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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2020924

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2020924

mardi 9 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2020924
TypeDécision
PublicationC
Formation2e Section - 1re Chambre
Avocat requérantSCP FOUSSARD - FROGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête n° 2020924, enregistrée le 9 décembre 2020, Mme A Simonnet demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 6 novembre 2020 de la conférence d'organisation du conseil de Paris, ensemble la décision implicite par laquelle la maire de la Ville de Paris a refusé d'abroger cette décision ;

2°) d'annuler les décisions de la maire de la Ville de Paris en ce qu'elles ont interdit sa participation aux débats lors de la séance du conseil de Paris des 17, 18 et 19 novembre 2020 ;

3°) d'enjoindre à la maire de la Ville de Paris, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de rapporter l'ensemble de ces décisions ou, à défaut, de rapporter les décisions de la conférence d'organisation et la pratique consistant à interdire à un membre de l'assemblée délibérante d'intervenir sur une délibération, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Elle soutient que :

- le rapport de la conférence d'organisation du 6 novembre 2020 n'a pas été affiché ni transmis en préfecture, les modalités d'organisation qu'il contient n'étaient donc pas exécutoires ;

- la décision du 6 novembre 2020 est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas pu assister à la conférence d'organisation ni s'y faire représenter ;

- les décisions prises dans le cadre de la conférence d'organisation du 6 novembre 2020 sont entachées d'incompétence dès lors que seul le conseil de Paris est compétent pour fixer le règlement ;

- les décisions attaquées méconnaissent les dispositions des articles L. 2121-13 et L. 2121-29 du code général des collectivités territoriales et son droit d'expression en qualité de membre du conseil de Paris dès lors qu'elle n'a disposé que de deux minutes de temps de parole par commission ;

- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 2312-1 du code général des collectivités territoriales dès lors qu'elle n'a pas pu intervenir sur les délibérations budgétaires.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2023, la maire de la Ville de Paris, représentée par la société civile professionnelle Foussard-Froger, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- aucune disposition législative ou règlementaire n'impose la publicité et la transmission en préfecture des décisions prises par la conférence d'organisation ;

- le règlement intérieur du conseil de Paris peut confier à une instance spécifique composée d'élus le soin de fixer les modalités d'organisation des débats, et notamment la répartition des temps de parole entre les différents groupes politiques composant l'assemblée délibérante ;

- par sa décision du 6 novembre 2020, la conférence d'organisation du conseil de Paris a fixé, en vue de la séance des 17, 18 et 19 novembre 2020 et compte tenu des contraintes particulières pesant sur le débat du fait de la situation de crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19 et en particulier du confinement de la population prononcé par le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020, les modalités d'organisation des débats comme le lui permettait le règlement intérieur du conseil de Paris adopté lors de la séance des 4 au 6 février 2019 ;

- il appartenait à la maire de la Ville de Paris d'assurer la police de l'assemblée et le respect de cette décision ;

- contrairement aux autres élus membres des groupes constitués, qui disposaient d'un temps de parole global à répartir en leur sein, la requérante, qui n'appartient à aucun groupe constitué, s'est vue attribuer, pour chaque débat, un temps de parole individuel ;

- si le droit d'expression de Mme Simonnet lors de la séance du conseil de Paris des 17, 18 et 19 novembre 2020 a effectivement été encadré afin notamment de tenir compte des contraintes liées à la crise sanitaire et d'assurer une répartition du temps de parole équitable au regard de la composition du conseil de Paris, l'intéressée n'établit pas qu'une atteinte excessive y aurait été portée ;

- la seule circonstance qu'elle n'ait pas pu s'exprimer sur chacune des délibérations prises individuellement ne saurait, par elle-même, révéler une atteinte excessive à son droit d'expression ou d'information en qualité d'élue locale dès lors qu'un débat global était organisé pour chaque commission ;

- son temps de parole lui a permis de s'exprimer sur de nombreuses délibérations et, par exemple, sur dix-huit d'entre elles sur le seul débat organisé pour la 1ère commission.

