mardi 27 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2107447 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | MARSHALL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 avril et 17 décembre 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) Comptoir Monceau or, domiciliée chez la société civile professionnelle de mandataires judiciaires Brouard-Daudé et représentée par Me Marshall, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, assortis des intérêts de retard et majoration de 80% en application des dispositions du c. de l'article 1729 du code général des impôts, qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er août 2008 au 31 décembre 2010, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés, assortie des intérêts de retard, majoration de 80% en application des dispositions du c. de l'article 1729 du code général des impôts et majoration de 10% en application du a. du 1. de l'article 1728 du code général des impôts, mise à sa charge au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2009, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés et contributions sociales, assortie des intérêts de retard et majoration de 80% en application des dispositions du c. de l'article 1729 du code général des impôts, mise à sa charge au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2010, ainsi que des amendes prononcées à son encontre sur le fondement des articles 1840 J et 1737 du code général des impôts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que la proposition de rectification est insuffisamment motivée, en ce que le service, s'agissant de la reconstitution de chiffre d'affaires à laquelle il a procédé, n'a pas apporté d'explication sur les modalités de calcul et le détail des ventes par opération, date et montant, qu'il n'a pas joint la proposition de rectification adressée à la société Patrimoine métaux précieux au terme d'un contrôle dont il mobilise pourtant les résultats et qu'il ne justifie pas le choix de regarder le solde du compte caisse " le plus fort " au cours de la période vérifiée comme une recette dissimulée ;
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que le service a méconnu son obligation de donner suite à sa demande de communication des documents obtenus au titre du droit de communication ;
- la communication de ces documents est sollicitée dans le cadre de l'instance afin de constater que rien ne justifiait une communication sous forme de consultation dans les locaux du service ;
- c'est à tort que le service a considéré que sa comptabilité était dénuée de caractère sincère et probant dès lors que les pièces qui avaient été relevées comme manquantes ont été produites, que les incohérences relevées par le service ne sont ni fondées ni suffisantes pour mettre en cause le caractère probant de la comptabilité et que les erreurs et écarts relevés ont justifié la procédure judiciaire par laquelle la société a mis en cause la responsabilité de son expert-comptable, qui avait perdu cette qualité au titre des exercices vérifiés ;
- c'est à tort que le service, pour procéder à la reconstitution de ses recettes, a relevé que la comptabilité présentée faisait apparaître des prélèvements sur le compte caisse ayant pour conséquence de rendre le solde de ce compte créditeur, ce rappel faisant double emploi ;
- la méthode de reconstitution des recettes utilisée par le service est radicalement viciée dès lors que l'administration s'est appuyée sur le site internet " www.gold.fr ", et non le seul site de référence en France pour l'or monétaire et d'investissement " www.cpror.com ", et qu'elle aurait dû reconstituer une marge et non un chiffre d'affaires brut pour tenir compte de son activité de négoce ;
- il est sollicité la communication de l'ensemble des pièces justifiant les calculs et affirmations du service dans le cadre de la reconstitution de recettes à laquelle il a procédé ;
- c'est à tort que le service a considéré qu'il n'était pas possible d'identifier les ventes correspondant aux produits s'agissant des achats qui auraient été réalisés par la société Patrimoine métaux précieux ;
- s'agissant des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, consécutifs à une reconstitution de recettes contestée, le service a inexactement déterminé la taxe sur la valeur ajoutée collectée, qui est calculée sur la marge s'agissant des bijoux et en l'absence de taxe sur la valeur ajoutée applicable à la vente d'or ;
- les rappels de taxe sur la valeur ajoutée correspondant à la taxe sur la valeur ajoutée collectée présumée non déclarée sont contestés en ce qu'ils font double emploi et ne tiennent pas compte des exportations ;
