lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2307124 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | VINCENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 24 août et 9 octobre 2023 et 8 avril 2024, la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse, représentée par Me Verne, demande, dans le dernier état de ses écritures, au juge des référés :
1°) de condamner in solidum les sociétés Delers et Associés, Dosse Architectes Associés, Caillaud Ingenierie, B A Carrelages et A chape fluide-béton ciré à lui verser une provision de 48 170,89 euros TTC en réparation des préjudices subis au titre des désordres affectant les sols des salles d'animation et de repas, ainsi que les cloisons de la cuisine (désordres n°4 et 6 du rapport d'expertise), portant intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de la présente requête ;
2°) de condamner in solidum les sociétés A fluide - béton ciré et B A Carrelages à lui payer une provision de 1 800 euros TTC en réparation des préjudices subis au titre du désordre affectant le carrelage de la cuisine et du local à poubelles (désordres n°2 et 5), portant intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de la présente requête ;
3°) de condamner la société Piquand TP à lui payer une provision de 10 560 euros TTC en réparation des préjudices subis au titre du désordre affectant le revêtement du sol extérieur du pôle petite enfance de Bény (désordre n°3), portant intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de la présente requête ;
4°) condamner in solidum les sociétés Delers et Associés, Dosse Architectes Associés, Caillaud Ingénierie, B A Carrelage et A chape fluide- béton ciré et Piquand TP à rembourser l'intégralité des frais d'expertise engagés par l'allocation d'une provision d'un montant de 18 276,30 euros ;
5°) de condamner in solidum les sociétés Delers et Associés, Dosse Architectes Associés, Caillaud Ingenierie, B A Carrelages, A chape fluide - béton ciré et Piquand TP à rembourser l'intégralité des frais d'avocats engagés dans le cadre de l'expertise par l'allocation d'une provision d'un montant de 11 092,28 euros ;
6°) de mettre in solidum à la charge des sociétés Delers et Associés, Dosse Architectes Associés, Caillaud Ingenierie, B A Carrelages, A chape fluide - béton ciré et Piquand TP une somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- pour la réalisation des travaux de construction du pôle petite enfance à Bény (01), la communauté de communes du Canton de Coligny, depuis fusionnée avec la communauté d'agglomération Bourg-en-Bresse Agglomération et cinq autres communautés de communes, a passé un marché de travaux publics, en qualité de maître d'ouvrage ;
- la maîtrise d'œuvre a été confiée à un groupement d'entreprises solidaires, représenté par Philippe Delers, mandataire, et composé de la SELARL Delers et Associés, la SAS Dosse Architectes Associés, la SAS Caillaud Ingénierie, la SAS Chapuis Structure ;
- le marché était décomposé en 14 lots, dont :
- lot n° 01 - Terrassement : les travaux, réalisés par l'entreprise Piquand TP, ont été réceptionnés sans réserve avec effet au 8 juin 2010 ;
- lot n° 11 - Carrelage faïences : les travaux, réalisés par l'entreprise A B Carrelages, ont été réceptionnés sans réserve avec effet au 11 décembre 2009 ;
- la société Bureau Alpes Contrôle est intervenue dans le cadre de ce marché en qualité de contrôleur technique ;
- postérieurement à l'ouverture du pôle petite enfance, à partir du mois de janvier 2010, des désordres ont affecté l'ouvrage et se sont aggravés au fil du temps :
- sur demande de la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse, le tribunal administratif a désigné un expert, qui a rendu son rapport le 30 juin 2021 ;
- en vertu des principes consacrés par les articles 1792 et 1792-4-1 du code civil, la responsabilité décennale des constructeurs est engagée dans la survenance des désordres affectant le pôle petite enfance de Bény et elle est, en conséquence, bien fondée à demander, sur ce fondement, le versement d'une provision au titre de l'indemnisation des préjudices qu'elle a subis du fait de ces désordres en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative ;
- trois types de désordres sont en cause : le décollement et la fissuration du carrelage dans le couloir de service, la cuisine et le local poubelles (désordres n°2 et 5 décrits dans le rapport d'expertise), la déformation du sol plastique et la dégradation de la chape dans la salle d'animation, la salle de repas, l'espace des grands et la salle de WC (désordres n°4 et 6 décrits dans le rapport d'expertise), l'apparition de fissures importantes au sol sur le revêtement extérieur du bâtiment (désordre n°3 décrit dans le rapport d'expertise) ;
