mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2301185 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | LANTHEAUME |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 16 février 2023, sous le n° 2301183, Mme A C épouse B, représentée par Me Lantheaume, demande au juge des référés :
1°) de condamner l'État, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à lui verser une provision de 5 000 euros à valoir sur l'indemnisation des conséquences dommageables de la décision implicite du préfet du Rhône refusant de lui renouveler son certificat de résidence algérien ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision implicite de rejet de sa demande de certificat de résidence algérien est illégale dès lors que le préfet du Rhône ne lui en a pas communiqué les motifs alors qu'elle en avait fait la demande, qu'il n'a pas saisi la commission du titre de séjour entachant ainsi sa décision d'un vice de procédure et qu'il a méconnu les stipulations de l'article 7 bis a) de l'accord franco-algérien ;
- l'illégalité de cette décision est constitutive d'une faute, de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;
- elle a droit à une provision de 5 000 euros à valoir sur l'indemnisation du préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence causés par cette illégalité fautive.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 1er et 2 mars 2023, la préfète du Rhône conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de provision et au rejet des conclusions présentées au titre des frais du litige.
Elle fait valoir que le titre sollicité a été délivré le 24 février 2023 et qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
II. Par une requête, enregistrée le 16 février 2023, et des pièces complémentaires, enregistrées le 30 novembre 2023, sous le n° 2301185, Mme A C épouse B, représentée par Me Lantheaume, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 10 000 euros, assortie des intérêts au taux légal, eux-mêmes capitalisés, en réparation des préjudices subis du fait de l'illégalité de la décision implicite rejetant sa demande de renouvellement de son certificat de résidence ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil.
Elle soutient que :
- la décision implicite de rejet de sa demande de certificat de résidence est illégale dès lors que le préfet du Rhône ne lui en a pas communiqué les motifs alors qu'elle en avait fait la demande, qu'il n'a pas saisi la commission du titre de séjour entachant ainsi sa décision d'un vice de procédure et qu'il a méconnu les stipulations de l'article 7 bis a) de l'accord franco-algérien ;
- l'illégalité de la décision attaquée est constitutive d'une faute, de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;
- en raison de cette illégalité fautive, elle a subi un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence évalués à 10 000 euros.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 2 mars 2023, et des pièces enregistrées le 1er mars 2023, la préfète du Rhône conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions indemnitaires et au rejet des conclusions présentées au titre des frais du litige.
Elle fait valoir que le titre sollicité a été délivré le 24 février 2023 et qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du 13 janvier 2023 rectifiée le 24 février 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Clément, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante algérienne née le 5 janvier 1985, est entrée en France le 22 juillet 2018 munie d'un visa de court séjour. Le 19 juin 2019, elle a sollicité le renouvellement de son certificat de résidence algérien en qualité de conjointe de ressortissant français. Le silence gardé par le préfet du Rhône pendant quatre mois sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet. Par une première requête enregistrée sous le n° 2301183, Mme B demande au juge des référés de condamner l'Etat à lui verser une provision de 5 000 euros à valoir sur l'indemnisation des préjudices résultant de l'illégalité du refus implicite de renouvellement de son certificat de résidence algérien. Par une seconde requête, enregistrée sous le n° 2301185, Mme B demande au tribunal de prononcer la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices résultant de l'illégalité du refus implicite de renouvellement de son certificat de résidence algérien.
2. Les requêtes n° 2301183 et 2301185 présentées par Mme B, qui concernent la situation d'une même requérante, présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un même jugement.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
3. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction des requêtes, la préfète du Rhône a, par décision du 24 février 2023, délivré un certificat de résidence algérien à Mme B. Or, contrairement à ce que fait valoir la préfète, les conclusions aux fins de provision et d'indemnisation conservent leur objet, dès lors que la préfète n'établit ni même ne fait valoir qu'elle aurait effectivement versé à la requérante, postérieurement à l'introduction de ces requêtes, la somme correspondant à la demande de l'intéressée dans des conditions de nature à reconnaître, implicitement mais nécessairement, la responsabilité de l'Etat au titre de l'illégalité de la décision implicite précitée. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. Il est constant que, postérieurement à l'introduction de la requête, la cour administrative d'appel de Lyon a, par un arrêt n° 22LY03276 du 29 novembre 2023, annulé pour vice de procédure la décision implicite par laquelle le préfet du Rhône a refusé de renouveler le certificat de résidence algérien de Mme B. En outre, il résulte de l'instruction que l'intéressée, entrée régulièrement en France en juillet 2018 et mariée depuis le 2 mai 2019 à un ressortissant français avec lequel la communauté de vie peut être établie au vu des pièces versées au dossier, remplissait les conditions requises pour prétendre au renouvellement de son titre de séjour en qualité de conjointe de ressortissant français. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que le refus initialement opposé à sa demande est illégal.
5. Cette illégalité fautive engage la responsabilité de l'Etat, à raison des préjudices directs et certains qui en ont résulté pour Mme B.
6. En l'espèce, Mme B n'établit pas, par les pièces qu'elle produit, avoir entrepris en vain des démarches en vue d'une insertion professionnelle ni s'être vu refuser une formation ou un accompagnement par les services de Pôle emploi. En revanche, le refus qui lui a été opposé a occasionné à la requérante des troubles dans ses conditions d'existence et un préjudice moral, qui peuvent être regardés comme établis, notamment au regard du temps écoulé entre le refus implicite et la délivrance par la préfète d'un titre de séjour en février 2024, plus de quatre années plus tard. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en évaluant l'indemnité due à ce titre à la somme de 2 000 euros.
7. Il résulte de ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à Mme B la somme de 2 000 euros en réparation de ses préjudices.
Sur la demande de provision :
8. Compte tenu de ce qui précède, les conclusions tendant au versement d'une provision présentées sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative dans la requête n° 2301183 ont perdu leur objet et il n'y a, dès lors, pas lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
9. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Lantheaume, avocat de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de ce dernier le versement à Me Lantheaume d'une somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme B la somme totale de 2 000 euros en réparation des préjudices subis.
Article 2 : L'Etat versera à Me Lantheaume la somme de 1 500 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de son renoncement à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2301185 de Mme B est rejeté.
Article 4 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2301183 de Mme B.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Rizzato, première conseillère,
Mme Gros, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
Le président,
M. Clément
L'assesseure la plus ancienne,
C. Rizzato
La greffière,
T. Andujar
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N° 2301183-2301185
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026