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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2500935

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2500935

vendredi 31 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2500935
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantBEAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 janvier 2025, M. B A, retenu au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry, représenté par Me Beaud, demande au tribunal :

1°) d'ordonner, avant-dire droit, la mise à disposition de son dossier par la préfecture ;

2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

3°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2025 par lequel la préfète de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

- il est entaché d'une incompétence de son auteur ;

- il est entaché d'une insuffisance de motivation ;

- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut d'examen préalable, réel et sérieux de sa situation dès lors qu'il a signalé lors de son audition être demandeur d'asile en Allemagne ;

- la préfète a commis une erreur de droit dès lors qu'il est demandeur d'asile en Allemagne et aurait dû faire l'objet d'une procédure de réadmission dans ce pays sur le fondement de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation des dispositions des articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et présente un caractère disproportionné.

La procédure a été communiquée à la préfète de l'Isère qui a produit des pièces le 29 janvier 2025.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Viallet, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relatives à des mesures d'éloignement adoptées à l'encontre de ressortissants étrangers et aux décisions accompagnant ces mesures.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Viallet, magistrate désignée ;

- les observations de Me Beaud, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête et se désiste du moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- les observations de Me Maddalena, substituant Me Tomasi, représentant la préfète de l'Isère, qui conclut au rejet de la requête ;

- et les observations de M. A, assisté de Mme C, interprète en langue arabe.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain né le 2 février 1998, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2025 par lequel la préfète de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur la communication au requérant de son entier dossier :

2. Aux termes de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné à cette fin () la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise ".

3. Il ressort des pièces du dossier que la préfète de l'Isère a communiqué au tribunal l'ensemble des pièces sur la base desquelles a été prise la décision contestée et que ces productions ont été communiquées au requérant. Dans ces conditions, les conclusions de ce dernier tendant à obtenir son dossier ne peuvent qu'être rejetées.

Sur l'admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

4. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

5. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

6. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dans ces conditions, et alors que l'exigence de motivation n'implique pas que l'acte mentionne l'ensemble des éléments particuliers de la situation de l'intéressé, la préfète a suffisamment exposé les motifs fondant sa décision. Par suite, le moyen doit être écarté.

7. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que la préfète de l'Isère, qui s'est en particulier fondée sur les déclarations de M. A lors de son audition, n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle du requérant et le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ". Aux termes de l'article L. 611-2 de ce code : " L'étranger en provenance directe du territoire d'un des États parties à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 peut se voir appliquer les 1° et 2° de l'article L. 611-1 lorsqu'il ne peut justifier être entré ou s'être maintenu sur le territoire métropolitain en se conformant aux stipulations des paragraphes 1 et 2 de l'article 19, du paragraphe 1 de l'article 20 et des paragraphes 1 et 2 de l'article 21 de cette même convention ". Et aux termes de l'article L. 572-1 du même code : " Sous réserve du troisième alinéa de l'article L. 571-1, l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen. () ".

9. Il résulte des dispositions des articles L. 611-1 et L. 611-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatives à l'obligation de quitter le territoire français, et des articles L. 621-1 et suivants du même code, relatives aux procédures de remise aux États membres de l'Union européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen, que le champ d'application des mesures obligeant un étranger à quitter le territoire français et celui des mesures de remise d'un étranger à un autre État ne sont pas exclusifs l'un de l'autre et que le législateur n'a pas donné à l'une de ces procédures un caractère prioritaire par rapport à l'autre. Il s'ensuit que, lorsque l'autorité administrative envisage une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger dont la situation entre dans le champ d'application des articles L. 621-2 à L. 621-7, elle peut légalement soit le remettre aux autorités compétentes de l'État membre de l'Union européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, sur le fondement des articles L. 621-1 et suivants, soit l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1. Ces dispositions ne font pas non plus obstacle à ce que l'administration engage l'une de ces procédures alors qu'elle avait préalablement engagé l'autre.

10. Toutefois, il y a lieu de réserver le cas de l'étranger demandeur d'asile. En effet, les stipulations de l'article 31-2 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile impliquent nécessairement que l'étranger qui sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié soit autorisé à demeurer provisoirement sur le territoire jusqu'à ce qu'il ait été statué sur sa demande. Dès lors, lorsqu'en application des dispositions du règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, l'examen de la demande d'asile d'un étranger ne relève pas de la compétence des autorités françaises mais de celles d'un autre Etat, la situation du demandeur d'asile n'entre pas dans le champ d'application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mais dans celui des dispositions de l'article L. 572-1 du même code. En vertu de ces dispositions, la mesure d'éloignement en vue de remettre l'intéressé aux autorités étrangères compétentes pour l'examen de sa demande d'asile ne peut être qu'une décision de transfert prise sur le fondement de cet article L. 572-1.