- ce sont des dommages non apparents à la réception et qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui, l'affectant dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, le rendent impropre à sa destination ;
- selon C, la déformation du sol plastique et la dégradation de la chape dans la salle d'animation, la salle de repas, l'espace des grands et la salle de WC (désordres n°4 et 6 décrits dans le rapport d'expertise), sont à attribuer à des migrations d'eaux normales de lavage du sol carrelé de la cuisine adjacente dépourvue d'étanchéité qui ont migré dans la chape puis sous le revêtement de sol plastique, provoquant la dégradation du ragréage et des remontées capillaires dans les cloisons ;
- ces désordres sont imputables à un défaut de conception de l'ouvrage par la maîtrise d'œuvre, ainsi qu'un défaut d'exécution par l'entreprise de carrelage ;
- C a retenu le partage de responsabilité suivant : Delers maître d'œuvre : 20%, Dosse co-maître d'œuvre 20%, Caillaud Ingénierie 20%, A, locateur d'ouvrage carrelage 40% ;
- selon l'attestation établie par Maître Luc Saint-Paul, notaire à Bourg-en-Bresse, la société A Carrelages a cédé son fonds de commerce à la société A Chape fluide -béton ciré, par acte de cession du 13 novembre 2019 ; en conséquence, la responsabilité décennale du fait des désordres affectant le pôle petite enfance de Bény incombe à la société A chape fluide - béton ciré en tant que repreneur de la société B A Carrelages ;
- en tout état de cause, la responsabilité de la société A Carrelages reste engagée dès lors que la créance invoquée a pour origine l'activité sociale exercée avant la dissolution et que la personnalité morale d'une société subsiste aussi longtemps que les droits et obligations à caractère social ne sont pas liquidés ;
- elle a exposé des frais pour la mise en place d'un tapis de sol, d'un montant de 2 672,71 euros HT, soit 3 207,25 euros TTC ;
- le coût total des réparations des désordres affectant les sols des salles de repas et d'animation s'élève à un montant de 35 592,07 euros HT, soit 42 710,484 euros TTC ;
- pendant les travaux de réparation, d'une durée d'un mois, elle ne pourra disposer de la cuisine et devra faire livrer les repas, pour un coût de 2 135,70 euros HT, soit 2 253,16 euros TTC ;
- s'agissant du décollement et de la fissuration du carrelage dans le couloir de service, la cuisine et le local poubelles (désordres n°2 et 5 décrits dans le rapport d'expertise) :
- il a été constaté le décollement par endroit du carrelage du couloir de service et de la cuisine, notamment dans le secteur de la plonge qui communique avec le coin repas des enfants ;
- ces désordres, qui font obstacle à un entretien correct des locaux, rendent l'ouvrage impropre à sa destination et présentent un caractère décennal ;
- les désordres sont imputables à un défaut d'exécution ;
- le coût total des réparations des désordres affectant le carrelage de la cuisine, imputable à la société A Carrelages, s'élève à un montant de 1 500,00 euros HT, soit 1 800 euros TTC ;
- s'agissant de fissures importantes au sol sur le revêtement extérieur du bâtiment, des fissures importantes sont apparues en 2017 au sol, sur le revêtement extérieur du pôle petite enfance ;
- ces fissures lézardant le revêtement extérieur du pôle petite enfance, rendent l'ouvrage impropre à sa destination, puisque le sol n'est pas continu et sûr comme il devrait l'être, mais présente des crevasses de taille importante susceptibles de provoquer la chute d'un enfant qui marche ou fait du vélo à l'extérieur du bâtiment ;
- C a pointé un risque de déstabilisation de l'enrobé extérieur du fait des infiltrations d'eaux pluviales par les fissures ;
- le désordre est imputable à un défaut d'exécution par l'entreprise en charge de la réalisation de revêtement extérieur, c'est-à-dire la société Colas, qui est intervenue en qualité de sous-traitant de la société Piquand TP ;
- le coût total des réparations des fissures affectant le sol extérieur s'élève à un montant de 8 800,00 euros HT, soit 10 560 euros TTC ;
- les sommes correspondant à toutes ces condamnations doivent être majorées de l'intérêt au taux légal ;
