LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2102457

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2102457

mardi 14 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2102457
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6e Section - 2e Chambre
Avocat requérantCABINET LATOURNERIE, WOLFROM & ASSOCIES (SELARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 février et 24 décembre 2021, la société Free Mobile, représentée par Me Cabot, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite du 8 décembre 2020 par laquelle le premier ministre a refusé de communiquer les autorisations d'exploitation délivrées aux sociétés Bouygues Télécom et la Société française du radiotéléphone (SFR) en application de l'article L. 34-11 du code des postes et des communications électroniques ;

2°) d'enjoindre au Premier ministre de procéder à la communication des documents demandés dans les meilleurs délais ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société requérante soutient que :

- les autorisations dont la communication est demandée sont des documents administratifs ;

- aucun des secrets visés aux articles L. 311-5 et L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration ne fait obstacle à la communication des autorisations dès lors que les informations qui en relèvent peuvent être occultées ou dissociées en application de l'article L. 311-7 de ce code.

Par des mémoires enregistrés les 1er décembre 2021 et 3 janvier 2022, le Secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société Free Mobile ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 23 septembre 2021, la société SFR, représentée par Me Skovron, conclut au rejet de la requête et que soit mis à la charge de la société Free Mobile une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par la société Free Mobile ne sont pas fondés.

Le 8 juillet 2021, la requête a été communiquée à la société Bouygues Télécom qui n'a pas produit d'observations.

Par ordonnance du 3 décembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des postes et des communications électroniques,

- le code de commerce,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Guérin-Lebacq, rapporteur public,

- et les observations de Me Bernard, représentant la société Free Mobile, et de Me Vallois, représentant la SFR.

Considérant ce qui suit :

1. Par un courrier du 30 juillet 2020, reçu le 4 août 2020, la société Free Mobile a sollicité du Premier ministre la communication des autorisations d'exploitation des équipements radio 5G délivrés à la société Bouygues Télécom et à la Société française du radiotéléphone (SFR), en application des articles L. 34-11 à L. 34-14 du code des postes et des communications électroniques. Une première décision implicite de refus de communication est née du silence gardé par l'administration. Par recours préalable adressé par courrier le 2 octobre 2020 et enregistré le 8 octobre 2020, la société Free Mobile a saisi la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) qui a rendu un avis défavorable à la demande de communication le 7 janvier 2021. En application des article R. 343-4 et R. 343-5 du code des relations entre le public et l'administration une décision de refus confirmative est née du silence gardé par l'administration durant une période de deux mois à compter de l'enregistrement du recours préalable par la CADA. Par la présente requête, la société Free Mobile demande l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 311-2 du même code : " L'administration n'est pas tenue de donner suite aux demandes abusives, en particulier par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique. ". Aux termes de l'article L. 311-5 du même code : " Ne sont pas communicables : () / 2° Les autres documents administratifs dont la consultation ou la communication porterait atteinte : () / b) Au secret de la défense nationale ; / c) A la conduite de la politique extérieure de la France ; / d) A la sûreté de l'Etat, à la sécurité publique, à la sécurité des personnes ou à la sécurité des systèmes d'information des administrations (). ". Aux termes de l'article L. 311-6 du même code : " Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs : / 1° Dont la communication porterait atteinte à la protection de la vie privée, au secret médical et au secret des affaires, lequel comprend le secret des procédés, des informations économiques et financières et des stratégies commerciales ou industrielles et est apprécié en tenant compte, le cas échéant, du fait que la mission de service public de l'administration mentionnée au premier alinéa de l'article L. 300-2 est soumise à la concurrence (). ". Enfin, aux termes de l'article L. 151-1 du code de commerce : " Est protégée au titre du secret des affaires toute information répondant aux critères suivants : / 1° Elle n'est pas, en elle-même ou dans la configuration et l'assemblage exacts de ses éléments, généralement connue ou aisément accessible pour les personnes familières de ce type d'informations en raison de leur secteur d'activité ; / 2° Elle revêt une valeur commerciale, effective ou potentielle, du fait de son caractère secret ; / 3° Elle fait l'objet de la part de son détenteur légitime de mesures de protection raisonnables, compte tenu des circonstances, pour en conserver le caractère secret. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 34-11 du code des postes et des communications électroniques : " I.- Est soumise à une autorisation du Premier ministre, dans le but de préserver les intérêts de la défense et de la sécurité nationale, l'exploitation sur le territoire national des appareils, à savoir tous dispositifs matériels ou logiciels, permettant de connecter les terminaux des utilisateurs finaux au réseau radioélectrique mobile, à l'exception des réseaux de quatrième génération et des générations antérieures, qui, par leurs fonctions, présentent un risque pour la permanence, l'intégrité, la sécurité, la disponibilité du réseau, ou pour la confidentialité des messages transmis et des informations liées aux communications, à l'exclusion des appareils installés chez les utilisateurs finaux ou dédiés exclusivement à un réseau indépendant, des appareils électroniques passifs ou non configurables et des dispositifs matériels informatiques non spécialisés incorporés aux appareils. () / II.- L'autorisation d'exploitation d'un appareil peut être octroyée après examen d'un dossier de demande d'autorisation remis par l'opérateur. Le dossier précise les modèles et les versions des appareils pour lesquels l'autorisation est sollicitée. (). ". Aux termes de l'article R. 20-29-11 du même code : " La demande d'autorisation prévue à l'article L. 34-11 est déposée auprès du secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale. Elle comporte pour chaque type d'appareil : / 1° Le nom et l'adresse du demandeur, s'il est une personne physique, ou sa dénomination, l'adresse de son siège et le nom de son représentant légal, s'il est une personne morale ; / 2° L'objet, la dénomination, la ou les versions et les caractéristiques techniques de l'appareil, accompagnés de la documentation technique de l'appareil fournie par son fabricant ; / 3° L'utilisation prévue de l'appareil au sein du réseau radioélectrique du demandeur ; / 4° Les modalités de déploiement de l'appareil, précisant l'activation ou la non-activation des fonctionnalités optionnelles de celui-ci, les modalités de protection adoptées pour ses interconnexions avec d'autres éléments du réseau et les logiciels informatiques non spécialisés, systèmes d'exploitation et éventuelles solutions de virtualisation sur lesquels repose l'hébergement informatique de l'appareil et de ses données, les modalités de sécurisation de ces logiciels, ainsi que l'éventuel hébergement de l'appareil avec d'autres appareils sur une même infrastructure informatique ; / 5° Les modalités d'exploitation de l'appareil, précisant les opérations de configuration, de supervision et de maintenance susceptibles d'être réalisées en cours de fonctionnement ou sur l'hébergement informatique, ainsi que les sous-traitants réalisant des opérations de configuration, de supervision ou de maintenance sur l'appareil ; / 6° La référence de l'autorisation prévue à l'article R. 226-3 du code pénal, si l'appareil a fait l'objet d'une telle autorisation ; / 7° L'engagement de se soumettre aux contrôles nécessaires à la vérification du respect des informations fournies dans la demande d'autorisation. ".

