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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2018752

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2018752

mardi 21 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2018752
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6e Section - 2e Chambre
Avocat requérantCABINET COLL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Sous le no 2018752, par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 novembre 2020 et 30 janvier 2023, M. B G, représenté par Me Coll, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet par laquelle le ministre de l'intérieur et des Outre-mer a rejeté sa demande de détachement sur l'emploi fonctionnel pour lequel il a formé une demande, ainsi que l'arrêté par lequel le ministre de l'intérieur a nommé Mme D E sur le poste sollicité ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des Outre-mer de lui accorder son détachement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée n'est pas motivée ;

- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2023, le ministre de l'intérieur et des Outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de M. G ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à Mme D E qui n'a pas produit d'observations.

II. Sous le n° 2118070, par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 25 août 2021 et 1er décembre 2022, M. B G, représenté par Me Trennec, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet par laquelle le ministre de l'intérieur et des Outre-mer a rejeté sa demande de mutation ;

2°) d'annuler l'arrêté de mutation de M. C A ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des Outre-mer de le muter sur le poste de chef de service départemental du renseignement territorial du département de Charente-Maritimes (17) dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision lui refusant sa mutation est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle méconnaît les dispositions du III de l'article 62-bis de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 modifiée et elle est également entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision de mutation de M. A est également entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que celui-ci, contrairement à lui, n'était pas prioritaire pour bénéficier de cette mutation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2022, le ministre de l'intérieur et des Outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de M. G ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à M. C A qui n'a pas produit d'observations.

Par ordonnance du 2 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 12 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires,

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat,

- le décret n° 95-313 du 21 mars 1995 relatif au droit de mutation prioritaire et au droit à l'avantage spécifique d'ancienneté accordés à certains agents de l'Etat affectés dans les quartiers urbains particulièrement difficiles,

- le décret n° 2019-1441 du 23 décembre 2019 relatif aux mesures d'accompagnement de la restructuration d'un service de l'Etat ou de l'un de ses établissements publics,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme F,

- les conclusions de M. Guérin-Lebacq, rapporteur public,

- et les observations de M. G.

Une note en délibéré, présentée par M. G, a été enregistrée le 11 février 2023 dans les deux affaires no 2018752 et n° 2118070 et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. M. G, commandant divisionnaire de police depuis le 1er janvier 2020, occupait le poste d'adjoint au chef de la circonscription de sécurité publique (CSP) de Massy depuis le 3 janvier 2011. Il occupe le poste d'adjoint au chef de la sûreté urbaine de Sainte-Geneviève-des-Bois depuis le 1er novembre 2020 à la suite d'une mesure de restructuration initiée en 2019 afin de regrouper plusieurs commissariats de l'Essonne. Le 24 juin 2020, M. G a sollicité son détachement sur l'emploi fonctionnel de chef de service de la brigade fluviale au sein de la préfecture de police de Paris. Sa demande a été implicitement rejetée. Le préfet de police a nommé sur ce poste Mme D E, par un arrêté du 10 septembre 2020 pour une période de quatre ans à compter du 1er septembre 2020. M. G s'est ensuite inscrit dans le deuxième mouvement général de mutation au titre de l'année 2021 et, par une fiche de candidature en date du 10 juin 2021, il a formulé le souhait d'être affecté sur le poste de chef du service départemental du renseignement territorial au sein de la direction départementale de la sécurité publique de Charente-Maritime à la Rochelle. Sa demande a également été implicitement rejetée. Par deux requêtes, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un même jugement, M. G demande au tribunal d'annuler ces décisions ainsi que les arrêtés de nomination des fonctionnaires nommés sur ces postes.

Sur la requête n° 2018752 :

