LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2111842

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2111842

lundi 22 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2111842
TypeDécision
PublicationC
Formation4e Section - 2e Chambre
Avocat requérantCABINET ORRICK, HERRINGTON & SUTCLIFFE (LLP)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 3 juin 2021, 23 novembre et 8 décembre 2023, la société Govhe, représentée par Me Chahid-Nouraï, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la décharge de la majoration dont ont été assortis les rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre des années 2016 et 2018 ;

2°) de prononcer le remboursement de la somme de 44 326 euros déjà acquittée, assortie des intérêts moratoires prévus à l'article L. 208 du livre des procédures fiscales et de leur capitalisation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :

- l'administration n'a pas, dans son courrier du 8 novembre 2019, répondu à la demande d'abandon de la majoration pour manquement délibéré formulée par la société dans sa lettre du 18 octobre 2019 au regard des omissions qu'elle a commises à son détriment ; cette réponse à ses observations est insuffisamment motivée ;

- l'avis de mise en recouvrement du 14 août 2020 n'est pas davantage motivé sur le maintien de cette pénalité, alors que des rappels ont été abandonnés ;

En ce qui concerne la majoration pour manquement délibéré :

- l'administration n'apporte pas la preuve de son intention d'éluder l'impôt ; les omissions relevées ne sont que des erreurs consécutives de l'inexpérience fiscale de son gérant, alors qu'elle a été créée récemment, et de l'incompétence de ses comptables successifs ; elle a commis des erreurs à son profit mais également à son détriment ; l'importance des montants et la réitération des omissions relevées dans la proposition de rectification ne sont pas établies compte tenu de l'abandon des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de l'année 2017.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 octobre et 7 décembre 2023, l'administrateur de l'Etat de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par la société Govhe n'est fondé.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office tirés de l'irrecevabilité des conclusions tendant, d'une part, au remboursement de la somme de 44 326 euros déjà acquittée et, d'autre part, au versement des intérêts moratoires prévus à l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, en l'absence de litige né et actuel avec le comptable public.

Par ordonnance du 8 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 8 décembre suivant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Barruel,

- les conclusions de Mme Alidière, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société Govhe, qui exerce une activité de conseil spécialisé en santé, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour les exercices clos en 2016, 2017 et 2018. L'administration lui a notifié, par proposition de rectification du 28 juin 2019, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée selon la procédure de rectification contradictoire prévue par l'article L. 55 du livre des procédures fiscales au titre notamment des années 2016 et 2018. Par la présente requête, la société Govhe demande la décharge de la majoration de 40 % pour manquement délibéré dont ont été assortis ces rappels.

Sur les pénalités :

2. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".

3. En vertu de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales, en cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable, la preuve de la mauvaise foi ou des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration.

4. Pour assortir les rappels en litige de la majoration prévue au a. de l'article 1729 du code général des impôts précité, l'administration a fait valoir que la société Govhe ne pouvait ignorer qu'elle déposait des déclarations CA3 vides de janvier à septembre 2016 alors qu'au vu des encaissements, elle aurait dû déclarer un montant de 74 577 euros de taxe sur la valeur ajoutée collectée. Elle relève qu'au moment de l'établissement de la liasse fiscale de l'exercice clos le 30 novembre 2016, l'expert-comptable de la société a établi un solde de taxe sur la valeur ajoutée à régulariser de 32 937 euros inscrit le 30 novembre 2016 au crédit du compte n° 445800 " Etat taxes sur CA à régulariser ", résultant d'une omission de taxe sur la valeur ajoutée collectée de 102 218 euros et d'une taxe sur la valeur ajoutée déductible non déclarée de 69 280 euros et que ce solde n'avait toujours pas été régularisé au commencement des opérations de contrôle en février 2019. Enfin, elle observe l'importance des montants de taxe sur la valeur ajoutée collectée non déclarés et la réitération de ces omissions sur les trois exercices vérifiés. Cependant, la société requérante fait valoir qu'elle a été créée récemment, qu'elle a changé à plusieurs reprises de comptable en raison de leur incompétence et, surtout, qu'elle a également commis des erreurs à son détriment sur l'ensemble de la période vérifiée en omettant de déclarer de la taxe sur la valeur ajoutée déductible conduisant notamment à l'abandon total des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de l'année 2017, la société ayant payé en excès 7 105 euros de taxe. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, l'administration, n'apporte pas la preuve de l'intention de la société Govhe d'éluder l'impôt, laquelle doit être appréciée au moment où cette dernière a souscrit ses déclarations de taxe sur la valeur ajoutée, et donc du bien-fondé des pénalités pour manquement délibéré dont ont été assorties les impositions litigieuses.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la société Govhe est fondée à demander la décharge des pénalités auxquelles elle a été assujettie en application de l'article 1729 du code général des impôts au titre des années 2016 et 2018.