4. Pour refuser de communiquer les autorisations demandées par la société requérante la Première ministre et la société SFR soutiennent que les autorisations prévues par l'article L. 34-11 du code précité comportent des mentions permettant de déduire la carte du réseau exploité par les sociétés bénéficiaires et les zones pouvant revêtir une importance commerciale ou stratégique particulière, des mentions relatives aux liens entretenus avec des prestataires étrangers, des mentions à caractère sensible relatives à la nature des installations radioélectriques, ainsi qu'aux matériels et logiciels nécessaires pour assurer le fonctionnement des systèmes d'information de l'administration et susceptibles de mettre en lumière les vulnérabilités de ces systèmes, ainsi que des mentions qui font l'objet de protections raisonnables au sens des dispositions du code du commerce précité dès lors qu'elles révèlent les stratégies de différentiation des concurrents de la société requérante. Les parties défenderesses font ainsi valoir que des secrets relevant tant de la défense nationale, de la conduite de la politique extérieure de la France ou tenant à la sûreté de l'Etat, à la sécurité publique, à la sécurité des personnes ou à la sécurité des systèmes d'information des administrations, que du secret des affaires font obstacle à la communication des autorisations. La société requérante ne conteste pas que de telles mentions sont susceptibles de figurer dans les documents demandés, mais soutient qu'il ne peut être fait obstacle à leur communication dès lors que ces mentions peuvent être disjointes ou occultées en application de l'article L. 311-7 du code des relations entre le public et l'administration. Toutefois, il appartient au juge de rechercher si, dès lors que les éléments d'information non communicables contenus dans les autorisations sont très nombreux et qu'il est possible de se procurer les éléments communicables autrement, la communication des autorisations après occultation des éléments non communicables peut être, dans les circonstances particulières de l'espèce, légalement refusée sur le fondement du dernier alinéa de l'article L. 311-2 du code des relations entre le public et l'administration aux termes duquel : " L'administration n'est pas tenue de donner suite aux demandes abusives () " au motif qu'elle ferait peser sur l'administration une charge excessive, eu égard aux moyens dont elle dispose et à l'intérêt que présenterait, pour la société requérante, le fait de bénéficier, non de la seule connaissance des éléments communicables, mais de la communication des autorisations occultées elles-mêmes. En l'espèce, il se déduit des termes de l'article R. 20-29-11 du code précité et notamment de ses 2°, 3°, 4° et 5° que les informations contenues dans les autorisations sont en grande partie couvertes par le secret, ce que la CADA a souligné dans son avis défavorable du 7 janvier 2021. Dès lors que, d'une part, l'occultation des mentions protégées ferait peser une charge excessive sur l'administration et que, d'autre part, les informations non-occultées, notamment celles mentionnées au 1°, 6° et 7° l'article R. 20-29-11 précité, sont accessibles autrement ou sans utilité avérée pour la société requérante, l'administration pouvait, sans méconnaitre les dispositions citées au point 2 et 3 refuser de communiquer les autorisations d'exploitation demandées.

5. Il résulte de tout ce qui précède, que la société Free Mobile n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Free Mobile demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Free Mobile une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par la SFR et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Free Mobile est rejetée.

Article 2 : La société Free Mobile versera à la Société française du radiotéléphone une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Free Mobile, à la Première ministre, à la Secrétaire générale de la défense et de la sécurité nationale, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, à la société Bouygues Télécom et à la Société française du radiotéléphone.

Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Laloye, président,

Mme Roussier, première conseillère,

M. Théoleyre, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.

Le rapporteur,

M. Théoleyre

Le président,

P. Laloye

La greffière,

K. Bak-Piot

La République mande et ordonne à la Première ministre en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2102457/6-2

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions