jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2400901 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | AARPI ANDOTTE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés au greffe du tribunal les 30 et 31 janvier 2024, l'association Solidaires Etudiant-e-s Lyon, Syndicat de Lutte, représentée par Me Ogier, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 30 janvier 2024 par laquelle le président de l'Université Lumière Lyon II a annulé la tenue de la conférence prévue le jeudi 1er février 2024, en présence de Me Gilles Devers, avocat au barreau de Lyon, portant sur le dépôt de plaintes devant la justice internationale ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône et au président de l'Université Lumière Lyon II de lever tout obstacle à la tenue de la conférence qui a vocation à se tenir le 1er février 2024 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat et de l'Université Lumière Lyon II une somme de
2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est caractérisée eu égard à la proximité de la date prévue de tenue de la conférence ;
- la décision en litige porte une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés de réunion et d'expression ;
- en effet, seules des raisons de sécurité justifieraient l'édiction de la décision en cause ; or, la matérialité des risques pour la sécurité des personnes n'est pas établie ; il n'existe pas d'éléments de nature à laisser croire que la réunion publique serait de nature à générer des risques majeurs pour les personnes ; en outre, lors de la réunion, les places seront prioritairement réservées aux étudiants et personnels des composantes de l'Université de Lyon II, l'entrée à la réunion est filtrée dans la mesure où son accès est soumis à une inscription préalable obligatoire pour les personnes extérieures à l'Université et elle est limitée à deux cents places ; ainsi le risque d'éléments perturbateurs est extrêmement limité ;
- aucune association ni aucun parti politique, alors même qu'il aurait sollicité l'interdiction de cette réunion, n'a appelé à perpétrer des actes de violence ;
- en outre, aucune mesure plus adaptée n'a été envisagée ;
- enfin, la préfète du Rhône n'a pas examiné la possibilité que les forces de l'ordre puissent neutraliser les risques présumés ;
- ainsi, la mesure prononcée n'est ni justifiée, ni proportionnée ni nécessaire pour éviter des troubles à l'ordre public auxquels les forces de l'ordre ne seraient pas en mesure de faire face.
Par un mémoire enregistré le 31 janvier 2024, l'Université Lumière Lyon II, représentée par Me Bracq conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'association Solidaires Etudiant-e-s Lyon, Syndicat de Lutte le versement de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'eu égard aux antécédents concernant une précédente conférence, à la vive opposition à la tenue de celle programmée le 1er février 2024 et ainsi aux risques encourus, il existe un risque manifeste de troubles à l'ordre public ; la mesure contestée n'est donc pas disproportionnée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Baux, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience qui s'est tenue le 31 janvier 2024 à 16 heures.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Clément, greffier d'audience, Mme Baux a lu son rapport et entendu :
- Me Ogier, représentant l'association requérante qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens ; elle soutient en outre que :
la réunion a pour seul objectif d'informer sur les décisions juridictionnelles rendues en droit international puis ensuite d'en débattre ;
le seul motif de sécurité ne saurait permettre d'interdire une réunion ;
l'Université ne doit pas céder aux chantages et doit préserver son indépendance ;
en l'espèce, aucun risque tangible n'est avéré et la circonstance que la réunion est pour objet la " question palestinienne " ne saurait suffire à considérer qu'il existerait des troubles à l'ordre public ;
enfin, l'Université ne propose aucune alternative et si des débordements ont eu lieu suite à une assemblée générale qui s'est tenue en novembre 2023, le schéma de la réunion en cause est totalement différent ;
- Me Bracq, représentant l'Université Lumière Lyon II, fait valoir que :
l'association a organisé des manifestations dont plusieurs ont donné lieu soit à des débordements soit à des événements qui avaient été au préalable interdits ;
l'avocat qui prendra la parole lors de cette réunion est perçu comme l'avocat du Hamas, mouvement terroriste et cette conférence n'aura pas pour but d'informer, le courriel communiqué faisant état du futur déroulé de la réunion n'est fait que pour les besoins de la cause ;
il existe des risques avérés dès lors d'une part que la préfète du Rhône a demandé à l'Université d'interdire la réunion et qu'elle ne sera pas en mesure de mettre des forces de l'ordre à disposition, car elle a toujours refusé de le faire, d'autre part, que le président du CRIF Auvergne Rhône-Alpes a adressé un courrier, le 29 janvier 2024, rappelant la conférence au cours de laquelle Mme A B, depuis expulsée de France, en raison de son appartenance à une organisation terroriste, a pu s'exprimer alors que cela lui avait été interdit par l'Université, et précisant que l'avocat intervenant à la réunion du 1er février 2024 a une implication directe dans le conflit israélo-palestinien, enfin, dès lors notamment que des événements ont dégénéré lors d'une assemblée générale, des étudiants ayant fait irruption dans des amphithéâtres en proférant des propos antisionistes ;
en outre, la préfète du Rhône n'étant pas en mesure d'assurer la sécurité du bâtiment, il y a des risques tant pour les personnes que pour les biens ; par ailleurs, le contexte lyonnais et national sera particulièrement tendu le 1er février, dès lors que les forces de l'ordre doivent faire face aux manifestations des agriculteurs mais également à une grève nationale des enseignants ;
ainsi aucune autre mesure que l'interdiction n'était possible.
