mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206585 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | KOKO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 31 août et 23 octobre 2022, Mme E, représentée par Me Koko, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 2 août 2022 par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiante, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer une carte de séjour en qualité d'étudiante, ou à tout le moins de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en lui délivrant en attendant une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre une somme de 2 000 euros à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont signées par un auteur incompétent ;
Sur le refus de délivrance d'un titre de séjour :
- le préfet a commis une erreur de droit en examinant sa demande sur le fondement de l'article 9 de la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 au lieu de l'examiner sur le fondement de l'article 2.2 de l'accord franco-gabonais conclu le 5 juillet 2007 ;
- elle remplit les conditions de l'article 9 de la convention franco-gabonaise permettant d'obtenir un titre de séjour en qualité d'étudiante ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation en considérant qu'elle ne justifiait pas de la poursuite de ses études ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour sur lequel elle est fondée ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour sur lequel elle est fondée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Mme C a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
- la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 relative à la circulation et au séjour des personnes et l'accord franco-gabonais conclu le 5 juillet 2007 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. D,
- et les observations de Me Koko, avocat de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante gabonaise née le 18 mai 1999, est entrée en France le 13 août 2016 sous couvert d'un visa long séjour en qualité de mineur scolarisée. Elle a obtenu des titres de séjour en qualité d'étudiante dont le dernier a expiré le 3 septembre 2021. Le 14 octobre 2021, elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ". Par des décisions du 2 août 2022 dont elle demande l'annulation, le préfet du Rhône a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 9 de la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 : " Les ressortissants de chacune des Parties contractantes désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement où s'effectue le stage, ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. Ces dispositions ne font pas obstacle à la possibilité d'effectuer dans l'autre Etat d'autres types d'études ou de stages de formation dans les conditions prévues par la législation applicable ". Il ressort de la décision de refus de titre de séjour attaquée que le préfet a refusé de renouveler le titre de séjour portant la mention " étudiant " dont bénéficiait Mme C, motifs pris de l'interruption de ses études et du défaut de visa long séjour.
3. En premier lieu, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement de titre de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier et notamment au regard de sa progression dans le cursus universitaire, de son assiduité aux cours et de la cohérence de ses choix d'orientation, si le demandeur peut être regardé comme poursuivant effectivement ses études.
4. Il ressort des pièces du dossier que, de 2016 à 2019, Mme C a suivi des études de sciences politiques à l'université Lyon II où elle a obtenu le diplôme de licence le 23 septembre 2019. Elle s'est ensuite réorientée vers des études de langues en intégrant directement, en 2020-2021 dans la même université, la troisième année de licence de Langues Etrangères Appliquées (LEA) qu'elle a validée. Pendant l'année universitaire suivante, elle n'a pas poursuivi d'études, faute d'avoir été sélectionnée dans un master correspondant à sa spécialité. Toutefois, pour l'année universitaire 2022-2023, elle a été sélectionnée dans le master Traduction et interprétation mention " Langue appliquée et communication spécialisée " qui est cohérent avec sa licence de LEA et représente une progression par rapport à cette licence. Alors que sa demande de titre de séjour portant la mention " étudiant " était toujours en cours d'instruction par les services préfectoraux, elle a transmis au préfet son certificat de scolarité en master daté du 2 juillet 2022, que le préfet a d'ailleurs cité dans sa décision en litige du 2 août 2022. Ainsi, à la date de la décision attaquée, Mme C justifiait du caractère réel de ses études et de la progression de celles-ci si bien que le préfet ne pouvait, sans commettre d'erreur d'appréciation, lui refuser la délivrance du titre de séjour portant la mention " étudiant ".
5. En second lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger titulaire d'un document de séjour doit, en l'absence de présentation de demande de délivrance d'un nouveau document de séjour six mois après sa date d'expiration, justifier à nouveau, pour l'obtention d'un document de séjour, des conditions requises pour l'entrée sur le territoire national lorsque la possession d'un visa est requise pour la première délivrance d'un document de séjour. ". Comme exposé au point 1, Mme C est entrée en France le 13 août 2016 sous couvert d'un visa long séjour et a été mise en possession de titres de séjour pour études dont le dernier a expiré le 3 septembre 2021. Elle a demandé au préfet le renouvellement de son titre de séjour le 14 octobre 2021 soit avant l'expiration du délai de six mois suivant la fin de la validité de son précédent titre de séjour. Par suite, en application des dispositions précitées de l'article R. 431-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet ne pouvait valablement lui opposer l'absence de visa de long séjour.
6. Il résulte de ce qui précède que le motif de refus tiré de l'interruption des études de la requérante est infondé et que le préfet n'aurait pas pu prendre la même décision de refus pour le seul motif tiré du défaut de visa long séjour puisque ce second motif est également infondé. Il suit de là, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que le refus de titre de séjour opposé à Mme C ne peut qu'être annulé. Il en va de même, par voie de conséquence, des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du délai de départ volontaire et du pays de destination qui sont fondées sur ce refus de titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Compte tenu de ses motifs, le présent jugement implique nécessairement que le préfet du Rhône délivre à Mme C une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai d'un mois suivant la notification du présent jugement. Il n'est pas nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés du litige :
8. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 2 août 2022 par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme C en qualité d'étudiante, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Rhône de délivrer à Mme C une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " dans un délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme E et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, où siégeaient :
Mme Michel, présidente,
M. Bertolo, premier conseiller,
Mme Conte, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.
La rapporteure,
C. A
La présidente,
C. Michel
La greffière
S. Hosni
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026