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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2402228

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2402228

vendredi 8 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2402228
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLANTHEAUME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 mars 2024, M. A C D représenté par Me Lantheaume, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète du Rhône, a rejeté sa demande de délivrance d'un certificat de résidence algérien " vie privée et familiale ", présentée le 15 août 2023 ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les mêmes conditions d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 5 mars 2024 sous le numéro 2402226 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Selon les termes de l'article L. 522-3 dudit code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. Pour regarder la condition d'urgence comme étant établie, le requérant fait valoir que, suite à son mariage avec une ressortissante française le 22 mai 2023, il est arrivé régulièrement en France en août 2023 avec un visa de court séjour mention " famille de français " valable du 8 août 2023 au 4 février 2024, qu'il a sollicité dès le 15 août 2023 la délivrance d'un titre de séjour auquel il a droit en qualité de conjoint d'une ressortissante française. Il expose que malgré de nombreuses relances alors que son dossier ne présente aucune difficulté, il ne bénéficie depuis lors d'aucun document permettant de justifier de la régularité de son séjour, s'étant vu délivrer une attestation de dépôt de sa demande, son visa étant désormais expiré depuis près d'un mois et aucune prolongation de son droit au séjour ne lui ayant été délivrée, qu'il se trouve ainsi en situation irrégulière. Il allègue qu'il ne peut pas davantage quitter le territoire français avec la seule confirmation du dépôt de sa pré-demande de titre, qu'il n'a pu ainsi se rendre aux obsèques de son père qui ont eu lieu le 2 mars dernier, qu'il souhaite se rendre dès que possible pour se recueillir sur la tombe de son père en Algérie, pays dont il a la nationalité et pour lequel il dispose d'un passeport en cours de validité. Il fait aussi état de ce qu'il ne dispose pas d'un droit au travail alors que l'académie de Lyon a accepté sa candidature pour un poste d'enseignant en collèges et lycées publics en sciences physiques et chimie dans le cadre d'un contrat de travail à durée déterminée de huit mois, mais que la demande d'autorisation de travail a été rejetée faute de justifier de la régularité de son séjour, qu'il dépend financièrement de sa compagne qui est enceinte de trois mois et ne pourra bientôt plus travailler, alors qu'il apparaît que son épouse est un agent du ministère de la justice, étant éducatrice à la protection judiciaire de la jeunesse, et perçoit des revenus annuels nets imposables dépassant les 30 000 euros. Le requérant se prévaut aussi de son état de santé, en faisant état de ce que cette situation le rend particulièrement anxieux alors qu'il s'est vu diagnostiquer une rectocolite hémorragique dont l'état s'est empiré au mois de février 2024, de ce qu'il doit bénéficier ainsi de soins médicaux et de ce que son épouse a été amenée à prendre en charge financièrement des frais médicaux, alors qu'il résulte de l'instruction et particulièrement de l'attestation de ses droits à l'assurance maladie, qu'il est désormais pris en charge par l'assurance maladie pour la période du 4 mars 2024 au 3 mars 2025, et qu'il est régulièrement suivi médicalement pour sa maladie. En l'état de l'instruction, les éléments ainsi exposés par le requérant et les éléments produits au dossier ne suffisent pas à établir que cette décision de refus préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à la situation de l'intéressé, et ne permettent pas, en l'espèce, de regarder les effets de la décision attaquée comme caractérisant une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative, justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision qu'il conteste soit suspendue. Par suite, la condition d'urgence prévue par ces dernières dispositions ne peut être regardée comme étant remplie.

3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête présentées par M. C D sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C D.

Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 8 mars 2024.

Le juge des référés,

J. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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