Par une ordonnance du 18 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 février 2023.

II. Par une requête n° 2020925, enregistrée le 9 décembre 2020, Mme A Simonnet demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération 2020 DAE 244 décidant de l'attribution d'une subvention de 50 000 euros à l'association Paris Europlace et de la signature d'une convention avec l'association Paris Europlace ;

2°) d'enjoindre à la maire de la Ville de Paris, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de rapporter l'adoption de cette délibération, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Elle soutient que :

- le rapport de la conférence d'organisation du 6 novembre 2020 n'a pas été affiché ni transmis en préfecture, les modalités d'organisations qu'il contient n'étaient donc pas exécutoires ;

- les modalités d'adoption de la délibération 2020 DAE 244 résultent de la décision du 6 novembre 2020 de la conférence d'organisation, laquelle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas pu y assister ni se faire représenter ;

- les décisions prises dans le cadre de la conférence d'organisation du 6 novembre 2020 sont entachées d'incompétence dès lors que seul le conseil de Paris est compétent pour fixer le règlement ;

- elles méconnaissent les dispositions des articles L. 2121-13 et L. 2121-29 du code général des collectivités territoriales et son droit d'expression en qualité de membre du conseil de Paris dès lors qu'elle n'a disposé que de deux minutes de temps de parole par commission ;

- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 2312-1 du code général des collectivités territoriales dès lors qu'elle n'a pas pu intervenir sur les délibérations budgétaires ;

- l'adoption de la délibération 2020 DAE 244 est illégale compte tenu de l'illégalité des modalités d'organisation de la séance des mardi 17, mercredi 18 et jeudi 19 novembre 2020 résultant des décisions prises dans le cadre de la conférence d'organisation du 6 novembre 2020.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2023, la maire de la Ville de Paris, représentée par la société civile professionnelle Foussard-Froger, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que la requérante n'a pas produit la décision attaquée ;

- l'exception d'illégalité soulevée par la requérante est inopérante dès lors que les décisions de la conférence d'organisation du conseil de Paris ne constituent pas la base légale de la délibération 2020 DAE 244 attaquée ;

- à supposer même que la requête puisse être lue comme contestant la régularité de la procédure à l'issue de laquelle a été votée la délibération attaquée, le règlement intérieur du conseil de Paris peut confier à une instance spécifique composée d'élus le soin de fixer les modalités d'organisation des débats, et notamment la répartition des temps de parole entre les différents groupes politiques composant l'assemblée délibérante ;

- aucune disposition législative ou règlementaire n'impose la publicité et la transmission en préfecture des décisions prises par la conférence d'organisation ;

- par sa décision du 6 novembre 2020, la conférence d'organisation du conseil de Paris a fixé, en vue de la séance des 17, 18 et 19 novembre 2020 et compte tenu des contraintes particulières pesant sur le débat du fait de la situation de crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19 et en particulier du confinement de la population prononcé par le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020, les modalités d'organisation des débats comme le lui permettait le règlement intérieur du conseil de Paris adopté lors de la séance des 4 au 6 février 2019 ;

- il appartenait à la maire de la Ville de Paris d'assurer la police de l'assemblée et le respect de cette décision ;

- contrairement aux autres élus membres des groupes constitués, qui disposaient d'un temps de parole global à répartir en leur sein, la requérante, qui n'appartient à aucun groupe constitué, s'est vue attribuer, pour chaque débat, un temps de parole individuel ;

- si le droit d'expression de Mme Simonnet lors de la séance du conseil de Paris des 17, 18 et 19 novembre 2020 a effectivement été encadré afin notamment de tenir compte des contraintes liées à la crise sanitaire et d'assurer une répartition du temps de parole équitable au regard de la composition du conseil de Paris, l'intéressée n'établit pas qu'une atteinte excessive y aurait été portée ;

- la seule circonstance qu'elle n'ait pu s'exprimer sur chacune des délibérations prises individuellement ne saurait par elle-même révéler une atteinte excessive à son droit d'expression ou d'information en qualité d'élue locale dès lors qu'un débat global était organisé pour chaque commission ;

- son temps de parole lui a permis de s'exprimer sur de nombreuses délibérations et elle a pu exprimer son opposition à la délibération 2020 DAE 244 lors de son intervention sur les délibérations de la 1ère commission.

