vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2406324 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | VOUSCENAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juin 2024, M. G, représenté par Me Vouscenas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 juin 2024 par lequel la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS), et l'a assigné à résidence dans le département de l'Ain pour une durée de quarante-cinq jours ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain, à compter de la notification du jugement à intervenir, de procéder au réexamen de sa situation administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté est entaché d'incompétence de son signataire ;
- il est insuffisamment motivé en fait au regard des dispositions combinées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il est le père d'un enfant français mineur résidant en France, à l'éducation et l'entretient duquel il contribue effectivement depuis la naissance ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- les décisions portant fixation du pays de destination, interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et assignation à résidence dans le département de l'Ain pour une durée de quarante-cinq jours devront être annulées par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le règlement (UE) n° 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 ;
- le règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Gueguen, conseiller, pour statuer en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle M. A n'était pas présent et la préfète de l'Ain, ni présente, ni représentée.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue avec l'assistance de Mme Gros, greffière :
- le rapport de M. Gueguen ;
- et les observations de Me Vouscenas, avocat, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens en insistant, d'une part, sur le moyen tiré de l'insuffisance de motivation en fait de l'arrêté contesté qui ne précise pas l'identité du tiers dont le requérant aurait fait usage pour exercer une activité salariée et, d'autre part, sur le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que si l'intéressé est entré irrégulièrement sur le territoire français au cours de l'année 2019, il est désormais le père d'un enfant français mineur résidant en France et contribue tant à son entretien qu'à son éducation depuis sa naissance au mois de février 2023 ; il précise également au tribunal que M. A n'a pas été en mesure de produire l'acte de naissance de son enfant en raison de différends l'opposant à la mère de ce dernier à laquelle il est marié religieusement.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant comorien né le 2 mai 1994, déclare être entré en France au cours de l'année 2019, où il est connu de l'administration française sous l'identité de M. H B, né le 5 février 1995 à Gnambeni, aux Comores. L'intéressé, qui avait fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement édictée par le préfet des Pyrénées-Orientales le 29 juillet 2019, a été interpellé le 26 juin 2024 par les services de la police aux frontières en résidence à Prévessin-Moëns, puis placé en retenue administrative à fin de vérification de son droit de circulation ou de séjour. Par un arrêté du même jour, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS), et l'a assigné à résidence dans le département de l'Ain pour une durée de quarante-cinq jours, qu'il a interdiction de quitter sans autorisation préalable, en l'obligeant à se présenter quatre fois par semaine, les lundis, mercredis, vendredis et dimanches, à 9 heures, auprès des services de la gendarmerie nationale d'Ornex, afin de faire constater qu'il respecte la mesure dont il fait l'objet.
2. En premier lieu, il ressort des pièces produites en défense que par un arrêté du 15 février 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de l'Ain le 19 février suivant, la préfète de ce département a donné délégation de signature à M. E C, attaché d'administration de l'État, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux, en cas d'absence ou d'empêchement de M. F D, attaché d'administration de l'État, directeur de la citoyenneté et de l'intégration de la préfecture de l'Ain, à l'effet de signer, notamment " toute décision mentionnée aux livres II, III, VI et VII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ", à l'exception de certaines décisions au nombre desquelles ne figurent pas les décisions contenues dans l'arrêté contesté du 26 juin 2024. Or, le requérant n'établit ni même n'allègue que M. D n'aurait pas été absent ou empêché. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué du 26 juin 2024 manque en fait et ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". L'article L. 211-5 du même code prévoit à cet égard que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ". En outre, selon les termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus () de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 () et les décisions d'interdiction de retour () prévues aux articles L. 612-6 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ". Enfin, aux termes de l'article L. 732-1 de ce même code : " Les décisions d'assignation à résidence () sont motivées. "
