mardi 27 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2107471 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | MARSHALL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 8 avril 2021, le 6 avril et le 12 mai 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) Comptoir Monceau or domicilée chez la société civile professionnelle de mandataires judiciaires Brouard-Daudé et représentée par Me Marshall, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés et contribution sociale, assortie des intérêts de retard et majoration de 80% pour manœuvres frauduleuses en application de l'article 1729 du code général des impôts, mise à sa charge au titre de l'exercice clos en 2011, de la cotisation d'impôt sur les sociétés, assortie des intérêts de retard et majoration de 40% en application du b. du 1. de l'article 1728 du code général des impôts, mise à sa charge au titre de l'exercice clos en 2012, des cotisations sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), taxe additionnelle à cette cotisation, assorties des intérêts de retard et majoration de 10% en application du a. du 1. de l'article 1728 du code général des impôts, et frais de gestion mises à sa charge au titre des années 2011 et 2012 ainsi que des amendes prononcées au titre de l'année 2011 en application des articles 1737 et 1840 J du code général des impôts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que la vérification de comptabilité a été engagée par le service préalablement à l'envoi de l'avis relatif à ce contrôle ;
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que la proposition de rectification qui lui a été adressée est insuffisamment motivée, en ce que les annexes annoncées étaient manquantes ;
- dès lors que la proposition de rectification était insuffisamment motivée, elle n'a pas eu pour effet d'interrompre la prescription de l'action en reprise du service ;
- c'est à tort que le service a procédé au rejet de sa comptabilité dès lors que la société, qui ne vendait ni n'achetait d'or monétaire au cours de la période vérifiée, ne disposait pas de livre de police, qu'il est inexact que les ventes à la société Nico et Co aient été réalisées en espèce et que l'expert-comptable de la société a été assigné en responsabilité professionnelle, au titre d'une affaire encore pendante ;
- c'est à tort que le service a considéré que certaines ventes n'auraient pas été comptabilisées au titre de l'exercice 2011, dès lors que, s'agissant des ventes à la société Nico et Co, la discordance relevée était due à une erreur de comptabilisation et que le service ne pouvait se fonder ni sur le livre de police obtenu dans le cadre de l'exercice de son droit de communication ni sur les données du site internet " www.gold.fr " ;
- la méthode suivie par le service pour reconstituer ses recettes est radicalement viciée en ce qu'il s'est fondé sur les données du site " www.gold.fr " et qu'il aurait dû reconstituer comme base taxable à l'impôt sur les sociétés une marge et non un chiffre d'affaires, eu égard à son activité de négoce ;
- la méthode suivie par le service pour reconstituer ses recettes est excessivement sommaire en ce que le service traite de façon indifférenciée des bijoux ou broutilles d'or qui n'ont pas le même tirage en or fin ;
- la méthode suivie par le service pour reconstituer ses recettes au titre de l'exercice 2012 est excessivement sommaire s'agissant de l'activité d'achat revente d'or broutilles, pour lesquels le service s'est fondé sur les données du site internet de la banque de France ;
- la distribution présumée aux mains de M. A est contestée en ce qu'elle découle des chefs de rectifications ;
- les rectifications au titre de la cotisation sur la valeur ajoutée sont contestées en tant qu'elles se fondent sur le chiffre d'affaires et le bénéfice reconstitués par le service ;
- l'application de l'amende prévue à l'article 1737 du code général des impôts est insuffisamment motivée ;
- c'est à tort que le service a fait application de l'amende prévue à l'article 1737 du code général des impôts dès lors que le service fait référence à une autre société, que cette amende est infondée et que sa base de calcul est erronée ;
- l'application de l'amende prévue à l'article 1840 J du code général des impôts est insuffisamment motivée ;
- c'est à tort que le service a fait application de l'amende prévue à l'article 1840 J du code général des impôts dès lors que le service fait référence à une autre société et qu'un régime particulier s'appliquait aux achats de métaux ;
- les pénalités de 80% prononcées sont insuffisamment motivées en ce que les rehaussements visés ne sont pas précisés et que le service mentionne une autre société ;
- le service n'établit pas qu'elle aurait tenté de soustraire délibérément son résultat de l'imposition ;
- les pénalités de 40% et 10% prononcées sont insuffisamment motivées ;
- elle n'a pas été destinataire de la mise en demeure, dont elle sollicite la production, permettant l'application de la pénalité de 40%.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 novembre 2021, le 6 mai et le 27 juin 2022, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France (division juridique) conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la distribution de revenus ne saurait être discutée dans la mesure où M. A n'est pas partie à la présente instance ;
- les moyens soulevés par la société Comptoir Monceau or ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 9 mai 2022, la date de clôture d'instruction a été fixée au 23 mai 2022 à 12 heures.