- le groupement de maîtrise d'œuvre (Delers et Associés - Dosse Architectes Associés - Caillaud Ingenierie), la société B A Carrelages, la société A chape fluide -Béton ciré et la société Piquand TP, responsables des désordres affectant le pôle petite enfance, seront solidairement condamnées à verser une provision d'un montant de 18 276,30 euros correspondant aux frais d'expertise qu'elle a avancés ;
- le groupement de maîtrise d'œuvre (Delers et Associés - Dosse Architectes Associés - Caillaud Ingenierie), la société B A Carrelages, la société A chape fluide -Béton ciré et la société Piquand TP, responsables des désordres affectant le pôle petite enfance, seront également solidairement condamnées à verser une provision d'un montant de 11 092,28 euros correspondant aux frais qu'elle a dû engager pour faire valoir ces droits.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 21 septembre 2023 et 11 janvier et 4 avril 2024, la société Delers et Associés, la Société Dosse Architectes Associés, la Mutuelle des Architectes Français, représentées par Me Barre, concluent :
1°) au rejet de la requête de la Communauté d'Agglomération du Bassin de Bourg-en-Bresse ;
2°) en tout état de cause, à la condamnation de la société Caillaud Ingenierie, in solidum avec la société Piquand TP, la société B A Carrelages, B A Chape fluide - béton ciré à relever et garantir de toutes condamnations les sociétés Delers et Associés, Dosse Architectures Associés ;
3°) à ce que soit mise à la charge de la Communauté d'Agglomération du Bassin de Bourg-en-Bresse une somme de 3 000 euros à leur verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la communauté d'Agglomération du Bassin de Bourg-en-Bresse sollicite la condamnation des concluantes au titre des seuls désordres n°4 et n°6 tels que décrits par C judiciaire dans son rapport concernant la déformation du sol plastique et la dégradation de la chape dans la salle d'animation, la salle de repas, l'espace des " Grands " et la salle de WC, à l'exclusions du désordre n°3 , à savoir fissures au sol sur le revêtement extérieur du bâtiment et désordre n°5 tels que décrits dans le rapport d'expertise à savoir décollement et fissuration du carrelage dans le couloir de service, la cuisine et le local poubelles ;
- pour la salle WC Grands, éloignée de la cuisine, C indique que les désordres sont dus à la conséquence des fuites de plomberie de chauffage qui relèvent de l'entretien courant du bâtiment, survenues après expiration du délai de garantie de bon fonctionnement de deux ans des équipements non liés et apparents, de plomberie ;
- il existe une contestation sérieuse sur le principe même des demandes, dès lors que celles-ci sont prescrites, et d'autre part relèvent de l'entretien courant du bâtiment ;
- pour l'espace repas animation, C a relevé près du syphon de la cuisine une absence d'étanchéité, sous le carrelage (en réalité autour de celui-ci), de sorte que l'eau utilisée dans le cadre du lavage des sols carrelés, migrerait dans la chape puis sous le revêtement de sol plastique situé dans le local repas animation, provoquant ainsi sa dégradation ;
- mais cette hypothèse ne résiste pas à l'analyse ; en effet, il a été constaté lors des opérations d'expertise, que outre le décollement du carrelage en périphérie et aux droits du seuil de la salle adjacente (salle repas animation), le sol carrelé de la cuisine ne souffrait d'aucun désordre ; le sol de la salle adjacente présente des traces de venues d'eau récurrentes confirmées par le test à l'hydromètre réalisé le jour de la réunion d'expertise du 02 septembre 2020 ; la présence d'eau en sous face du revêtement PVC ne provient pas de l'eau à l'intérieur de la chape, mais l'eau qui circule en surface ; en effet, le soulèvement du revêtement montre des traces d'écoulements d'eau ; ces écoulements provoquent un décollement du revêtement et une humidification filante de la surface de la chape ; or, ces écoulements sont dus à des nettoyages à grandes eaux, mal maitrisés, de la cuisine ; les traces de venues d'eau dont il a été observé qu'elles sont circonscrites au droit du seuil de la cuisine, résultent de la migration des eaux surfaciques de lavage ; c'est le lavage à grandes eaux du sol carrelé de la cuisine qui est doit être désigné comme la cause exclusive des désordres 4 et 6 ;
- il existe donc une contestation sérieuse sur le principe même de la demande, dès lors que la faute de victime est ici relevée et constitue une cause exonératoire de responsabilité des concluantes ;
