mardi 30 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206489 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | IMBERT MINNI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 août 2022, M. C B, représenté par Me Imbert Minni, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler :
- les décisions du 25 août 2022 par lesquelles le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
- l'arrêté du même jour par lequel cette autorité l'a assigné à résidence dans le département du Rhône pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et revêt un caractère disproportionné, dès lors qu'il a établi sa vie sur le territoire français depuis l'année 2017, qu'il y travaille, qu'il n'a jamais causé de troubles à l'ordre public et qu'il souhaite procéder à la régularisation de sa situation dans les meilleurs délais ;
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence dans le département du Rhône pour une durée de quarante-cinq jours :
- elle méconnaît les dispositions du 2° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que n'ayant pas quitté le territoire français, le préfet du Rhône ne pouvait légalement l'assigner à résidence en vertu d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui n'a pas commencé à courir.
La requête a été communiquée au préfet du Rhône, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais qui a versé, le 29 août 2022, des pièces au dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Gueguen, conseiller, pour statuer en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle M. B n'était pas présent.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue avec l'assistance de Mme Driguzzi, greffière :
- le rapport de M. D ;
- les observations de Me Imbert Minni, avocate, représentant M. B, qui indique, d'une part, que l'intéressé se désiste de ses conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 25 août 2022 par lequel le préfet du Rhône l'a assigné à résidence dans le département du Rhône pour une durée de quarante-cinq jours, et, d'autre part, que le requérant n'entend contester que la légalité de la décision du même jour par laquelle cette autorité a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ; elle insiste en particulier sur le caractère disproportionné de cette dernière décision, dès lors qu'il est entré sur le territoire français au cours de l'année 2017, où réside ses cousins, qu'il y a développé un important réseau amical et y a effectué divers emplois en vue de la régularisation de sa situation, et que sa présence ne constitue pas une menace pour l'ordre public ; elle précise également qu'il n'a jamais eu connaissance de la précédente mesure d'éloignement dont il a fait l'objet le 16 octobre 2018, dès lors qu'il était hébergé par des tiers, et qu'en dépit de son interpellation au cours de l'année 2018 pour des faits de vente de cigarettes, il n'avait alors pas fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ; elle déclare enfin, en réponse à la question qui lui a été posée, que M. B n'a pas souhaité se présenter à l'audience par peur d'être interpellé, mais qu'il entend respecter les obligations résultant de son assignation à résidence ;
- et les observations de M. A, représentant le préfet du Rhône qui prend acte du désistement partiel de M. B et conclut au rejet du surplus des conclusions de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par l'intéressé ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 14 janvier 1982, est entré sur le territoire français le 13 mars 2017, muni de son passeport revêtu d'un visa de court séjour valable du 1er mars au 25 mai 2017. Il a déposé, le 23 mai 2017, une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 29 novembre 2017, décision qui lui a été notifié le 5 décembre 2017 et qu'il n'a pas contestée devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par des décisions du 16 octobre 2018, le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office à l'expiration de ce délai de départ volontaire. L'intéressé s'est toutefois maintenu en France et a été interpellé le 24 août 2022 par les services de la police nationale aux fins de vérification de son droit au séjour. Par des décisions du 25 août 2022, le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Parallèlement, par un arrêté du même jour, cette autorité a assigné M. B à résidence dans le département du Rhône pour une durée de quarante-cinq jours. Le requérant demande au tribunal l'annulation de ces décisions.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sur le fondement des dispositions citées au point précédent.
Sur le désistement partiel :
4. L'avocate de M. B a indiqué, au cours de l'audience publique, que ce dernier se désiste de ses conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 25 août 2022 par lequel le préfet du Rhône l'a assigné à résidence dans le département du Rhône pour une durée de quarante-cinq jours. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. L'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". L'article L. 612-7 du même code énonce que : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Et l'article L. 612-10 de ce code prévoit que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
6. Il ressort des termes mêmes de la décision contestée du 25 août 2022 que pour prononcer, dans son principe, une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de M. B, le préfet du Rhône s'est fondé sur les dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et non sur celles de l'article L. 612-7 du même code. Or, le requérant fait également l'objet de décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire du même jour, dont il ne conteste pas la légalité, et il ne fait état d'aucune circonstance humanitaire de nature à faire obstacle au prononcé d'une telle interdiction de retour. Par ailleurs, il est constant que l'intéressé est célibataire et sans enfant, et il ne justifie pas de l'ancienneté, de la stabilité et de l'intensité des liens privés et familiaux dont il se prévaut sur le territoire national, ni d'une insertion sociale et professionnelle particulière, en se bornant à des allégations générales ainsi qu'en produisant sa carte individuelle d'admission à l'aide médicale d'État. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. B se maintient irrégulièrement en France en dépit d'une précédente mesure d'éloignement dont il a fait l'objet le 16 octobre 2018, méconnaissant ainsi une mesure de police administrative prise à son encontre par une autorité publique. Et si l'intéressé soutient n'avoir jamais reçu notification de cette décision compte tenu de ce qu'il était hébergé par des tiers, il n'établit ni même n'allègue, en tout état de cause, qu'il aurait informé les services préfectoraux de son changement d'adresse. Enfin, le préfet du Rhône s'est limité à édicter une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, alors que la durée d'une telle interdiction pouvait être fixée à trois ans conformément aux dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, et alors même que le comportement de M. B ne représente pas une menace pour l'ordre public, critère que l'autorité administrative n'a au demeurant pas retenu, le préfet du Rhône a pu, sans méconnaître les dispositions citées au point précédent, prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, laquelle ne présente pas, dans les circonstances de l'espèce, un caractère disproportionné.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement au conseil du requérant d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 25 août 2022 par lequel le préfet du Rhône l'a assigné à résidence dans le département du Rhône pour une durée de quarante-cinq jours.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 août 2022.
Le magistrat désigné,
C. D
La greffière,
C. Driguzzi
La République mande et ordonne au préfet du Rhône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026