Par courrier des 27 et 28 novembre ainsi que du 5 décembre 2023, pris en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris a été invité à fournir :
- le courrier d'observations de la société Comptoir Monceau or du 28 août 2014 en réponse à la proposition de rectification qui lui avait été adressée, ainsi que la réponse aux observations du contribuable du 23 septembre 2014 ;
- l'avis de mise en recouvrement du 16 janvier 2015 n°150100031 ;
- les annexes à la proposition de rectification du 29 juillet 2014 adressée à la société Comptoir Monceau Or.
Ces pièces, produites par le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris en réponse à cette demande, ont été enregistrées les 28 novembre et 6 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code monétaire et financier ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lenoir,
- et les conclusions de M. Guiader, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Comptoir Monceau or, qui exerce une activité de commerce de métaux précieux et articles composés d'or, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices clos les 31 décembre 2011 et 2012. A l'issue de ce contrôle, par une proposition de rectification en date du 29 juillet 2014 ayant donné lieu à échanges contradictoires, le service a fait part à la société de son intention de rectifier ses bases imposables à l'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2011, d'assortir cette cotisation supplémentaire des intérêts de retard, d'une majoration de 80% pour manœuvres frauduleuses en application du c de l'article 1729 du code général des impôts et de prononcer à son encontre, au titre de la même année 2011, deux amendes sur le fondement des articles 1737 et 1840 J du code général des impôts. Ayant relevé qu'aucune déclaration au titre de l'impôt sur les sociétés n'avait été déposée par la société contrôlée au titre de l'exercice 2012, ni de déclaration au titre de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises au titre des années 2011 et 2012, le service a également notifié à la SARL Comptoir Monceau or, selon la procédure de taxation d'office, son intention de mettre à sa charge une cotisation d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice 2012, assortie des intérêts de retard et majoration de 40% en application du b. du 1. de l'article 1728 du code général des impôts, et de l'assujettir à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, taxe additionnelle à cette cotisation, assorties des intérêts de retard et majoration de 10% en application du a. du 1. de l'article 1728 du code général des impôts, et frais de gestion au titre des années 2011 et 2012. La SARL Comptoir Monceau or a contesté ces impositions, mises à sa charge au titre d'un avis de mise en recouvrement en date du 17 janvier 2015, par une demande préalable en date du 15 mars 2016. Cette réclamation ayant été rejetée par le service en date du 4 février 2021, la société, par la requête susvisée, demande la décharge des impositions maintenues à sa charge.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, le droit de communication reconnu à l'administration fiscale par le livre des procédures fiscales a seulement pour objet de permettre au service, pour l'établissement et le contrôle de l'assiette d'un contribuable, de demander à un tiers, ou éventuellement au contribuable lui-même, sur place ou par correspondance, de manière ponctuelle, des renseignements disponibles sans que cela nécessite d'investigation particulière, ou dans les mêmes conditions, de prendre connaissance et, le cas échéant, copie de certains documents existants qui se rapportent à l'activité professionnelle de la personne auprès de laquelle ce droit est exercé. Sauf disposition spéciale, il est mis en œuvre sans formalité particulière à l'égard de cette personne et, lorsqu'il est effectué auprès de tiers, n'est pas soumis à l'obligation d'informer le contribuable concerné. En revanche, l'administration procède à la vérification de comptabilité d'une entreprise ou d'un membre d'une profession non commerciale lorsqu'en vue d'assurer l'établissement d'impôts ou de taxes totalement ou partiellement éludés par les intéressés, elle contrôle sur place la sincérité des déclarations fiscales souscrites par cette entreprise ou ce contribuable en les comparant avec les écritures comptables ou les pièces justificatives dont elle prend alors connaissance et dont le cas échéant elle peut remettre en cause l'exactitude. L'exercice régulier du droit de vérification de comptabilité suppose le respect des garanties légales prévues en faveur du contribuable vérifié, au nombre desquelles figure notamment l'envoi ou la remise de l'avis de vérification auquel se réfère l'article L. 47 du même livre.