Par une ordonnance du 10 février 2023, l'instruction de l'affaire a été rouverte et la clôture de l'instruction a été fixée 3 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le règlement intérieur du conseil de Paris adopté lors de la séance des 7 au 9 juillet 2014, modifié lors de la séance des 4 au 6 février 2019 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Evgénas,

- les conclusions de M. Halard, rapporteur public,

- et les observations Me Froger pour la Ville de Paris.

Considérant ce qui suit :

1. Mme Simonnet, conseillère de Paris, a adressé deux courriers à la maire de la Ville de Paris, les 7 et 9 novembre 2020, lui demandant de revenir sur les modalités d'organisation prévues pour les séances du conseil de Paris des 17, 18 et 19 novembre 2020 décidées lors de la conférence d'organisation du conseil de Paris le 6 novembre 2020, lors du deuxième confinement national lié à la pandémie de Covid-19. Par un courrier du 9 novembre 2020, l'adjoint à la maire de Paris a rejeté sa demande. Par la requête n° 2020924, Mme Simonnet demande au tribunal d'annuler la décision du 6 novembre 2020 de la conférence d'organisation du conseil de Paris, ensemble la décision implicite par laquelle la maire de la Ville de Paris a refusé d'abroger cette décision, et d'annuler les décisions de la maire de la Ville de Paris en ce qu'elles auraient interdit sa participation aux débats lors de la séance du conseil de Paris des 17, 18 et 19 novembre 2020. Par sa requête n° 2020925, Mme Simonnet, estimant que son droit à l'expression en qualité d'élue a été méconnu lors de la séance du conseil de Paris des 17, 18 et 19 novembre 2020, demande au tribunal d'annuler la délibération 2020 DAE 244 décidant de l'attribution d'une subvention de 50 000 euros à l'association Paris Europlace et de la signature d'une convention avec l'association Paris Europlace.

Sur la jonction :

2. Les deux requêtes susvisées de Mme Simonnet concernent les mêmes parties, posent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a par suite lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 2512-1 du code général des collectivités territoriales : " Il est créé une collectivité à statut particulier, au sens de l'article 72 de la Constitution, dénommée " Ville de Paris ", en lieu et place de la commune de Paris et du département de Paris. / Sous réserve du présent chapitre, la Ville de Paris s'administre librement dans les conditions fixées par les dispositions de la présente partie et de la législation relative à la commune et, à titre subsidiaire, par les dispositions non contraires de la troisième partie et de la législation relative au département. Elle exerce de plein droit sur son territoire les compétences attribuées par la loi à la commune et au département, sous réserve des chapitres Ier et II du présent titre. / Les affaires de la Ville de Paris sont réglées par les délibérations d'une assemblée dénommée " conseil de Paris ", dont le président, dénommé " maire de Paris ", est l'organe exécutif de la Ville de Paris. () ". Aux termes de l'article L. 2512-2 de ce code : " Les dispositions applicables au fonctionnement des conseils municipaux sont applicables au conseil de Paris, sous réserve des chapitres Ier et II du présent titre. ". Enfin, aux termes de l'article L. 2512-5 du code précité : " Le conseil de Paris établit son règlement intérieur, qui détermine notamment les conditions dans lesquelles les conseillers de Paris posent des questions orales au maire de Paris et au préfet de police. "

