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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2406615

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2406615

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2406615
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantJOURDA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Jourda, demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 31 mai 2024 par laquelle le président du conseil départemental de la Loire lui a retiré son agrément d'assistante maternelle ;

2°) de mettre à la charge du département de la Loire la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Vu les autres pièces du dossier et notamment la requête en annulation n° 2406614 ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal ayant désigné Mme Michel, vice-présidente, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative () fait l'objet d'une requête en annulation (), le juge des référés () peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision () lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence () le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

3. Pour justifier de l'existence d'une situation d'urgence, Mme B fait valoir que la décision de retrait d'agrément, qui a pour effet de la priver des revenus qu'elle tire de l'exercice de sa profession, plonge sa famille dans une situation de grande précarité dès lors que les seules indemnités d'invalidité de son époux s'élevant à hauteur de 1 525 euros par mois ne permettent pas de couvrir les dépenses mensuelles du foyer comprises entre 1 890 et 2 266 euros hors dépenses alimentaires, frais de santé et de scolarité et loisirs. Toutefois, alors que la décision de retrait d'agrément est fondée sur des faits de suspicion de maltraitance ou de négligence, il résulte de l'instruction que Mme B ne s'est pas présentée au rendez-vous avec le service de protection maternelle et infantile fixé dans le cadre de l'enquête administrative et s'est montrée réticente à cet entretien. Compte tenu de l'intérêt public qui s'attache à la protection des mineurs, la condition d'urgence prévue par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative citées au point 1 ne peut être regardée comme remplie quand bien même la décision attaquée a pour effet de priver l'intéressée des revenus liés à son activité professionnelle. Par ailleurs, l'atteinte portée à sa réputation et les conséquences psychologiques qui résulteraient de cette décision, tant pour elle que pour ses enfants, ne sauraient être constitutives d'une situation d'urgence justifiant la suspension de l'exécution de la décision du président du conseil départemental de la Loire lui retirant son agrément d'assistante maternelle.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, que la condition d'urgence n'est pas remplie. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête de Mme B selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Lyon, le 16 juillet 2024.

La juge des référés,

C. Michel

La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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