jeudi 15 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2309543 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COUDERC ZOUINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 novembre 2023 et un mémoire complémentaire enregistré le 12 janvier 2024, M. C B, représenté par la SCP Couderc-Zouine, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 19 octobre 2023 par lesquelles la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, dans l'attente du réexamen, sous deux mois, de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros hors taxe au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.
M. B soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît le principe général du droit d'être entendu ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision fixant pays de destination est illégale en conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La préfète du Rhône a produit des pièces enregistrées le 13 novembre 2023.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 12 janvier 2024.
La présidente du tribunal a désigné M. Besse pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant de la République Démocratique du Congo (RDC) né en 1999, déclare être entré en France le 15 juin 2021. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le 12 janvier 2022, puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 28 octobre 2022. Le 10 mai 2023, l'OFPRA a rejeté sa demande de réexamen comme étant irrecevable, rejet confirmé par la CNDA le 4 octobre 2023. M. B demande au tribunal d'annuler les décisions du 19 octobre 2023 par lesquelles la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays de destination duquel il pourra être reconduit d'office.
Sur les conclusions dirigées contre les décisions du 19 octobre 2023
2. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors applicable : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. "
3. Il ressort du certificat médical établi le 22 novembre 2023 par le docteur A, psychiatre, praticien hospitalier au centre hospitalier du Vinatier, que M. B a été pris en charge en février 2022 par l'établissement en raison d'un trouble de stress post traumatique sévère, suite à une tentative de suicide. Si, la situation médicale du requérant s'étant améliorée, il n'a plus consulté de juin 2022 à juillet 2023, il a ensuite été pris en charge à nouveau par ce service, l'état de santé de M. B, qui a présenté des symptômes psycho traumatiques intenses et une anesthésie affective, s'étant à nouveau dégradé. Depuis cette date, M. B bénéficie d'un rendez-vous mensuel et d'un traitement associant un antidépresseur (sertraline) et un hypnotique (zoplicone). Au regard de ces éléments, le défaut de prise en charge de l'état de santé du requérant pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par ailleurs, le requérant produit copie du répertoire des produits pharmaceutiques enregistrés et autorisés en République Démocratique du Congo, dont il ressort l'absence de disponibilité notamment de médicaments à base de zoplicone, ou d'une molécule équivalente. Ces indications ne sont pas contredites en défense par la préfecture du Rhône. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que la décision méconnaît les dispositions précitées du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 19 octobre 2023 par laquelle la préfète du Rhône fait obligation à M. B de quitter le territoire français doit être annulée, de même, par voie de conséquence, que la décision fixant le délai de départ volontaire et celle désignant le pays de destination.
Sur l'injonction :
5. L'exécution du présent jugement implique, en vertu de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'une autorisation provisoire de séjour soit délivrée au requérant jusqu'à ce que l'autorité administrative aie à nouveau statué sur son cas. Il y a lieu par suite d'enjoindre à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de la situation de M. B, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer, dans l'attente, et sous quinze jours, une autorisation provisoire de séjour.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Couderc, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à ce dernier de la somme de 900 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 19 octobre 2023 de la préfète du Rhône faisant obligation à M. B de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de la situation de M. B dans le délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement et de le munir, dans l'attente et sous quinze jours, d'une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'État versera la somme de 900 euros à Me Couderc, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la préfète du Rhône et à la SCP Couderc-Zouine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2024.
Le magistrat désigné,
T. Besse
La greffière,
C. Réveillé
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026