mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2407036 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2024, M. G A, représenté par la SELARL BS2A Bescou et Sabatier Avocats Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2024 par lequel la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, une autorisation provisoire de séjour et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles ont été signées par une autorité incompétente ;
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
- elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'est pas établi que la préfète du Rhône aurait saisi le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration pour avis, ni qu'un avis concernant l'état de santé de sa fille I aurait été émis par trois médecins dûment et préalablement habilités par le directeur de l'Office, au nombre desquels ne figurait pas l'auteur du rapport médical transmis au collège ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, faute pour la préfète du Rhône d'avoir examiné sa situation au regard des dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, faute pour la préfète du Rhône d'avoir procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'erreurs de fait ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision l'obligeant à quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, faute pour la préfète du Rhône d'avoir procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que la préfète du Rhône n'a pas vérifié son droit au séjour, notamment sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est illégale, dès lors qu'il peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour de plein droit sur le fondement de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne les décisions lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours et fixant le pays de destination :
- elles sont illégales en raison de l'illégalité des décisions lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français.
Par ordonnance du 26 août 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 septembre 2024.
Un mémoire en défense présenté par la préfète du Rhône a été enregistré le 19 septembre 2024.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gros, première conseillère,
- et les observations de Me Guillaume, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. G A, ressortissant comorien né le 15 mars 1985, est entré irrégulièrement en France le 1er juin 2011. Le 6 août 2018, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par un jugement n° 2103768 du 7 octobre 2022, le tribunal a annulé la décision implicite de rejet de cette demande et enjoint au préfet du Rhône de réexaminer la situation de M. A. Par un arrêté du 5 juillet 2024, dont le requérant demande l'annulation, la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par Mme B D, directrice adjointe des migrations et de l'intégration, en vertu d'une délégation consentie à cet effet par un arrêté de la préfète du Rhône du 15 mai 2024, publié le lendemain au recueil des actes administratifs de la préfecture et accessible tant au juge qu'aux parties. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ces décisions doit, dès lors, être écarté.
3. En second lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment pas des termes des décisions attaquées, que la préfète du Rhône n'aurait pas, compte-tenu des éléments en sa possession, procédé à un examen particulier de la situation de M. A. L'absence de mention de l'état de santé de la fille mineure du requérant, avec laquelle l'autorité administrative a estimé qu'il ne justifiait pas entretenir de liens, ne saurait, en particulier, caractériser un tel défaut d'examen.
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a déposé en préfecture, le 6 août 2018, une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicables, qui a été implicitement rejetée le 6 décembre 2018. Le 11 février 2020, il a sollicité, par courriel, la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail en application de l'article L. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable. Cette nouvelle demande a, elle aussi, été implicitement rejetée le 23 septembre 2020, en application des dispositions de l'article 7 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 visée ci-dessus. Par un jugement n° 2103768 du 7 octobre 2022, le tribunal a annulé la seule décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour présentée par M. A le 6 août 2018 et enjoint au préfet du Rhône de réexaminer cette demande, à l'exclusion de celle présentée par le 11 février 2020. M. A ne peut, par ailleurs, être regardé comme ayant saisi les services de la préfecture du Rhône d'une nouvelle demande d'autorisation provisoire de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 311-12 devenu l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par la seule production, le 10 juin 2024, d'un certificat médical concernant sa fille I. Dès lors, le requérant ne saurait faire grief à la préfète du Rhône de ne pas avoir saisi pour avis le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration concernant l'état de santé de sa fille I, de ne pas avoir examiné sa situation au regard de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou encore d'avoir méconnu ces dernières dispositions.