- en tout état de cause, et contrairement là encore à ce qu'indique C judiciaire, il n'y a aucune erreur de conception : la cuisine revêtue sur l'ensemble de sa surface d'un revêtement carrelé ; il s'agit d'une cuisine collective EB+ Collectif ; aucune obligation de protection par un SEL n'est préconisée ; pour les locaux relevant de classement EB+ Locaux collectifs, locaux uniques à usage collectif, il est seulement requis un dispositif d'évacuation au sol (DTU 20.1 - DTU 40.1 - DTU 40-2 DTU 40.3-DTU 40.4 et DTU 43.3) et la mise en œuvre de cloisons hydrofuges ; c'est précisément ce dispositif qui a été prévu et mis en place le site ;
- l'ouvrage ne souffre d'aucune non-conformité et il n'existe aucun défaut de conception ;
- en ce qui concerne le coût des travaux de réparation, ceux-ci ont été chiffrés par C judiciaire à la somme de 35 592,07 euros HT en ce compris les honoraires de maitrise d'œuvre et contrôleur technique ;
- or les travaux préconisés par C consistent à démolir le carrelage de la cuisine, mettre en place d'une étanchéité, reposer le carrelage, et procéder à la reprise du sol situé dans le local repas animation ; cette reprise intégrale dans un bâtiment de plus de 10 ans d'âge constitue nécessairement une amélioration, et il y aura donc lieu d'appliquer un coefficient de vétusté conformément à la jurisprudence en la matière ;
- la société Caillaud Ingénierie, in solidum avec la société Piquand TP, la société B A Carrelages, B A Chape fluide - béton ciré doivent la garantir en application des dispositions de l'article 1240 du Code Civil.
- la société Caillaud Ingenierie, en tant que membre du groupement, est également soumise à la présomption de responsabilité des articles 1792 et suivants du code civil, à supposer que ce fondement puisse être retenu ;
- cette société, intervenue en qualité d'économiste membre du groupement, soutient, à tort, qu'il ne lui appartenait pas, en sa qualité d'économiste de la construction, de prescrire le profilé d'arrêt de carrelage, dont l'absence a été relevée par C ; il appartient à l'économiste de travailler le projet tant dans sa définition financière que technique ; la société Caillaud est le rédacteur du CCTP du lot carrelage et de la DPGF du lot carrelage ; elle a participé aux missions ACT et EXE ; à ce titre, elle devait procéder à la description technique et détaillée des ouvrages à réaliser.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2023, la société A Chape fluide - Béton ciré, représentée par Me Vincent, conclut :
1°) au rejet de la requête et de toute demande de condamnation à son encontre ;
2°) à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la Communauté d'Agglomération du Bassin de Bourg-en-Bresse à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'est pas le repreneur de la société B A Carrelages ;
- elle n'est pas intervenue dans l'opération de construction.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 31 octobre 2023 et 19 janvier et 11 avril 2024, la société Caillaud Ingénierie, représentée par Me Burrus, conclut :
1°) au rejet de la requête de Communauté d'Agglomération du Bassin de Bourg-en-Bresse ;
2°) à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la Communauté d'Agglomération du Bassin de Bourg-en-Bresse, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) à titre subsidiaire à ce que les sociétés Delers et Associés, Dosse Architecte Associés et B A Chape fluide et Béton ciré soient condamnées in solidum à la relever et la garantir intégralement de toute éventuelle condamnation mise à sa charge, notamment au titre des désordres n°4 et n°6, des frais d'expertises, des frais d'avocats ou au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'absence de traitement de la jonction entre le carrelage de la cuisine dépourvue d'étanchéité et la chape support du revêtement sol souple est un défaut de conception imputable à l'architecte maître d'œuvre qui doit, au stade de la conception du projet, définir les éléments techniques et faire la synthèse entre les différents lots et différentes prestations afin d'identifier les points susceptibles d'être problématiques, telle la jonction entre deux espaces dont l'un peut être lavé à grandes eaux et l'autre pas ;
- l'architecte n'ayant pas prévu de traitement de jonction, elle n'avait pas à en mentionner un dans les documents qu'elle a rédigés ;
- subsidiairement, elle doit être garantie par les sociétés Delers et Associés, Dosse Architecte Associés et B A Chape fluide et béton ciré.
