jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2300613 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 janvier et 13 février 2023, M. A D, M. E C et M. B F, représentés par Me Gungor, demandent au juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 19 août 2022 par lequel le maire de Thizy-les-Bourgs a accordé un permis d'aménager à la société AD Invest, en vue de la création d'un lotissement de 30 lots ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Thizy-les-Bourgs et de la société AD Invest le paiement d'une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ; en effet :
. le courrier qu'ils ont adressé à la commune constitue bien un recours gracieux, qui a été régulièrement notifié à la société AD Invest ; la requête en annulation n'est dès lors pas tardive ;
. ils disposent d'un intérêt à agir en qualité de voisins immédiats du projet litigieux, lequel est de nature à porter atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens, eu égard à son implantation, à son ampleur et aux nuisances et troubles qu'il va entraîner ;
- en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme, la condition d'urgence est en l'espèce présumée et il appartient à la commune et à la société bénéficiaire du permis litigieux d'établir l'existence de circonstances particulières de nature à renverser cette présomption, ce qu'elles ne font nullement ; en outre, alors que le projet est manifestement susceptible d'affecter gravement leurs situations, les travaux sont sur le point de débuter ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué ; en effet :
. l'article R. 442-5 du code de l'urbanisme a été méconnu ; en effet, le dossier de la demande de permis d'aménager est insuffisant et manque de clarté, s'agissant de la situation du projet dans le profil du terrain naturel, de l'aspect esthétique et fonctionnel du futur lotissement et, enfin, du réseau d'eaux pluviales ; ces lacunes n'ont pas permis à l'autorité administrative d'apprécier la conformité du projet aux dispositions d'urbanisme applicables ;
. l'arrêté litigieux est entaché d'un vice de procédure, l'avis émis par Suez, relatif à la gestion des eaux usées et des eaux pluviales, ne concernant pas le projet en litige, mais un projet d'un lotissement comportant 12 lots ;
. l'article 2 du titre 1, relatif à la zone blanche du règlement du plan de prévention des risques naturels prévisibles d'inondation, dans laquelle se situe le terrain d'assiette du projet litigieux, impose en l'espèce la réalisation d'une étude technique permettant de justifier la prise en compte des prescriptions de ce plan ; par suite, en application des dispositions combinées des articles R. 441-6 et R. 431-16 f) du code de l'urbanisme, le dossier de la demande de permis devait comporter la preuve de la réalisation de cette étude ; or, ce dossier fait apparaître que celle-ci n'a pas été réalisée ; le maire ne pouvait, par l'article 6 de l'arrêté attaqué, se borner à renvoyer à l'avis émis par Suez, lequel impose lui-même de réaliser ladite étude technique ; en tout état de cause, l'étude produite au contentieux par la société AD Invest ne peut être prise en compte, l'instruction de la demande ayant été effectuée sans cette étude et le service instructeur n'ayant dès lors pas pu vérifier la conformité du projet aux dispositions applicables du plan de prévention et du plan local d'urbanisme ; en outre, aucune pièce ne peut permettre d'établir que le projet respecte cette étude, comme l'imposent les dispositions des articles R. 441-6 et R. 431-16 f) ;
. le projet en litige, par son ampleur, sa densité et sa localisation, dans une zone faiblement urbanisée de la commune, méconnaît la vocation de la zone UB du plan local d'urbanisme ;
. le règlement du plan de prévention des risques naturels prévisibles d'inondation impose la réalisation d'une étude technique pour les projets situés, comme en l'espèce, dans la zone blanche de ce plan ; or, le dossier de la demande de permis fait apparaître que cette étude n'a pas été réalisée ; comme indiqué précédemment, le maire ne pouvait se borner à renvoyer à l'avis émis par Suez ; ainsi, en omettant de vérifier que le projet respecte bien les mesures prévues par le plan de prévention, qui imposent de ne pas aggraver le risque d'inondation dans les zones exposées, le maire a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ; le bassin de rétention prévu, dont le caractère suffisant n'est pas démontré, ne peut permettre d'établir le respect des prescriptions du plan de prévention ;