4. En premier lieu, si Mme Simonnet fait valoir que les décisions prises dans le cadre de la conférence d'organisation du 6 novembre 2020 sont entachées d'incompétence dès lors que seul le conseil de Paris est compétent pour fixer le règlement intérieur, il ressort toutefois des dispositions de l'article 2 du règlement intérieur du conseil de Paris, dans sa version applicable au litige, que le conseil de Paris a décidé de confier à une conférence d'organisation, " présidée par la Maire ou l'adjoint chargé du fonctionnement du Conseil et composée des présidente-s de groupe ou de leurs représentant-e-s élu-e-s ", le soin de déterminer " la durée des séances, les modalités d'organisation des débats et notamment la répartition du temps de parole en fonction des effectifs des groupes politiques " et il ne résulte d'aucune disposition ni d'aucun principe que le conseil de Paris ne puisse, dans son règlement intérieur, prévoir que les modalités d'organisation des débats et notamment la répartition du temps de parole en fonction des effectifs des groupes politiques, soient effectuées par une conférence d'organisation composée des présidents de groupe. Dans ces conditions, le moyen devra être rejeté.

5. En deuxième lieu, si Mme Simonnet soutient que la décision du 6 novembre 2020 de la conférence d'organisation est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas pu y assister ni se faire représenter, il résulte toutefois des dispositions de l'article 2 du règlement intérieur du conseil de Paris que la conférence d'organisation est composée des présidents de groupe ou de leurs représentants élus et il constant que la requérante n'appartenait à aucun groupe au sein du conseil de Paris à la date des décisions contestées.

6. En troisième lieu, si Mme Simonnet fait valoir que les modalités d'organisations décidées lors de la conférence d'organisation du 6 novembre 2020 n'étaient pas exécutoires dès lors que le rapport de cette conférence n'a pas été affiché ni transmis en préfecture, aucune disposition législative ou règlementaire n'impose de telles formalités aux décisions prises dans le cadre des conférences d'organisation. Par ailleurs, le règlement intérieur du conseil de Paris, en son article 2, prévoit que les élus sont informés des décisions de la conférence d'organisation avant la séance et la requérante ne conteste pas en avoir reçu communication avant la séance du conseil de Paris des 17, 18 et 19 novembre 2020. Dans ces conditions, le moyen devra être rejeté.

7. En quatrième lieu, Mme Simonnet soutient que les décisions attaquées méconnaissent les dispositions des articles L. 2121-13 et L. 2121-29 du code général des collectivités territoriales et son droit d'expression en qualité de membre du conseil de Paris dès lors qu'elle n'a disposé que de deux minutes de temps de parole par commission lors de la séance du conseil de Paris des 17, 18 et 19 novembre 2020.

8. Aux termes de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération. " Aux termes de l'article L. 2121-29 de ce même code : " Le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune. / Il donne son avis toutes les fois que cet avis est requis par les lois et règlements, ou qu'il est demandé par le représentant de l'Etat dans le département. / Lorsque le conseil municipal, à ce régulièrement requis et convoqué, refuse ou néglige de donner avis, il peut être passé outre. / Le conseil municipal émet des vœux sur tous les objets d'intérêt local. " Aux termes de l'article L. 2121-19 de ce même code : " Les conseillers municipaux ont le droit d'exposer en séance du conseil des questions orales ayant trait aux affaires de la commune. Dans les communes de 3 500 habitants et plus, le règlement intérieur fixe la fréquence ainsi que les règles de présentation et d'examen de ces questions ". Aux termes de l'article L. 2121-16 dudit code : " Le maire a seul la police de l'assemblée () ".

9. Il résulte des mentions de la décision de la conférence d'organisation du 6 novembre 2020 qu'en accord avec les présidents de groupe des dispositions spécifiques ont été prises pour l'organisation de la séance du conseil de Paris des 17, 18 et 19 novembre 2020 compte tenu de la période d'urgence sanitaire et de confinement liés à la pandémie de Covid-19. La conférence d'organisation a notamment prévu une limitation du nombre d'élus présents dans l'hémicycle, les autres élus y participant en visioconférence, une organisation des débats par commission où les groupes doivent s'exprimer sur l'ensemble des projets de délibération pour chaque commission et enfin un encadrement des temps de paroles des groupes et élus non-inscrits pour chaque débat.