Sur les conclusions tendant au remboursement des sommes déjà acquittées assorti du versement d'intérêts moratoires et de leur capitalisation :

6. Aux termes de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales : " Quand l'Etat est condamné à un dégrèvement d'impôt par un tribunal () les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable et donnent lieu au paiement d'intérêts moratoires () ". Aux termes du 3ème alinéa de l'article R*. 208-1 du même livre, ces intérêts sont " payés d'office en même temps que les sommes remboursées au contribuable par le comptable chargé du recouvrement des impôts ".

7. Il résulte de ces dispositions qu'en exécution d'une décision de justice ordonnant une décharge, la restitution des sommes déjà versées par un contribuable, assortie des intérêts moratoires, doit être faite par le comptable chargé du recouvrement, sans qu'il soit besoin d'adresser à cette fin une injonction à l'administration fiscale. Dans ces conditions, et en l'absence de litige né et actuel avec le comptable chargé du recouvrement, les conclusions de la société Govhe tendant au remboursement de la somme de 44 326 euros déjà acquittée assorti des intérêts moratoires sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à la capitalisation de ces intérêts, doivent, par voie de conséquence, être rejetées.

9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la société Govhe est seulement fondée à demander la décharge de la majoration pour manquement délibéré dont ont été assortis les rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge pour les années 2016 et 2018.

Sur les frais liés au litige :

10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Govhe et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La société Govhe est déchargée de la majoration pour manquement délibéré dont ont été assortis les rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge pour les années 2016 et 2018.

Article 2 : L'Etat versera à la société Govhe une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Govhe est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Govhe et à l'administrateur de l'Etat de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 8 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Le Roux, présidente,

Mme Barruel, première conseillère,

Mme Berland, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 janvier 2024.

La rapporteure,

L. BARRUELLa présidente,

M-O. LE ROUX

La greffière,

F. RAJAOBELISON

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/4-

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2417280

Le Tribunal Administratif de Paris a annulé les décisions du ministre de la justice refusant un changement de nom. Le juge a estimé que la requérante justifiait d'un intérêt légitime exceptionnel, fondé sur des motifs affectifs, pour porter le nom de son père biologique et affectif, et ce malgré l'existence d'une filiation paternelle légalement établie à l'égard d'un autre homme. La décision s'appuie sur l'article 61 du code civil, qui n'assujettit pas l'intérêt légitime à changer de nom à l'existence d'un lien de filiation avec le porteur du nom sollicité.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2402737

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler les arrêtés d'expulsion et de fixation du pays de destination. La juridiction a estimé que le ministre de l'intérieur avait légalement fondé sa décision sur l'article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, considérant que les condamnations et le comportement agressif de l'intéressé, évoluant vers des menaces à caractère terroriste, constituaient une menace grave pour l'ordre public et portaient atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État. Le tribunal a également jugé que l'arrêté fixant le Maroc comme pays de destination ne méconnaissait pas l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504315

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant chinois condamné pour meurtre, qui demandait l'annulation de son arrêté d'expulsion du 5 décembre 2024. Le tribunal a jugé que le préfet de police était compétent pour signer l'arrêté et que la motivation de la décision, qui invoquait une menace grave pour l'ordre public, était suffisante au regard des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (article L. 631-1) et du code des relations entre le public et l'administration. La demande d'aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée, faute d'urgence démontrée.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2406377

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI Habitat Cavaignac visant à annuler l'arrêté municipal du 17 janvier 2024 refusant la transformation d'un local commercial en meublé de tourisme. La juridiction a jugé que le refus de la Maire de Paris était légal, car il était justifié par la nécessité de protéger l'environnement urbain et l'équilibre entre les fonctions de la ville, conformément au règlement municipal adopté sur le fondement du code du tourisme (articles L. 324-1-1 et R. 324-1-5). La demande d'injonction et de condamnation pécuniaire à l'encontre de la Ville a également été rejetée.

23/03/2026

← Retour aux décisions