. enfin, compte tenu du caractère imprécis de la gestion des eaux pluviales, de la nature du terrain d'assiette du projet litigieux et du risque d'aggravation du ruissellement sur les terrains avoisinants et la voirie située en aval, le maire aurait dû refuser d'accorder le permis d'aménager demandé, et ce en application de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2023, la commune de Thizy-les-Bourgs, représentée par Me Menghini-Richard et Me Cautenet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit solidairement mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable : en effet :
. le courrier, non daté, émanant d'un collectif de voisins du projet en litige, qui ne contient aucun moyen, ne constitue pas un recours gracieux exercé à l'encontre du permis d'aménager attaqué ; en outre, ce courrier n'a pas été notifié à la société bénéficiaire de ce permis ; enfin, ce collectif, qui n'a pas de personnalité juridique, ne dispose d'aucune qualité pour agir à l'encontre du permis ; par suite, ledit courrier n'a pas prorogé le délai du recours contentieux ; en conséquence, la requête en annulation est tardive et, par suite, irrecevable ; la présente requête en référé-suspension ne pourra dès lors elle-même qu'être rejetée ;
. les requérants n'établissent pas que le projet litigieux, qui ne prévoit d'ores et déjà aucune construction et est situé dans un secteur déjà urbanisé de la commune, est de nature à porter atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens ; par suite, ils ne justifient d'aucun intérêt à agir à l'encontre du permis d'aménager contesté ;
- la condition d'urgence n'est pas démontrée, le commencement des travaux d'aménagement autorisés n'étant, pour l'heure, pas envisagé et les requérants ne démontrant pas que l'autorisation accordée préjudicie, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à leur situation ou aux intérêts qu'ils entendent défendre ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué ; en effet :
. le dossier de la demande de permis de construire était complet et a permis au service instructeur d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable ;
. l'arrêté contesté n'est pas entaché d'un vice de procédure, l'avis émis par Suez le 6 juin 2022 étant affecté d'une simple erreur de plume insusceptible d'avoir eu une quelconque incidence ;
. l'article R. 441-6 du code de l'urbanisme n'impose la réalisation d'une étude préalable que pour les seuls projets prévoyant l'édification, par l'aménageur, de constructions à l'intérieur du périmètre ; l'article UB 9 du règlement du plan local d'urbanisme n'impose pas la réalisation d'une étude technique ; par suite, aucune étude préalable n'était imposée en l'espèce ; au demeurant, Suez a rendu un avis favorable sur le projet et a imposé une prescription relative à la réalisation d'une étude technique permettant de justifier la prise en compte des règles en matière de gestion des eaux pluviales ; cette prescription est imposée par l'article 6 de l'arrêté contesté ; enfin, en tout état de cause, la société pétitionnaire a bien prévu la réalisation d'un rapport d'études pour la gestion des eaux pluviales ;
. le projet contesté, dans un secteur pavillonnaire et sur un terrain dénué de tout intérêt paysager, répond parfaitement à la destination de la zone UB du plan local d'urbanisme ;
. les dispositions du plan de prévention des risques naturels prévisibles d'inondation n'ont pas été méconnues, aucune étude préalable n'étant exigée, pour les raisons indiquées ci-dessus, et le programme des travaux et le règlement du lotissement prenant en compte la question des eaux pluviales, laquelle sera examinée à nouveau ultérieurement, lors de l'instruction des futures demandes de permis de construire sur chacun des lots ;
. enfin, compte tenu notamment de la localisation du terrain d'assiette et des terrains avoisinants en zone blanche du plan de prévention des risques naturels prévisibles d'inondation, le permis d'aménager litigieux ne présente aucun danger susceptible de justifier l'application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2023, la société AD Invest, représentée par la SELARL Philippe Petit et associés (Me Pyanet), conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les requérants n'établissent pas que le collectif de voisins du projet en litige respecte les dispositions de l'article L. 600-1-1 du code de l'urbanisme ; en outre, le courrier émanant de ce collectif ne constitue pas un recours gracieux exercé à l'encontre du permis d'aménager attaqué ; par suite, ce courrier n'a pas prorogé le délai du recours contentieux ; en conséquence, la requête en annulation est tardive et, par suite, irrecevable ;