3. La SARL Comptoir Monceau or soutient qu'en exerçant son droit de communication à l'égard du groupement d'intérêt régional de Paris de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, de travail et de l'emploi en date du 16 septembre 2013, le service l'aurait privée d'une garantie dès lors qu'elle n'a reçu l'avis de vérification de comptabilité que le 9 octobre 2013. Toutefois, et alors que l'administration peut légalement exercer son droit de communication avant d'engager, si elle le juge utile, une vérification de comptabilité, la circonstance que le service s'est fondé sur les données figurant sur le livre de police obtenu en réponse au droit de communication exercé le 16 septembre 2013 pour établir les impositions en litige ne suffit pas à établir les allégations de la société requérante selon lesquelles, en procédant à l'examen de ce document, l'administration aurait, en violation de l'article L.47 du livre des procédures fiscales, commencé la vérification de sa comptabilité avant la date du 7 novembre 2013, date de première intervention de la vérification de comptabilité de la SARL Comptoir Monceau or. Le moyen doit par suite être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation ". L'article R. 57-1 de ce même livre dispose que : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée () ". Pour être régulière au regard des dispositions précitées, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les rectifications envisagées, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile. En revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs.
5. La proposition de rectification en date du 29 juillet 2014, adressée à la SARL Comptoir Monceau or, comporte les motifs de droit et de fait sur lesquels le service s'est fondé pour justifier les redressements notifiés. Le service y expose qu'eu égard, d'une part, aux incohérences relevées au sein de la comptabilité de la société au titre de l'exercice 2011 et, d'autre part, à l'absence de comptabilité produite au titre de l'exercice 2012, sa comptabilité a été regardée comme dépourvue de caractère probant. Il y développe par la suite la méthode suivie pour reconstituer les bases imposables au titre de l'impôt sur les sociétés pour l'exercice clos en 2011 consistant, outre la correction de discordances entre factures et montants comptabilisées au titre de l'exercice 2011, en l'évaluation des recettes associées à des ventes comptabilisées d'or dit " boursable ", sur le fondement, d'une part, des opérations figurant au sein du livre de police obtenu par l'exercice de son droit de communication et, d'autre part, d'un prix de vente déterminé par référence au site internet " gold.fr " ayant conservé l'historique des cours de l'or monétaire. S'agissant de l'exercice 2012, en l'absence de tout élément de comptabilité, le service indique avoir reconstitué les ventes à partir des livres de police des magasins, obtenus au moyen de l'exercice de son droit de communication, en déterminant le prix de vente des opérations sur le fondement respectifs des sites internet " gold.fr " et de la Banque de France, respectivement pour l'or dit " boursable " et les articles dits " broutilles " et en déterminant un coefficient de marge de 1,08, correspondant aux déclarations de résultats de l'exercice clos en 2011. Dans ces conditions, et alors même que la proposition de rectification ne comportait pas, malgré ses mentions, les annexes reproduisant le détail des données et calculs réalisés par le service, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure d'imposition du fait de l'insuffisance de motivation de la proposition de rectification en date du 29 juillet 2014 doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
6. Aux termes de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due. ". Et aux termes de l'article L. 189 du même livre : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification, par la déclaration ou la notification d'un procès-verbal, de même que par tout acte comportant reconnaissance de la part des contribuables et par tous les autres actes interruptifs de droit commun. ".