2. En premier lieu, la mutation n'étant pas un avantage dont l'attribution constitue un droit pour le fonctionnaire qui l'a demandée, le refus de mutation n'est pas au nombre des décisions administratives défavorables dont l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, impose la motivation. Par suite, le moyen tiré de l'absence de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État, alors en vigueur, dans sa rédaction applicable au présent litige : " I. - L'autorité compétente procède aux mutations des fonctionnaires en tenant compte des besoins du service. / II. - Dans toute la mesure compatible avec le bon fonctionnement du service et sous réserve des priorités instituées à l'article 62 bis, les affectations prononcées tiennent compte des demandes formulées par les intéressés et de leur situation de famille. Priorité est donnée : / () ". L'article 61 de la même loi, alors en vigueur, prévoit que : " Les autorités compétentes sont tenues de faire connaître au personnel, dès qu'elles ont lieu, les vacances de tous emplois, sans préjudice des obligations spéciales imposées en matière de publicité par la législation sur les emplois réservés. ". Aux termes du III de l'article 62 bis de cette même loi : " Le fonctionnaire dont l'emploi est supprimé est affecté dans un emploi vacant correspondant à son grade au sein d'un service du département ministériel ou de l'établissement public dont il relève, dans le département où est située sa résidence administrative. A sa demande, le fonctionnaire bénéficie d'une priorité de mutation ou de détachement dans tout emploi vacant correspondant à son grade au sein du département ministériel dont il relève ainsi que vers un établissement public sous tutelle, sur l'ensemble du territoire national () ".

4. Si M. G fait valoir, sans être contesté en défense, que le poste d'adjoint au chef de la circonscription de sécurité publique (CSP) de Massy qu'il occupait depuis 2011 a été supprimé à la suite d'une restructuration initiée au cours de l'année 2019, le requérant n'assortit pas ce moyen des précisions nécessaires pour en apprécier le bien-fondé dans la mesure où il ne démontre pas, par les éléments produits dans le cadre de la présente instance, qu'à la date à laquelle il a sollicité ce détachement, son affectation sur le poste d'adjoint au chef de la sûreté urbaine de Sainte-Geneviève-des-Bois n'avait pas été envisagée. En outre, et en tout état de cause, s'agissant d'un détachement sur un emploi fonctionnel, le ministre disposait d'un large pouvoir d'appréciation pour rechercher la meilleure adéquation entre le candidat et le poste ouvert. Par suite le moyen tiré de ce que le ministre de l'intérieur aurait méconnu les dispositions de l'article 61 et du III de l'article 62 bis de la loi du 11 janvier 1984 précité ne peut qu'être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 du décret du 29 juin 2005 portant statut particulier du corps de commandement de la police nationale, dans sa version issue du décret n° 2017-216 du 20 février 2017 : " Le corps de commandement de la police nationale comprend trois grades : 1° Capitaine de police () 2° Commandant de police, qui comporte sept échelons ; 3° Commandant divisionnaire, qui comporte quatre échelons et un échelon spécial. ". Aux termes de l'article 3 du décret n° 2017-217 du 20 février 2017 relatif à l'emploi de commandant divisionnaire fonctionnel de la police nationale : " Le présent décret fixe les missions exercées par les fonctionnaires détachés dans l'emploi de commandant divisionnaire fonctionnel ainsi que les conditions de nomination dans cet emploi. ". Aux termes de l'article 5 du même décret : " Peuvent être nommés dans l'emploi de commandant divisionnaire fonctionnel : 1° Les commandants de police justifiant de deux ans d'ancienneté dans leur grade et comptant au moins un an d'ancienneté dans le 3e échelon ; 2° Les commandants divisionnaires ; () ". Et aux termes de l'article 8 du même décret : " La nomination dans l'emploi de commandant divisionnaire fonctionnel est prononcée par arrêté du ministre de l'intérieur, pour une durée maximale de quatre ans renouvelable () Les fonctionnaires nommés dans cet emploi sont placés en position de détachement. ". La nomination dans l'emploi de commandant divisionnaire fonctionnel soumise à l'appréciation de l'administration en fonction des états de service des candidats, ne saurait constituer un droit pour les intéressés. Une telle nomination ne peut être prononcée qu'à l'issue d'un examen de la valeur professionnelle de chacun des fonctionnaires remplissant les conditions pour être nommé et des responsabilités assumées par chacun d'eux.