- la condition d'urgence n'est pas démontrée, les requérants n'établissant pas que les travaux d'aménagement autorisés sont sur le point de commencer ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué ; en effet :
. le dossier de la demande de permis de construire était complet et a permis au service instructeur d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable ;
. l'indication erronée que comporte l'avis émis le 6 juin 2022 par Suez constitue une simple erreur de plume qui est sans incidence sur la légalité de cet avis ;
. l'article R. 441-6 du code de l'urbanisme n'impose la réalisation d'une étude préalable que pour les seuls projets prévoyant l'édification, par l'aménageur, de constructions à l'intérieur du périmètre, ce qui n'est pas le cas en l'espèce ; par suite, le dossier de la demande de permis n'avait pas à comprendre une étude préalable sur le traitement des eaux pluviales ; en tout état de cause, une telle étude a bien été effectuée ;
. le projet contesté, qui est conforme aux articles UB 1 et UB 2 du règlement du plan local d'urbanisme, ne méconnaît pas la vocation de la zone UB de ce plan ;
. comme indiqué précédemment, aucune étude préalable n'était exigée en l'espèce ; par ailleurs, le projet respecte parfaitement les prescriptions du plan de prévention des risques naturels prévisibles d'inondation ; enfin, une étude préalable de gestion des eaux pluviales a bien été réalisée ;
. enfin, le projet litigieux, qui est situé dans la zone blanche de ce plan et prévoit un dispositif de rétention des eaux pluviales, n'est pas de nature à aggraver le risque de ruissellement ; en tout état de cause, le permis d'aménager a été accordé sous réserve d'une prescription spéciale, conformément aux dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée le 13 décembre 2022 sous le n° 2209518, par laquelle les requérants demandent au tribunal d'annuler la décision dont ils demandent la suspension dans la présente requête.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président de la 2ème chambre, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chenevey, juge des référés ;
- Me Amrane, pour les requérants, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans la requête ;
- Me Cautenet, pour la commune de Thizy-les-Bourgs, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans le mémoire en défense ;
- Me Teyssier, pour la société AD Invest, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans le mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du 1er alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. " L'exercice par un tiers d'un recours administratif ou contentieux contre une autorisation d'urbanisme montre qu'il a connaissance de cette décision et a, en conséquence, pour effet de faire courir à son égard le délai de recours contentieux, alors même que la publicité concernant ce permis n'aurait pas satisfait aux dispositions prévues en la matière par le code de l'urbanisme.
3. Il ressort des termes du courrier, non daté, qui a été adressé par M. D, M. C et M. F à la commune de Thizy-les-Bourgs, que celle-ci a réceptionné le 26 septembre 2022, que les intéressés, s'ils ont souhaité, par ce courrier, informer la commune de la création d'un " collectif des voisins ", ont, suffisamment précisément, également entendu contester la légalité du permis d'aménager en litige, explicitement mentionné et identifié par son numéro. Par suite, ce courrier, même s'il est maladroitement rédigé, doit être regardé comme un recours gracieux exercé par les intéressés, en leur nom propre, à l'encontre de ce permis. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que ce recours gracieux a été notifié à la société AD Invest conformément aux dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, par une lettre du 24 septembre 2022, reçue le 28 septembre suivant, mentionnant explicitement qu'est jointe à la lettre une copie dudit courrier du collectif. Le délai du recours contentieux n'a recommencé à courir, au plus tôt, qu'à compter de la réponse apportée par le maire, par un courrier du 13 octobre 2022, à supposer que ce courrier doive être regardé comme rejetant ce recours. Il s'ensuit que la requête en annulation visée ci-dessus, introduite par M. D, M. C et M. F, qui a été enregistrée au greffe du tribunal le 13 décembre 2022, soit nécessairement moins de deux mois après la notification du courrier du 13 octobre 2022, n'est pas tardive.
