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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2102399

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2102399

lundi 27 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2102399
TypeDécision
PublicationC
Formation2e Section - 2e Chambre
Avocat requérantCABINET THOUVENIN, COUDRAY ET GREVY (SCP)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 5 février, 22 février, 8 mars, 16 mars, 3 mai, 1er juin, 2 octobre, 4 octobre, 6 novembre (mémoire récapitulatif produit en application des dispositions de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative), 7 décembre 2021 et 19 janvier, 21 janvier, 27 février, 16 mars, 15 avril 2022 (dernier mémoire récapitulatif produit en application des dispositions de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative), et un ultime mémoire enregistré le 12 novembre 2023, non communiqué, Mme A B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'avis de la commission locale de coordination du diplôme d'études spécialisées (DES) de psychiatrie en date du 10 février 2021 ;

2°) d'annuler la décision de la présidente de la commission locale de coordination du DES de psychiatrie de Sorbonne Université de ne pas lui proposer de réorientation au sein du troisième cycle des études médicales ;

3°) d'annuler l'avis de la commission régionale du DES de psychiatrie en date du 1er juin 2021 ;

4°) d'annuler la décision du président de Sorbonne Université de ne pas lui accorder le bénéfice d'un semestre supplémentaire au sein du DES de psychiatrie ;

5°) d'annuler la décision du directeur de formation et de recherche de Sorbonne Université de ne pas lui proposer de réorientation au sein du troisième cycle des études médicales ;

6°) d'annuler la décision du président de Sorbonne Université de ne pas lui proposer de réorientation au sein du troisième cycle des études médicales ;

7°) d'annuler la décision de l'Agence régionale de santé Ile-de-France (ARS IdF) du 7 octobre 2020 de revenir sur son affectation en stage à l'Institut mutualiste Montsouris ;

8°) d'annuler la décision de la directrice des formations en santé de la faculté de médecine de Sorbonne Université de ne pas lui rembourser les frais d'inscription et la contribution CVEC pour l'année universitaire 2019/2020 ;

9°) d'annuler la décision de l'AP-HP de ne pas lui verser de rémunération de stage depuis le 31 octobre 2020 ;

10°) d'enjoindre à la coordonnatrice du diplôme d'études spécialisées (DES) de psychiatrie et au directeur de la formation et de recherche de Sorbonne Université de lui proposer une réorientation dans le troisième cycle ou deux semestres supplémentaires manquants dans le DES de psychiatrie ;

11°) d'enjoindre à l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris de lui verser les sommes dues depuis la cessation du versement de sa rémunération d'interne pour la période du 31 octobre 2020 au 4 septembre 2021, en tenant compte de son ancienneté et " en rapport avec le taux d'inflation ", ce montant ne pouvant être inférieur à la somme de 18 970 euros ;

12°) d'enjoindre à Sorbonne-Université de lui restituer les sommes versées au titre des frais d'inscription à la faculté, d'un montant de 502 euros au titre de l'année universitaire 2019/2020 et de la contribution CVEC du montant de 91 euros au titre de cette même année ;

13°) de " sanctionner l'AP-HP " au titre des illégalités précitées, de la dissimulation des pièces du dossier administratif, de la violation de la procédure de licenciement, et du retard dans l'envoi de l'attestation employeur.

Elle soutient que :

concernant sa rémunération :

- les documents relatifs à la fin de ses fonctions d'interne ne lui ont pas été remis ;

- elle a fait l'objet d'une décision de licenciement ;

- la décision de licenciement n'est pas motivée et n'a pas été précédée d'un entretien préalable ;

- elle a droit au versement de sa rémunération pour la période du 31 octobre 2020 au 4 septembre 2021 ;

concernant la durée de sa formation :

- l'article R. 632-18 du code de l'éducation ne lui est pas applicable ; sa formation peut s'étendre jusqu'au mois de novembre 2025 ;

- la décision de rejet de sa demande de dérogation exceptionnelle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense enregistrés le 4 octobre 2021, 7 décembre 2021 et le 10 février 2022, l'établissement Sorbonne-Université, représenté par la SCP Thouvenin, Coudray et Grévy, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient :

