vendredi 16 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2111387 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | CABINET GARRIGUES, BEAULAC ASSOCIES (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 mai 2021 et le 16 mai 2022, M. B C, représenté par Me Beaulac, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 février 2021 par laquelle le Centre d'action sociale de la ville de Paris (CASVP) a rejeté sa demande d'aide à l'amélioration de l'habitat, ensemble la décision du 25 mars 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge du CASVP une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elles sont entachées d'erreur de droit.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 août 2021 et 11 juillet 2022, le Centre d'action sociale de la ville de Paris (CASVP) conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a présenté le 15 janvier 2021 auprès du Centre d'action sociale de la ville de Paris (CASVP) une demande d'aide à l'amélioration de l'habitat. Par décision du 3 février 2021, le directeur adjoint du CASVP a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler cette décision, ensemble la décision du 25 mars 2021 rejetant son recours gracieux contre ladite décision.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur une demande d'aide destinée à prendre en charge tout ou partie d'une dépense spécifique, soit le requérant a effectivement exposé cette dépense et le juge doit rechercher s'il satisfaisait alors aux conditions pour obtenir l'aide sollicitée, soit il n'a pas été en mesure de le faire et le juge doit rechercher si la demande d'aide conserve un objet et si le requérant remplit les conditions pour l'obtenir, au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant à la date à laquelle il statue. Dans les deux cas il doit, le cas échéant, prendre en considération la marge d'appréciation dont l'administration dispose pour accorder l'aide en litige.
3. En premier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que M. C ne peut utilement se prévaloir, à l'appui de son recours, des vices propres dont seraient entachées les décisions rejetant sa demande d'octroi de l'aide à l'amélioration de l'habitat. Les moyens tirés de l'incompétence et du défaut de motivation dont seraient entachées les décisions attaquées ne peuvent ainsi qu'être écartés comme inopérants.
4. En second lieu, aux termes de l'article 1 du A/ du titre I du règlement municipal des prestations d'aide sociale facultative de la ville de Paris : " Les personnes qui ont un domicile à Paris au sens du code civil et qui y résident de manière effective et à titre principal, peuvent bénéficier des prestations prévues par le règlement municipal des prestations d'aide sociale facultative () ". Aux termes de l'article 3 du B/ du même titre : " () la liquidation de la prestation ne peut intervenir que lorsque le dossier est complet et si l'intéressé remplit toutes les conditions d'octroi de la prestation à la date de la demande () ". Aux termes de l'article a/1 du point 3.2 du chapitre 3 du titre V du même règlement : " L'aide à l'amélioration de l'habitat consiste en une aide financière personnalisée instruite avec le concours de SOLIHA Paris - Hauts de Seine - Val d'Oise ". Aux termes de l'article a/2 du même point : " Cette aide est destinée à prendre en charge, en partie ou en totalité, le coût des travaux d'amélioration de l'habitat sur parties communes que des propriétaires occupants parisiens ne peuvent supporter seuls. / La liste des travaux pouvant être financés est fixée par délibération du Conseil d'Administration du CASVP. / Les travaux ne sont pris en compte que pour la part des frais revenant au propriétaire occupant. Ils doivent avoir été votés par l'assemblée générale des copropriétaires ". Aux termes de l'article b/1 du même point : " Le demandeur doit être propriétaire occupant. Il doit occuper effectivement son logement depuis 3 ans au moins appréciés au moment du dépôt de la demande ". Aux termes de l'article b/2 du même point : " Le montant de l'imposition du demandeur doit être inférieur ou égal à un plafond fixé par le Conseil de Paris et précisé en annexe V 3.2 ". Aux termes de l'article c/2 du même point : " Le montant de l'aide est fixé par le responsable du service spécialisé au vu des possibilités contributives du demandeur, des financements d'organismes habilités et du coût des travaux ".
5. Il résulte de l'instruction que M. C a sollicité l'aide à l'amélioration de l'habitat au titre de travaux de réfection de l'étanchéité des terrasses de l'immeuble sis 37 avenue Reille à Paris (75014) dont il est copropriétaire occupant, travaux ayant été votés lors de l'assemblée générale des copropriétaires du 9 novembre 2020. Par décision du 3 février 2021, confirmée sur recours gracieux le 25 mars 2021, le directeur adjoint du CASVP a rejeté la demande de M. C. Eu égard à la finalité de l'aide en cause et à la marge d'appréciation dont dispose le CASVP dans l'octroi de celle-ci, il n'apparaît pas que le refus d'attribution ainsi opposé à M. C, compte tenu notamment des ressources perçues par l'intéressé au cours de l'année 2020, telles qu'elles ressortent du dossier d'instruction de sa demande d'aide, serait entaché d'illégalité.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, en l'ensemble de ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au Centre d'action sociale de la ville de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
N. DLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/6-2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026