7. L'administration a adressé le 29 juillet 2014 une proposition de rectification à la SARL Comptoir Monceau or concernant son imposition à l'impôt sur les sociétés au titre des exercices 2011 et 2012, dans le délai de reprise. Cette notification a interrompu le délai de reprise qui n'était pas achevé lors de l'émission de l'avis de mise en recouvrement du 17 janvier 2015. Dans ces conditions, et alors qu'ainsi qu'il a été dit au point 5, la proposition de rectification du 29 juillet 2014 était suffisamment motivée, il n'y a pas lieu d'accueillir l'exception tirée de la prescription des impositions en litige invoquée par la société requérante.
S'agissant de l'exercice 2011 :
Quant à la méthode de reconstitution des bases imposables :
8. Pour reconstituer les bases imposables à l'impôt sur les sociétés de la SARL Comptoir Monceau or au titre de l'exercice 2011, le service, après avoir regardé la comptabilité de la société comme dépourvue de valeur probante, a, d'une part, procédé à la réintégration d'un montant de 450 000 euros au chiffre d'affaires de la société, correspondant en la discordance entre le montant de factures émises par la société contrôlée à destination de l'entreprise Nico et Co avec le montant effectivement inscrit en comptabilité. D'autre part, le service s'est fondé sur la circonstance que les opérations d'achat et de vente d'or dit " boursable ", c'est-à-dire de pièces et lingots, n'étaient pas justifiées par la société, malgré les demandes qui lui avaient été adressées en ce sens. Par l'exercice de son droit de communication exercé auprès du groupe d'intervention régional de Paris de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, de travail et de l'emploi en date du 16 septembre 2013, le service a obtenu communication de livres de police d'or dit " boursable " retraçant des achats de pièces et lingots effectués, selon le service, par la SARL Comptoir Monceau. Après avoir relevé au titre des incohérences constatées concernant les achats de l'exercice 2011 que " ces achats ne figurent sur aucune facture d'achat, ne sont pas comptabilisés ", le service a entrepris de reconstituer le montant de recettes associé à la revente de ces achats, en appliquant aux opérations retracées dans le livre de police obtenu un prix de vente, obtenu par référence au cours de l'or renseigné par le site internet " gold.fr ".
9. La société Comptoir Monceau or soutient qu'en se bornant à réintégrer ainsi dans ses bénéfices imposables au titre de l'exercice clos en 2011, le produit des ventes d'or dit " boursable ", le service a calculé un chiffre d'affaires et non une marge, en méconnaissance de son activité de négoce et a, par suite, radicalement vicié le redressement auquel elle a ainsi procédé. En l'absence de réponse de l'administration fiscale à ce moyen, et alors que celle-ci, au demeurant, a procédé par application d'un coefficient de marge pour reconstituer les recettes de la SARL Comptoir Monceau or au titre de l'exercice 2012, le service doit être regardé, dans les circonstances de l'espèce, comme ayant établi sur le fondement d'une méthode radicalement viciée les impositions mises à la charge de la société Comptoir Monceau or au titre de l'exercice clos en 2011. Par suite, et pour ce seul motif, la société Comptoir Monceau or est fondée à en demander la décharge.
S'agissant de l'exercice 2012 :
Quant à la charge de la preuve :
10. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office, la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. "
11. La SARL Comptoir Monceau or, qui a fait l'objet d'une procédure d'imposition d'office en ce qui concerne la cotisation d'impôt sur les sociétés mise à sa charge au titre de l'exercice 2012 de même que la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, taxe additionnelle à cette cotisation et frais de gestion associés au titre de l'année 2012, supporte, en vertu des dispositions qui précèdent, la charge de la preuve du caractère exagéré des bases d'imposition fixées par l'administration.
Quant au rejet de comptabilité :
12. Il ressort des termes du document intitulé " proposition de rectification suite à une vérification de comptabilité " en date du 29 juillet 2014 que, si la société Comptoir Monceau or avait choisi de mettre à la disposition du vérificateur les éléments de sa comptabilité sous forme papier, aucune déclaration, aucune comptabilité ni aucun justificatif n'a été fourni au service au titre de l'exercice 2012. Dans ces conditions, et alors que la société ne conteste pas cette mention mais se prévaut de l'inapplicabilité des valeurs de l'or relevées par le service et des erreurs commises par son expert comptable, qui sont sans incidence sur l'appréciation du caractère régulier et probant de sa comptabilité, c'est à bon droit que le service a rejeté la comptabilité de la SARL Comptoir Monceau or.