11. Il ressort des pièces du dossier que M. A ne justifie pas d'une entrée régulière en France, ni être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Par la décision en litige, la préfète de l'Isère l'a en conséquence obligé à quitter le territoire français sur le fondement des dispositions précitées du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. A soutient que la préfète a commis une erreur de droit dès lors qu'il a signalé lors de son audition être demandeur d'asile en Allemagne. Toutefois, il ressort des termes mêmes du procès-verbal d'audition du 24 janvier 2025 par les services de police que M. A, pourtant interrogé sur ce point, n'a fait état d'aucune démarche entreprise dans un autre Etat membre. Par ailleurs, les pièces qu'il produit, non traduites et comportant des discordances quant à sa date de naissance et à l'orthographe de son nom de famille, ne permettent aucunement d'établir qu'une demande d'asile est actuellement en cours d'examen par les autorités allemandes. En conséquence, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il relevait exclusivement des dispositions de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire serait pour ce motif entachée d'une erreur de droit.

12. En deuxième lieu, au vu de ce qui précède, le moyen tiré du défaut d'examen préalable, réel et sérieux de sa situation en ce que la préfète n'aurait pas tenu compte de son statut de demandeur d'asile en Allemagne doit être écarté.

13. En troisième lieu, si M. A affirme craindre pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine, et que sa conjointe et son enfant résident en Italie, il n'apporte aucun élément susceptible de corroborer ses allégations, qui ne ressortent d'aucune pièce du dossier. En outre, lors de son audition, l'intéressé n'a fait état que de la présence d'une cousine en Italie et être sans attaches familiales en France. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

14. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant délai de départ volontaire ne peut qu'être écarté.

15. En deuxième lieu, il résulte des termes de la décision litigieuse que celle-ci est motivée par la circonstance qu'il existe un risque que l'intéressé se soustrait à la mesure d'éloignement dès lors qu'il ne peut justifier être entré régulièrement en France et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il a indiqué lors de son audition être arrivé en France il y a environ six mois puis serait reparti en Allemagne ainsi qu'en Espagne pendant un mois et serait revenu en France il y a deux semaines sans donner plus de précisions et sans être en mesure d'en apporter la preuve ni d'en justifier les conditions exactes, qu'il n'a effectué aucune démarche en vue de régulariser sa situation administrative et séjourne irrégulièrement en France, qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes notamment du fait qu'il est démuni de tout document de voyage en cours de validité et qu'il n'est pas en mesure de justifier d'une adresse permanente ou effective sur le territoire français puisqu'il déclare ne pas avoir de domicile fixe, enfin, qu'il ne dispose d'aucune ressource légale en propre pour pourvoir à son retour dans son pays d'origine dès lors que sa situation administrative ne lui permet pas d'occuper un emploi en France. Au vu de ces éléments, l'intéressé, qui ne fait état d'aucune circonstance particulière de nature à justifier qu'un délai de départ volontaire lui soit accordé, n'est pas fondé à soutenir que la préfète de l'Isère aurait commis un défaut d'examen. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

16. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ne peut qu'être écarté.

17. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 12, le moyen tiré du défaut d'examen préalable, réel et sérieux de sa situation être écarté.

18. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

19. M. A, qui ne justifie pas des risques qu'il prétend encourir dans son pays d'origine, se maintient irrégulièrement en France depuis son arrivée il y a environ six mois et ne dispose d'aucune attache familiale ou personnelle en France. S'il affirme qu'une de ses cousines ainsi que sa compagne et son enfant vivraient en Italie, il n'apporte aucun élément de nature à l'établir et ne justifie pas davantage être dépourvu de liens dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de son existence. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a été interpelé le 23 janvier 2025 pour des faits de détention de produits stupéfiants. Dans ces conditions, la préfète de l'Isère n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

20. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L.612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

21. Pour édicter une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, la préfète de l'Isère a notamment tenu compte du fait que l'intéressé, qui ne fait pas valoir de circonstances humanitaires et dont la présence en France ne représente pas une menace à l'ordre public, se maintient irrégulièrement en France depuis son arrivée il y a environ six mois et ne justifie pas détenir de liens intenses stables et anciens sur le territoire. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que cette décision serait entachée d'une erreur d'appréciation et ce moyen doit être écarté.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté de la préfète de l'Isère du 24 janvier 2025 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

DECIDE:

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la préfète de l'Isère et à Me Beaud.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2025.

La magistrate désignée,

ML. Viallet

La greffière,

F. Gaillard

La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

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