- la rectification correspondant à l'identification d'un profit sur le trésor est contestée en tant qu'elle découle des chefs de rectification portant sur la taxe sur la valeur ajoutée ;
- le service a insuffisamment motivé l'application d'une amende en application de l'article 1737 du code général des impôts ;
- le service n'apporte pas la preuve du bienfondé de l'application d'une amende en application de l'article 1737 du code général des impôts, la réalité de la prestation effectuée avec la société Gemmeco ne pouvant être remise en cause par la seule affirmation que les justificatifs de transport n'auraient pas été présentés ;
- le service a insuffisamment motivé l'application d'une amende en application de l'article 1840 J du code général des impôts, dès lors qu'il n'a pas motivé l'application du taux de 5%, alors que ce taux est modulable ;
- l'amende prononcée ne pouvait s'appliquer aux exercices clos les 31 décembre 2009 et 2010 dès lors qu'il n'existait pas d'interdiction des paiements en espèces de créances portant sur les transactions de métaux ferreux et non ferreux avant l'entrée en vigueur du décret n°2011-114 du 27 janvier 2011 ;
- l'application de cette amende est contestée en tant qu'elle découle de l'identification de paiements en espèce ;
- le service n'a ni notifié ni motivé son intention d'assortir les rappels de taxe sur la valeur ajoutée et contribution sociale qui lui ont été réclamés d'une majoration de 80% pour manœuvres frauduleuses ;
- le service n'apporte pas la preuve de la mise en œuvre de procédés ayant pour effet de faire disparaître ou réduire la matière imposable ;
- la majoration appliquée est contestée en tant qu'elle découle des chefs de rectification en litige.
Par deux mémoires en défense, enregistré le 13 octobre 2021 et le 12 janvier 2022, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France (division juridique) conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Comptoir Monceau or ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 31 décembre 2021, la date de clôture d'instruction a été fixée au 31 janvier 2022 à 12 heures.
Par courrier du 24 novembre 2023, pris en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris a été invité à fournir :
- le courrier d'observations de la société Comptoir Monceau or du 3 juin 2013 en réponse à la proposition de rectification qui lui avait été adressée, ainsi que la réponse aux observations du contribuable du 2 juillet 2013 ;
- l'avis de la commission départementale des impôts directs et taxes sur le chiffre d'affaires en date du 10 juillet 2014 ainsi que la lettre d'information adressée à la société Comptoir Monceau or du 6 octobre 2014 qui lui est associée ;
- la réclamation préalable présentée par la société Comptoir Monceau or en date du 28 décembre 2017.
Ces pièces, produites par le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris en réponse à cette demande, ont été enregistrées le 29 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lenoir,
- et les conclusions de M. Guiader, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Comptoir Monceau or, qui exerce une activité de commerce de métaux précieux et articles composés d'or, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2010. Par deux propositions de rectification, en date des 19 décembre 2012 et 29 avril 2013, ayant donné lieu à échanges contradictoires, le service a fait part à la société de son intention de lui réclamer des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, assortis des intérêts de retard et majoration de 80% en application des dispositions du c. de l'article 1729 du code général des impôts, au titre de la période du 1er août 2008 au 31 décembre 2010, de rectifier ses bases imposables à l'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2009 et 2010, d'assortir cette rectification des intérêts de retard, de la majoration de 80% en application du c de l'article 1729 du code général des impôts ainsi que, au titre de l'exercice clos en 2009, d'une majoration de 10% en application du a du 1 de l'article 1728 du code général des impôts, ainsi que de prononcer à son encontre des amendes sur le fondement des articles 1840 J et 1737 du code général des impôts. La SARL Comptoir Monceau or a contesté ces impositions, mises à sa charge au titre de deux avis de mise en recouvrement en date des 1er décembre et 16 juin 2015, par une demande préalable en date du 28 décembre 2017. Cette réclamation ayant été rejetée par le service en date du 4 février 2021, la société, par la requête susvisée, demande la décharge des impositions ainsi maintenues à sa charge.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ".