4. En l'espèce, l'arrêté contesté du 26 juin 2024 expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. A sur lesquelles la préfète de l'Ain s'est fondée pour l'obliger à quitter le territoire français, lui refuser un délai de départ volontaire, fixer le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office, décider, dans son principe et dans sa durée, de prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de deux ans et l'assigner à résidence dans le département de l'Ain pour une durée de quarante-cinq jours. Si le requérant fait grief à l'autorité préfectorale de ne pas " prend(re) () en compte (s)a situation personnelle, tant familiale que professionnelle () ", en particulier sa " relation " avec une ressortissante française, " sa contribution à l'entretien et à l'éducation de son enfant au sens de l'article 372-2 du code civil ", " le fait qu'il occupe un emploi salarié dans un métier en tension ", ainsi que la circonstance " qu'il n'a jamais troublé l'ordre public ", il ressort cependant des termes mêmes de l'arrêté en litige que la préfète de l'Ain, qui n'était tenue de mentionner que les seuls éléments relatifs à la situation personnelle de l'intéressé sur lesquels elle a entendu se fonder, a relevé, d'une part, qu'il était " célibataire ", n'exerçait " pas l'autorité parentale sur son enfant " et ne justifiait " d'aucune attache familiale particulière en France, à l'exception d'une cousine qui l'hébergerait ", et, d'autre part, que s'il avait déclaré " travailler depuis deux ans dans un commerce en qualité d'agent d'entretien ", il exerçait cette activité " sous couvert de l'identité d'un tiers, faits pour lesquels il avait déjà fait l'objet d'une procédure judiciaire ", et ne justifiait pas " d'une insertion socio-professionnelle particulière " sur le territoire français. De même, si M. A fait grief à l'autorité préfectorale de ne pas mentionner l'identité du tiers dont il aurait fait usage pour exercer une activité salariée sur le territoire national, cette seule circonstance n'est pas de nature à établir l'insuffisance de motivation en fait allégué. Par suite, l'arrêté attaqué du 26 juin 2024, qui comporte les considérations de fait qui en constituent le fondement et ont ainsi permis au requérant d'en contester utilement le bien-fondé, est suffisamment motivé au regard des dispositions citées au point précédent.
5. En troisième lieu, selon les termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père () d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Indépendamment de l'énumération donnée par l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi ou une convention internationale prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.
6. En l'espèce, M. A soutient qu'il est le père d'un enfant né d'une mère française, qu'il avait reconnu avant sa naissance en présence de cette dernière, et qu'il contribue à l'éducation et à l'entretien de cet enfant français mineur depuis sa naissance " au mois de février 2023 ". Alors que l'arrêté contesté du 26 juin 2024 relève que le requérant " n'exerce pas l'autorité parentale sur son enfant ", reconnaissant ainsi implicitement mais nécessairement la paternité de M. A sur ce dernier, l'administration fait valoir en défense que " l'acte de naissance " de cet enfant " n'est pas produit " et que " la seule production " par le requérant d'un " acte de reconnaissance " anticipée établi le 21 février 2023 " n'est pas susceptible d'établir (s)a paternité ". Cependant, et en tout état de cause, à supposer même que le requérant soit le père d'un enfant français mineur né de sa relation avec une ressortissante française à laquelle il déclare être marié religieusement, il ne justifie pas contribuer à l'éducation et à l'entretien de cet enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis sa naissance, dont il ne précise au demeurant pas la date exacte, par la seule production de cinq photographies non datées ainsi que neuf virements bancaires pour les mois d'avril, mai, juin et décembre 2023 et le mois de mars 2024, alors qu'il ressort du procès-verbal de son audition par les services de la police nationale le 26 juin 2024 qu'il avait déclaré que son " enfant ", âgé d'" un an et demi " résidait à " Marseille " avec sa mère dont il est désormais " séparé ". Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la préfète de l'Ain a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'obligeant à quitter le territoire français.
