mardi 21 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2300413 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | TERRASSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2023, Mme A B, représentée par Me Terrasson, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Rhône a confirmé la décision du 25 mai 2022 lui notifiant la fin de ses droits à la prime d'activité à compter du mois de mai 2022 ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Rhône de la rétablir dans ses droits à la prime d'activité depuis la date à laquelle ceux-ci ont cessé et de lui verser les sommes dont elle a été privée, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de vingt euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Rhône le versement, à son conseil, d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour Me Terrasson de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que la décision prononçant la fin de ses droits à la prime d'activité méconnaît les dispositions de l'article L. 842-2 du code de la sécurité sociale, dès lors qu'elle était titulaire d'un titre de séjour l'autorisant à travailler depuis plus de cinq ans.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2023, la caisse d'allocations familiales du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête est dépourvue d'objet, dès lors que la requérante ne bénéficie plus de la prime d'activité depuis la fin de son activité professionnelle en 2021.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Vaccaro-Planchet, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Vaccaro-Planchet, présidente.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 25 mai 2022, la caisse d'allocations familiales du Rhône a informé Mme B la fin de ses droits à la prime d'activité au motif qu'elle ne disposait pas de l'un des titres de séjour prévus par l'article L. 842-2 du code de la sécurité sociale. Mme B a formé un recours administratif à l'encontre de cette décision. Le silence gardé par l'administration sur sa demande a fait naître une décision implicite de refus, dont Mme B demande l'annulation.
Sur les droits de Mme B à la prime d'activité :
2. Aux termes de l'article L. 841-1 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat ". Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre. ". Enfin, aux termes de l'article L. 842-2 du même code : " Le droit à la prime d'activité est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : / () ; 2°) Etre français ou titulaire depuis au moins cinq ans d'un titre de séjour autorisant à travailler () ".
3. Il résulte de l'instruction que Mme B a bénéficié du revenu de solidarité active à compter du 1er février 2019. Ayant débuté une activité salariée le 4 juillet 2019, elle a ensuite bénéficié alternativement ou cumulativement de la prime d'activité et du revenu de solidarité active. Par une décision du 25 mai 2022, confirmée par le rejet implicite de son recours administratif, la caisse d'allocations familiales du Rhône l'a informée de la fin de ses droits à la prime d'activité au motif qu'elle ne justifiait pas de la détention d'un titre de séjour l'autorisant à travailler depuis au moins cinq ans.
4. S'il résulte de l'instruction que Mme B a été mise en possession d'un titre de séjour l'autorisant à travailler à compter du mois d'octobre 2013, régulièrement renouvelé depuis, et qu'à la date de la décision contestée, elle était titulaire d'un titre de séjour pluriannuel valable jusqu'au 20 août 2022 l'autorisant à travailler, conformément aux dispositions précitées du 2° de l'article L. 842-2 du code de la sécurité sociale, elle a, toutefois, le 16 novembre 2021, déclaré à la caisse d'allocations familiales se trouver en situation de chômage depuis le 14 juin 2021 et avoir perçu des allocations de chômage jusqu'en novembre 2021, avant de faire état de l'absence de toute ressource lors de ses déclarations trimestrielles pour les mois de décembre 2021 et janvier 2022. En conséquence, en l'absence de toute activité professionnelle et de tous revenus d'activité depuis le mois de juin 2021, Mme B n'est pas fondée à soutenir qu'elle remplissait les conditions pour bénéficier de la prime d'activité. Par suite, alors même que la décision contestée indique à tort qu'elle ne bénéficie pas d'un titre de séjour l'autorisant à travailler, Mme B ne pouvait pas prétendre au bénéfice de la prime d'activité à compter du mois de juillet 2021.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision implicite confirmant la fin de ses droits à la prime d'activité à compter du mois de mai 2022. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et d'astreinte, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2023.
La magistrate désignée,
V. Vaccaro-PlanchetLa greffière,
C. Touja
La République mande et ordonne à la ministre des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026