de ses intérêts privés et familiaux en France et ne constitue pas en elle-même un motif exceptionnel d'admission au séjour. En outre, l'intéressé célibataire et sans charge de famille, n'est arrivé sur le territoire national qu'à l'âge de 35 ans, après avoir vécu la majeure partie de sa vie au Cameroun où demeurent sa mère, trois de ses sœurs ainsi que ses deux enfants mineurs et où il ne démontre pas l'impossibilité de poursuivre sa vie privée et familiale. Enfin, s'il se prévaut de perspectives d'intégration professionnelle, la demande d'autorisation de travail et les promesses d'embauche en contrat à durée indéterminée en qualité de technicien Fibre optique, ne sauraient suffire à justifier d'une intégration particulière dans la société française. Dans ces circonstances, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et ainsi méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations susmentionnées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, cette décision n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

14. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entré et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale " sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 / () ".

15. Pour les motifs exposés au point 13, les éléments invoqués par le requérant ne permettent pas davantage de le regarder comme justifiant de considérations humanitaires ou motif exceptionnel, au sens des dispositions précitées L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, permettant la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".

16. Le préfet a également refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " sur le fondement des dispositions de l'article L.435-1 précité. En l'espèce, M. H se borne à soutenir que résidant en France depuis 8 années et bénéficiant d'une promesse d'embauche pour un emploi de techniciens fibre optique, secteur d'activité qui connaît des difficultés de recrutement, il justifie de motifs exceptionnels. Toutefois, comme l'a relevé le préfet, il ne justifie ni d'un diplôme ou du suivi d'une formation ni d'expériences professionnelles dans ce secteur d'activité, en France ou à l'étranger. Ainsi, les éléments dont il se prévaut ne sauraient être considérés comme constitutifs de motifs exceptionnels au regard de son expérience et de ses qualifications, au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Rhône aurait méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et commis une erreur manifeste d'appréciation en ne l'admettant pas au séjour à titre de régularisation pour des motifs exceptionnels, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

17. En premier lieu, M. H n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant refus d'admission au séjour prise à son encontre, son moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par la voie de l'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire, doit être écarté.

18. En deuxième lieu, en l'absence de tout élément particulier invoqués, et même en tenant compte des conséquences spécifiques à la mesure d'éloignement, les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la mesure d'éloignement doivent être écartés pour les motifs énoncés au point 13 s'agissant du refus d'admission au séjour.

19. En dernier lieu, selon les termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; () ".

20. Comme il a été dit précédemment au point 11, M. H ne justifie pas qu'il ne pourra bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

Sur la décision fixant le pays de destination :

21. M. H n'ayant pas démontré l'illégalité des décisions portant refus d'admission au séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français prises à son encontre, le moyen tiré de cette illégalités et soulevé, par la voie de l'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, doit être écarté.

22. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. H est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. I H et au préfet du Rhône.

Délibéré après l'audience du 16 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Verley-Cheynel, présidente,

Mme G, première vice-présidente,

M. Gille, vice-président.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2022.

La première vice-présidente,

C. G

La présidente,

G. J

La greffière,

G. Montézin

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N°2205587

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