vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2406746 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 juillet 2024, M. E, représenté par Me Sabatier, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 25 juin 2024, par lesquelles la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, l'a privé de tout délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale ", ou à tout le moins de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois, à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme la somme de 1 200 euros, sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions en litige ont été prises par une autorité incompétente ;
- il est présent en France depuis plus de huit années, il a entamé une relation de couple avec une ressortissante française, et dispose d'une promesse d'embauche ; le refus de titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation commise dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est également entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision le privant de délai de départ volontaire est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen préalable, réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- il présente des garanties effectives de représentation, ainsi que d'une adresse stable et ne constitue pas une menace pour l'ordre public ; ainsi cette décision méconnaît les dispositions des articles L. 612-1, 612-2 et 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et de celle de la décision le privant de délai de départ volontaire ;
- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation s'agissant de l'existence de circonstances humanitaires ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dans l'application des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 août 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Dèche a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant albanais, né le 6 février 1996, est entré en France, selon ses déclarations, le 25 août 2015. Sa demande d'asile a été rejetée en dernier lieu par une décision de la Cour nationale du droit d'asile, le 22 novembre 2016. Le 10 août 2016, il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Le 26 octobre 2019, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour et par décisions du 23 juillet 2019, il a fait l'objet d'un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français, dont la légalité a été confirmée par un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon, le 10 décembre 2020. Le 5 octobre 2021, il a présenté une nouvelle demande de titre de séjour qui a été rejetée par décisions du 24 janvier 2022 lui faisant également obligation de quitter le territoire français. La légalité de ces décisions a été confirmée par un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 25 avril 2023. Le 20 décembre 2023, il a sollicité à nouveau la délivrance d'un titre de séjour et par décisions du 25 juin 2024, la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, l'a privé de tout délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois. M. C demande au tribunal l'annulation de ces décisions du 25 juin 2024.
Sur la compétence du signataire des décisions attaquées :
2. Les décisions attaquées ont été signées par M. D A, attaché d'administration de l'Etat, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux, qui disposait d'une délégation en vertu d'un arrêté de la préfète de l'Ain du 15 février 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 19 février suivant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.
Sur le refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Selon l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit à un regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
4. M. C fait valoir qu'il réside en France depuis plus de huit ans, qu'il a obtenu un diplôme en mécanique et électricité et que depuis la précédente décision de refus de titre de séjour qui lui a été opposée, il a noué une relation de couple avec une ressortissante française. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que sa vie commune avec sa compagne, avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité le 23 mai 2023 est très récente et qu'il ne fait état d'aucune autre attache privée et familiale en France. Enfin, alors qu'il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a fait l'objet de trois mesures d'éloignement et qu'il produit la copie d'un contrat à durée indéterminée qu'il a conclu pour occuper un emploi de technicien de maintenance, à compter du 1er août 2024, soit postérieurement à la date de la décision en litige, M. C ne justifie pas d'une intégration particulière et suffisante dans la société française. Dans ces conditions, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en particulier des conditions de séjour de M. C en France, le refus de titre de séjour contesté ne porte pas au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts qu'elle poursuit. Il suit de là que les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, le refus de titre de séjour attaqué n'est entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
6. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent du présent jugement, en considérant que l'admission au séjour de M. C ne répondait pas à des considérations humanitaires et n'était pas justifiée au regard des motifs exceptionnels qu'il faisait valoir, la préfète de l'Ain n'a pas méconnu les dispositions précitées.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance ou le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à tout étranger : 1° N'ayant pas satisfait à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français dans les formes et les délais prescrits par l'autorité administrative ;/ () ".
8. Si le requérant soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il résulte en tout état de cause de ce qui précède qu'il ne remplit pas les conditions pour que lui soit délivré un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 ou L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen sus analysé ne peut qu'être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
9. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de ce que la décision contestée obligeant l'intéressé à quitter le territoire français serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté.
10. En second lieu, en l'absence de tout élément particulier invoqué, et même en tenant compte des conséquences spécifiques à la mesure d'éloignement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les motifs énoncés au point 4 s'agissant du refus de titre de séjour.
Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :
11. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de ce que la décision contestée refusant d'accorder à l'intéressé un délai de départ volontaire serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté.
12. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient M. C, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni d'aucune autre pièce du dossier que la décision de refus d'un délai de départ volontaire aurait été prise sans un examen sérieux de sa situation personnelle.
13. En dernier lieu, d'une part, si M. C soutient que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public, en tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette circonstance constitue la base légale de la décision de ne pas lui accorder de délai départ volontaire. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. C, s'était déjà soustrait à l'exécution de trois mesures d'éloignement, édictées en 2016, 2019 et en 2022. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la préfète de l'Ain ne pouvait pas se fonder sur le risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français pour prendre la décision portant refus de délai de départ volontaire, la circonstance qu'il justifie d'une résidence effective et permanente étant, par ailleurs, sans incidence dès lors qu'il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que la préfète de l'Ain ait entendu fonder cette décision sur l'insuffisance de ses garanties de représentation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 612-2 et L. 612-3 dont serait entachée la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire doit être écarté.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
14. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision refusant d'accorder à l'intéressé un délai de départ volontaire, le moyen tiré de ce que la décision contestée portant interdiction de retour sur le territoire français serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de ces décisions ne peut qu'être écarté.
15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
16. Il ressort des termes mêmes des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
17. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifient sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
18. La décision prononçant à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en particulier ses articles 3 et 8, ainsi que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment son article L. 612-6. Il ressort également des termes de cette décision que la préfète de l'Ain a, pour fixer la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, considéré notamment que, eu égard aux circonstances que l'intéressé ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière, qu'il se maintient sur le territoire français en dépit de trois mesures d'éloignement prises à son encontre en 2016, 2019 et 2022 et qu'au surplus, il ne démontre pas le caractère ancien, intense et stable de sa relation avec sa compagne de nationalité française, ni être isolé dans son pays d'origine. Dans ces conditions, en fixant à un an la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, la préfète de l'Ain n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
19. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, la préfète de l'Ain, en prononçant à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an n'a pas porté, eu égard aux objectifs poursuivis par cette mesure, une atteinte disproportionnée au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de ce que la préfète de l'Ain aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle doivent être écartés.
20. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 25 juin 2024, par lesquelles la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, l'a privé de tout délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois. Ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées par voie de conséquence.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E et à la préfète de l'Ain.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Dèche, présidente,
Mme Journoud, conseillère,
Mme Pouyet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
La présidente-rapporteure,
P. Dèche
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
L. Journoud
La greffière,
S. Hosni
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026