vendredi 1 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2019536 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 4e Section - 3e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | BROCHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2020, Mme B A, agissant en son nom propre et en qualité de représentant légal de ses deux enfants mineurs, H D C, M. E C et M. G C, représentés par Me Brochard, demandent au tribunal :
1°) de condamner l'État à leur verser une somme de 290 000 euros avec intérêt au taux légal en réparation des préjudices résultant de son absence de relogement ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité de l'État est engagée sur le fondement de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation dès lors qu'elle n'a reçu aucune offre de relogement alors qu'elle a été reconnue prioritaire par une décision de la commission de médiation ;
- ils subissent des troubles dans ses conditions d'existence du fait de la carence fautive de l'État à la reloger.
Par une lettre du 7 juin 2022, le tribunal a demandé des pièces pour compléter l'instruction.
Le 10 juin 2022, Mme A a produit des pièces complémentaires en réponse à la lettre du 7 juin 2022.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 mai 2020.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté n° 2009-224-1 du 10 août 2009 du préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme F en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme F a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée d'urgence par une décision d'une commission de médiation en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'État prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'État, qui court à compter de l'expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que les dispositions de l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre de logement. En outre, il y a lieu de tenir compte, pour les évaluer, de l'évolution de la composition du foyer au cours de cette période. La circonstance que l'absence de relogement a contraint le demandeur à supporter un loyer manifestement disproportionné au regard de ses ressources, si elle ne peut donner lieu à l'indemnisation d'un préjudice pécuniaire égal à la différence entre le montant du loyer qu'il a payé durant cette période et celui qu'il aurait acquitté si un logement social lui avait été attribué, doit, si elle est établie, être prise en compte pour évaluer le préjudice résultant des troubles dans les conditions d'existence.
2. Mme A, qui a présenté une demande de logement social sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, a été reconnue prioritaire et devant être relogée en urgence par une décision du 21 mars 2008 de la commission de médiation du département de Paris au motif que le logement était sur-occupé. En outre, par un jugement du 29 octobre 2009, le tribunal administratif de Paris a enjoint au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, d'assurer son relogement sous astreinte de 430 euros par mois de retard à compter du 1er janvier 2010. Le préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris n'a pas proposé à Mme A un relogement dans le délai de six mois imparti par le code de la construction et de l'habitation à compter de l'édiction de la décision de la commission de médiation, ni d'ailleurs dans le délai fixé par le jugement du 29 octobre 2009. Cette carence est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'État à compter du
21 septembre 2008 à l'égard de Mme A. En revanche, il résulte des principes énoncés au point 1 que les conclusions présentées par Mme D C, M. E C et
M. G C en leur nom propre et par la requérante au nom de ses enfants mineurs doivent être rejetées.
3. Il ne résulte pas de l'instruction que la situation qui a motivé la décision de la commission de médiation persiste, Mme A indiquant avoir quitté le logement qu'elle occupait en janvier 2015. En outre, l'adresse du père de ses cinq enfants, nés le 1er février 1998, le 24 novembre 1999, le 26 février 2002, le 25 février 2008 et le 1er septembre 2010, dont elle est divorcée depuis le mois de mai 2005, apparaît sur les papiers d'identité de son fils né le
25 février 2002 et de sa fille née le 1er février 1998. Elle figure également comme unique adresse sur la carte d'identité de son fils né le 24 novembre 1999 et sur le certificat de scolarité de sa fille, née le 25 février 2008. De plus, il ne résulte pas davantage des avis d'impôt produits que ses cinq enfants, dont trois sont désormais majeurs, résident avec elle depuis 2008 alors que, selon les années, certains de ses enfants n'apparaissent pas rattachés à son foyer fiscal ou sont mentionnés comme étant en résidence alternée. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que la situation de sur-occupation ayant motivé la décision de la commission de médiation a persisté après le 21 septembre 2008. Si elle soutient avoir été hébergée avec ses cinq enfants chez une amie entre 2015 et 2017, il ne résulte pas de l'instruction que ses enfants auraient résidé de façon exclusive avec elle durant cette période. Par ailleurs, pour la période courant depuis 2017, elle produit un seul relevé de la caisse d'allocation familiale de juin 2020 indiquant des prestations sociales pour un montant de 1 841,07 euros prenant en compte ses trois enfants nés en 2002, en 2008 et en 2010, et aucune attestation pour les années antérieures, notamment pas pour l'année 2017 durant laquelle elle a été en mesure de signer seule le bail du logement qu'elle occupe actuellement d'un loyer de 1 200 euros charges comprises. Les avis d'impôt, dont certains au nom de M. et non Mme A B et partiellement occultés, sur lesquels il apparaît qu'elle n'est pas parent isolé depuis la décision de la commission de médiation comme elle le soutient et que certains de ses enfants ne sont plus à sa charge et sont donc susceptibles d'avoir des revenus, ne sont pas davantage susceptibles d'établir que le logement de 69 m² avec cave et parking qu'elle occupe depuis février 2017 serait, depuis cette date, inadapté à ses capacités financières ou à ses besoins. Ainsi, Mme A ne justifie de l'existence d'un préjudice lui ouvrant droit à réparation dans les conditions fixées au point 1 ci-dessus que pour la période pendant laquelle elle a été hébergée chez un tiers de 2015 à 2017. Compte tenu de ces conditions de logement, qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer de Mme A, les troubles de toute nature subis par elle dans ses conditions d'existence, y compris son préjudice moral, justifient la condamnation de l'Etat à lui verser une indemnité de 500 euros tous intérêts compris.
4. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Brochard renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Brochard de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'État est condamné à verser à Mme A une somme de 500 euros, tous intérêts compris.
Article 2 : L'État versera à Me Brochard, avocat de Mme A une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Brochard renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A, à la ministre déléguée auprès de la ministre de la transition écologique, chargée du logement et à Me Brochard.
Copie en sera adressée au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2022.
La magistrate désignée,
C. F
La greffière,
C. AGRICOLE
La République mande et ordonne à la ministre déléguée auprès de la ministre de la transition écologique, chargée du logement en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026