lundi 12 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2112505 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET THOUVENIN, COUDRAY ET GREVY (SCP) |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée sous le n° 2112505, un mémoire complémentaire et un mémoire en réplique, enregistrés les 8 juin et 6 octobre 2021 et 3 octobre 2022, Mme B E, représentée par la SCP Thouvenin, Coudray et Grevy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 31 décembre 2018 par laquelle le groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences (GHU) a nommé Mme D C dans le corps des cadres socio-éducatifs de la fonction publique hospitalière ;
2°) de mettre à la charge du GHU une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est intervenue sur le fondement d'un concours organisé de façon irrégulière et annulé par un jugement du tribunal de céans n°1905183/1-3 du 7 avril 2021.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 19 septembre 2022 et 20 février 2023, le groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences (GHU), représenté par Me Falala, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de la requérante la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté et du défaut d'intérêt à agir de son auteur ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée sous le n° 2112506, un mémoire complémentaire et un mémoire en réplique, enregistrés les 8 juin et 6 octobre 2021 et 3 octobre 2022, Mme B E, représentée par la SCP Thouvenin, Coudray et Grevy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 août 2019 par laquelle le groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences (GHU) a nommé Mme F A dans le corps des cadres socio-éducatifs de la fonction publique hospitalière ;
2°) de mettre à la charge du GHU une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est intervenue sur le fondement d'un concours organisé de façon irrégulière.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 19 septembre 2022 et 20 février 2023, le groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences (GHU), représenté par Me Falala, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de la requérante la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté et du défaut d'intérêt à agir de son auteur ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°2007-839 du 11 mai 2007 ;
- le décret n° 2019-54 du 30 janvier 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sorin,
- les conclusions de M. Lahary, rapporteur public,
- et les observations de Me Falala, représentant le groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B E s'est portée candidate au concours interne sur titres de cadre socio-éducatif de la fonction publique hospitalière ouvert par l'établissement public de santé Maison Blanche, qui relève du groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences (GHU). Le 29 novembre 2018, le jury ne l'a pas déclarée admissible. Par une délibération du jury du 30 novembre 2018, Mme D C a été admise sur liste principale et Mme F A sur liste complémentaire. Mmes C et A ont été nommées en qualité de cadres socio-éducatif stagiaires par des arrêtés respectifs du 31 décembre 2018 et du 26 août 2019. Par un jugement n° 1905183/1-3 du 7 avril 2021, le tribunal de céans a annulé la délibération du jury du 30 novembre 2018 relative aux résultats du concours sur titre litigieux. Par les présentes requêtes, Mme E demande l'annulation des arrêtés des 31 décembre 2018 et 26 août 2019 par lesquels Mmes C et A ont été nommés cadres socio-éducatif stagiaires.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2112505 et n° 2112506 ont été introduites par la même requérante, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. En premier lieu, le GHU soutient que les requêtes sont tardives, et donc irrecevables, dès lors qu'elles ont été introduites le 8 juin 2021 contre des arrêtés de nomination en date des 31 décembre 2018 et 26 août 2019. Toutefois, il est constant que les arrêtés de nomination litigieux, d'une part, n'ont été notifiés qu'aux intéressées, Mmes C et A, et qu'ils n'ont pas été publiés, et, d'autre part, qu'ils n'ont été communiqués à Mme E que sur sa demande le 8 avril 2021, à la suite d'une procédure devant la commission d'accès aux documents administratifs. Dans ces conditions, et dès lors que la requête a été introduite le 8 juin 2021, soit dans le délai de deux mois ouvert à la suite de la communication le 8 avril 2021 des décisions attaquées, la fin de non-recevoir opposée par le GHU tirée de la tardiveté des requêtes doit être écartée.
4. En second lieu, le GHU soutient que les requêtes sont irrecevables dès lors que Mme E ne présenterait aucun intérêt à agir. Toutefois, il est constant que Mme E s'était portée candidate au concours interne sur titres de cadre socio-éducatif ouvert par l'établissement public de santé Maison Blanche et que, ce faisant, elle avait manifesté son intérêt pour les postes dans lesquels Mmes C et A ont été nommées. Dans ces conditions, et dès lors que Mme E établissait un intérêt à agir par le seul motif qu'elle s'est présentée au concours, la fin de non-recevoir opposées par le GHU tirée du défaut d'intérêt à agir de la requérante doit être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
5. Par un jugement n° 1905183/1-3 du 7 avril 2021 devenu définitif, le tribunal de céans a annulé la délibération du jury du 30 novembre 2018. Par conséquent, et dès lors que les décisions attaquées ont été prises sur le fondement de cette délibération, Mme E est fondée à se prévaloir de l'illégalité de celle-ci pour demander l'annulation de la décision du 31 décembre 2018 par laquelle le GHU a nommé Mme D C dans le corps des cadres socio-éducatifs de la fonction publique hospitalière, et de celle du 26 août 2019 par laquelle le GHU a nommé Mme F A dans le même corps.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du GHU, partie perdante, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme E et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du GHU présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions des 31 décembre 2018 et 26 juin 2019 par lesquelles le groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences a nommé Mmes C et A dans le corps des cadres socio-éducatifs de la fonction publique hospitalière sont annulées.
Article 2 : Le groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences versera à Mme E une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 3 : Les conclusions du GHU présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E et au groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences.
Copie en sera adressée à Mmes F A et D C.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Errera, premier conseiller,
Mme de Saint-Chamas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2023.
Le président-rapporteur,
J. SORINL'assesseur le plus ancien,
A. ERRERALa greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2, 2112506/2-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026