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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2409322

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409322

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409322
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL BS2A BESCOU ET SABATIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 septembre 2023, Mme A C épouse B et M. D B, représentées par Me Sabatier, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de leur fixer un rendez-vous afin de déposer leur demande de titre de séjour à la première date utile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, dans l'hypothèse où leur dossier serait complet, d'enregistrer leur demande de titre de séjour lors de ce rendez-vous et de leur délivrer un récépissé ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros TTC en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'urgence est présumée au regard de l'absence de réponse à leurs demandes de rendez-vous, sollicitées le 7 décembre 2021 et le 10 janvier 2022, et ce malgré leurs demandes réitérées ; Mme B souffre de graves problèmes de santé, un nouveau traitement, indisponible en Tunisie, lui ayant été prescrit ; en outre, ils justifient de sept années de présence sur le territoire français où leurs deux enfants sont scolarisés, un troisième enfant y étant né en février 2024 ;

- la mesure est utile.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 septembre 2024, la préfète du Rhône conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

Sur la situation de Mme B :

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du même code : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

3. Il résulte de l'instruction que la préfète du Rhône a décidé de faire droit à la demande de Mme B et a décidé de lui fixer un rendez-vous en préfecture le 3 décembre 2024 aux fins de déposer son dossier de demande de titre de séjour. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'injonction présentées par Mme B tendant à ce que la préfète du Rhône lui permette de déposer son dossier demande de titre de séjour sont devenues sans objet et il n'y a dès lors plus lieu d'y statuer.

4. Dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'objet du référé régi par l'article L. 521-3 du code de justice administrative, Mme B n'est pas fondée à demander qu'il soit en outre enjoint à la préfète du Rhône, à l'occasion du rendez-vous mentionné au point précédent, d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui donner récépissé.

Sur la situation de M. B :

5. Aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe ne fixe de délai déterminé dans lequel l'autorité administrative serait tenue de recevoir un étranger ayant demandé à se présenter en préfecture pour y déposer sa demande de titre de séjour. Toutefois, eu égard aux conséquences qu'a sur la situation de l'étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande, et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande dans un délai raisonnable.

6. Il résulte de l'instruction que M. B, ressortissant tunisien né le 25 septembre 1979, a sollicité le 7 décembre 2021 via le site internet " démarches-simplifiees.fr ", auprès de la direction des migrations et de l'intégration de la préfecture du Rhône, une demande de rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour, qui a été régulièrement enregistrée par les services de la préfecture. Toutefois, depuis cette date, malgré les démarches réitérées qu'il a vainement entreprises en vue de se voir fixer un rendez-vous, la préfecture du Rhône n'a pas encore déterminé une date pour le dépôt de sa demande. Dans ces conditions, et compte tenu du délai passé depuis la demande de titre de séjour de M. B, et de ses conditions de séjour passées en France, l'intéressé justifie, dans les circonstances de l'espèce, d'une situation d'urgence, au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

7. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Rhône de convoquer M. B dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance, afin qu'il puisse faire enregistrer sa demande de titre de séjour, ce rendez-vous devant intervenir dans un délai n'excédant pas deux mois. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

8. Dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'objet du référé régi par l'article L. 521-3 du code de justice administrative, Mme B n'est pas fondée à demander qu'il soit en outre enjoint à la préfète du Rhône, à l'occasion du rendez-vous mentionné au point précédent, d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui donner récépissé.

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 500 euros à verser à M. B au titre des frais non compris dans les dépens qu'il a exposés.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme B au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône de lui fixer un rendez-vous.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de convoquer M. B dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance, afin qu'il puisse faire enregistrer sa demande de titre de séjour, ce rendez-vous devant intervenir dans un délai n'excédant pas deux mois.

Article 3 : L'État versera la somme de 500 euros à M. B au tire de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme B est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C épouse B et M. D B, et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 3 octobre 2024.

Le juge des référés,

C. Bertolo

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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