6. En deuxième lieu, si M. A soutient qu'il vit chez Mme H, au 1 allée Turba Choux à Caluire-et-Cuire, avec sa compagne, Mme F, et leurs deux enfants, I, née le 20 juin 2019, et Yanis, né le 24 janvier 2024, à l'éducation et à l'entretien desquels il doit, selon lui, ainsi être présumé contribuer, les éléments qu'il verse aux débats, à savoir une attestation d'hébergement datée du 26 avril 2023 ainsi que divers documents administratifs qui lui ont été envoyés à cette adresse postérieurement à cette date, ne suffisent pas à l'établir de manière probante, alors que l'intéressé s'est déclaré " célibataire " sur la fiche de renseignements qu'il a remplie le 26 avril 2023 dans le cadre du réexamen de sa demande de titre de séjour. En se bornant à faire état de virements ponctuels en 2022 et en 2024, M. A ne justifie, par ailleurs, pas contribuer à l'éducation et l'entretien de son fils C, né le 2 octobre 2016 d'une précédente union. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée, qui le présente comme célibataire et indique qu'il ne justifie pas entretenir de liens avec ses trois enfants mineurs et participer à leur entretien, serait entachée d'erreurs de fait.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. Il est constant que M. A réside habituellement en France depuis le 1er juin 2011. A la date de la décision, l'intéressé, qui justifie avoir travaillé comme plongeur, commis de cuisine, manutentionnaire et agent de tri sur la période du 1er juin 2016 au 9 avril 2023, n'exerçait plus d'activité professionnelle. S'il soutient vivre avec Mme F et leurs deux enfants, la réalité de la communauté de vie des intéressés n'est, ainsi qu'il a été dit plus haut, pas établie de façon suffisamment probante. Il ne ressort, en tout état de cause, pas des pièces du dossier qu'il existerait un obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue aux Comores, pays dont tous les membres du foyer ont la nationalité, en l'absence d'indication sur la situation administrative actuelle de Mme F, dont la carte de séjour temporaire a expiré le 29 novembre 2023, comme de tout élément tendant à établir que l'état de santé de I ne pourrait être pris en charge dans ce pays. Si M. A est également père d'un autre enfant, C, né le 2 octobre 2016 d'une précédente union avec une autre compatriote, Mme E, ni la vocation de cet enfant à demeurer en France, où il n'est pas établi que sa mère serait autorisée à séjourner, ni les liens qui l'uniraient à son père, qui ne justifie avoir procédé qu'à quelques virements dans son intérêt, ne sont démontrés. Enfin, le requérant, qui se prévaut de la présence en France de son frère, de nationalité française, et de sa sœur, titulaire d'une carte de résident de dix ans, n'établit, ni même n'allègue, être dépourvu d'attaches privées et familiales aux Comores, où il a vécu jusqu'à l'âge de 36 ans. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le refus de titre de séjour qui lui a été opposé porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise et méconnaîtrait, ainsi, les dispositions et stipulations précitées.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
10. Ainsi qu'il a été dit plus haut, M. A ne justifie pas contribuer à l'éducation et à l'entretien de ses trois enfants mineurs. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
12. Compte tenu des éléments indiqués au point 8 ci-dessus, M. A ne justifie d'aucune considération humanitaire ou motif exceptionnel, au sens des dispositions précitées, permettant la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ni d'un motif exceptionnel au regard de son expérience et de ses qualifications qui justifierait son admission à séjourner en France au titre d'une activité salariée. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que le refus de titre de séjour en litige serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. En sixième lieu, compte-tenu de ce qui précède, en ne délivrant pas à M. A un titre de séjour, la préfète du Rhône n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences d'une telle décision sur la situation personnelle de l'intéressé.
En ce qui concerne la décision obligeant M. A à quitter le territoire français :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. () ".
15. En relevant qu'" eu égard à [sa] situation personnelle ", précédemment analysée dans l'arrêté attaqué, " rien ne s'oppose à ce qu'il soit fait obligation à l'intéressé de quitter le territoire français ", la préfète du Rhône doit être regardée comme ayant procédé à la vérification du droit au séjour de M. A, ainsi que le prévoient les dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
16. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
17. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. ". Aux termes de l'article L. 425-9 de ce code : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () ".
18. M. A, qui ne justifie pas, ainsi qu'il a été dit plus haut, subvenir à l'éducation et à l'entretien de sa fille I, n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Rhône ne pouvait légalement l'obliger à quitter le territoire français dès lors qu'il remplirait les conditions pour se voir délivrer une autorisation provisoire de séjour de plein droit sur le fondement de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
19. En quatrième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent, en l'absence de tout élément particulier invoqué tenant à la décision obligeant M. A à quitter le territoire français, être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 8 et 10 ci-dessus.
En ce qui concerne les décisions accordant à M. A un délai de départ volontaire de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office :
20. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ni, en tout état de cause, de celle lui refusant la délivrance d'un titre de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre les décisions lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.
21. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 5 juillet 2024 par lequel la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
22. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
23. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie perdante du remboursement par l'autre partie des frais d'instance. Par suite, les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G A et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Duca, première conseillère,
Mme Gros, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.
La rapporteure,
R. Gros
Le président,
M. ClémentLe greffier,
J. Billot
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026