lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2407227 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2024, Mme D E B, représentée par la Selarl BS2A Bescou et Sabatier Avocats Associés (Me Bescou), demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 25 juin 2024 par lesquelles la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain ou à tout autre préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale" ou de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen dans les mêmes conditions ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en applications des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté attaqué ;
- l'arrêté attaqué a été pris par une préfète territorialement incompétente dès lors qu'elle résidait dans le département du Rhône à la suite d'un déménagement dont elle avait informé les services de la préfecture de l'Ain ;
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'un défaut d'examen préalable réel et sérieux de sa situation et d'une erreur de fait ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'application des dispositions des articles L. 432-1-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
- elle est illégale du fait de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 septembre 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Vaccaro-Planchet, présidente, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D E B, ressortissante de la République démocratique du Congo (RDC) née le 1er mai 1975 et entrée en France le 5 janvier 2018, demande l'annulation de l'arrêté du 25 juin 2024 par lequel la préfète de l'Ain lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté attaqué dans son ensemble :
2. Aux termes de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence et, à Paris, par le préfet de police. () ".
3. Si Mme B soutient qu'elle résidait, depuis le 14 mars 2024, dans le département du Rhône, il ne ressort toutefois ni des pièces du dossier ni de l'arrêté attaqué que la requérante aurait informé la préfète de l'Ain de son changement de domicile. Dès lors, à le supposer soulevé, le moyen tiré de ce que la préfète de l'Ain aurait dû transmettre sa demande de titre de séjour au préfet du Rhône doit, en tout état de cause, être écarté.
4. L'arrêté attaqué a été signé par M. C A, attaché d'administration de l'Etat, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux, qui disposait d'une délégation en vertu d'un arrêté de la préfète de l'Ain du 16 juillet 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
5. Il ne ressort ni de la décision attaquée ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète de l'Ain n'aurait pas procédé à un examen préalable, réel et sérieux de la situation de Mme B. Si la décision attaquée mentionne que trois enfants de la requérante résident hors de France, alors qu'il n'y en a qu'un, et que son fils qui réside en France se trouve en situation irrégulière, alors qu'il est titulaire d'une titre de séjour valable un an, ces éléments sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors la décision attaquée n'est pas fondée sur ces éléments mais sur la situation personnelle de la requérante. Les moyens tirés de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit et d'une erreur de fait doivent, par suite, être écartés.
6. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que si Mme B résidait sur le territoire national depuis plus de six ans à la date de l'arrêté attaqué, elle est arrivée sur le territoire national à l'âge de quarante-trois ans après avoir notamment vécu de 2007 à 2017 en Afrique du Sud, où elle a obtenu le statut de réfugiée. Contrairement à ce que soutient la requérante il ne ressort pas des pièces du dossier que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer hors de France, notamment en Afrique du Sud, où elle a vécu avec ses six enfants, nés en 1992, 1996, 2001, 2003, 2006 et 2011, et où est née sa dernière fille, dont le père est un ressortissant de cet Etat, et qui réside de manière irrégulière en France, alors même qu'elle est séparée de ce dernier. Il ressort enfin des pièces du dossier que ses activités bénévoles et l'exercice d'une activité salariée à temps partiel à compter de décembre 2023 ne suffisent pas à justifier d'une intégration socio-professionnelle particulière. Enfin, il est constant que l'intéressée s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire français en dépit d'une mesure d'éloignement prise à son encontre le 13 décembre 2021, confirmée par le tribunal par un jugement du 12 mai 2022. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, et alors même que sa fille majeure s'est vue accorder le bénéficie de la protection subsidiaire le 7 décembre 2021 et que son fils majeur s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire valable un an le 24 janvier 2024, Mme B, qui n'apporte aucun élément de nature à établir qu'elle aurait fixé de manière durable le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire national, n'est pas fondée à soutenir que la décision de refus de titre de séjour porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas fondés. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle doit également être écarté.
8. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
9. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la requérante, en invoquant sa vie privée et familiale telle que précédemment décrite, ne fait état d'aucune considération humanitaire ou motif exceptionnel, au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de nature à justifier une admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". D'autre part, en invoquant au titre de son insertion professionnelle, une promesse d'embauche en qualité de salariée en emploi direct à domicile ainsi que diverses fiches de paye en qualité d'aide à domicile à temps partiel à compter du mois de décembre 2023, la requérante ne fait état d'aucun motif exceptionnel, au regard de son expérience et de ses qualifications, de nature à justifier une admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la préfète de l'Ain aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant son admission exceptionnelle au séjour.
10. Aux termes de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance ou le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à tout étranger : 1° N'ayant pas satisfait à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français dans les formes et les délais prescrits par l'autorité administrative ;/ () ".
11. Si la requérante soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est insuffisamment motivée à cet égard, il résulte en tout état de cause de ce qui précède qu'elle ne remplit pas les conditions pour que lui soit délivré un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 ou L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Or, il résulte de l'instruction que la préfète de l'Ain aurait pris la même décision si elle ne s'était pas fondée sur l'article L. 432-1-1 précité. Ces moyens doivent dès lors être écartés.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
12. Compte tenu de ce qui a été précédemment exposé, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français serait illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour.
13. Même en tenant compte des conséquences spécifiques à la mesure d'éloignement, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en l'absence de tout élément particulier invoqué, être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment.
14. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
15. Mme B soutient que l'intérêt supérieur de sa fille mineure est de demeurer en France où elle est scolarisée et auprès de ses deux parents dès lors que ces derniers sont séparés et de nationalités différentes. Toutefois, la décision en litige n'a ni pour objet ni pour effet de séparer durablement l'enfant de l'un de ses deux parents, rien ne s'opposant à ce que la cellule familiale se reconstitue ailleurs qu'en France, notamment en Afrique du Sud ou en République démocratique du Congo. En outre, aucune pièce du dossier ne démontre que la scolarisation de la fille de la requérante ne pourrait se poursuivre notamment en Afrique du Sud, pays dont son père a la nationalité, où sa mère a obtenu le statut de réfugiée et où elle a vécu jusqu'à l'âge de sept ans. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
16. En l'absence d'illégalité des décisions portant refus titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le délai de départ volontaire serait illégale en raison de l'illégalité de ces décisions.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
17. En l'absence d'illégalité des décisions portant refus titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination serait illégale du fait de l'illégalité de ces décisions.
18. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
19. Mme B soutient qu'elle encourrait des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour en RDC, où elle a fait l'objet d'accusations de sorcellerie. Toutefois, alors au demeurant que sa demande d'asile a été rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 18 juin 2021, en se bornant à se prévaloir de la décision de la CNDA accordant le bénéfice de la protection subsidiaire à l'une de ses filles, la requérante n'apporte aucun élément susceptible d'établir le caractère réel, sérieux et actuel des menaces invoquées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
20. En l'absence d'illégalité des décisions portant refus titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, la requérante n'est pas fondée à soutenir que La décision portant interdiction de retour serait illégale en raison de l'illégalité de ces décisions.
21. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 7 et 14, et en l'absence d'argumentation spécifique, les moyens tirés de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois prise à l'encontre de Mme B méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
23. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction sous d'astreinte doivent, par suite, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais liés au litige.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E B et à la préfète de l'Ain.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Feron, première conseillère,
Mme de Tonnac, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
V. Vaccaro-Planchet
L'assesseure la plus ancienne,
C. Feron
La greffière,
E. Gros
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026