la préfète du Rhône n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 17 heures 25.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le prolongement de précédentes conférences organisées au sein de l'Université Lumière Lyon II, l'association Solidaires Etudiant-e-s Lyon, Syndicat de Lutte a décidé d'organiser, le 1er février 2024 de 18 heures à 20 heures, une conférence intitulée " Crimes de guerre, crimes contre l'humanité, génocide ' Israël au tribunal ' ", animée par Me Gilles Devers, avocat inscrit au barreau de Lyon. Pour ce faire, l'association requérante a sollicité de l'Université Lumière Lyon II, la mise à disposition d'une salle. Une suite favorable ayant été réservée à la tenue de cette conférence, dès le 25 janvier 2024, l'Université a décidé de mettre à disposition de l'association, l'amphithéâtre Fuguier, susceptible d'accueillir 177 personnes. Pourtant, par un communiqué de presse en date du 30 janvier 2024, sur la demande de la préfecture du Rhône, l'Université Lumière Lyon II a décidé d'interdire la tenue de cette réunion. L'association Solidaires Etudiant-e-s Lyon, Syndicat de Lutte demande au juge des référés, en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre cette décision et d'enjoindre au président de l'Université et à la préfète du Rhône de lui permettre de la tenir.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (). ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. En vertu de l'article L. 521-2 du code justice administrative, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient de cet article est ainsi subordonné au caractère grave et manifeste de l'illégalité à l'origine d'une atteinte à une liberté fondamentale.
4. Eu égard à l'imminence de la réunion interdite par le président de l'Université Lumière Lyon II, la condition d'urgence est remplie.
5. L'exercice de la liberté d'expression, garantie par la Constitution et par les articles 10 et 11 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et dont découle le droit d'expression collective des idées et des opinions, constitue une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Son exercice, notamment par la liberté de se réunir, est une condition de la démocratie et l'une des garanties du respect des autres droits et libertés constituant également des libertés fondamentales au sens de cet article, tels que la liberté syndicale. Il appartient aux autorités chargées de la police administrative de prendre les mesures nécessaires à l'exercice de la liberté de réunion. Les atteintes portées, pour des exigences d'ordre public, à l'exercice de ces libertés fondamentales doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées.
6. D'une part, les hostilités dont le Proche-Orient est actuellement le théâtre, à la suite des attaques commises par des membres du Hamas sur le territoire israélien le 7 octobre 2023, sont à l'origine d'un regain de tensions sur le territoire français, qui s'est notamment traduit par une recrudescence des actes à caractère antisémite. D'autre part, il appartient à l'autorité administrative compétente, à la date à laquelle elle se prononce, d'apprécier la réalité et l'ampleur des risques de troubles à l'ordre public susceptibles de résulter de chaque manifestation ou réunion déclarée ou prévue, en fonction de son objet, déclaré ou réel, de ses caractéristiques propres et des moyens dont elle dispose pour sécuriser l'évènement. A ce titre, il appartient en l'espèce au président de l'Université Lumière Lyon II, sous le contrôle du juge administratif, de déterminer, au vu non seulement du contexte national, mais aussi des circonstances locales, s'il y a lieu d'interdire une réunion présentant un lien direct avec le conflit israélo-palestinien, quelle que soit du reste la partie au conflit qu'elle entend soutenir, sans pouvoir légalement motiver une interdiction par la seule référence à l'instruction reçue du préfet ni la prononcer du seul fait qu'elle vise à soutenir la population palestinienne ou traiterait du conflit israélo-palestinien.
7. Pour interdire la conférence organisée par l'association Solidaires Etudiant-e-s Lyon, Syndicat de Lutte intitulée " Crimes de guerre, crimes contre l'humanité, génocide ' Israël au tribunal ' " animée par Me Gilles Devers, avocat inscrit au barreau de Lyon, le président de l'Université Lumière Lyon II a relevé que, " sur la demande de la préfecture du Rhône ce jour et pour des raisons de sécurité ", il convenait d'annuler la tenue de cet événement, dans ses locaux.