Par ordonnance du 14 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 mai 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
La présidente du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La Communauté de communes du canton de Coligny, qui a fusionné avec la Communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse, et 5 autres communautés de communes le 1er janvier 2017, a entrepris la construction d'un pôle petite enfance à Bény. Elle a confié la maîtrise d'œuvre à un groupement d'entreprises, co-traitant groupés solidaires, représenté par Philippe Delers, mandataire et composé de la SELARL Delers et Associés, la SAS DOSSE Architectes Associés, la SAS Caillaud Ingenierie SAS, la SAS Chapuis Structure. Le marché comportait 14 lots, dont le lot n° 01 - Terrassement et le lot n° 11 - Carrelage faïences, attribué à l'entreprise B A Carrelages. Les travaux, réalisés par l'entreprise Piquand TP, ont été réceptionnés sans réserve avec effet au 8 juin 2010. Les travaux réalisés par l'entreprise A Carrelages ont été réceptionnés sans réserve avec effet au 11 décembre 2009.
2. Compte tenu de l'apparitions de désordres, la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse, venue aux droits de la Communauté de communes du canton de Coligny, a demandé, le 2 octobre 2019, au juge des référés du tribunal de céans, de désigner un expert, chargé de se prononcer sur la réalité, l'étendue et l'origine des désordres, ainsi que les travaux de réparation. Après le dépôt le 30 juin 2021 du rapport de C, la Communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures, de condamner in solidum les sociétés Delers et Associés, Dosse Architectes Associés, Caillaud Ingenierie, B, A Carrelages et A chape fluide-béton ciré à lui verser une provision de 48 170,89 euros TTC en réparation des préjudices subis au titre des désordres affectant les sols des salles d'animation et de repas, ainsi que les cloisons de la cuisine (désordres n°4 et 6 du rapport d'expertise), de condamner in solidum les sociétés A chape fluide - béton ciré et B A Carrelages à lui payer une provision de 1 800 euros TTC en réparation des préjudices subis au titre du désordre affectant le carrelage de la cuisine et du local à poubelles (désordres n°2 et 5), de condamner la société Piquand TP à lui payer une provision de 10 560 euros TTC en réparation des préjudices subis au titre du désordre affectant le revêtement du sol extérieur du pôle petite enfance de Bény (désordres n°3), portant intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de la présente requête, de condamner in solidum les sociétés Delers et Associés, Dosse Architectes Associés, Caillaud Ingénierie, B A Carrelages et A chape fluide- béton ciré et Piquand TP à lui payer une provision correspondant aux frais d'expertise d'un montant de 18 276,30 euros, et une indemnité provisionnelle correspondant aux frais d'avocats engagés dans le cadre de l'expertise d'un montant de 11 092,28 euros.
Sur les conclusions aux fins de condamnation au versement d'une provision :
3. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
4. Il résulte des principes qui régissent la responsabilité décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.
Sur les désordres :
5. Eu égard aux dates de réception des travaux en cause, et à la date de saisine du juge des référés en vue d'obtenir la désignation d'un expert, l'action en garantie décennale de la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse qui porte sur les désordres n°2 et n°5 ensemble, n°4 et n°6 ensemble et n°3, observés par C, n'est pas prescrite.
6. Selon C, les désordres n°2 et n°5 ont la même origine. Le désordre 2 consiste en un décollement par endroits du carrelage de couloir de service et de la cuisine. Le désordre 5 consiste en un décollement du sol du local poubelles, dont la chape est humide. Le dommage affecte des éléments d'équipement rendant les locaux impropres à leur destination (impossibilité de nettoyage correct, non-stabilité des carreaux à la marche). D'après les constats effectués par C, le décollement de ces carreaux provient d'imperfection de battage de ceux-ci. Il s'agirait d'un défaut d'exécution du lot carrelage. Il convient de reprendre plusieurs zones centrales, soit environ 10 m², pour un coût estimé à 1 500 euros, soit 1 800 euros TTC.