7. En quatrième lieu, en vertu des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. M. A soutient que l'arrêté contesté " porte une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée normale " et est entaché d'une " erreur manifeste d'appréciation ", dès lors qu'il a pour effet de l'empêcher " de vivre avec sa compagne et son enfant " alors qu'il réside en France depuis l'année 2019 et qu'il y a désormais transféré le " centre de ses intérêts familiaux et professionnels ". Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui reconnaît être entré irrégulièrement sur le territoire français au cours de l'année 2019, a vécu l'essentiel de son existence dans son pays d'origine, et s'il se prévaut de sa durée de présence sur le territoire national, celle-ci n'est due qu'à son maintien en situation irrégulière, l'intéressé ne contestant pas avoir fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre par le préfet des Pyrénées-Orientales le 29 juillet 2019. Par ailleurs, si M. A, célibataire, se prévaut dans ses écritures tant de la présence en France de sa compagne, ressortissante française avec laquelle il déclare être marié religieusement, que de celle de son enfant mineur, il ne justifie pas entretenir des liens suffisamment anciens, intenses et stables avec cette dernière, ni entretenir des liens affectifs avec cet enfant, alors qu'il résulte de ce qui a été dit au point 6 qu'il a reconnu être désormais séparé de la mère de ce dernier et ne justifie pas davantage contribuer à son entretien et à son éducation depuis sa naissance. En outre, si le requérant verse au débat la première page de son contrat de travail à durée indéterminée (CDI) conclu le 2 juin 2022, ses bulletins de paie en qualité d'agent d'entretien pour le mois de juillet 2022, les mois de novembre et décembre 2023 et les mois de janvier, mars et avril 2024, ainsi qu'une attestation rédigée le 27 juin 2024 par l'association Pimba, ces éléments ne suffisent pas à démontrer une insertion sociale et professionnelle significative sur le territoire national où il a fait l'objet d'un signalement dans le fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) le 29 juillet 2019 pour des faits d' " utilisation du document de voyage d'un tiers pour entrer, circuler ou se maintenir sur le territoire français " et où il a reconnu, lors de son audition par les services de la police nationale le 26 juin 2024, avoir été embauché en qualité d'agent d'entretien " en présentant une copie de carte d'identité française ". Enfin, le requérant, qui ne fait état dans ses écritures d'aucune autre attache sur le territoire français, n'établit ni même n'allègue être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine, où résident, selon ses propres déclarations lors de cette même audition, l'ensemble des membres de sa famille. Dans ces circonstances, compte tenu des conditions de son séjour sur le territoire national, la préfète de l'Ain n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. A en édictant l'arrêté contesté du 26 juin 2024 et n'a pas davantage entaché cet arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l' " erreur manifeste d'appréciation " doivent être écartés.
9. En cinquième lieu, aux termes du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
10. En l'espèce, si M. A soutient que l'arrêté contesté méconnaît les stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, dès lors qu'il " ne tient pas compte " de l' " intérêt supérieur de l'enfant ", il ne justifie toutefois pas, par les pièces qu'il produit, de liens affectifs entretenus avec l'enfant français mineur dont il déclare être le père. Par ailleurs, il résulte de ce qui a été dit au point 6 que le requérant ne justifie pas davantage qu'il contribue à l'éducation et à l'entretien de cet enfant. Dans ces conditions, M. A ne justifie pas qu'il serait dans l'intérêt supérieur de ce dernier qu'il demeure à ses côtés. Par suite, c'est sans porter une atteinte disproportionnée à l'intérêt supérieur de ce même enfant que la préfète de l'Ain a édicté l'arrêté contesté du 26 juin 2024.
11. En dernier lieu, en l'absence d'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire, M. A n'est pas fondé à soutenir que les décisions portant fixation du pays de destination, interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de deux ans et assignation à résidence dans le département de l'Ain pour une durée de quarante-cinq jours devraient être annulées par voie de conséquence de l'illégalité de ces décisions.
12. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Ain.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
C. Gueguen
La greffière,
E. Gros
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026