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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2111546

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2111546

mercredi 8 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2111546
TypeDécision
PublicationC
Formation1re Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET GRYNER & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 31 mai 2021, le 20 avril 2022 et les 9 mars et 9 mai 2023, la société par actions simplifiée (SAS) A Développement, représentée par Me Gryner, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2013 et 2014 ;

2°) à titre subsidiaire, de prononcer la décharge des seuls intérêts de retard et pénalités au titre des mêmes années ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'administration fiscale a méconnu les dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales en s'abstenant de répondre à ses courriers des 21 février et 13 mars 2017 ;

- l'avis de mise en recouvrement du 23 mars 2018 est entaché d'irrégularité, dès lors qu'il se réfère à une lettre d'informations du 27 octobre 2017 qui ne lui a jamais été adressée, que le montant des pénalités dont il fait état est erroné et qu'il ne mentionne pas la proposition de rectification du 21 décembre 2016 ;

- les sommes allouées à la location d'un yacht en 2013 et 2014 ne sauraient être regardées comme des revenus distribués à M. A, gérant de la société.

Par un mémoire en défense et des mémoires complémentaires, enregistrés le 17 mars 2022 et les 27 février et 27 mars 2023, le directeur de la direction nationale des vérifications de situations fiscales conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la SAS A Développement ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Khansari,

- et les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS A Développement, qui exerce les activités de holding financière et de prestations de services, est la société mère du groupe A Développement, ayant opté pour le régime de l'intégration fiscale prévu par les dispositions des articles 223 A et suivants du code général des impôts. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015, à la suite de laquelle des impositions supplémentaires en matière d'impôt sur les sociétés lui ont été notifiées, assorties d'une majoration pour manquement délibéré et d'intérêts de retard. Par la présente requête, la société requérante demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2013 et 2014.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () / Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être motivée ".

3. La société A Développement soutient que l'administration fiscale a méconnu les dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales en s'abstenant de répondre à ses courriers des 21 février et 13 mars 2017. Toutefois, il résulte de l'instruction, d'une part, que l'administration a effectivement répondu aux observations de la société sur la proposition de rectification qui lui a été adressée, le 8 mars 2017 et, d'autre part, que la société A Développement n'établit pas avoir envoyé le courrier du 13 mars 2017 comportant de nouvelles observations, produit au cours de la présente instance. En tout état de cause, l'absence de réponse de l'administration à ce courrier est sans incidence sur la régularité de la procédure au regard des dispositions précitées de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales : " L'avis de mise en recouvrement prévu à l'article L. 256 indique pour chaque impôt ou taxe le montant global des droits, des pénalités et des intérêts de retard qui font l'objet de cet avis. () / Lorsqu'en application des dispositions de l'article 223 A du code général des impôts ou de l'article 223 A bis du même code la société mère d'un groupe ou l'établissement public industriel et commercial qui s'est constitué seul redevable de l'impôt sur les sociétés dû sur l'ensemble des résultats d'un groupe est amené à supporter les droits et pénalités résultant d'une procédure de rectification suivie à l'égard d'un ou de plusieurs membres du groupe, l'administration adresse à cette société mère ou à cet établissement public, préalablement à la notification de l'avis de mise en recouvrement correspondant, un document l'informant du montant global par impôt des droits, des pénalités et des intérêts de retard dont elle ou il est redevable. L'avis de mise en recouvrement, qui peut être alors émis sans délai, fait référence à ce document. () ".

5. Il résulte de ces dispositions que lorsque l'avis de mise en recouvrement est consécutif à une procédure de rectification, il doit faire référence soit, lorsque le redevable de l'impôt est la personne avec laquelle la procédure de rectification a été suivie, à la proposition prévue à l'article L. 57 ou à la notification prévue à l'article L. 76 du livre des procédures fiscales et, le cas échéant, au document adressé au contribuable l'informant d'une modification des droits, taxes et pénalités résultant des rectifications, soit, lorsque la procédure de rectification a été suivie à l'égard d'une ou de plusieurs sociétés d'un groupe fiscalement intégré et que la société mère de ce groupe est amenée à supporter les impositions et pénalités en résultant en application des dispositions de l'article 223 A du code général des impôts, au document informant cette dernière du montant global par impôt des droits, des pénalités et des intérêts de retard dont elle est redevable.

6. La société A Développement soutient que l'avis de mise en recouvrement du 23 mars 2018 est entaché d'irrégularité, dès lors qu'il se réfère à une lettre d'informations du 27 octobre 2017 qui ne lui a jamais été adressée, que le montant des pénalités dont il fait état est erroné et qu'il ne mentionne pas la proposition de rectification du 21 décembre 2016. Toutefois, l'administration fiscale produit une copie de l'avis de réception du courrier du 27 octobre 2017 indiquant qu'il a été distribué à l'adresse de la société requérante le 7 novembre 2017, sans que cette dernière ne fasse état d'aucune circonstance précise de nature à démontrer que ce courrier n'aurait pas été réceptionné par une personne habilitée. En outre, l'avis de mise en recouvrement indique que le montant des pénalités mises à la charge de la société A Développement s'élève à 23 954 euros, conformément aux informations contenues dans le courrier du 27 octobre 2017, qui expose distinctement les modalités de calcul ayant permis la détermination des pénalités appliquées. Enfin, l'avis vise ce même courrier, qui constitue le seul document auquel il doit nécessairement faire référence pour respecter les dispositions précitées de l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'avis de mise en recouvrement du 23 mars 2018 est irrégulier.

Sur le bien-fondé des impositions :

7. Le moyen tiré de ce que les sommes allouées à la location d'un yacht en 2013 et 2014 ne sauraient être regardées comme des revenus distribués imposables entre les mains de M. A est inopérant dans le cadre du présent litige, qui porte sur les impositions supplémentaires mises à la charge de la société A Développement.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la société A Développement n'est pas fondée à demander la décharge des impositions en litige. Sa requête doit donc être rejetée, en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de SAS A Développement est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS A Développement et au directeur de la direction nationale des vérifications de situations fiscales.

Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Vidal, président,

Mme Grossholz, première conseillère,

M. Khansari, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2023.

Le rapporteur,

A. KHANSARI

La présidente,

S. VIDAL La greffière,

S. RUBIRALTA

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision./1-1

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