7. Selon C, les désordres 4 et 6 ont la même origine. Le désordre 4 consiste en la formation d'un dôme au sol dans le coin repas des grands, la formation d'une poche dans la salle de bain des grands et la formation d'un dôme devant le placard mural de la salle de vie des grands. Le désordre 6 consiste en traces d'humidité dans les placards du coin kitchenette. Le dommage concerne un élément d'équipement du bâtiment le rendant impropre à sa destination (non-stabilité du revêtement à la marche pour les jeunes enfants). C n'a pas retenu les désordres constatés dans la salle des toilettes des grands, très éloignée de la cuisine, qui consistent en une déformation du sol, mais qui seraient la conséquence d'une fuite de la plomberie chauffage, réparée depuis, et relevant de l'entretien courant du bâtiment. Les désordres retenus par C, résultent selon celui-ci, des migrations d'eaux de lavage du sol carrelé de la cuisine adjacente dépourvue d'étanchéité dans la chape puis sous le revêtement de sol plastique. Ces eaux ont provoqué la dégradation du ragréage et des remontées capillaires dans les cloisons. Il s'agirait d'un défaut de conception impliquant la maitrise d'œuvre, le contrôleur technique et l'entreprise de carrelage. Les réparations exigent la dépose des équipements de cuisine, du carrelage, et partiellement des faïences basses, la mise en place d'une résine d'étanchéité avant pose du carrelage et des faïences. Pour éviter la migration des eaux vers les autres salles, une cornière formant relevé devra être installée dans l'épaisseur du carrelage. Le revêtement de sol des autres pièces devra être déposé, un ragréage du sol devra être réalisé et les sols refaits avec un matériau insensible à l'eau. C estime le coût des réparations à 35 592,07 euros HT, incluant une maîtrise d'œuvre et le contrôle technique. En outre C a validé l'installation d'un tapis provisoire par l'établissement public, pour un coût de 2 672,71 euros HT. Il estime que les travaux dureront un mois, période pendant laquelle le cuisine sera indisponible et valide un devis de livraison de repas pour un montant de 2 135,70 euros HT, soit un total de 48 170,89 euros TTC.
8. Le désordre n°3 consiste en des fissures importantes au sol sur le revêtement extérieur. Ce revêtement, en Végécol, s'est lézardé tous les 3 à 4 mètres avec une ouverture dépassant le centimètre, que le revêtement soit abrité par un auvent ou non. Il n'y a pas de désaffleurements des lèvres de ces lézardes. Ce revêtement est dangereux pour les parents portant des talons-aiguilles. Les lézardes sont de nature à favoriser des infiltrations d'eaux pluviales déstabilisant la fondation de l'enrobé. Selon C, il n'y a pas en l'état d'atteinte à la solidité de l'ouvrage mais une impropriété à sa destination, car le sol doit être continu et sûr. Selon C, le désordre trouve son origine dans un problème de retrait excessif de l'enrobé probablement pas ses conditions de mise en œuvre. Il s'agirait d'un défaut d'exécution. Après un test probant par adjonction d'une résine gravillonnée en pontage, C estime qu'il est possible d'étendre la solution à l'entier parvis Ouest et au préau Sud-Est, les autres zones à caractère technique pouvant faire l'objet de reprises partielles. Le coût des réparations est de 8 800 euros HT, soit 10 560 euros TTC, incluant la maîtrise d'œuvre et le contrôle technique.
9. Il résulte de ce qui précède que ces désordres, tous apparus postérieurement à la réception des travaux et avant le terme de la garantie décennale entrent dans le champ de cette garantie, compte tenu qu'ils rendent l'ouvrage impropre à sa destination.
10. C a estimé que les désordres n°2 et n°5 sont imputables à l'entreprise titulaire du lot n°11 carrelage, également impliquée dans les désordres n°4 et n°6. La société B A Carrelages a fait l'objet d'une liquidation amiable en 2019 et a été radiée du registre du commerce. La société A chape fluide - béton ciré a repris le fonds de commerce de la société B A Carrelages, sans reprendre le passif de la société B A Carrelages, comme le fait valoir la société A chape fluide - béton ciré. Cette dernière doit donc être mise hors de cause.
