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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2109287

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2109287

vendredi 6 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2109287
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET THOUVENIN, COUDRAY ET GREVY (SCP)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une ordonnance du 14 avril 2021, enregistrée le 30 avril 2021 au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal administratif de Paris la requête présentée par Mme B.

Par une requête, enregistrée le 7 décembre 2020 sous le n° 2109287, et des mémoires enregistrés le 19 janvier 2021 et le 13 avril 2021, Mme A B, représentée par Me Thouvenin, Me Coudray et Me Grevy, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision implicite du recteur de la région académique d'Île-de-France, recteur de l'académie de Paris, de rejet du recours gracieux présenté à l'encontre sa décision implicite par laquelle il avait refusé de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle, ensemble cette décision ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'une insuffisance de motivation ;

- elles sont entachées d'erreurs de droit et d'appréciation dès lors qu'elle a fait l'objet d'actes constitutifs de harcèlement moral.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2021, le recteur de la région académique d'Île-de-France, recteur de l'académie de Paris, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requérante n'est fondé.

La clôture de l'instruction est intervenue le 30 juin 2022.

II. Par une requête, enregistrée le 13 août 2021 sous le n° 2117386, et un mémoire, enregistré le 14 septembre 2022, Mme A B, représentée par Me Thouvenin, Me Coudray et Me Grevy, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 75 000 euros, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison du harcèlement moral dont elle a été victime, des agissements fautifs excédant les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique et du bon fonctionnement du service et de la carence fautive de sa hiérarchie à intervenir pour y remédier, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa demande préalable, avec capitalisation de ces intérêts ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a subi des agissements constitutifs de harcèlement moral ou qui ont à tout le moins excédé les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique et du bon fonctionnement du service, auxquels sa hiérarchie n'a rien fait pour remédier, ce qui constitue autant de fautes de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;

- elle a subi un préjudice professionnel qu'elle évalue à 15 000 euros correspondant à la perte de compétences à la perte de chance de profiter d'une progression normale de carrière ;

- elle a subi un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence, qui pourront être réparés par l'allocation d'une somme de 30 000 euros ;

- elle a subi un préjudice financier, qu'elle évalue à 15 000 euros ;

- elle a subi un préjudice d'atteinte à sa réputation, qui pourra être réparé par l'allocation d'une somme de 15 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2022, le recteur de la région académique d'Île-de-France, recteur de l'académie de Paris, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- il n'a pas commis de faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;

- la requérante ne justifie pas de la réalité des préjudices qu'elle allègue.

La clôture de l'instruction est intervenue le 30 septembre 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le décret n° 89-122 du 24 février 1989 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rezard, rapporteur,

- les conclusions de Mme Pestka, rapporteure publique,

- les observations de Me Coudray, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes visées ci-dessus présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. Mme B, fonctionnaire titulaire du corps des professeurs des écoles depuis le 1er septembre 2002, a été affectée en dernier lieu le 1er septembre 2017 sur un emploi d'enseignante spécialisée au sein d'une unité localisée pour l'inclusion scolaire (ULIS), instaurée pour la prise en charge d'élèves présentant notamment des troubles spécifiques du langage et de l'apprentissage (TSLA), au sein de l'école élémentaire Barbanègre A, relevant du réseau d'éducation prioritaire (REP), dans le 19ème arrondissement de Paris. Par un courrier électronique du 7 avril 2020, elle a demandé le bénéfice de la protection fonctionnelle. En l'absence de réponse à cette demande, elle a formé le 5 août 2020 un recours gracieux auprès du recteur de la région académique d'Île-de-France, recteur de l'académie de Paris. La requérante demande l'annulation des décisions implicites nées du silence gardé sur sa demande et son recours gracieux. Elle demande également la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 75 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la légalité externe :

3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques () ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande () ".

4. La requérante n'établit pas avoir demandé communication des motifs de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité interne :

5. Aux termes du IV de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1984, alors applicable : " La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre () les agissements constitutifs de harcèlement () dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. / Lorsqu'elle est informée, par quelque moyen que ce soit, de l'existence d'un risque manifeste d'atteinte grave à l'intégrité physique du fonctionnaire, la collectivité publique prend, sans délai et à titre conservatoire, les mesures d'urgence de nature à faire cesser ce risque et à prévenir la réalisation ou l'aggravation des dommages directement causés par ces faits () ". Aux termes de l'article 6 quinquies de la même loi : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel () ".

6. Il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

7. En premier lieu, Mme B soutient qu'elle a été soumise à une surcharge de travail à partir de la rentrée 2017 et notamment pendant l'année scolaire 2019-2020, ce qui se serait traduit dès le début de l'année par le fait qu'elle devait travailler la journée auprès des élèves, former l'accompagnatrice d'élèves en situation de handicap en dispositif collectif (AESH-CO), dont elle avait obtenu le recrutement, préparer le travail pédagogique et répondre aux nombreuses sollicitations de ses collègues sur le déploiement du dispositif ULIS. Elle allègue aussi qu'elle devait régulièrement préparer les emplois du temps pendant le weekend et que la directrice a exercé un contrôle permanent sur elle, lui demandant de justifier de ses dates et horaires de rendez-vous professionnels avec les parents d'élèves relevant de ce dispositif. Toutefois, elle n'apporte aucun élément de nature à justifier de la réalité de ces allégations.

