lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2411308 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2024, M. B A, représenté par la SELARL BS2A Bescou et Sabatier Avocats Associés, demande au juge des référés du tribunal :
1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui fixer un rendez-vous à la première date utile pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et de lui délivrer un récépissé ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, dans l'hypothèse où son dossier serait complet, d'enregistrer sa demande de titre de séjour lors de ce rendez-vous et de lui délivrer un récépissé constatant le dépôt de cette demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros TTC sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il ne dispose d'aucune autre solution que de saisir le juge des référés pour obtenir un rendez-vous lui permettant de déposer sa demande de titre de séjour ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il tente en vain d'obtenir un rendez-vous depuis près de deux années et qu'il ne peut pas accéder aux guichets de la préfecture pour déposer sa demande de titre de séjour ; il est fondé à solliciter un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " compte tenu de la durée de son séjour en France, de la présence en France de son épouse titulaire d'un certificat de résidence de dix ans et de ses enfants, ainsi que de ses perspectives d'insertion professionnelle ; les dysfonctionnements des services préfectoraux l'empêchent de déposer sa demande de titre de séjour ce qui l'expose à une mesure d'éloignement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 novembre 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que le requérant, qui a été personnellement mis en cause et entendu dans une affaire de violence conjugale, a fait l'objet, le 25 janvier 2021, d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français confirmée par la cour administrative d'appel de Lyon le 30 mars 2022 et se maintient irrégulièrement sur le territoire français depuis septembre 2017 ; la situation de l'intéressé n'a pas évolué depuis 2021 et il ne démontre pas résider de manière habituelle et continue en France depuis plus de dix ans ; alors que sa situation relève de la procédure de regroupement familial, il n'établit pas qu'une demande en ce sens ait été déposée en sa faveur ; sa situation ne se différencie que très peu de celles des autres usagers ;
- la mesure sollicitée est dépourvue d'utilité ; cette mesure ferait obstacle au fonctionnement normal du dispositif d'accueil des étrangers et le document provisoire de séjour délivré dans le cadre d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour n'octroie aucun droit au travail.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
3. Lorsque le rendez-vous ne peut être obtenu qu'en se connectant au site internet de la préfecture, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que, si l'étranger établit qu'il n'a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir la mesure sollicitée. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel ce rendez-vous doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
4. En l'espèce, M. A, ressortissant algérien, a déposé le 8 décembre 2022 son dossier de demande d'admission exceptionnelle au séjour sur la plateforme " Démarches simplifiées " et reste depuis cette date, soit près de deux ans, en attente d'un rendez-vous malgré de nombreuses relances adressées à la préfecture, la dernière datant du 14 novembre 2024. En outre, il résulte de l'instruction que l'intéressé, entré en France en 2016, est marié depuis 2018 avec une compatriote titulaire d'un certificat de résidence de dix ans en cours de validité, avec laquelle il a eu deux enfants nés en 2019 et 2020. Il se prévaut par ailleurs d'une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée. Ainsi, en dépit de la mesure d'éloignement prononcée à son encontre en 2021, et dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'il aurait fait l'objet d'une condamnation pour des faits de violence conjugale, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de considérer que la condition d'urgence et d'utilité posées à l'article L. 521-3 du code de justice administrative sont remplies.
5. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Rhône de convoquer M. A dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance, afin qu'il puisse faire enregistrer sa demande de titre de séjour.
6. Par ailleurs, il n'y a pas lieu en l'état, et avant le dépôt de cette demande et de la vérification de son caractère complet, d'enjoindre à l'autorité préfectorale de lui délivrer à cette occasion un récépissé de sa demande de titre de séjour.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions que présente M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la préfète du Rhône de communiquer à M. A, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, une date en vue d'un rendez-vous en préfecture afin de lui permettre d'enregistrer sa demande de titre de séjour.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 9 décembre 2024.
La juge des référés,
C. Rizzato
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026