10. D'une part, la circonstance que la détermination des modalités pratiques d'organisation des débats et la répartition du temps de parole qui en découle soit effectuée, selon les termes de l'article 2 du règlement intérieur du conseil de Paris, lors d'une conférence d'organisation composée des présidents de groupes, n'a ni pour objet, ni pour effet de priver ou de limiter, en soi, le droit à l'expression d'un conseiller souhaitant s'exprimer sur l'un des points à aborder dans le cadre de l'ordre du jour du conseil de Paris alors même qu'il n'appartiendrait à aucun groupe. Une telle atteinte ne saurait davantage résulter de ce que les temps de parole sont attribués aux groupes et élus non-inscrits de façon globale pour l'ensemble de leurs interventions sur un même rapport ou débat, et non en fonction de chaque type d'intervention. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que Mme Simonnet, conseillère de Paris non-inscrite d'une assemblée de 163 élus, a bénéficié de deux minutes de temps de parole dans le cadre du débat sur les orientations budgétaires de la Ville de Paris pour 2021, de deux minutes pour chacune des sept commissions, d'une minute pour le débat sur la restitution de la conférence citoyenne PLU et de trois minutes pour les questions d'actualités, soit un temps de parole de vingt minutes pour l'ensemble de la séance. Par ailleurs, et comme l'indique la requérante, il lui a été octroyé par la présidente de séance " quelques dizaines de secondes de dépassement du temps de parole pour terminer une phrase " ainsi que " la possibilité de faire " glisser " le temps de parole imparti entre plusieurs commissions ". Dans ces conditions, en limitant à deux minutes par commission le temps de parole de la requérante, la décision de la conférence d'organisation du 6 novembre 2020 et la maire de Paris se sont ainsi bornées à organiser, sans le dénaturer, le droit à l'expression des élus du conseil de Paris. Ces modalités, qui visaient à permettre le bon déroulement des séances du conseil de Paris, compte tenu notamment du nombre élevé d'élus membres du conseil de Paris et du contexte d'urgence sanitaire et de confinement national liés à la pandémie de covid-19, n'ont ainsi pas méconnu les dispositions précitées ni le droit à l'expression de Mme Simonnet lors de la séance du conseil de Paris des 17, 18 et 19 novembre 2020.

11. En cinquième lieu, Mme Simonnet soutient que les décisions attaquées méconnaissent les dispositions de l'article L. 2312-1 du code général des collectivités territoriales dès lors qu'elle n'a pas pu intervenir sur les délibérations budgétaires. D'une part, il résulte de ce qui a été dit précédemment que son droit à l'expression n'a pas été méconnu par les dispositions prévues par la conférence d'organisation du 6 novembre 2020 et les mesures de police de l'Assemblée exercées par la maire de la Ville de Paris. D'autre part, il ressort des pièces du dossier qu'un débat spécifique sur les orientations budgétaires a été organisé lors de la séance du conseil de Paris des 17, 18 et 19 novembre 2020 au cours duquel Mme Simonnet a disposé d'un temps de parole propre et qu'elle a disposé d'un temps de parole pour chaque commission lui permettant notamment de s'exprimer sur les délibérations budgétaires. Le moyen devra être écarté comme manquant en fait.

12. En dernier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de ce que l'adoption de la délibération 2020 DAE 244 décidant de l'attribution d'une subvention de 50 000 euros à l'association Paris Europlace et de la signature d'une convention avec l'association Paris Europlace serait illégale en raison de l'illégalité des modalités d'organisation de la séance des mardi 17, mercredi 18 et jeudi 19 novembre 2020 résultant des décisions prises dans le cadre de la conférence d'organisation du 6 novembre 2020, ne peut qu'être écarté.

13. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par la Ville de Paris dans la requête n° 2020925/2-1, que les requêtes nos 2020924/2-1 et 2020925/2-1 de Mme Simonnet doivent être rejetées, en toutes leurs conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de Mme Simonnet sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A Simonnet et à la Ville de Paris.

Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Evgénas, présidente,

Mme Laforêt, première conseillère,

Mme Marchand, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.

La présidente-rapporteure,

J. EVGENAS

L'assesseure la plus ancienne,

L. LAFORET

La greffière,

B. CHAHINE

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2020924/2-1 - 2020925/2-1

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