Quant à la méthode de reconstitution des bases imposables :
13. En l'absence de tout élément de comptabilité produit par la société au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2012 dans le cadre de la vérification de comptabilité diligentée, le service a entrepris de reconstituer les ventes intervenues au cours de l'exercice sur le fondement des documents obtenus au moyen de l'exercice de son droit de communication auprès du groupe d'intervention régional de Paris de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, de travail et de l'emploi. En distinguant les différentes catégories de produits échangés par la société, le service, pour déterminer les prix de vente applicables, s'est fondé, s'agissant de l'or dit " boursable ", sur les données du site " gold.fr " et, s'agissant des ventes de produits dits " broutilles ", sur les données du site internet de la Banque de France. Le service a par la suite déterminé la marge d'exploitation de la société, et non simplement son chiffre d'affaires, en se fondant sur sa déclaration de résultats au titre de l'exercice 2011, appliquant un coefficient sur les achats revendus de 1,08.
14. En premier lieu, la société requérante soutient que le service ne pouvait se fonder sur les livres de police obtenus dans le cadre de son droit de communication dès lors qu'elle n'achetait ni ne vendait en son nom propre d'or dit " boursable ". Elle soutient que l'or correspondant était " rentré en confié " pour le compte de la société Gemmeco. Toutefois, et alors que la société fait état dans ses écritures, dans la typologie de son activité économique, d'une activité " d'achat/vente d'or d'investissement ", le service relève qu'aucun livre d'inventaire, fiche de stock et d'inventaire, bon de livraison ou fiche de confié ne permettait d'attester de ce que les ouvrages constituaient des articles " confiés ". La société n'apporte aucun commencement de preuve au soutien de ses allégations dans le cadre de la présente instance.
15. En deuxième lieu, si la société soutient que le coefficient de marge retenu par le service a pour conséquence de rendre la méthode suivie excessivement sommaire, elle ne se prévaut d'aucun élément ni d'aucune preuve permettant de l'établir.
16. En troisième lieu, en se prévalant de l'inapplicabilité des données recensées par les sites internet " gold.fr " et de la Banque de France, de même que de l'insuffisante prise en compte de critères tels que la pureté, la date de frappe ou la série pour déterminer la valeur des bijoux et broutilles, la société ne peut être regardée comme apportant la preuve que la méthode retenue par l'administration pour reconstituer ses bases imposables à l'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2012 serait excessivement sommaire ou radicalement viciée dans son principe. En outre, dès lors qu'elle ne propose pas une méthode d'évaluation plus précise de son chiffre d'affaires et de son résultat que celle retenue par l'administration, la société requérante n'établit pas que ses bases d'imposition au titre de l'exercice clos en 2012 aurait fait l'objet d'une évaluation exagérée.
Quant à l'existence de revenus distribués :
17. Ainsi que le fait valoir le service, la société requérante ne peut utilement contester dans le cadre de la présente instance les mentions de la proposition de rectification du 29 juillet 2014 relatives à l'existence de revenus distribués, cette circonstance étant sans incidence sur les impositions en litige.
Quant à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises :
18. La société se borne à contester la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, taxe additionnelle à cette cotisation et frais de gestion associés au titre de l'année 2012 en tant qu'elle découle du rejet de comptabilité et de la reconstitution de recettes auxquels a procédé le service. Le moyen doit par suite être écarté.
En ce qui concerne les pénalités :
S'agissant des amendes prononcées sur le fondement de l'article 1737 du code général des impôts :
19. Aux termes de l'article 1737 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Entraîne l'application d'une amende égale à 50 % du montant : / 1. Des sommes versées ou reçues, le fait de travestir ou dissimuler l'identité ou l'adresse de ses fournisseurs ou de ses clients, les éléments d'identification mentionnés aux articles 289 et 289 B et aux textes pris pour l'application de ces articles ou de sciemment accepter l'utilisation d'une identité fictive ou d'un prête-nom ; / 2. De la facture, le fait de délivrer une facture ne correspondant pas à une livraison ou à une prestation de service réelle ".