- à titre principal, que la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne contient pas de conclusions à fin d'annulation, mais uniquement des demandes d'injonction, que les conclusions à fin d'annulation présentées le 3 mai 2021 sont tardives et sont dirigées contre des décisions insusceptibles de recours, et qu'aucune demande indemnitaire préalable n'a été formée ;

- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 octobre 2021, l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle soutient, à titre principal, que la requête est irrecevable en tant qu'elle est dirigée contre une décision insusceptible de recours, et, à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés. Elle demande également sa mise hors de cause concernant les décisions attaquées par Mme B et n'étant pas du ressort de l'AP-HP.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 février 2022, l'Agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France conclut au rejet de la requête.

Elle soutient, à titre principal, que les courriers électroniques des 12 et 20 octobre 2020 ne constituent pas des décisions susceptibles de recours, que la demande de Mme B tendant à ce que le tribunal prononce son affectation en stage est irrecevable, et à titre subsidiaire que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté du 12 avril 2017 portant organisation du troisième cycle des études de médecine ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Errera,

- les conclusions de M. Lahary, rapporteur public,

- et les observations de Mme B, en présence de Mme C, de la SCP Thouvenin, Coudray et Grévy, pour l'établissement Sorbonne Université.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, de nationalité russe, qui a commencé le troisième cycle des études médicales (internat) au mois de novembre 2012 au sein de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), s'est inscrite, dans ce cadre, au diplôme d'études spécialisées (DES) de psychiatrie et a effectué des stages au sein de plusieurs services agréés pour le diplôme en cause. Au cours du mois de février 2015, Mme B a été placée en garde à vue pour des faits de vol commis dans des magasins. Lors d'une perquisition à son domicile, des ordonnanciers de deux centres hospitaliers, ainsi que des arrêts maladie vierges revêtus du tampon du groupe hospitalier de la Pitié-Salpêtrière, ont été découverts. Mme B a alors été à nouveau placée en garde à vue. Par une décision du 30 mars 2015, la directrice du groupe public de santé Perray-Vaucluse a suspendu l'intéressée de ses fonctions. En outre, Mme B devant débuter un stage en qualité d'interne au sein de l'hôpital Necker, un arrêté du directeur de cet hôpital en date du 4 mai 2015 l'a suspendue dans l'attente de la réunion du conseil de discipline. Par un jugement du 7 octobre 2015, le tribunal correctionnel de Paris a déclaré Mme B coupable de vol et l'a condamnée à trois mois d'emprisonnement avec sursis avec mise à l'épreuve de deux ans assortie d'une obligation de soins. Par un arrêt en date du 15 septembre 2016, devenu définitif, la cour d'appel de Paris a confirmé la matérialité des faits et a ramené la peine infligée à 800 euros d'amende. Par un arrêté en date du 20 juin 2017 du directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, Mme B a été exclue temporairement de ses fonctions pour le semestre d'été 2017, à compter du 2 mai 2017.

