mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2114821 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CAYLA DESTREM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 juillet 2021 et le 3 juin 2022, M. E D, représenté par Me Cayla-Destrem, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 29 juin et 8 juillet 2021 par lesquelles la directrice académique des services de l'éducation nationale chargée des lycées et de la liaison avec l'enseignement supérieur de Paris a rejeté toute affectation de sa fille A D dans un des lycées dispensant le chinois et en tant qu'elles refusent toute dérogation à sa fille pour être affectée dans un lycée hors de son académie qui dispense le chinois en section orientale ou, à tout le moins, internationale ;
2°) d'enjoindre à l'autorité compétente, à titre principal, d'accorder la dérogation demandée et d'inscrire Eva D au lycée Jean de la Fontaine à Paris en section langue orientale pour l'année 2021-2022 ou dans un autre lycée pour lequel elle avait émis un vœu d'affectation, selon l'ordre qu'elle a demandé, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir, et, à titre subsidiaire, d'enjoindre au recteur de procéder au réexamen de sa demande de dérogation pour une inscription en section langue orientale selon l'ordre des vœux émis ou en section internationale, pour l'année 2021-2022, dans les mêmes conditions d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;
-elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
-elles méconnaissent l'article D. 211-11 du code de l'éducation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 février 2022, le recteur de l'académie de Paris, recteur de la région académique Ile-de-France conclut au rejet de la requête
Il soutient que :
-à titre principal, la requête est irrecevable en application de l'article R. 612-5-2, M. D n'ayant pas confirmé le maintien de sa requête dans le délai d'un mois suivant la notification de l'ordonnance de référé ;
-à titre subsidiaire, aucun moyen de la requête n'est fondé.
Par un courrier du 19 mai 2022, une demande de maintien de la requête a été adressée à M. D en application de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative.
Par son mémoire enregistré le 3 juin 2022, M. D a confirmé le maintien de sa requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme B,
-les conclusions de M. Charzat, rapporteur public,
-et les observations de Mme F, représentant le recteur de la région académique Ile-de-France.
Considérant ce qui suit :
1. La fille de M. D, Eva D, a effectué sa scolarité de la 4ème à la 3ème au collège Jean de la Fontaine dans le 16ème arrondissement de Paris en section européenne de langue orientale (SELO) chinois. Le 19 mai 2021, M. D a présenté huit vœux pour l'inscription de sa fille en seconde à Paris sur la plateforme AFFELNET. Par une décision du 29 juin 2021, la directrice académique des services de l'éducation nationale chargée des lycées et de la liaison avec l'enseignement supérieur de Paris a refusé tous ses vœux. M. D a émis deux nouveaux vœux pour le second tour qui ont été refusés le 8 juillet 2021. M. D demande l'annulation des décisions des 29 juin et 8 juillet 2021.
2. Par un arrêté n° 2021-108-RA publié au recueil des actes administratifs spécial n° IDF-012-2021-03 du 4 mars 2021, le recteur de la région académique Ile-de-France, recteur de l'académie de Paris, a donné délégation à Mme C, directrice académique des services de l'éducation nationale de Paris, à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève l'affectation des élèves dans les lycées de l'académie de Paris. Par suite, le moyen tiré du défaut de compétence de la signataire des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.