6. S'agissant de la nomination à un emploi fonctionnel, l'administration est fondée à rechercher la meilleure adéquation entre le candidat et le poste ouvert. Il n'est pas contesté que le requérant et Mme D E remplissaient tous les deux les conditions statutaires, qu'ils sont reconnus pour leurs qualités professionnelles et bénéficient d'excellentes évaluations, ainsi qu'une aptitude à l'encadrement. Il ressort toutefois des pièces du dossier que Mme E a exercé des fonctions de chef du bureau en charge de la gestion des carrières des commissaires et des officiers de police à la direction des ressources humaines de la préfecture de police de Paris au cours des deux années qui ont précédé le détachement sur le poste fonctionnel sollicité et qu'elle avait auparavant exercé les fonctions d'adjointe au chef de la sécurité publique de Vanves-Malakoff et d'adjointe un chef de groupe à l'état-major de la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP) au sein de la préfecture de police, alors que le requérant a exercé pendant dix années un poste d'adjoint au chef de la circonscription de sécurité publique de Massy (91). Dans ces conditions, et alors même que M. G se prévaut de ses compétences techniques en matière de navigation et de plongée en adéquation avec le poste sollicité, le ministre a pu estimer que l'expérience réussie de chef de bureau au sein de la direction des ressources humaines de la préfecture de police et une expérience plus diversifiée avait permis à Mme E de développer une vision stratégique ainsi qu'un réseau au sein des directions de la police nationale en adéquation avec attentes relatives au poste sollicité. Dès lors, en nommant Mme E à l'emploi de chef de service de la brigade fluviale au sein de la préfecture de police de Paris, le ministre n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation, nonobstant les qualités professionnelles du requérant.

7. En dernier lieu, le principe d'égalité de traitement ne s'oppose pas à ce que des agents d'un même corps placé dans des situations différentes fassent l'objet d'un traitement différent. En l'espèce, pour les mêmes motifs que ceux rappelés au point 6, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant son détachement sur l'emploi fonctionnel de chef de service de la brigade fluviale au sein de la préfecture de police de Paris méconnaîtrait le principe d'égalité de traitement des fonctionnaires d'un même corps.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. G tendant à l'annulation de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur et des Outre-mer a implicitement rejeté sa demande de détachement sur l'emploi fonctionnel de chef de service de la brigade fluviale au sein de la préfecture de police de Paris doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté nommant Mme D E sur ce poste, les conclusions à fin d'injonction et les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur la requête n° 2118070 :

9. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 60 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " I. - L'autorité compétente procède aux mutations des fonctionnaires en tenant compte des besoins du service. II. - Dans toute la mesure compatible avec le bon fonctionnement du service et sous réserve des priorités instituées à l'article 62 bis, les affectations prononcées tiennent compte des demandes formulées par les intéressés et de leur situation de famille. Priorité est donnée () ; 3° Au fonctionnaire qui exerce ses fonctions, pendant une durée et selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat, dans un quartier urbain où se posent des problèmes sociaux et de sécurité particulièrement difficiles ;() 5° Au fonctionnaire, y compris relevant d'une autre administration, dont l'emploi est supprimé et qui ne peut être réaffecté sur un emploi correspondant à son grade dans son service. (). ".

10. D'autre part, aux termes du III de de l'article 62 bis de cette même loi : " Le fonctionnaire dont l'emploi est supprimé est affecté dans un emploi vacant correspondant à son grade au sein d'un service du département ministériel ou de l'établissement public dont il relève, dans le département où est située sa résidence administrative. A sa demande, le fonctionnaire bénéficie d'une priorité de mutation ou de détachement dans tout emploi vacant correspondant à son grade au sein du département ministériel dont il relève ainsi que vers un établissement public sous tutelle, sur l'ensemble du territoire national. (). Lorsque la mutation ou le détachement intervient en application du troisième alinéa du présent III, il est prononcé par le représentant de l'Etat, dans la limite d'un pourcentage applicable aux vacances d'emplois ouvertes au sein du département ministériel ou de l'établissement public concerné. Les priorités de mutation ou de détachement énoncées au présent III prévalent sur celles énoncées à l'article 60. ". Aux termes de l'article 13 du décret n° 2019-1441 du 23 décembre 2019 : " Le bénéfice de la priorité de mutation ou de détachement mentionnée au deuxième alinéa du III de l'article 62 bis de la loi du 11 janvier 1984 susvisé n'est ouvert qu'au fonctionnaire dont l'emploi est supprimé et qui ne peut, conformément au premier alinéa du même III, être affecté dans un emploi vacant correspondant à son grade au sein du département ministériel dont il relève, dans le département où est située sa résidence administrative. ".

11. M. G se prévaut des dispositions de l'alinéa 2 du III de l'article 62 bis de la loi du 11 janvier 1984 précité et fait valoir que le ministre ne pouvait pas lui opposer l'absence du caractère prioritaire de sa demande de mutation au motif qu'il aurait bénéficié d'un emploi correspondant à son grade à la suite de la suppression de son poste conformément aux disposition de l'alinéa 1 de ces mêmes dispositions. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. G a été affecté au poste d'adjoint à la sureté urbaine de Sainte-Geneviève-des-Bois dès le 1er novembre 2020, soit antérieurement au mouvement de mutation au titre de l'année 2021, alors même, comme il le fait valoir, que son arrêté de mutation a été signé le 1er juillet 2022. En outre, si le requérant soutient que cette nouvelle affectation n'est pas équivalente aux fonctions précédemment au sein de la circonscription de Massy (91) il n'assortit pas ces allégations des précisions nécessaires pour en apprécier le bien-fondé.

