vendredi 23 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2104038 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | EYRIGNOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 février 2021, Mme A B, représentée par Me Eyrignoux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 janvier 2021 par laquelle le président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) l'a suspendue de ses fonctions à compter du même jour ;
2°) de condamner le CNC à lui verser une indemnité de 10 000 euros en réparation de son préjudice moral ;
3°) de mettre à la charge du CNC une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle constitue une sanction déguisée et est entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2022, le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), représenté par Me Beaulac, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires de la requête sont irrecevables, en l'absence de contestation de la décision expresse de rejet de la réclamation préalable ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- le préjudice invoqué n'est pas justifié.
Par ordonnance du 28 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 29 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Broussois,
- les conclusions de Mme Pestka, rapporteure publique,
- et les observations de Me Beaulac pour le CNC.
Une note en délibéré, enregistrée le 13 juin 2023, a été présentée pour le CNC.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, agent contractuel du centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), occupant depuis le 1er février 2013, en vertu d'un contrat de travail à durée indéterminée, les fonctions de cheffe du service de l'administration générale à la direction du patrimoine cinématographique du CNC, demande au tribunal, par la présente requête, d'annuler la décision du 7 janvier 2021 par laquelle le président du CNC l'a suspendue de ses fonctions avec effet immédiat et pour une durée maximale de quatre mois.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 43 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents non titulaires de l'Etat pris pour l'application de l'article 7 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa version alors en vigueur : " En cas de faute grave commise par un agent non titulaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité définie à l'article 44. La durée de la suspension ne peut toutefois excéder celle du contrat. / () ". Aux termes de l'article 44 du même décret : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité ayant le pouvoir de procéder au recrutement. / () ".
3. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme Leslie Thomas, secrétaire générale du CNC, qui bénéficiait d'une délégation de signature du président du CNC en vertu d'une décision du 7 octobre 2020 régulièrement publiée au Journal officiel de la République française du 15 octobre 2020. Le moyen tiré de l'incompétence dont serait entachée la décision attaquée manque ainsi en fait et ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, les dispositions précitées de l'article 43 du décret du 17 janvier 1986 prévoyant la suspension d'un agent non titulaire en cas de faute grave trouvent à s'appliquer dès lors que les faits imputés à l'intéressé présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité. En l'espèce, la suspension de Mme B de ses fonctions de cheffe du service de l'administration générale à la direction du patrimoine cinématographique du CNC a été prononcée sur la base de divers signalements et témoignages faisant état de situations de souffrance au travail résultant du comportement inadapté de l'intéressée envers les agents de son service, consistant notamment en des manifestations d'agressivité physique et verbale, en la tenue de propos dégradants, offensants voire insultants, en un défaut de communication et une volonté d'isoler des autres services les agents placés sous son autorité ou encore en une surveillance excessivement étroite du travail accompli par ceux-ci. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des mentions concordantes du " rapport intermédiaire sur les situations de souffrance au travail au service de l'administration générale " en date du 6 janvier 2021 établi par la cheffe de service adjointe des ressources humaines du CNC, de la note du 1er décembre 2020 de l'assistante sociale du CNC, ainsi que de la note du directeur du patrimoine cinématographique du CNC établie à la fin du mois de décembre 2020, que les faits litigieux, dont les répercussions défavorables sur la santé des agents concernés et sur le fonctionnement du service placé sous l'autorité de Mme B sont attestés par les mêmes pièces, présentaient à la date de la décision attaquée un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité pour justifier l'éloignement de la requérante dudit service à titre conservatoire. Mme B n'est dès lors pas fondée à soutenir qu'elle ne pouvait faire l'objet d'une suspension en application des dispositions précitées de l'article 43 du décret du 17 janvier 1986.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard aux éléments mentionnés au point précédent, que la décision suspendant Mme B de ses fonctions aurait été prise dans un but étranger à l'intérêt du service et serait ainsi entachée d'un détournement de pouvoir.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
Sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le CNC :
7. Il résulte des motifs qui précèdent que Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision du 7 janvier 2021 par laquelle elle a été suspendue de ses fonctions serait entachée d'illégalité. Elle n'est dès lors pas fondée, par voie de conséquence, à demander la condamnation du CNC à l'indemniser du préjudice moral qu'elle aurait subi du fait de l'illégalité de cette décision. Il s'ensuit que ses conclusions indemnitaires ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CNC, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En outre, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées au même titre par le CNC.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le CNC sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au Centre national du cinéma et de l'image animée.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Marino, président,
M. Le Broussois, premier conseiller,
M. Lautard-Mattioli, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juin 2023.
Le rapporteur,
N. Le Broussois
Le président,
Y. Marino
Le greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne à la ministre de la culture en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2104038/6-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026