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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2311034

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2311034

mardi 12 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2311034
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU 9ème chambre
Avocat requérantSCP ROBIN VERNET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 décembre 2023, Mme C D, représentée par Me Guillemette Vernet, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2023 par lequel la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une attestation de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, dans l'attente du réexamen de sa situation ;

4°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans l'attente de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, le cas échéant, de la Cour nationale du droit d'asile ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise par une autorité incompétente ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise sans réel examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant du pays de destination :

- la décision fixant le pays de destination méconnaît les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise sans réel examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire ;

S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;

S'agissant de la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement :

- elle fait état d'éléments justifiant la suspension de l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

La requête a été communiquée à la préfète du Rhône qui a produit des pièces le 26 février 2024.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 25 janvier 2024.

La présidente du tribunal a désigné Mme Fullana Thevenet pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fullana Thevenet,

- et les observations de Me Lulé, substituant Me Vernet, représentant Mme D, qui a repris ses conclusions et moyens.

La préfète n'était ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante congolaise (RDC) née le 1er janvier 1981, est entrée en France le 2 juillet 2014 selon ses déclarations. Elle a déposé une demande d'asile, qui a été rejetée le 11 février 2015 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et le 20 octobre 2015 par la Cour nationale du droit d'asile. Elle a formulé une première demande de réexamen de sa demande d'asile qui a été déclarée irrecevable par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 16 mars 2016, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 23 juin 2016. Mme D a présenté une deuxième demande de réexamen qui a été, à nouveau, déclarée irrecevable par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 8 septembre 2017, qui n'a pas été contestée devant la Cour nationale du droit d'asile. Elle a présenté une nouvelle demande de réexamen de sa demande d'asile le 8 décembre 2023 et demande, à titre principal, au tribunal d'annuler l'arrêté du même jour par lequel la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 janvier 2024. Il n'y a pas lieu, par suite, de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme A B, directrice adjointe des migrations et de l'intégration, titulaire d'une délégation de signature à cet effet en cas d'absence ou d'empêchement de la directrice des migrations et de l'intégration, par un arrêté de la préfète du Rhône du 30 novembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du Rhône du 1er décembre suivant. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit, par suite, être écarté.

4. En deuxième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français vise les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne les éléments de fait relatifs à la situation propre de la requérante. Elle est par suite suffisamment motivée.

5. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision en litige ni des pièces du dossier que la préfète du Rhône n'aurait pas, au regard des éléments avancés par la requérante, procédé à un réel examen de sa situation avant de prendre la mesure d'éloignement en litige.

6. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que Mme D est célibataire et sans charge de famille sur le territoire français. Si elle soutient vivre en France depuis 2014 et avoir tissé des liens forts en France, elle ne donne aucune précision quant à la nature de ces liens et ne fournit aucun élément de nature à démontrer une quelconque insertion sociale ou professionnelle sur le territoire français. En outre, la circonstance, au demeurant non établie, que ses enfants résidant en République démocratique du Congo auraient disparu et qu'elle y encourait des risques pour sa vie n'est pas de nature à démontrer qu'elle a établi le centre de ses attaches personnelles et familiales sur le territoire français. Dans ces conditions, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne porte pas au droit de Mme D au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

8. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le délai de départ volontaire.

9. En deuxième lieu, l'arrêté en litige vise les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fait état des demandes d'asile de la requérante et des décisions prises par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile et précise que la requérante n'établit pas que sa vie ou sa liberté seraient menacées ou qu'elle serait exposée dans son pays à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans le cadre de l'exécution de l'arrêté. Dès lors, la décision fixant le pays de destination est suffisamment motivée.

10. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige ni des pièces du dossier que la préfète du Rhône n'aurait pas procédé, au regard des éléments avancés par la requérante, à un réel examen de sa situation avant de prendre la décision en litige.

11. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants ". D'autre part, aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile désormais codifié à l'article 721-4 du même code : " () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

12. Si Mme D indique avoir fui son pays d'origine et ne pouvoir y retourner, en raison de risques encourus pour sa vie, confirmés par la disparition de ses enfants, elle produit aucun élément à l'appui de ses allégations. Dans ces conditions, et alors d'ailleurs que ses demandes d'asile ont été rejetées, en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile, les moyens tirés de ce que la décision fixant le pays de destination méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

13. En dernier lieu et pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de ce que la préfète aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation de Mme D ne peut être qu'écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

14. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

15. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

16. En premier lieu, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français en litige vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et comporte la mention des considérations de fait retenues par la préfète du Rhône pour prendre à l'encontre de Mme D une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois. Elle est, par suite, suffisamment motivée et atteste de la prise en compte de l'ensemble des critères prévus par les dispositions citées ci-avant du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

17. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que si Mme D déclare résider en France depuis 2014, elle ne justifie pas d'une insertion particulière dans la société française ni d'attaches sur le territoire français, s'est soustraite à deux précédentes mesures d'éloignement et ne fait état d'aucune circonstance particulière qui ferait obstacle à la mesure en litige. Dans ces conditions, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois n'est pas entachée d'une erreur d'appréciation.

18. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à soutenir que les décisions du 8 décembre 2023 de la préfète du Rhône sont entachées d'illégalité et à en demander l'annulation.

Sur les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement :

19. Aux termes des dispositions de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. ". L'article L. 752-11 de ce code dispose : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile. ".

20. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'étranger, faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui forme un recours contentieux contre celle-ci peut, en application de l'article L. 752-5 précité, saisir le tribunal administratif de conclusions aux fins de suspension de cette mesure d'éloignement. Il est fait droit à la demande de suspension de la mesure d'éloignement si le juge a un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de rejet ou d'irrecevabilité opposée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides à la demande de protection, au regard des risques de persécutions allégués ou des autres motifs retenus par l'Office.

21. Ainsi qu'il a été dit au point 12, il ne ressort pas des éléments dont fait état la requérante, très peu circonstanciés et non étayés sur la réalité des menaces auxquelles elle serait exposée, qu'il existerait un doute sérieux sur le bien-fondé des précédentes décisions de refus d'asile opposées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile et que des éléments sérieux seraient de nature à justifier son maintien sur le territoire français dans l'attente d'un nouveau réexamen de sa demande d'asile. Par suite et en tout état de cause, les conclusions tendant à la suspension de la mesure d'éloignement en litige doivent être rejetées.

22. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander la suspension de l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

23. Le présent jugement, qui rejette les conclusions présentées par la requérante tendant à l'annulation de l'arrêté en litige, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions dirigées à ce titre contre l'Etat, qui n'est pas la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre Mme D, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme D est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.

La magistrate désignée,

M. Fullana ThevenetLa greffière,

S. Lecas

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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