12. Contrairement à ce que soutient M. G, il résulte des dispositions de l'article 60 et du III de l'article 62 bis de la loi du 11 janvier 1984 précitées que le caractère prioritaire de la demande de mutation d'un agent est subordonnée à la condition que ce dernier n'ait pas pu, conformément à l'alinéa 1 du III de l'article 62 bis de la loi du 11 janvier 1984, bénéficier d'un affectation sur un emploi vacant correspondant à son grade au sein d'un service du département ministériel dans le département où est située sa résidence administrative. Par suite, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de l'article 13 du décret n° 2019-1441 au motif que ces dispositions, qui prévoient que le bénéfice de la priorité au détachement ou à la mutation n'est ouvert qu'aux fonctionnaires dont le poste est supprimé et qui n'ont pas pu être affectés dans un emploi correspondant, seraient plus restrictives que la loi.

13. M. G fait valoir, en outre, que sa demande de mutation devait également être regardée comme prioritaire sur le fondement du 3° de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat dès lors que le territoire de Massy où il a exercé ses fonctions pendant plus de sept années est classé en zone urbaine sensible par le décret n° 95-313 du 21 mars 1995. Toutefois, si ces dispositions fixent des règles de priorité dans l'examen des demandes de mutation et notamment au profit des fonctionnaires qui exercent leurs fonctions dans des quartiers urbains particulièrement difficiles, la priorité qu'elles prévoient n'est pas absolue et doit être compatible avec l'intérêt du service qui reste le critère principal d'affectation.

14. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

15. En second lieu, M. G fait valoir que son profil était le mieux adapté pour le poste de chef du service départemental du renseignement territorial au sein de la direction départementale de la sécurité publique de Charente-Maritime dans la mesure où l'annonce précisait expressément que ce poste s'adressait prioritairement à un commandant divisionnaire, grade qu'il était le seul à détenir lorsqu'il a candidaté à ce poste, qu'il avait une expérience de plus de quinze ans en matière de management et non pas seulement de deux ans comme soutenu en défense, qu'il avait assuré, notamment, l'encadrement de plus de cent effectifs en sa qualité d'adjoint au chef de service de circonscription de Massy classé en secteur difficile de 2011 à 2020, et qu'il justifiait également d'une expérience significative dans le domaine du renseignement territorial dès lors qu'il a exercé un poste dans ce domaine de compétence au sein de la préfecture de police de Paris pendant deux années et que les fonctions exercées à Massy l'ont amené à collaborer étroitement avec la direction du service départemental. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que si le requérant et M. A, qui a obtenu le poste convoité, présentaient une notation équivalente, ce dernier bénéficiait d'une expérience de douze années dans le domaine du renseignement territorial contre deux années pour le requérant. Il ressort en outre des pièces du dossier que lors de l'entretien qui a eu lieu avec la directrice départementale de Charente-Maritime, les compétences techniques de M. A, sa motivation et ses aptitudes managériales ont été tout particulièrement appréciées. Ainsi, alors même qu'il ressort des pièces du dossier que l'expérience en terme de management a été sous-estimée par l'administration, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que le critère de la compétence dans le domaine du renseignement technique territorial et la motivation ont été privilégiées par l'administration pour le choix du candidat retenu sur ce poste. Dès lors, en nommant M. A, alors même que sa candidature n'était pas prioritaire, le ministre n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation, nonobstant les qualités professionnelles du requérant. Par suite, M. G n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant la mutation sollicitée ainsi que l'arrêté nommant M. A sur ce poste sont entachées d'erreurs de fait et d'erreur manifeste d'appréciation.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. G doivent être rejetées dans toutes leurs conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. G sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B G, au ministre de l'intérieur et des Outre-mer, à Mme D E et à M. C A.

Délibéré après l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Marino, président,

Mme Roussier, première conseillère,

M. Théoleyre, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2023.

La rapporteure,

S. F

Le président,

Y. MarinoLa greffière,

K. Bak-Piot

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2018752 et 2118070/6-

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