3. En outre, aux termes de l'article D. 211-10 du code de l'éducation : " Le territoire de chaque académie est divisé en secteurs et en districts. Les secteurs de recrutement correspondent aux zones de desserte des collèges. Un secteur comporte un seul collège public, sauf dans le cas prévu au deuxième alinéa de l'article L. 213-1 ou pour des raisons liées aux conditions géographiques. / Les districts de recrutement correspondent aux zones de desserte des lycées. Les élèves des secteurs scolaires qu'ils regroupent doivent y trouver une variété d'enseignements suffisante pour permettre un bon fonctionnement de l'orientation. / Toutefois, certains enseignements et certaines spécialités professionnelles, en raison de leur spécificité, ne font l'objet que d'implantations correspondant à une desserte soit nationale, soit commune à plusieurs académies, soit académique ". Aux termes de l'article D. 211-11 du même code : " Les collèges et les lycées accueillent les élèves résidant dans leur zone de desserte. / Le directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie, détermine pour chaque rentrée scolaire l'effectif maximum d'élèves pouvant être accueillis dans chaque établissement en fonction des installations et des moyens dont il dispose. / Dans la limite des places restant disponibles après l'inscription des élèves résidant dans la zone normale de desserte d'un établissement, des élèves ne résidant pas dans cette zone peuvent y être inscrits sur l'autorisation du directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie, dont relève cet établissement. / Lorsque les demandes de dérogation excèdent les possibilités d'accueil, l'ordre de priorité de celles-ci est arrêté par le directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie, conformément aux procédures d'affectation en vigueur. / Toute dérogation concernant un élève résidant dans un département autre que celui où se trouve l'établissement sollicité ne peut être accordée qu'après avis favorable du directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie du département de résidence. () ".
4. D'une part, il est constant qu'Eva D et ses parents habitent à Boulogne-Billancourt et qu'ils ne résident donc dans la zone de desserte d'aucun des lycées parisiens pour lesquels M. D a formulé un ou des vœux. D'autre part, le recteur établit que, pour chacune des formations pour lesquelles il n'existait pas de procédure de recrutement spécifique, l'effectif maximum était atteint et qu'aucune dérogation n'a pu être accordée aux élèves résidant hors de l'académie. En outre, ainsi que le fait valoir le recteur sans être contredit, il n'est pas établi que, pour les formations pour lesquelles une procédure de recrutement spécifique est prévue, à savoir le lycée Louis Le Grand et les sections internationales des lycées Janson de Sailly, Jacques Decour et Claude Monet, M. D ait déposé à cette fin un dossier pour sa fille. Par ailleurs, M. D ne saurait se prévaloir de la circonstance que deux élèves du collège Jean de la Fontaine résidant à Boulogne-Billancourt ont été admis au lycée Jean de la Fontaine, l'un en seconde SELO japonais et l'autre en seconde classes à horaires aménagés (CHAM) double cursus danse et musique, dès lors que ces élèves n'ont pas demandé une affectation dans les mêmes classes que sa fille. De plus, si M. D se prévaut de la circulaire concernant les modalités et procédures d'affectation des élèves dans les divers niveaux et séries de lycée pour l'année 2020-2021, cette dernière n'est pas applicable en l'espèce dès lors que les vœux litigieux ont été formulés pour l'année 2021-2022. En tout état de cause, la section SELO chinois du lycée Jean de la Fontaine ne constitue plus, ainsi que le fait valoir le recteur, une formation à recrutement inter-académique et, quand bien même elle constituerait une telle formation, la circulaire ne prévoit pas un droit pour les élèves non domiciliés à Paris et ayant effectué leur 3ème dans un collège parisien, d'obtenir une affectation dans un lycée parisien proposant une formation à recrutement inter-académique. Enfin, est sans incidence sur le présent litige le fait que le conservatoire à rayonnement régional de Paris puisse accueillir des élèves du conservatoire à rayonnement régional de Boulogne-Billancourt et que le lycée Jean La Fontaine aurait des difficultés à remplir les classes SELO chinois en classe de première. Dans ces conditions, et quand bien même leur domicile se situe à 15 minutes en bus et 22 minutes à pied du lycée Jean de la Fontaine et qu'au sein de l'académie de Versailles aucun établissement ne comporte une section langue orientale en chinois et ne propose la langue chinoise en langue vivante 1, M. D n'est pas fondé à soutenir que les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation de M. D doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E D et au recteur de l'académie de Paris, recteur de la région académique Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bachoffer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
La rapporteure,
A. B
Le président,
B.R. BACHOFFER
La greffière,
L. REGNIER
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026