3. L'administration ne peut en principe fonder le redressement des bases d'imposition d'un contribuable sur des renseignements ou documents qu'elle a obtenus de tiers sans l'avoir informé, avant la mise en recouvrement, de l'origine et de la teneur de ces renseignements. Cette garantie s'étend à tout document obtenu auprès de tiers dont l'administration se prévaut au cours de la procédure de redressement pour établir sa position, y compris, le cas échéant, ceux qu'elle a utilisés pour écarter la comptabilité du contribuable et reconstituer son chiffre d'affaires et son résultat afin d'établir son imposition. Lorsque le contribuable le demande, la copie de ces documents doit lui être transmise, sauf si leur nature ou leur volume impose une communication sous forme de consultation dans les locaux du service. Il en va ainsi, sauf dans le cas d'informations librement accessibles au public, alors même que le contribuable a pu avoir connaissance de ces documents ou de certains d'entre eux, afin notamment de lui permettre d'en vérifier, et le cas échéant d'en discuter, l'authenticité, la teneur et la portée.
4. Il résulte de l'instruction que la SARL Comptoir Monceau or a demandé dans ses observations du 3 juin 2013 que lui soient communiquées, s'agissant des " flux de marchandises ", " les réponses obtenues dans le cadre du droit de communication ", comprenant notamment les documents obtenus par le service des autorités fiscales luxembourgeoises et pièces annexées. Dans sa réponse aux observations du contribuable du 2 juillet 2013, le service s'est borné à informer la société que ces pièces étaient consultables sur demande dans les locaux de la direction spécialisée du contrôle fiscal d'Ile-de-France ouest. En outre, pour justifier cette mise à disposition, le service, dans le rejet de la réclamation préalable en date du 4 février 2021 de même que dans ses écritures dans le cadre de la présente instance, se borne à se prévaloir du " volume " de ces pièces, mention qui n'est pas justifiée, corroborée par une pièce versée au dossier ni même assortie d'une quelconque précision. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que la nature ou le volume des documents dont la communication a été sollicitée par la société Comptoir Monceau or faisait obstacle à leur transmission. Par suite, la société Comptoir Monceau or est fondée à soutenir que l'administration a entaché d'irrégularité la procédure d'imposition.
5. La méconnaissance, par l'administration, de l'obligation de communication prévue par les dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales affecte uniquement les impositions pour lesquelles elle a utilisé les renseignements et documents en cause, que ce soit pour conduire la procédure d'imposition ou pour déterminer le montant de l'impôt. En l'espèce, il résulte de l'instruction, et notamment des propositions de rectification en date du 19 décembre 2012 et du 29 avril 2013, que l'administration a utilisé les renseignements et documents en cause pour, d'une part, écarter la comptabilité de la SARL Comptoir Monceau comme dépourvue de valeur probante et justifier la reconstitution de son chiffre d'affaires au titre des exercices clos en 2009 et 2010 et, d'autre part, prononcer à l'encontre de la SARL Comptoir Monceau des amendes sur le fondement de l'article 1737 du code général des impôts au titre des exercices clos en 2009 et 2010. Tel n'est toutefois pas le cas des amendes prononcées sur le fondement de l'article 1840 J du code général des impôts. Par suite, la SARL Comptoir Monceau est seulement fondée à soutenir que procèdent d'une procédure irrégulière les rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er août 2008 au 31 décembre 2010, la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés mise à sa charge au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2009, la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés et contributions sociales mise à sa charge au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2010 ainsi que les amendes prononcées à son encontre sur le fondement de l'article 1737 du code général des impôts.
En ce qui concerne l'amende prononcée sur le fondement de l'article 1840 J du code général des impôts :
6. Aux termes de l'article 1840 J du code général des impôts dans ses rédactions applicables aux impositions en litige, les infractions aux dispositions de l'article L. 112-6 du code monétaire et financier sont passibles d'une amende fiscale conformément aux dispositions de l'article L. 112-7 de ce même code, qui prévoit que l'amende prononcée ne peut excéder 5% des sommes payées en violation des dispositions de l'article L. 112-6 du même code.
7. Pour prononcer à l'encontre de la société Comptoir Monceau or des amendes au titre des exercices clos en 2009 et 2010 sur le fondement des dispositions qui précèdent, le service a relevé, dans les propositions de rectification en date du 19 décembre 2013 et du 29 avril 2014, que certains achats de la société avaient été payé en espèces, que ces infractions avaient été constatées par procès-verbal établis les 30 novembre 2012 et le 24 avril 2013 respectivement et que, par suite, il y avait lieu de prononcer au titre de ces exercices des amendes de 40 357 euros et 106 041 euros, correspondant à 5% de bases de 807 142 et 2 120 822 euros respectivement.
