mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2112551 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | DENEUVE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 juin 2021 et le 23 juin 2022, Mme A C, représentée par Me Deneuve, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions implicites de rejet du 16 mai 2021 par lesquelles le directeur de l'EHPAD Annie Girardot et la directrice du centre d'action sociale de la ville de Paris (CASVP) ont rejeté ses recours gracieux et hiérarchique tendant à la délivrance d'une attestation justifiant de son engagement actif pendant la période d'état d'urgence sanitaire ;
2°) d'enjoindre au directeur de l'EHPAD Annie Girardot de lui délivrer l'attestation demandée ;
3°) de mettre à la charge de l'administration une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le refus de lui délivrer l'attestation porte atteinte à sa dignité et au principe d'égalité dès lors que son droit à être naturalisée est fragilisé ;
- elle est fondée à obtenir la délivrance de l'attestation dès lors qu'elle a exercé les fonctions d'aide-soignante durant la majeure partie de l'état d'urgence sanitaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2021, le centre d'action sociale de la ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est tardive et que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les conclusions de M. Blanc, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a été recrutée comme agente contractuelle par le centre d'action sociale de la ville de Paris (CASVP) pour exercer les fonctions d'aide-soignante au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Annie Girardot du 24 janvier au 31 mai 2020. Le 17 décembre 2020, elle a sollicité la délivrance d'une attestation justifiant de son engagement actif pendant la période d'état d'urgence sanitaire. En l'absence de réponse de l'administration, elle a adressé, par deux courriers reçus le 16 mars 2021, un recours gracieux auprès du directeur de l'EHPAD Annie Girardot et un recours hiérarchique auprès de la directrice du CASVP. Par la présente requête, Mme C doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision implicite du 17 février 2021 par laquelle le directeur de l'EHPAD a refusé de lui délivrer l'attestation et des décisions implicites du 16 mai 2021 par lesquelles le directeur de l'EHPAD et la directrice du CASVP ont rejeté ses recours gracieux et hiérarchique.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. () ".
3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C ait formulé une demande tendant à connaître les motifs de la décision implicite de rejet du 17 février 2021. En l'absence de justification d'une telle demande, le moyen tiré de l'absence de motivation de la décision implicite de rejet doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 312-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Font l'objet d'une publication les instructions, les circulaires ainsi que les notes et réponses ministérielles qui comportent une interprétation du droit positif ou une description des procédures administratives. () ". Aux termes de l'article L. 312-3 du même code : " Toute personne peut se prévaloir des documents administratifs mentionnés au premier alinéa de l'article L. 312-2, émanant des administrations centrales et déconcentrées de l'Etat et publiés sur des sites internet désignés par décret. () ". Des règles particulières d'opposabilité des circulaires, instructions, notes et réponses ministérielles émanant des administrations centrales et déconcentrées de l'Etat ont par ailleurs été fixées à l'article R. 312-10 de ce même code, aux termes duquel : " Les sites internet sur lesquels sont publiés les documents dont toute personne peut se prévaloir dans les conditions prévues à l'article L. 312-3 précisent la date de dernière mise à jour de la page donnant accès à ces documents ainsi que la date à laquelle chaque document a été publié sur le site. / Ces sites comportent, sur la page donnant accès aux documents publiés en application de l'article L. 312-3, la mention suivante : " Conformément à l'article L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration, toute personne peut se prévaloir de l'interprétation d'une règle, même erronée, opérée par les documents publiés sur cette page, pour son application à une situation qui n'affecte pas des tiers, tant que cette interprétation n'a pas été modifiée, sous réserve qu'elle ne fasse pas obstacle à l'application des dispositions législatives ou réglementaires préservant directement la santé publique, la sécurité des personnes et des biens ou l'environnement. / () ". L'article D. 312-11 du même code recense les sites internet mentionnés au premier alinéa de l'article L. 312-3, parmi lesquels figure celui du ministère de l'intérieur, en précisant, au dernier alinéa, que lorsque la page à laquelle renvoient les adresses mentionnées ci-dessus ne donne pas directement accès à la liste des documents mentionnés à l'article L. 312-3, elle comporte un lien direct vers cette liste, identifié par la mention " Documents opposables ".
5. Il résulte de ces dispositions que, pour être opposable, une circulaire du ministre de l'intérieur adressée aux préfets doit faire l'objet d'une publication sur le site " www.interieur.gouv.fr " par le biais d'une insertion dans la liste définissant les documents opposables et comportant les mentions prescrites à l'article R. 312-10, et doit comporter un lien vers le document intégral publié sur le site " légifrance.gouv.fr ".
6. En l'espèce, par une circulaire du 14 septembre 2020, la ministre déléguée en charge de la citoyenneté auprès du ministre de l'intérieur a entendu favoriser et accélérer le traitement des dossiers de naturalisation des ressortissants étrangers ayant pris une part active dans la lutte contre la covid-19. A ce texte sont annexées, d'une part, une liste indicative des métiers de première ligne ouvrant droit à reconnaissance, parmi lesquels figurent les personnels de santé et de soin et, d'autre part, une attestation justifiant d'un engagement actif pendant la période d'état d'urgence sanitaire, à renseigner par l'agent et son employeur. Aux termes de cette attestation, l'agent déclare sur l'honneur avoir travaillé et participé à la continuité de la vie de la Nation durant la totalité ou la majeure partie de la période d'état d'urgence sanitaire et l'employeur certifie les dates auxquelles l'agent a exercé son activité.
7. Il n'est pas établi, ni d'ailleurs allégué par la requérante, que la circulaire du 14 septembre 2020 relative à la reconnaissance de l'engagement des ressortissants étrangers pendant la crise du covid-19 figurerait sur la liste des documents opposables répertoriés sur le site du ministère de l'intérieur. Cette circulaire n'a donc pas été publiée dans les conditions précisées aux points 4 et 5 du présent jugement. Par suite, Mme C ne peut utilement se prévaloir de ses énonciations. Les moyens tirés de la méconnaissance du contenu de la circulaire et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent donc être écartés.
8. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été énoncé au point précédent que Mme C ne peut se prévaloir du contenu de la circulaire du 14 septembre 2020 pour soutenir que l'EHPAD Annie Girardot a porté atteinte à sa dignité et au principe d'égalité en refusant de lui délivrer l'attestation demandée. En tout état de cause, l'intéressée conserve la possibilité de se prévaloir de son engagement dans la lutte contre la covid-19 en produisant son contrat de travail et des bulletins de paie à l'appui d'une demande de naturalisation. Par suite, le moyen tiré de la violation des droits de la requérante doit également être écarté
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision implicite du 17 février 2021 par laquelle le directeur d'EHPAD Annie Girardot a refusé de lui délivrer l'attestation d'engagement actif, ni des décisions implicites de rejet de ses recours gracieux et hiérarchiques du 16 mai 2021. Par suite, la requête de Mme C doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à l'EHPAD Annie Girardot et au centre d'action sociale de la ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Evgénas, présidente,
M. Le Bianic, premier conseiller,
Mme de Saint-Chamas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
Le rapporteur,
T. BLa présidente,
J. EVGÉNAS
La greffière,
C. LELIEVRE
La République mande et ordonne préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026