11. Toutefois par ordonnance du 7 mars 2024, le président du tribunal de commerce de Bourg-en-Bresse a désigné M. B A, en qualité de mandataire ad hoc, pour représenter la société B A Carrelages, dans le cadre de la présente procédure. M. B A était convoqué à l'expertise, comme représentant de la société B A Carrelages, mais il a fait valoir que la société B A Carrelages avait cédé son fonds de commerce. Pour autant, la société B A Carrelages était représentée à l'expertise par Me Descous, du cabinet Constructiv'avocats, qui a déposé un dire le 14 juin 2021.
12. M. B A, a eu communication de la procédure, en sa qualité de mandataire ad hoc de la société A Carrelages mais n'a produit aucune observation à l'instance. Il n'existe donc pas de contestation sérieuse s'agissant des désordres n°2 et n°5, dont la réparation incombe à la société B A Carrelages.
13. S'agissant des désordres n°4 et n°6, la société B A Carrelages, qui était titulaire du lot carrelage, ne soulève pas davantage de contestation. En revanche la société Caillaud Ingenierie soutient que, eu égard à sa mission d'économiste, elle n'est pas intervenue dans la conception du revêtement de sol de la cuisine et donc dans l'absence de la cornière dans l'épaisseur du carrelage formant relevé préconisée par C pour faire obstacle à la migration des eaux de lavage. S'il lui incombait de rédiger le CCTP du lot n°11, qui ne comportait effectivement pas de prescription relative à un relevé du carrelage de la cuisine, elle n'était pas tenue de prévoir un profilé de carrelage, l'architecte n'ayant lui-même pas prévu une étanchéité de la cuisine et aucun DUT ne l'imposant. Toutefois étant au nombre des sociétés du groupement conjoint solidaire auquel la maîtrise d'œuvre a été confiée, elle est, en tout état de cause, sur le fondement de la garantie décennale responsable solidairement des désordres n°4 et n°6 avec les membres du groupement des défauts de conception de l'ouvrage, et avec la société B A Carrelages, qui était chargée du lot n°11.
14. Les architectes du projet soutiennent que les désordres n°4 et n°6 sont imputables à la collectivité, puisqu'ils résultent de la migration des eaux de lavage. Toutefois, le lavage à grande eau de la cuisine ne constitue pas une faute exonératoire. Il incombait aux architectes de prendre en compte dans la conception du projet le lavage à grande eau du sol de cuisine et de prévoir un dispositif faisant obstacle à la migration de ces eaux.
15. Par suite, il n'est pas sérieusement contestable qu'il incombe au maître d'œuvre et à la société B A Carrelages de réparer les préjudices résultant des désordres n°4 et n°6.
16. Enfin, la société Piquand TP, également mise en cause, n'a produit aucun mémoire en défense. Ainsi il ne résulte pas de l'instruction que l'imputabilité à cette société du désordre n°3 ne serait pas non sérieusement contestable.
17. Seuls les architectes contestent globalement le coût des réparations des désordres n°4 et n°6. Ils font valoir que la reprise intégrale des revêtements de sol constitue nécessairement une amélioration et qu'il convient d'appliquer un coefficient de vétusté. Toutefois, la seule " amélioration " résulte de l'installation dans l'épaisseur du carrelage d'une cornière formant relevé, qui n'avait pas été prévue, ni chiffrée dans le projet d'origine. Mais cet ajout, eu égard à sa nature et son coût ne peut être considéré comme une amélioration impliquant un coefficient de vétusté.
18. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner la société Piquand TP à payer à la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse une somme provisionnelle de 10 560 euros TTC au titre du désordre n°3, la société B A Carrelages à lui payer une somme provisionnelle de 1 800 euros TTC, au titre des désordres n°2 et n°5, de condamner solidairement les sociétés Delers et Associés, Dosse Architectes Associés, Caillaud Ingenierie, B A Carrelages à lui payer une somme provisionnelle de 48 170,894 euros TTC au titre des désordres n°4 et n°6.