8. En deuxième lieu, la requérante soutient que, au cours de l'année 2019-2020, elle a subi une perte de responsabilités. Elle indique à cet égard que la directrice de l'école aurait organisé, peu avant la rentrée scolaire, les emplois du temps des élèves relevant de l'ULIS, sans la consulter et d'une manière qu'elle désapprouvait. La directrice aurait également décidé, lors du conseil des maîtres du 20 novembre 2019, de charger l'AESH-CO d'assister au cours de sport d'une enseignante, à la demande de cette dernière, pour y aider des élèves souffrant de troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA), alors même que la requérante, qui était alors en congé de maladie, s'y était opposée à plusieurs reprises. La requérante soutient que, ce faisant, la directrice a empiété sur ses prérogatives en tant que coordonnatrice de l'ULIS. Toutefois, si le coordonnateur exerce, en vertu de la circulaire ministérielle n° 2015-129 du 21 août 2015, une mission de direction pédagogique au sein de l'ULIS, et peut à cet égard programmer l'intervention des assistants de vie scolaire, dont les AESH-CO, les décisions en litige, dont la matérialité est établie par les pièces du dossier, relèvent des prérogatives qui sont dévolues, en sa qualité de chef de service, au directeur d'école. Enfin, si la requérante soutient que, le 12 novembre 2019, la directrice, après une altercation avec elle en salle des maîtres pendant la pause méridienne, a fait irruption dans sa classe pour en sortir un élève et l'AESH-CO, elle ne produit aucun élément de nature à étayer ces allégations.

9. En troisième lieu, la requérante soutient qu'elle a été isolée et que ses différentes initiatives ont été rejetées. Elle se prévaut à cet égard du fait que, au cours de l'année 2018-2019, elle avait élaboré, dans le cadre d'une formation qu'elle suivait en alternance, une fiche navette d'inclusion à destination des enseignants afin de faciliter l'accompagnement et le suivi des élèves souffrant de TSLA, mais qu'elle n'a pu le faire valider au dernier conseil des maîtres de l'année du fait de la directrice ou obtenir un retour de cette dernière à cet égard. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'absence de présentation de cette fiche en conseil des maîtres a uniquement résulté d'un ordre du jour chargé des derniers conseils des maîtres de l'année scolaire. La requérante allègue également que la proposition qu'elle avait formulée pour un élève n'a pas été retenue par la directrice lors du conseil des maîtres du 20 novembre 2019, auquel elle n'a pu participer en raison de son congé de maladie. Par eux-mêmes, ces deux faits, présentant un caractère isolé, ne sont pas de nature à faire présumer que, comme la requérante le soutient, ses initiatives auraient été systématiquement écartées.

10. En quatrième lieu, la requérante indique avoir subi de la part de la directrice des vexations, critiques et brimades. Elle produit à cet égard une copie d'un message adressé par elle à un collègue indiquant que la directrice lui aurait " hurlé " dessus au terme d'une réunion marquée, selon ses propres termes, par une incompréhension réciproque. Elle se prévaut ensuite de ce que la directrice lui aurait, le 1er octobre 2019, reproché un retard de transmission d'emplois du temps, en mettant en copie de ces échanges l'inspecteur d'académie, puis l'aurait relancée d'abord à 17 heures, en lui indiquant qu'elle commettait un manquement à ses obligations professionnelles, puis une nouvelle fois par message électronique à 18 heures, alors qu'il s'avère que l'intéressée avait en fait déjà effectué cette transmission antérieurement. La requérante fait également état de ce que, après son entretien avec l'inspecteur d'académie, elle a adressé le 15 octobre 2019 un message électronique à la directrice dans une approche qu'elle décrit comme conciliante notamment pour expliciter clairement ses attentes, ses missions et faire des propositions d'amélioration pour la gestion du dispositif, à la suite de quoi la directrice lui aurait répondu de manière peu amène qu'elle ne devait plus adresser de mails en nombre et tardifs et qu'elle se désolidarisait de ses propos.

11. Si ces éléments peuvent être de nature à faire présumer une situation de harcèlement moral, il ressort toutefois des pièces du dossier que les échanges mentionnés ci-dessus sont intervenus dans un contexte de tensions mutuelles entre la directrice et la requérante, notamment en raison du refus de cette dernière de se conformer aux décisions relatives à l'organisation du service prises par la directrice. Il ressort également des pièces du dossier que le courrier électronique adressé par la requérante à la directrice le 15 octobre 2019 comprenait des reproches contre une enseignante et des critiques vis-à-vis de la directrice quant à la décision prise par cette dernière de charger l'AESH-CO d'assister au cours de cette enseignante. Dès lors, pour regrettable que soit la tonalité de certains messages adressés par la directrice, elle s'explique par des considérations qui sont étrangères à tout harcèlement.

