mardi 15 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2108057 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ENARD-BAZIRE (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 avril 2021, Mme A B, représentée par Me Enard-Bazire, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le recteur de l'académie de Paris a refusé de l'inscrire au tableau d'avancement au grade de professeur certifié hors-classe au titre de l'année 2020 ;
2°) d'annuler le tableau d'avancement au grade de professeur certifié hors-classe pour l'année 2020 ;
3°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Paris de procéder à l'établissement d'un nouveau tableau d'avancement pour l'année 2020 et de procéder à l'examen de sa situation administrative ;
4°) de mettre à la charge du recteur de l'académie de Paris une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaque n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'est pas établi que ses mérites ont été comparés à ceux des autres candidats.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2021, le recteur de l'académie de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 24 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 8 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984,
- le code de l'éducation,
- le code des relations du public avec l'administration,
- le décret n° 72-581 du 4 juillet 1972,
- le décret n° 2005-1090,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Guérin-Lebacq, rapporteur public,
- et les observations de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme A B, professeur certifié de mathématiques de classe normale classée au 11ème échelon demande au tribunal d'annuler le tableau d'avancement au grade de professeur certifié hors-classe pour l'année 2020 ou d'annuler la décision par laquelle le recteur de l'académie de Paris a décidé de ne pas proposer son inscription au tableau d'avancement au grade de professeur certifié hors-classe au titre de l'année 2020.
Sur les conclusions en annulation de la décision de refus d'inscription de la requérante au tableau d'avancement et de ce tableau en tant qu'elle n'y figure pas :
2. Aux termes de l'article 34 du décret n° 72-581 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs certifiés, " le nombre maximum de professeurs certifiés pouvant être promus chaque année hors-classe est déterminé conformément aux dispositions du décret n° 2005-1090 du 1er septembre 2005 relatif à l'avancement de grade dans les corps des administrations de l'Etat ". Aux termes du décret n° 2005-1090 du 1er septembre 2005 précité : " I .-A compter du 1er janvier 2006, nonobstant toute disposition statutaire contraire, le nombre maximum des fonctionnaires appartenant à l'un des corps des administrations de l'Etat, à l'exclusion des corps propres des établissements publics, pouvant être promus à l'un des grades d'avancement de ce corps est déterminé par application d'un taux de promotion à l'effectif des fonctionnaires remplissant les conditions pour cet avancement de grade. Cet effectif s'apprécie au 31 décembre de l'année précédant celle au titre de laquelle sont prononcées les promotions. II. -Le taux de promotion mentionné au I est fixé par un arrêté du ministre intéressé. () ". Il résulte de ces dispositions que le tableau d'avancement au grade de professeur certifié hors-classe pour l'année 2020 qui comporte nécessairement un nombre maximum de fonctionnaires présente un caractère indivisible. Dès lors, les conclusions en annulation dirigées contre la décision refusant d'inscrire la requérante à ce tableau, et du tableau en tant qu'elle n'y figure pas ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions en annulation du tableau d'avancement au grade de professeur certifié hors-classe pour l'année 2020 :
3. Aux termes de l'article 58 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat visée ci-dessus : " () l'avancement de grade a lieu, selon les proportions définies par les statuts particuliers, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après :/ 1° Soit au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après avis de la commission administrative paritaire, par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents ; / () Les décrets portant statut particulier fixent les principes et les modalités de la sélection professionnelle, notamment les conditions de grade et d'échelon requises pour y participer. / Les promotions doivent avoir lieu dans l'ordre du tableau ou de la liste de classement. () ". Aux termes de l'article 34 du décret du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs certifiés visé ci-dessus : " Les professeurs certifiés peuvent être promus professeurs certifiés hors-classe lorsqu'ils ont atteint au moins le 9ème échelon de la classe normale. Pour les professeurs certifiés mentionnés au I de l'article 30-2, le tableau d'avancement est arrêté chaque année par le recteur, après avis de la commission administrative paritaire compétente, selon des orientations définies par le ministre chargé de l'éducation nationale () / / Les promotions sont prononcées, dans l'ordre d'inscription au tableau annuel d'avancement, par le recteur pour les personnels mentionnés au I de l'article 30-2 et par le ministre pour les personnels mentionnés au II du même article. ".
4. Si le juge de l'excès de pouvoir doit vérifier que les titres et les mérites de tous les intéressés ont fait l'objet d'un examen individuel et ont été effectivement comparés lors de l'établissement du tableau d'avancement, il ne lui appartient pas de contrôler l'appréciation faite par l'administration quant aux agents qu'elle choisit d'inscrire ou de ne pas inscrire au tableau, dès lors que cette appréciation n'est pas fondée sur des faits matériellement inexacts et n'est entachée ni d'une erreur de droit ni d'une erreur manifeste.
5. Pour décider de ne pas proposer l'inscription de Mme B au tableau d'avancement au grade de professeur certifié hors-classe pour l'année 2020 le recteur de l'académie de Paris s'est fondé sur la circonstance que l'avis de l'inspection pédagogique régionale faisait état de difficultés dans la gestion de ses classes depuis de nombreuses années et sur une sanction disciplinaire de déplacement d'office prononcée le 28 août 2009.
6. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les rapports d'inspection sur lesquels s'est fondée l'administration datent pour le plus récent de l'année 2009, soit de plus de dix ans, et que la sanction disciplinaire de déplacement d'office à laquelle il est fait référence a été annulée par une décision de la cour administrative d'appel de Paris en date du 21 octobre 2014 qui a enjoint à la réintégration de l'intéressée dans les fonctions qu'elle occupait au lycée Buffon avant l'édiction de cette décision. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que le recteur de l'académie de Paris ne pouvait pas sans entacher sa décision d'erreur manifeste d'appréciation s'appuyer sur ces éléments pour effectuer une comparaison entre les mérites de la requérante et ceux des autres professeurs certifiés promouvables hors-classe pour l'année 2020.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que le tableau d'avancement au grade de professeur certifié hors-classe pour l'année 2020 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. L'annulation d'un arrêté établissant un tableau d'avancement pour une année donnée n'a pas d'effet sur les nominations prononcées sur son fondement dès lors qu'elles sont devenues définitives, faute d'avoir été contestées dans le délai du recours contentieux. Par suite, l'annulation du tableau d'avancement au grade de professeur certifié hors-classe pour l'année 2020 n'implique pas que le recteur de l'académie de Paris procède à sa nomination rétroactive au tableau d'avancement et promotion de l'année 2020, pour ce qui concerne le grade de professeur certifié hors-classe pour l'année 2020, ni qu'il soit procédé à un réexamen de sa situation. Par suite, il y a lieu de rejeter ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (recteur de l'académie de Paris) la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le tableau d'avancement au grade de professeur certifié hors-classe pour l'année 2020 est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à Mme B la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au recteur de la région académique d'Ile-de-France, recteur de l'académie de Paris.
Délibéré après l'audience du 2 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Laloye, président,
Mme Roussier, première conseillère,
M. Théoleyre, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 novembre 2022.
La rapporteure,
S. C
Le président,
P. LaloyeLa greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2108057/6-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026