19. Ces sommes porteront intérêt au taux légal à compter de l'enregistrement le 24 août 2023, de la présente requête.
20. La communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse peut prétendre à une provision correspondant au montant des frais d'expertise, soit 18 276,30 euros et au montant des frais de représentation engagés dans le cadre de l'expertise, dès lors qu'ils ont été utiles, soit 11 092,28 euros. Il y a lieu, par suite, de condamner solidairement les sociétés Delers et Associés, Dosse Architectes Associés, Caillaud Ingénierie, B A Carrelages et Piquand TP à payer à la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse une somme provisionnelle de 29 368,58 euros.
Sur les appels en garantie :
21. Ils ne concernent que les condamnations prononcées au titre des désordres 2 et 5. C a proposé de répartir ces sommes selon les pourcentages suivants : société Delers et Associés 20%, société Dosse Architectes Associés 20%, société Caillaud (économiste de la construction) 20%, société B A Carrelages 40%.
22. La société Caillaud Ingenierie conteste toute responsabilité dans ces désordres, dès lors qu'aucune règle de l'art ni DUT ne prévoyait la pose d'un arrêt relevé de carrelage pour faire obstacle à la migration des eaux de lavage vers les pièces non carrelées. Toutefois, en tant que rédacteur du CCTP, elle était un sachant qui pouvait relever la nécessité de ce relevé. Par suite, elle est responsable, tout comme les architectes du défaut de conception.
23. Dans ces conditions, il y a lieu de retenir le partage de responsabilité proposé par C, qui n'est pas sérieusement contestable et de condamner la société B A Carrelages à garantir chacune des société Delers et Associés, société Dosse Architectes Associés et société Caillaud à hauteur de 40% des condamnations mises à leur charge. La société Caillaud devra garantir chacune des sociétés Delers et Associés et Dosse Architectes Associés à hauteur de 20% des condamnations mises à leur charge. Les sociétés Delers et Associés et Dosse Architectes Associés devront chacune garantir la société Caillaud à hauteur de 20% des condamnations mises à sa charge.
Sur les frais du litige :
24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, à verser aux autres parties au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des sociétés Delers et Associés, Dosse Architectes Associés, Caillaud Ingénierie, B A Carrelages et Piquand TP une somme globale de 2 000 euros à verser au même titre à la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse et de rejeter toute autre demande présentée sur le même fondement pas les défendeurs.
ORDONNE :
Article 1er : La société Piquand TP est condamnée à payer à la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse une somme provisionnelle de 10 560 euros TTC, majorée de l'intérêt au taux légal à compter du 24 août 2023.
Article 2 : La société B A Carrelages est condamnée à payer à la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse une somme provisionnelle de 1 800 euros TTC, majorée de l'intérêt au taux légal à compter du 24 août 2023.
Article 3 : Les sociétés Delers et Associés, Dosse Architectes Associés, Caillaud Ingenierie, B A Carrelages sont condamnées solidairement à payer à la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse une somme provisionnelle de 48 170,894 euros TTC, majorée de l'intérêt au taux légal à compter du 24 août 2023.
Article 4 : Les sociétés Delers et Associés, Dosse Architectes Associés, Caillaud Ingenierie, B A Carrelages et Piquand TP sont condamnées solidairement à payer à la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse une somme provisionnelle de 29 368,58 euros.
Article 5 : La société B A Carrelages est condamnée à garantir chacune des société Delers et Associés, société Dosse Architectes Associés et société Caillaud à hauteur de 40% des condamnations mises à leur charge.
Article 6 : La société Caillaud est condamnée à garantir chacune des sociétés Delers et Associés et Dosse Architectes Associés à hauteur de 20% des condamnations mises à leur charge.
Article 7 : Les sociétés Delers et Associés et Dosse Architectes Associés sont condamnées chacune à garantir la société Caillaud à hauteur de 20% des condamnations mises à sa charge.
Article 8 : Les sociétés Delers et Associés, Dosse Architectes Associés, Caillaud Ingenierie, B A Carrelages et Piquand TP sont condamnées à payer à la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté d'agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse, à la société Delers et Associés, à la société Dosse Architectes Associés, à la société Caillaud Ingenierie, à la société Piquand TP, à M. B A, es qualité de représentant ad hoc de la société B A Carrelages, à la société B A Chape fluide - béton ciré, à la mutuelle des architectes français.
Fait à Lyon, le 22 juillet 2024.
La juge des référés,
A. Wolf
La République mande et ordonne au préfet de l'Ain en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026