12. En cinquième lieu, la requérante soutient que la directrice et certains enseignants auraient tenu des propos vexatoires à son encontre. Elle se prévaut à cet égard de propos véhéments que la directrice et d'autres enseignants auraient tenus à son encontre, d'abord oralement le 12 novembre 2019 en salle des maîtres puis lors du conseil des maîtres du 20 novembre 2019, dont elle était absente en raison de son congé de maladie. Toutefois, la requérante ne produit aucun élément de nature à étayer ses allégations concernant la première date et, concernant la seconde, il ne ressort pas du compte-rendu de cette réunion que les critiques adressées à Mme B auraient revêtu un caractère vexatoire ou insultant à son encontre. Enfin, si la requérante produit une boucle de messages échangés entre enseignants de l'école sur l'application WhatsApp après son départ comportant des messages à teneur vexatoire pour elle, qui lui ont été transmis par une ancienne collègue, il résulte de l'instruction qu'elle n'a pris connaissance de ces messages, dont le caractère isolé n'est pas contesté, que le 15 mai 2020, soit postérieurement à la fin de son affectation au sein de l'école. Dans ces conditions, ils ne peuvent faire présumer, à eux seuls, l'existence d'une situation de harcèlement moral.

13. En cinquième lieu, quant aux autres allégations relatives au comportement de la directrice, la requérante soutient, d'une part, que la directrice est intervenue le 15 mars 2018 dans les échanges au sujet du projet d'établissement que Mme B avait préparé en lien avec l'inspection académique, sans se concerter préalablement avec elle, d'autre part, que la directrice n'avait pas prévu d'accompagnement pour l'accueil de quatre élèves psychotiques et de quatre élèves souffrant de TSLA et, enfin, que, alors qu'elle avait quitté l'établissement, la directrice lui a refusé l'accès à son ancienne salle de classe pour récupérer des effets personnels et à la salle des maîtres pour effectuer des reprographies. Toutefois, les deux premières allégations ne sont pas étayées par les pièces versées au dossier. Si concernant la dernière, la requérante produit une attestation de nature à confirmer sa matérialité, il en ressort que le refus d'accès à la salle des maîtres était la conséquence du fait qu'un conseil des maîtres s'y déroulait au même moment et que le refus d'accès à la salle de classe, pour regrettable qu'il soit, s'expliquait par le protocole sanitaire alors en vigueur, dont la requérante ne conteste pas qu'il imposait la désinfection systématique des salles de classe.

14. En sixième lieu, si la requérante soutient que sa hiérarchie ne l'a pas soutenue en dépit de la dégradation de ses conditions de travail et de son état de santé, il ressort des pièces du dossier qu'elle a été reçue par l'inspecteur d'académie au début du mois d'octobre 2019 et a obtenu des informations de la part de la cellule ressources humaines le 4 décembre 2019.

15. Il résulte de ce qui précède que les allégations dont la requérante justifie de la matérialité traduisent la mise en œuvre normale par la directrice de l'école de l'exercice de ses prérogatives et ne sont pas de nature à faire présumer l'existence d'une situation de harcèlement moral. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit ou d'appréciation que le recteur de la région académique d'Île-de-France, recteur de l'académie de Paris, a refusé à la requérante le bénéfice de la protection fonctionnelle.

16. Il résulte de ce qui précède que les faits mentionnés ci-dessus, lorsqu'ils sont établis, ne sont pas de nature à faire présumer l'existence d'une situation de harcèlement moral ou s'expliquent par des considérations étrangères à tout harcèlement. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit ou d'appréciation que le recteur de la région académique d'Île-de-France, recteur de l'académie de Paris, a refusé à la requérante le bénéfice de la protection fonctionnelle.

Sur les conclusions indemnitaires :

17. Pour les mêmes motifs que ceux qui précèdent, la requérante n'est pas fondée à soutenir, d'une part, qu'elle aurait été l'objet d'agissement constitutifs de harcèlement moral ou qui auraient à tout le moins excédé les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique et du bon fonctionnement du service et, d'autre part, qu'il y aurait eu une carence de ses responsables hiérarchiques dans la prise en compte de la dégradation de ses conditions de travail. Par suite, elle n'est pas fondée à engager la responsabilité pour faute de l'Etat.

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B aux fins d'annulation des décisions attaquées et ses conclusions indemnitaires ne peuvent qu'être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions aux fins d'injonction et celles qu'elle a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de Mme B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Délibéré après l'audience du 22 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Weidenfeld, présidente,

M. Rezard, premier conseiller,

M. Lautard-Mattioli, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2023.

Le rapporteur,

A. Rezard

La présidente,

K. Weidenfeld

Le greffier,

A. Lemieux

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°s 2109287-2117386/6-1

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