20. En premier lieu, pour prononcer à l'encontre de la SARL Comptoir Monceau or l'amende prévue par les dispositions du 2 du I de l'article 1737 du code général des impôts, le service s'est fondé sur les factures émises par la société, à destination de l'entreprise Nico et Co SPRL. Après avoir relevé la discordance entre le montant de facturation et le montant comptabilisé pour ces factures, le service a relevé que la réalité de la prestation, par la fourniture de justificatifs de transport, n'était pas établie. Il a dès lors infligé à la société Comptoir Monceau or une amende correspondant à 50% de 9 845 980 euros, soit le chiffre d'affaires déclaré correspondant aux prestations réalisées auprès de l'entreprise Nico et Co SPRL, à hauteur de 9 395 980 euros, auquel est ajouté la discordance de comptabilisation relevée de 450 000 euros. Dans ces conditions, et sans qu'ait d'incidence à cet égard l'erreur de plume dans la proposition de rectification relative à la mention de la société " Hagil ", le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'amende prononcée doit être écarté.
21. En deuxième lieu, la société, qui ne conteste pas ne pas avoir justifié du transport associé aux prestations, se borne à affirmer que les prestations désignées par les factures adressées à l'entreprise Nico et Co SPRL correspondaient " à une opération d'achat ou de vente ". Dans ces conditions, eu égard aux irrégularités relevées par le service sur les factures, d'un montant de plus de 400 000 euros, et à l'absence de tout commencement de preuve permettant d'attester de la réalité de ces prestations, le service a pu, à bon droit, conclure que les factures émises pour l'entreprise Nico et Co au titre de l'exercice 2011 étaient de pure complaisance.
S'agissant des amendes prononcées sur le fondement de l'article 1840 J du code général des impôts :
22. Aux termes de l'article 1840 J du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à l'amende en litige : " Les infractions aux dispositions de l'article L. 112-6 du code monétaire et financier sont passibles d'une amende conformément aux dispositions des deuxième et troisième phrases de l'article L. 112-7 du même code ". Aux termes de l'article L. 112-6 du code monétaire et financier, dans sa rédaction applicable à l'amende en litige : " " I.- Ne peut être effectué en espèces le paiement d'une dette supérieure à un montant fixé par décret, tenant compte du lieu du domicile fiscal du débiteur et de la finalité professionnelle ou non de l'opération. / Au-delà d'un montant mensuel fixé par décret, le paiement des traitements et salaires est soumis à l'interdiction mentionnée à l'alinéa précédent et doit être effectué par chèque barré ou par virement à un compte bancaire ou postal ou à un compte tenu par un établissement de paiement. / Toute transaction relative à l'achat au détail de métaux ferreux et non ferreux est effectuée par chèque barré, virement bancaire ou postal ou par carte de paiement au-delà d'un montant fixé par décret, sans que le montant total de cette transaction puisse excéder un plafond fixé par décret. Le non-respect de cette obligation est puni par une contravention de cinquième classe. " L'article L. 112-7 du même code dispose que : " Les infractions aux dispositions de l'article L. 112-6 sont constatées par des agents désignés par arrêté du ministre chargé du budget. Le débiteur ayant procédé à un paiement en violation des dispositions du même article est passible d'une amende dont le montant est fixé, compte tenu de la gravité des manquements, et ne peut excéder 5 % des sommes payées en violation des dispositions susmentionnées. Le débiteur et le créancier sont solidairement responsables du paiement de cette amende ".
