lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2403883 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | CAVE JULIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 avril 2024, M. B A, représenté par Me Cavé, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 14 avril 2024 par lesquelles la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé un pays de renvoi ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, cette somme devant être versée directement à M. A dans l'hypothèse où il n'obtiendrait pas l'aide juridictionnelle.
M. A soutient que :
- les décisions n'ont pas été précédées d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- l'obligation de quitter le territoire français n'a pas été notifiée en présence d'un interprète en méconnaissance de l'article R. 613-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait quant à sa date de naissance et son état de personne majeure ;
- étant mineur, il ne peut être l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 611-3 du code précité, les actes d'état civil qu'il produit étant réputés faire foi jusqu'à preuve du contraire ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme de Lacoste Lareymondie.
Vu :
- la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 2 mai 2024 accordant l'aide juridictionnelle totale à M. A ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 5 juillet 2024, Mme de Lacoste Lareymondie a présenté son rapport.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; (). ".
2. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable à la date de l'arrêté en litige : " L'étranger mineur de dix-huit ans ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. ". Par ailleurs, l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur, prévoit, en son premier alinéa, que la vérification des actes d'état civil étrangers doit être effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. L'article 47 du code civil dispose quant à lui que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".
3. M. A, originaire de Guinée, est entré en France dans le courant du mois d'octobre 2023. Se déclarant mineur, il a sollicité une mesure d'assistance éducative auprès du département des Bouches-du-Rhône qui lui a été refusée, les services du conseil départemental ayant émis un doute quant à sa minorité. M. A a été interpellé le 13 avril 2024, et placé en retenue pour vérification du droit au séjour à l'issue de laquelle la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Pour soutenir qu'il est mineur et ne peut donc pas faire l'objet d'une mesure d'éloignement, M. A joint à la présente requête une copie de son acte de naissance ainsi qu'une copie d'un jugement supplétif des autorités judiciaires guinéennes, aux termes desquels il serait né le 24 septembre 2008. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que, si le conseil départemental des Bouches-du-Rhône a émis un doute quant à la minorité de M. A, l'intéressé était alors dépourvu de ces documents et ne pouvait donc pas justifier de son âge. En outre, par un jugement du 11 mars 2024, le juge des enfants du tribunal judiciaire de Marseille, saisi de la contestation de M. A, a sursis à statuer dans l'attente d'un examen des documents d'état civil de l'intéressé par les autorités compétentes. Aussi, en l'état des pièces du dossier, et en l'absence de toute contestation de l'authenticité de ces documents qui sont réputés faire foi conformément à l'article 47 du code civil, il y a lieu de tenir pour établi que M. A est né le 24 septembre 2008 et qu'il est donc mineur. C'est donc en violation de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français. La décision en litige doit être annulée, de même que, par voie de conséquences, les décisions accordant un délai de départ volontaire et fixant un pays de destination, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.
Sur les frais liés au litige :
5. M. A ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a donc lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, le versement à Me Cavé, avocat de M. A, d'une somme de 1 000 euros à ce titre, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions de la préfète du Rhône du 14 avril 2024 sont annulées.
Article 2 : L'Etat versera à Me Cavé une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Cavé renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Cavé et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.
La magistrate désignée,
E. de Lacoste Lareymondie
La greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026