2. Mme B a effectué d'autres stages au cours de la période comprise entre le mois de novembre 2017 et le mois d'octobre 2019. Le stage qu'elle a commencé le 1er novembre 2019 au sein de l'hôpital de jour pour adolescents de Ville d'Avray a été suspendu le 6 avril 2020 en raison des nombreuses absences de Mme B et de ses problèmes de comportement. Par des courriers électroniques en date des 12 et 20 octobre 2020, l'Agence régionale de santé Ile-de-France (ARS IdF) a indiqué à Mme B que, dans la mesure où elle avait commencé le troisième cycle des études médicales au mois de novembre 2012, elle avait atteint le double de la durée réglementaire maximale, définie par l'article R. 632-18 du code de la santé publique dans sa version applicable, pour valider ce cycle, et qu'elle ne pouvait plus poursuivre sa formation sans dérogation expresse. Par un arrêté du 28 octobre 2020, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la région Ile-de-France le 2 novembre suivant, le directeur général de l'ARS IdF a fixé la liste des étudiants en médecine affectés en stage pour le semestre de novembre 2020 à avril 2021 dans la subdivision Île de France, le nom de Mme B ne figurant pas sur la liste annexée à l'arrêté. Par un courrier électronique du 15 décembre 2020, Mme B a formé une demande de dérogation exceptionnelle auprès du président de Sorbonne Université. Par un avis du 15 février 2021, la commission locale de coordination de la subdivision Ile-de-France du DES de psychiatrie a émis un avis défavorable à la demande de dérogation exceptionnelle formulée par Mme B. Par un avis du 2 juin 2021, la commission régionale de coordination de la subdivision Ile-de-France pour le DES de psychiatrie a également prononcé, à l'unanimité, un avis défavorable à cette demande de dérogation. Par un avis du 5 juillet 2021, les membres du comité de coordination des études médicales (CCEM) ont également émis un avis défavorable auprès du président de Sorbonne Université. Par une décision du 31 août 2021, le président de Sorbonne Université a refusé de faire droit à la demande de Mme B tendant au bénéfice de la dérogation exceptionnelle pour la poursuite de son troisième cycle en DES de psychiatrie.

3. Mme B présente devant le tribunal différentes demandes à fin d'annulation et à fin d'injonction énumérées dans les visas du présent jugement.

Sur la recevabilité :

En ce qui concerne les conclusions figurant dans le mémoire récapitulatif du 15 avril 2022 :

4. Aux termes de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative : " Le président de la formation de jugement ou le président de la chambre chargée de l'instruction peut demander à l'une des parties de reprendre, dans un mémoire récapitulatif, les conclusions et moyens précédemment présentés dans le cadre de l'instance en cours, en l'informant que, si elle donne suite à cette invitation, les conclusions et moyens non repris seront réputés abandonnés. "

5. Mme B a été invitée en dernier lieu, par un courrier du 16 mars 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, à présenter un mémoire récapitulatif. Elle a produit le mémoire récapitulatif demandé le 15 avril 2022. Il ressort de la comparaison des deux mémoires que si, dans son mémoire introductif d'instance, Mme B demandait l'annulation de cinq décisions distinctes, le nombre de décisions dont l'annulation est demandée a été porté à neuf dans le dernier mémoire récapitulatif. Les conclusions tendant à l'annulation de décisions dont l'annulation n'a pas été demandée dans la requête introductive d'instance sont des conclusions nouvelles, introduites après le délai de recours contentieux ouvert à leur encontre et qui, en tout état de cause, ne présentent pas avec les conclusions initiales un lien suffisant de nature à les regarder comme recevables dans le cadre de la présente instance. Dès lors, elles sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées. Les conclusions à fin d'annulation développées dans la requête introductive d'instance et qui ne sont pas reprises dans le mémoire récapitulatif du 15 avril 2022 sont quant à elles réputées abandonnées. En tout état de cause, les conclusions tendant à l'annulation de l'avis de la commission locale de coordination du diplôme d'études spécialisées (DES) de psychiatrie en date du 10 février 2021 et de l'avis de la commission régionale du DES de psychiatrie en date du 1er juin 2021 sont irrecevables en tant qu'elles sont dirigées contre de simples mesures préparatoires, insusceptibles de recours.

6. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que certaines décisions dont la requérante a demandé l'annulation dans sa requête introductive d'instance ne figurent pas dans la liste des décisions dont l'annulation est demandée dans son dernier mémoire récapitulatif. Il résulte des dispositions citées au point 4 que Mme B doit être regardée comme ayant abandonné les conclusions à fin d'annulation des décisions mentionnées dans sa requête introductive d'instance mais non réitérées dans son mémoire récapitulatif.

En ce qui concerne les fins de non-recevoir opposées en défense :

S'agissant des fins de non-recevoir opposées par l'établissement Sorbonne-Université :

7. S'il est exact que, dans la requête introductive d'instance de Mme B, ne figurent, dans la partie conclusive intitulée " conclusion ", que des demandes d'injonction, il n'en demeure pas moins que la première page de la requête énumère l'ensemble des décisions contre lesquelles elle est dirigée, et que, dans son mémoire récapitulatif en date du 15 avril 2022, Mme B a bien explicité ses demandes, confirmant ainsi qu'elle entendait, dès le stade de sa requête introductive d'instance, demander l'annulation de plusieurs décisions.

8. L'établissement Sorbonne-Université oppose également une fin de non-recevoir tirée de ce que, dans son mémoire complémentaire enregistré le 3 mai 2021, Mme B formule des conclusions nouvelles, tendant à l'annulation du retrait de l'affectation en stage dans le service de pédopsychiatrie à l'Institut mutualiste Montsouris, et à l'annulation de l'attestation du 14 décembre 2020 indiquant qu'elle ne bénéficie plus du statut d'interne depuis le 31 octobre 2020. Il ressort des pièces du dossier que, si la seconde de ces deux décisions figure bien parmi celles dont l'annulation a été demandée par la requérante dans sa requête introductive d'instance, elle ne figure plus parmi les décisions dont l'annulation est demandée dans le mémoire récapitulatif du 15 avril 2022. Les conclusions tendant à l'annulation de cette décision sont donc réputées avoir été abandonnées. Concernant la décision de retrait de l'affectation en stage dans le service de pédopsychiatrie à l'Institut mutualiste Montsouris, l'annulation de cette décision n'a pas été demandée dans la requête introductive d'instance. Les conclusions tendant à son annulation, présentées après l'expiration du délai de recours contentieux, constituent donc des conclusions nouvelles, qui sont irrecevables. Il suit de là que la fin de non-recevoir opposée par l'établissement Sorbonne-Université doit être accueillie concernant cette décision.

S'agissant des fins de non-recevoir opposées par l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris :

9. L'AP-HP soutient que l'attestation fournie à la requérante par le bureau des internes de l'AP-HP en date du 14 décembre 2020 ne constitue pas une décision susceptible de recours. Comme il a été dit au point précédent, cet acte, mentionné dans la requête introductive d'instance, ne figure pas dans la liste des décisions dont l'annulation est demandée dans le mémoire récapitulatif. Ces conclusions sont donc réputées avoir été abandonnées.

S'agissant des fins de non-recevoir opposées par l'ARS IdF :

10. L'ARS IdF soutient que les courriers électroniques des 12 et 20 octobre 2020 ne constituent pas des décisions susceptibles de recours. Ces actes, mentionnés dans la requête introductive d'instance, ne figurent pas dans la liste des décisions dont l'annulation est demandée dans le mémoire récapitulatif. Ces conclusions sont donc réputées avoir été abandonnées.

11. Il résulte de ce qui vient d'être dit que Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du président de Sorbonne Université en date du 31 août 2021 portant rejet de sa demande tendant au bénéfice de la dérogation exceptionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