23. Pour prononcer à l'encontre de la société Comptoir Monceau or une amende sur le fondement des dispositions qui précèdent, le service a relevé que le contrôle des comptes de la société avait révélé qu'elle avait accepté des paiements en espèces et que ces infractions ont été constatées par procès-verbal établi le 3 décembre 2013 dont un exemplaire a été remis à M. A, représentant légal de la société Hagil, qu'il a refusé de signer. Le service, relevant par la suite que les dispositions de l'article L. 112-7 du code monétaire et financier prévoit que les contrevenants sont passibles d'une amende fiscale ne pouvant excéder 5% des sommes indûment réglées en numéraire, a considéré qu'il y avait lieu de prononcer une amende de 508 198 euros à l'encontre de la société Comptoir Monceau or correspondant à 5% d'un montant total de 10 163 954 euros.
24. Toutefois, les mentions qui précèdent n'apportent aucune précision permettant d'identifier et dénombrer des prestations ayant donné lieu, selon le service, à paiement en espèces. En outre, et alors que le service mentionne le représentant légal d'une société qui n'est pas Comptoir Monceau or, s'il résulte des termes de la proposition de rectification du 29 juillet 2014 que le procès-verbal et le refus de signature mentionnés y étaient annexés, il est constant que ce document était dépourvu d'annexes lors de sa réception par la société. Par ailleurs, il résulte de ce qui a été dit au point qui précède que la proposition de rectification en date du 29 juillet 2014 ne comporte aucune motivation du taux de 5%, dont l'application n'était pas automatique. Au surplus, le service ne fait pas mention des dispositions de l'article L. 112-6 relatives à l'échange de métaux. Dans ces conditions, la société Comptoir Monceau or est fondée à soutenir que le service a insuffisamment motivé l'application de l'amende prononcée à son encontre au titre de l'année 2011 et des dispositions de l'article 1840 J du code général des impôts. Par suite, pour ce seul motif, la société Comptoir Monceau or est fondée à demander la décharge de cette amende.
S'agissant de la majoration pour manœuvres frauduleuses :
25. Ainsi qu'il a été dit au point 9, la société Comptoir Monceau or est fondée à demander la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés mise à sa charge au titre de l'exercice clos en 2011. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les moyens soulevés concernant cette pénalité, elle est fondée à demander la décharge de la majoration pour manœuvres frauduleuses, en application du c de l'article 1729 du code général des impôts, qui avait assorti cette imposition.
S'agissant des pénalités de 40% et 10% en application des a et b du 1 de l'article 1728 du code général des impôts :
26. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : / a. 10 % en l'absence de mise en demeure ou en cas de dépôt de la déclaration ou de l'acte dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; / b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ".
27. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la proposition de rectification adressée le 29 juillet 2014 à la société Comptoir Monceau or se bornait à indiquer que les droits rappelés au titre des traitements et salaires seraient assortis de la pénalité prévue à l'article 1728 A du code général des impôts, en citant les dispositions de cet article, sans énoncer les considérations de fait de nature à justifier légalement l'application de ce taux. Toutefois, dès lors que ce document faisait état, dans la section " procédure " de ce que la société n'avait pas déposé de déclaration de résultat au titre de l'année 2012 ni de déclarations au titre de la cotisation sur la valeur ajoutée et qu'une mise en demeure lui avait été adressée au titre de l'impôt sur les sociétés, ces faits, retenus dans la proposition de rectification, suffisaient à justifier l'application de la majoration de 10% et 40% pour défaut de production d'une déclaration dans les délais prescrits, sans qu'il soit nécessaire au service d'en répéter la mention dans la section relative à ces majorations.
28. En deuxième lieu, la société soutient qu'elle n'a pas reçu la mise en demeure qui lui aurait été adressée en date du 23 octobre 2013 et permettant l'application d'une majoration de 40% en application du b du 1 de l'article 1728 du code général des impôts. Pour établir l'envoi de cette mise en demeure, qui devait être notifiée par pli recommandé conformément aux dispositions citées au point 26, le service se borne à produire ce document, sans l'accompagner de preuve de sa réception ni même de son envoi. Dans ces conditions, la société est fondée à soutenir que l'envoi de la mise en demeure précédant l'application de la majoration de 40% prévue au b du 1 de l'article 1728 du code général des impôts n'est pas établie. Par suite, pour ce seul motif, la société Comptoir Monceau or est fondée à demander la décharge de cette majoration.