4. En tout état de cause, dans l'hypothèse dans laquelle, comme le soutiennent la commune de Thizy-les-Bourgs et la société AD Invest, ledit courrier non daté devrait être regardé comme ne constituant pas un recours gracieux, le délai du recours contentieux n'aurait alors pas commencé à courir à l'égard des requérants, en l'absence, d'une part, de toute démonstration de la réalisation, sur le terrain d'assiette du projet, des formalités d'affichage prescrites par le code de l'urbanisme, d'autre part, de toute connaissance acquise du permis résultant d'un tel recours gracieux, seule alors susceptible de faire courir ce délai. Dans cette hypothèse, la requête en annulation serait dès lors également recevable.
5. D'autre part, il résulte des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme que s'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien, le voisin immédiat, eu égard à sa situation particulière, justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
6. Il résulte de l'instruction que les requérants résident à proximité directe du terrain d'assiette du projet litigieux, qui borde au sud leurs propriétés. Compte tenu de l'importance de ce projet, qui comporte 30 lots destinés à l'habitation, dont " un macro lot " destiné à recevoir 8 logements, et des incidences prévisibles des constructions qui ont vocation, à terme, à être édifiées sur ce lotissement, sur les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance des biens des requérants, s'agissant notamment des vues depuis ces constructions, ces derniers justifient d'un intérêt à agir à l'encontre du permis d'aménager attaqué.
7. Il résulte de ce qui précède que la commune de Thizy-les-Bourgs et la société AD Invest ne sont pas fondées à soutenir que la présente requête en référé-suspension doit être rejetée en raison de l'irrecevabilité de la requête au fond.
8. En deuxième lieu, lorsque la suspension d'un permis d'aménager est demandée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la condition d'urgence est en principe satisfaite, ainsi que le prévoit l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme. Il ne peut en aller autrement que dans le cas où le pétitionnaire ou l'autorité qui a délivré le permis justifie de circonstances particulières. Il appartient alors au juge des référés de procéder à une appréciation globale de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
9. En se bornant à soutenir que les travaux autorisés par le permis d'aménager en litige ne sont pas sur le point de commencer, la commune de Thizy-les-Bourgs et la société AD Invest ne se prévalent d'aucun élément qui serait de nature à remettre en cause la présomption posée par l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme. Par suite, la condition d'urgence doit être regardée comme satisfaite.
10. En dernier lieu, en l'état de l'instruction, le moyen visé ci-dessus invoqué par les requérants, tiré de ce que, en méconnaissance des dispositions du c) de l'article R. 442-5 du code de l'urbanisme, le dossier de la demande de permis d'aménager ne fait pas apparaître, avec suffisamment de précision, de quelle façon sera assurée la gestion des eaux pluviales sur le terrain d'assiette, s'agissant notamment des caractéristiques du bassin de rétention prévu, cette insuffisance n'ayant pas permis au service instructeur d'apprécier la conformité du projet aux dispositions applicables en matière de gestion des eaux pluviales, est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.
11. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état du dossier soumis au juge des référés du tribunal, aucun autre moyen invoqué n'est susceptible d'entraîner la suspension de la décision attaquée.
12. Les deux conditions requises par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies en l'espèce. Il y a lieu, dès lors, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté contesté.
13. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Thizy-les-Bourgs et de la société AD Invest une somme à verser aux requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions de cet article font obstacle à ce que les requérants, qui ne sont pas, dans la présente instance, parties perdantes, versent à cette commune et à cette société les sommes qu'elles demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er L'exécution de l'arrêté du 19 août 2022 est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête tendant à l'annulation de cette décision.
Article 2 : Les conclusions présentées par les requérants, la commune de Thizy-les-Bourgs et la société AD Invest au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D, représentant unique des requérants, à la commune de Thizy-les-Bourgs et à la société AD Invest.
Copie en sera adressée pour information au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Villefranche-sur-Saône.
Fait à Lyon le 16 février 2023.
Le juge des référés La greffière
J.-P. Chenevey C. Touja
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026