12. Aux termes de l'article R. 632-18 du code de l'éducation, dans sa rédaction applicable à la requérante : " Les étudiants de troisième cycle des études de médecine reçoivent à temps plein une formation en stage et hors stage organisée en phases définies à l'article R. 632-20 () ". Aux termes de l'article R. 632-19 du même code : " Nul ne peut poursuivre le troisième cycle des études de médecine dès lors qu'il n'a pas validé chacune des phases prévues à l'article R. 632-20 composant sa formation, dans un délai correspondant à deux fois la durée réglementaire de chacune de ces phases prévue dans la maquette de formation suivie (). Toutefois une dérogation exceptionnelle, en raison de la situation particulière de l'étudiant de troisième cycle des études de médecine, peut être accordée par le président de l'université sur proposition du directeur de l'unité de formation et de recherche ". Aux termes des dispositions de l'article R. 632-14 du même code : " Il est institué pour chaque spécialité mentionnée à l'article R. 632-17 au niveau de la subdivision : / 1° Une commission locale de coordination de la spécialité chargée de s'assurer du respect de la formation suivie par l'étudiant et de son accompagnement à l'appui, notamment, du contrat de formation mentionné à l'article R. 632-26. / Elle assure la coordination des enseignements et le contrôle des connaissances avec le collège des directeurs des unités de formation et de recherche (UFR) qui comprend, le cas échéant, le collège des directeurs d'UFR de pharmacie. / Elle élabore des propositions relatives à l'organisation des enseignements et à l'évaluation de la formation de la spécialité concernée et les transmet à la commission régionale de coordination de la spécialité mentionnée à l'article R. 632-13. / Elle est présidée par un coordonnateur local et comprend, notamment, des représentants étudiants. Sa composition, les modalités de désignation de ses membres ainsi que son fonctionnement sont définis par arrêté des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé ; / 2° Un coordonnateur local dont la désignation et les missions sont définies par arrêté des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé. / Les missions des commissions et des coordonnateurs mentionnés aux 1° et 2° sont définies par arrêté des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé ". Les articles 10 et 11 de l'arrêté du 12 avril 2017 portant organisation du troisième cycle des études de médecine précisent la composition de la commission régionale de coordination de la spécialité ainsi que celle de la commission locale de coordination de la spécialité au niveau de la subdivision.

13. Il résulte des dispositions précitées que la durée règlementaire du troisième cycle de formation de médecine est de huit semestres répartis sur quatre années universitaires. En application des dispositions précitées de l'article R. 632-19 du code de l'éducation, le délai octroyé aux internes en médecine pour valider cette formation ne peut être supérieur au double de la durée réglementaire, soit huit ans. Seule une dérogation exceptionnelle accordée par le président de l'université peut conduire à un dépassement de cette durée réglementaire.

14. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, qui avait commencé sa formation le 5 novembre 2012, disposait d'un délai courant jusqu'au mois de novembre 2020 au plus tard pour achever cette formation. Or, sur la période allant du 1er novembre 2012 au 31 octobre 2020, Mme B n'a validé que six semestres de stages sur les huit devant obligatoirement être validés. Sur le plan théorique, elle n'a validé que deux séminaires optionnels sur les cinq exigés. Contrairement à ce que soutient la requérante, c'est à bon droit que sa demande de dérogation a été soumise, pour avis, à la commission locale de coordination de la subdivision Ile-de-France du DES de psychiatrie et à la commission régionale de coordination de la subdivision Ile-de-France pour le DES de psychiatrie. À supposer même, ce qui n'est pas établi, que ces consultations n'auraient pas été prévues par les textes, elles ont permis à Mme B de présenter ses observations et de voir son dossier examiné, à trois reprises, par une instance collégiale, ce qui a constitué pour elle une garantie. Dans son avis du 15 février 2021, la commission locale de coordination de la subdivision Ile-de-France du DES de psychiatrie a émis, à l'unanimité, un avis défavorable à la demande de dérogation exceptionnelle formulée par Mme B, relevant notamment que : " Sur l'ensemble des stages effectués, il est noté des absences injustifiées et des difficultés d'interactions avec de nombreux responsables ainsi qu'un défaut d'acquisition des savoirs faire et de savoir être en stage avec deux suspensions et un conseil de discipline ayant conduit à une exclusion au cours de son cursus. Il est à noter une absence d'évolution au cours de ces différents stages ainsi qu'un défaut de prise en considération de signaux multiples donnés par les maîtres de stage, qui persistent lors de cet entretien ". Dans son avis du 2 juin 2021, la commission régionale de coordination de la subdivision Ile-de-France pour le DES de psychiatrie a également prononcé, et également à l'unanimité, un avis défavorable à cette demande de dérogation, relevant l'absence de raisons objectives expliquant les retards observés dans la formation théorique et pratique de l'intéressée, et l'absence d'éléments permettant d'identifier une perspective de valider la fin de sa formation. La commission a relevé que " le déroulement de l'internat de Melle B (3 stages non validés, absences injustifiées, non présentation au choix), au-delà d'une maquette non remplie, témoignent de dysfonctionnements graves, corroborés par les appréciations de stages (y compris certains validés) ".

15. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a eu, au cours de sa formation, un comportement caractérisé par d'importantes difficultés à s'intégrer au sein des équipes et un manque de professionnalisme. Par ailleurs, la circonstance que Mme B n'ait pu effectuer de stage pour la période du 2 mai 2020 au 31 octobre 2020 lui est entièrement imputable, dès lors qu'elle a délibérément fait porter ses choix vers des postes qui n'étaient pas ouverts, et qu'elle n'a pas donné suite au courrier électronique l'invitant à procéder à son inscription à partir des postes effectivement à pourvoir. Aucun des éléments avancés par Mme B ne permet de considérer que sa situation justifiait qu'une dérogation exceptionnelle lui soit accordée pour poursuivre ces études au-delà de la durée réglementaire de huit années. Dans ces conditions, la décision du président de Sorbonne Université en date du 31 août 2021 n'est entachée ni d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste d'appréciation.

16. La décision précitée ne constituant pas un licenciement, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait dû bénéficier d'un entretien préalable, étant observé qu'elle a pu présenter ses observations devant les deux commissions qui ont émis des avis, dont les termes ont été rappelés au point 14 ci-dessus.

17. Aux termes de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration : " () le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : / () 5° Dans les relations entre l'administration et ses agents ". Dès lors, en application des dispositions précitées, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le silence gardé par le président de Sorbonne Université sur sa demande de dérogation exceptionnelle devrait valoir décision implicite d'acceptation.

18. Contrairement à ce que soutient la requérante, aucun élément du dossier ne permet d'établir l'existence d'un détournement de pouvoir ou d'une situation de harcèlement moral à son encontre.

19. Il résulte de ce qui précède que, dès lors que la durée réglementaire maximale de la formation avait été atteinte au mois de novembre 2020, l'AP-HP était en droit de considérer que Mme B n'appartenait plus à la catégorie des internes en médecine. Contrairement à ce que soutient la requérante, l'AP-HP a bien fourni à l'intéressée l'ensemble des documents relatifs à sa sortie du service, et notamment l'attestation destinée à Pôle emploi et lui permettant de faire valoir ses droits aux indemnités de chômage.

20. Les conclusions de la requête tendant à l'annulation des décisions refusant à Mme B le bénéfice d'une réorientation, à les supposer recevables, sont en tout état de cause dépourvues d'objet, dès lors que la demande de dérogation exceptionnelle présentée par l'intéressée a été rejetée et que l'intéressée n'a donc plus la qualité d'interne en médecine.

21. La demande de remboursement des frais d'inscription universitaire et les autres demandes de paiement de sommes d'argent n'ont pas fait l'objet d'une demande indemnitaire préalable et sont donc irrecevables.

22. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

Sur les frais liés à l'instance :

23. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la requérante la somme demandée par l'établissement Sorbonne Université au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée, en toutes ses conclusions.

Article 2 : Les conclusions présentées par l'établissement Sorbonne Université au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, à l'établissement Sorbonne Université et à l'Agence régionale de santé d'Île-de-France.

Délibéré après l'audience du 13 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Sorin, président,

M. Errera, premier conseiller,

Mme de Saint Chamas, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 novembre 2023.

Le rapporteur,

A. ERRERALe président,

J. SORINLa greffière,

B. CHAHINE

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401760

**Sujet principal** : Contestation par une société de rappels de TVA et d'une majoration, concernant le taux applicable (taux réduit de 5,5% pour la vente de livres ou taux normal de 20% pour des prestations de voyance). **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation de jugement). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de la société. Il estime que l'activité principale constitue une prestation immatérielle de voyance taxable au taux normal et que, de toute façon, la société n'a pas apporté la preuve permettant d'isoler la part éventuelle de son chiffre d'affaires relevant de la vente de livres. **Textes appliqués** : Articles 278 et 278-0 bis A-3° du code général des impôts (taux normal et taux réduit de TVA).

30/03/2026

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