8. Toutefois, ces propositions de rectification ne comportent aucune motivation du taux de 5% appliqué, dont l'application n'était pas automatique, ainsi que le fait valoir la société requérante. Au surplus, les mentions qui précèdent n'apportent aucune précision permettant d'identifier et dénombrer des prestations ayant donné lieu, selon le service, à paiement en espèces, alors qu'il ne résulte pas des termes des propositions de rectification que les procès-verbaux mentionnés y étaient annexés. Dans ces conditions, la société Comptoir Monceau or est fondée à soutenir que le service a insuffisamment motivé l'application des amendes prononcées à son encontre au titre des exercices clos en 2009 et 2010 et des dispositions de l'article 1840 J du code général des impôts. Par suite, pour ce seul motif, la société Comptoir Monceau or est fondée à demander la décharge de ces amendes.
9. Il résulte de ce tout qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la SARL Comptoir Monceau or est fondée à solliciter la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, assortis des intérêts de retard et majoration de 80% en application des dispositions du c. de l'article 1729 du code général des impôts, qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er août 2008 au 31 décembre 2010, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés, assortie des intérêts de retard, majoration de 80% en application des dispositions du c. de l'article 1729 du code général des impôts et majoration de 10% en application du a. du 1. de l'article 1728 du code général des impôts, mise au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2009, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés et contributions sociales, assortie des intérêts de retard et majoration de 80% en application des dispositions du c. de l'article 1729 du code général des impôts, mise à sa charge au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2010, ainsi que des amendes prononcées à son encontre sur le fondement des articles 1840 J et 1737 du code général des impôts.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la SARL Comptoir Monceau Or la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La SARL Comptoir Monceau or est déchargée des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, et des pénalités correspondantes, qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er août 2008 au 31 décembre 2010, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés, et des pénalités correspondantes, mise au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2009, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés et contributions sociales, et des pénalités correspondantes, mise à sa charge au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2010, ainsi que des amendes prononcées à son encontre sur le fondement des articles 1840 J et 1737 du code général des impôts.
Article 2 : L'Etat versera à la SARL Comptoir Monceau or la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Comptoir Monceau or et à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France (division juridique).
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rohmer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Lenoir, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2024.
Le rapporteur,
A. LENOIR
Le président,
B. ROHMERLa greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317492
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté les demandes de la SARL 42 Consulting visant à obtenir la restitution du crédit d'impôt recherche pour les années 2019 et 2020. La juridiction a estimé que la société n'avait pas apporté la preuve que les projets litigieux remplissaient les conditions scientifiques et techniques d'éligibilité prévues par l'article 244 quater B du code général des impôts. Elle a également jugé non fondés les griefs relatifs à une irrégularité de la procédure administrative.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2409280
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de décharge d'impôt sur la plus-value immobilière présentée par Mme A... pour l'année 2020. Le litige portait sur l'interprétation de la condition d'exonération prévue au 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts, concernant la première cession d'un logement autre que la résidence principale. Le tribunal a jugé que le fait que la requérante ait été propriétaire de son ancienne résidence principale dans les quatre années précédant la vente faisait obstacle au bénéfice de l'exonération, et ce, même si ce bien n'était plus son domicile au moment de la cession.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2420874
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour formulée par un ressortissant sénégalais. La juridiction a jugé que le préfet de police avait méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ne tenant pas compte de l'ancienneté de la présence du requérant en France et de son insertion professionnelle continue. Le tribunal a enjoint à l'administration de délivrer un titre de séjour "salarié" dans un délai de trois mois et une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours, et a condamné l'État à verser 1 000 euros au requérant au titre des frais exposés.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2422817
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour. Le juge a constaté que l'administration n'avait pas répondu à la demande de communication des motifs de son refus implicite, ce qui constitue une illégalité. Cette solution s'appuie sur les articles L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration et R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026