lundi 26 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2208317 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | POCHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Pochard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 août 2022 par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 440 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- le refus critiqué est entaché d'un vice de procédure, faute de consultation de la commission du titre de séjour ;
- le refus en litige est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il lui oppose la menace à l'ordre public que représenterait sa présence en France ;
- la décision attaquée résulte d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de ses attaches en France et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône, qui a produit des pièces enregistrées le 2 mai 2024.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 25 novembre 2022.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié conclu entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Le président de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Feron ;
- et les observations de Me Vray pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant algérien né en 1992 et entré en France au mois de juillet 2021, M. B conteste la décision du 25 août 2022 par laquelle le préfet du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour présentée en sa qualité de conjoint d'une ressortissante française au motif que sa présence en France représenterait une menace pour l'ordre public.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Traduisant un examen particulier de la situation de M. B, la décision attaquée fait état de façon circonstanciée de l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision du 25 août 2022 doit être écarté.
3. Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 visé ci-dessus : " Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour () : / a) Au ressortissant algérien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française, dans les mêmes conditions que celles prévues à l'article 6 nouveau 2) et au dernier alinéa de ce même article ". Aux termes de l'article 6 du même accord : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français (). / Le premier renouvellement du certificat de résidence délivré au titre du 2) ci-dessus est subordonné à une communauté de vie effective entre les époux ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () "
4. Contrairement à ce que soutient le requérant, les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 citées au point précédent ne privent pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser la délivrance du certificat de résidence qu'elles prévoient à un résident algérien lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public.
5. Il est constant qu'étant présent en France depuis moins d'un an, M. B a été condamné le 21 juin 2022 par le tribunal correctionnel de Lyon à une peine de dix-huit mois d'emprisonnement assortie à hauteur de 6 mois d'un sursis probatoire pour une durée de deux ans pour des faits de violence volontaire commis le 22 avril 2022, le tribunal retenant les circonstances aggravantes tenant à la commission des faits en réunion et avec usage ou menace d'une arme. Si M. B conteste par ailleurs la matérialité des faits d'agression sexuelle, de destruction de biens et de rébellion commis en réunion le 30 octobre 2021 et le 5 avril 2022 que lui impute également la décision en litige et que le dossier, en l'absence de production d'un mémoire en défense par le préfet du Rhône, ne permet pas de tenir pour établis, la nature des faits ayant justifié la condamnation du 21 juin 2022 et le caractère récent de ceux-ci étaient à eux-seuls de nature à fonder légalement le motif que le préfet du Rhône a opposé au requérant tiré de la menace pour l'ordre public alors représentée par sa présence en France.
5. Si les articles L. 432-13 et L. 432-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatifs à la consultation préalable de la commission du titre de séjour s'appliquent aux ressortissants algériens dont la situation est examinée comme en l'espèce sur le fondement du a) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien prévoyant, dans des conditions équivalentes à celles de l'article L. 423-6 du même code, la délivrance de plein droit d'un titre de séjour de dix ans au conjoint algérien d'un ressortissant français, le préfet n'est toutefois tenu de saisir cette commission que du cas de l'étranger qui remplit effectivement les conditions pour bénéficier du titre de séjour qu'il envisage de lui refuser. Alors que le requérant est entré en France au mois de juillet 2021, il ressort des pièces du dossier, en particulier des termes de l'ordonnance du 24 juin 2022 du juge d'application des peines produite par le requérant, que celui-ci a été écroué à compter du 25 avril 2022 à la maison d'arrêt de Corbas avant de bénéficier d'un régime de semi-liberté après sa condamnation, de sorte que M. B ne peut être regardé comme remplissant, à la date de la décision critiquée, la condition de vie commune avec son épouse française posée par les dispositions précitées de l'article 7 bis et du dernier alinéa de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par suite, le moyen tiré du défaut de saisine de la commission du titre de séjour doit être écarté.
7. Si M. B fait valoir ses attaches familiales et ses perspectives professionnelles en France, la décision en litige ne saurait cependant être regardée, compte tenu de son objet et de ses effets, du motif qui la fonde ainsi que du caractère encore récent de la présence en France du requérant, comme portant une atteinte disproportionnée au droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale en violation des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Les circonstances dont M. B fait état ne permettent pas davantage de considérer que le préfet du Rhône a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B dirigées contre la décision du 25 août 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées sur leur fondement et dirigées contre l'Etat, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 27 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 26 août 2024.
La rapporteure,
C. Feron
Le président,
A. Gille
La greffière,
F. de Biasi
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026