29. Il résulte de tout ce qui précède que la société Comptoir Monceau or est seulement fondée à demander la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés mise à sa charge au titre de l'exercice clos en 2011, assortie des intérêts de retard et majoration de 80% pour manœuvres frauduleuses en application de l'article 1729 du code général des impôts, de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, taxe additionnelle à cette cotisation, assorties des intérêts de retard et majoration de 10% en application du a. du 1. de l'article 1728 du code général des impôts, et frais de gestion mises à sa charge au titre de l'année 2011, de la majoration de 40% en application du b du 1 de l'article 1728 dont a été assortie la cotisation d'impôt sur les sociétés mise à sa charge au titre de l'exercice clos en 2012 ainsi que de l'amende prononcée au titre de l'année 2011 en application de l'article 1840 J du code général des impôts. Les conclusions présentées par la société Comptoir Monceau or doivent toutefois être rejetées en tant qu'elles tendent à la décharge de la cotisation d'impôt sur les sociétés mise à sa charge au titre de l'exercice clos en 2012, assortie des intérêts de retard, de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, taxe additionnelle à cette cotisation, assorties des intérêts de retard et majoration de 10% en application du a. du 1. de l'article 1728 du code général des impôts, et frais de gestion mises à sa charge au titre de l'année 2012, ainsi que de l'amende prononcée au titre de l'année 2011 en application de l'article 1737 du code général des impôts.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
30. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à la société Comptoir Monceau or au titre de l'article L. 761-1 du code général des impôts.
D E C I D E :
Article 1er : La société Comptoir Monceau or est déchargée de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés mise à sa charge au titre de l'exercice clos en 2011 et des intérêts de retard et majoration pour manœuvres frauduleuses correspondants, de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, taxe additionnelle à cette cotisation, assorties des intérêts de retard et majoration de 10% en application du a. du 1. de l'article 1728 du code général des impôts, et frais de gestion mises à sa charge au titre de l'année 2011, de l'amende prononcée à son encontre au titre de l'année 2011 en application des dispositions de l'article 1840 J du code général des impôts ainsi que de la majoration de 40% en application du b du 1 de l'article 1728 du code général des impôts dont était assortie la cotisation d'impôt sur les sociétés mise à sa charge au titre de l'exercice clos en 2012.
Article 2 : L'Etat versera à la société Comptoir Monceau or la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code général des impôts.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Comptoir Monceau or est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Comptoir Monceau or et à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France (division juridique).
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rohmer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Lenoir, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2024.
Le rapporteur,
A. LENOIR
Le président,
B. ROHMERLa greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317492
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté les demandes de la SARL 42 Consulting visant à obtenir la restitution du crédit d'impôt recherche pour les années 2019 et 2020. La juridiction a estimé que la société n'avait pas apporté la preuve que les projets litigieux remplissaient les conditions scientifiques et techniques d'éligibilité prévues par l'article 244 quater B du code général des impôts. Elle a également jugé non fondés les griefs relatifs à une irrégularité de la procédure administrative.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2409280
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de décharge d'impôt sur la plus-value immobilière présentée par Mme A... pour l'année 2020. Le litige portait sur l'interprétation de la condition d'exonération prévue au 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts, concernant la première cession d'un logement autre que la résidence principale. Le tribunal a jugé que le fait que la requérante ait été propriétaire de son ancienne résidence principale dans les quatre années précédant la vente faisait obstacle au bénéfice de l'exonération, et ce, même si ce bien n'était plus son domicile au moment de la cession.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2420874
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour formulée par un ressortissant sénégalais. La juridiction a jugé que le préfet de police avait méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ne tenant pas compte de l'ancienneté de la présence du requérant en France et de son insertion professionnelle continue. Le tribunal a enjoint à l'administration de délivrer un titre de séjour "salarié" dans un délai de trois mois et une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours, et a condamné l'État à verser 1 000 euros au requérant au titre des frais exposés.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2422817
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour. Le juge a constaté que l'administration n'avait pas répondu à la demande de communication des motifs de son refus implicite, ce qui constitue une illégalité. Cette solution s'appuie sur les articles L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration et R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026