mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2403904 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | EMILIE AÏT MEHDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 avril 2024 sous le n°2402813 au tribunal administratif de Versailles, et transmise au tribunal administratif de Lyon par ordonnance du 17 avril 2024 de la présidente du tribunal administratif de Versailles, M. F, représenté par Me Aït Mehdi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 mars 2024, par lequel la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de réexaminer sa situation, à fin de délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire des décisions attaquées ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est dépourvue de base légale, étant à tort fondée sur les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise en méconnaissance de son droit à être entendu ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 juillet 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 mai 2024.
La présidente du tribunal a désigné M. Besse pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus :
- le rapport de M. Besse, magistrat désigné ;
- les observations de Me Chourlin, substituant Me Aït Mehdi, représentant le requérant, qui a repris ses conclusions et moyens, en soutenant en outre que le requérant disposait du droit de se maintenir régulièrement sur le territoire français, la décision de la Cour nationale du droit d'asile, statuant sur sa demande ainsi que celle de ses parents, n'avait, pas encore été notifiée, et de M. C, assisté de Mme E, interprète en arménien.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
M. C a produit une note en délibéré enregistrée le 2 juillet 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant arménien né en 2006, déclare être entré en France en février 2023. Sa mère, agissant en qualité de représentante légale, le requérant étant alors mineur, a déposé une demande d'asile, qui a été rejetée le 19 septembre 2023 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. M. C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 mars 2024, notifié le même jour, par lequel la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en se fondant sur les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai.
Sur les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte :
2. En premier lieu, par un arrêté du 4 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratif spécial de la préfecture de l'Essonne, la préfète de L'Essonne a donné délégation à M. B A, directeur de cabinet, pour signer tous actes, arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision./ Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". Selon l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; () ". Aux termes de l'article L. 531-24 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : / 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 ; () ".
5. Il ne ressort pas des pièces produites au dossier, et n'est d'ailleurs pas allégué, que le requérant, qui déclare être entré en France en 2023 sans pour autant le justifier, aurait été muni d'un visa lui permettant d'entrer et de séjourner régulièrement sur le territoire. Par ailleurs, l'intéressé, originaire d'Arménie, pays considéré comme d'origine sûre, et dont la demande d'asile a été placée en procédure accélérée, selon les pièces produites au dossier, et notamment l'attestation de demande d'asile de sa mère, le représentant, ne disposait du droit de se maintenir sur le territoire français, en vertu des dispositions citées au point précédent, que jusqu'à la décision de rejet de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Ainsi, et alors même que le rejet de son recours par la Cour nationale du droit d'asile a été notifié postérieurement à l'acte attaqué, il doit être regardé comme se maintenant irrégulièrement sur le territoire, à cette date. Dans ces conditions, et alors même que la décision aurait également pu être fondée sur le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète pouvait légalement l'obliger à quitter le territoire sans méconnaitre les dispositions du 1° du même article. Par suite, le moyen tiré de l'absence de base légale de la décision doit être écarté.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C a été entendu par les services de gendarmerie le 24 mars 2024, suite à son interpellation, et interrogé sur ses liens avec la France et l'éventualité d'une mesure d'éloignement. Dans ces conditions, et alors qu'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été pris en compte par l'auteur de la décision, le moyen selon lequel la décision aurait été prise en méconnaissance du principe général du droit d'être entendu doit être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que M. C est entré très récemment en France. S'il fait valoir qu'y vivent ses parents, il ne ressort pas des pièces du dossier que ceux-ci y résident régulièrement, et son frère a fait l'objet le même jour d'une mesure d'éloignement. Dans ces conditions, quand bien même que l'intéressé est scolarisé en classe de seconde, et qu'il indique maîtriser la langue française, et alors qu'il a passé l'essentiel de sa vie en Arménie, où il ne démontre pas être dépourvu d'attaches, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cette décision n'est, pour les mêmes motifs, pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées, de même, et par voie de conséquence, que ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais d'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions dirigées à ce titre contre l'Etat, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Thierry Besse
La greffière,
Sophie Lecas
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026