8. Toutefois, il résulte de l'instruction et notamment des débats lors de l'audience, en premier lieu, que le président de l'Université Lumière Lyon II n'a interdit la réunion en cause que la veille de la date prévue de sa tenue car ce n'est que les 29 et 30 janvier 2024 que lui sont parvenus les différents éléments sur lesquels il a tenu à se fonder pour prononcer cette interdiction. En effet, il résulte des pièces versées au débat par l'Université, que la préfète du Rhône ne l'a avertie de la nécessité d'interdire cette réunion, que par un courrier daté du 30 janvier 2024, dans lequel elle faisait état d'une part, de ce que l'intitulé même de la conférence méconnaissait les principes d'impartialité et d'expression plurielle propres au débat, auxquels elle était soumise, d'autre part, de ce que le syndicat organisateur s'était distingué, en octobre 2023, par l'organisation d'une conférence qui avait suscité une très vive polémique dès lors qu'elle avait donné lieu à la prise de parole de Mme A B, affiliée à une organisation terroriste, alors que sa venue avait été préalablement interdite et enfin, de ce qu'eu égard à l'explosion des actes antisémites depuis le 7 octobre dernier, et au risque de débordements, de violences et d'expression de haine qu'elle pourrait engendrer, il apparaissait nécessaire d'interdire la réunion prévue le 1er février 2024 sur son campus. En outre, ce n'est que par un courrier du 29 janvier 2024 que le président du CRIF Auvergne Rhône-Alpes a tenu à mettre en garde l'Université, dès lors qu'il lui avait déjà été demandé d'interdire la réunion qui s'était tenue le 28 septembre 2023, au cours de laquelle Mme A B avait pris la parole et qu'il sollicitait de nouveau l'interdiction de cette nouvelle réunion au thème " incandescent " afin qu'une nouvelle fois il ne soit pas permis " d'ouvrir les locaux à la libération de la parole de haine envers les juifs ".
9. Par ailleurs, il résulte également de l'instruction, des pièces produites par l'Université Lumière Lyon II et des débats à l'audience, que des événements graves ont eu lieu lors d'une assemblée générale d'étudiants en novembre 2023 à la suite de laquelle un cortège d'étudiants a défilé dans l'Université, intervenant ensuite dans les amphithéâtres en proférant des propos antisionistes, alors que plusieurs enseignants s'en sont plaints, ces débordements ont été filmés et retransmis par une émission télévisée de grande écoute, des étudiants de confession juive s'étant alors sentis particulièrement en danger. En outre, ainsi qu'en justifie l'Université, une plainte a été déposée auprès du Procureur de la République, le 6 octobre 2023, suite à des menaces de mort faites à l'encontre de la présidente de l'Université, celle-ci n'ayant à ce jour, été suivie d'aucun effet. Enfin, il est également constant que plusieurs étudiants, élus d'étudiants, collectif tel que " Vigilance Universités " ont sollicité l'interdiction de la manifestation du 1er février 2024.
10. Ainsi, il résulte de l'instruction et de l'ensemble des débats tenus lors de l'audience que la réunion prévue le 1er février 2024 devrait se tenir dans un climat de fortes tensions au sein de l'Université Lumière Lyon II, auquel le conflit israélo-palestinien n'est pas étranger, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche ayant, dès le 9 octobre 2023, rappelé son attachement aux débats d'idées ainsi qu'à la liberté d'expression, mais également sa volonté de voir interdire et sanctionner toute incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination, exhortant les présidents d'Universités à ne tolérer aucune manifestation de haine au sein des établissements. Aussi, eu égard à l'objet de la réunion projetée, aux circonstances tirées du contexte national mais également local tenant non seulement aux troubles à l'ordre public qui se sont répétés au cours des derniers mois au sein de l'établissement universitaire mais également aux importantes manifestations des agriculteurs et au mouvement prévu, ce même 1er février 2024, de grève nationale des enseignants, dès lors que l'Université fait valoir qu'elle n'est pas en mesure d'assurer la sécurité de son établissement, qu'il s'agisse des personnes ou des biens, et que par ailleurs, il ne résulte pas des propos tenus à l'audience que le système de pré-inscription puis de filtre prévu par les organisateurs serait suffisant pour garantir l'absence de débordements et prévenir des troubles à l'ordre public, l'Université Lumière Lyon II justifie qu'elle sera dans l'impossibilité de garantir la sécurité publique, la présence des forces de l'ordre étant requise dans d'autres lieux, dans un contexte du plan vigipirate renforcé " Alerte Attentat " depuis le 13 octobre 2023. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, au regard de la réalité et de la gravité de risques de troubles à l'ordre public, et alors qu'une mesure moins restrictive ne pouvait être mise en œuvre, c'est sans porter, en l'espèce, une atteinte manifestement illégale aux libertés de réunion et d'expression que le président de l'Université Lumière Lyon II a prononcé l'interdiction de la réunion prévue le 1er février 2024.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Les conclusions à fin d'injonction de la requête sont rejetées par voie de conséquence du rejet des conclusions principales à fin de suspension de la mesure d'interdiction de la réunion du 1er février 2024.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Université Lumière Lyon II ou de l'Etat, qui ne sont pas dans la présente instance les parties perdantes, la somme demandée par l'association Solidaires Etudiant-e-s Lyon, Syndicat de Lutte au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du l'association Solidaires Etudiant-e-s Lyon, Syndicat de Lutte la somme demandée par l'Université Lumière Lyon II au même titre.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'association Solidaires Etudiant-e-s Lyon, Syndicat de Lutte est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'Université Lumière Lyon II au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Solidaires Etudiant-e-s Lyon, Syndicat de Lutte, à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète du Rhône et à l'Université Lumière Lyon II.
Fait à Lyon, le 1er février 2024.
La juge des référés,Le greffier,
A. Baux T. Clément
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026