vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2117738 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BERTRAND (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 août 2021, M. A D, représenté par Me Bertrand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 avril 2021 par laquelle la chambre d'appel en section disciplinaire de la fédération française de basketball a confirmé la décision de la commission fédérale de discipline du 19 février 2021 prononçant à son encontre une suspension temporaire de licence pour une durée de deux ans fermes jusqu'au 5 avril 2023 ;
2°) de mettre à la charge de la fédération française de basketball une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'incompétence ;
- méconnaît l'article 9 du code civil et le droit au respect de sa vie privée ;
- méconnaît le principe " non bis in idem " ;
- la sanction litigieuse est entachée de disproportion.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2021, le président de la fédération française de basketball conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. D la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil,
- le code du sport,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Doan,
- les conclusions de M. Cicmen, rapporteur public,
- et les observations de Me Bertrand, représentant M. D, et Me Jamet, représentant la fédération française de basketball.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D, joueur professionnel de basketball, licencié du SO Maritime Boulogne, club affilié à la fédération française de basketball, a été condamné le 8 octobre 2020 par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer à 24 mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits d'atteinte sexuelle par un majeur sur une mineure de quinze ans. Le 7 janvier 2021, le président de la fédération française de basketball a saisi la commission fédérale de discipline de la fédération, qui a ouvert une procédure disciplinaire à l'encontre de M. D sur le fondement des articles 1.1.1, 1.1.3 et 1.1.20 de l'annexe 1 du règlement disciplinaire général de la fédération. Le 19 février 2021, la commission fédérale de discipline a décidé d'infliger à M. D une suspension temporaire de licence pour une durée de deux ans fermes. L'intéressé a fait appel de cette décision le 1er avril 2021. Par une décision du 29 avril 2021, notifiée le 26 mai 2021, la chambre d'appel de la fédération a décidé de confirmer la décision de la commission fédérale de discipline du 19 février 2021. Saisi par M. D, le conciliateur du comité national olympique et sportif français a rendu une proposition de conciliation le 16 juillet 2022 aux termes de laquelle il proposait de s'en tenir à la décision du 29 avril 2021 de la chambre d'appel de la fédération. M. D s'est opposé à cette proposition. Par la présente requête, il sollicite l'annulation de la décision de la chambre d'appel de la fédération française de basketball du 29 avril 2021.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 131-8 du code du sport : " Un agrément peut être délivré par le ministre chargé des sports aux fédérations qui, en vue de participer à l'exécution d'une mission de service public, ont adopté des statuts comportant certaines dispositions obligatoires et un règlement disciplinaire conforme à un règlement type ". Aux termes de l'article 2.1 du règlement disciplinaire général de la fédération française de basketball : " Les organes disciplinaires sont compétents pour prononcer des sanctions à raison des faits contraires aux règles posées par les statuts et règlements de la fédération et notamment prévus en annexe 1, de ses organes déconcentrés ou, le cas échéant, de la ligue professionnelle et commis par une ou plusieurs personne physique ou morale en une des qualités mentionnées ci-dessus à la date de commission des faits. " Aux termes de l'annexe 1 de ce règlement : " Peut être sanctionnée toute personne physique et/ou morale mentionnée à l'article 2 : () / 3. qui aura commis une faute contre l'honneur, la bienséance, la discipline sportive ou n'aura pas respecté la déontologie sportive à l'égard de la Fédération, d'un organisme fédéral, d'une association ou société sportive ou d'un licencié ; () / 6. qui aura commis ou tenté de commettre des faits de violence de quelque nature que ce soit ; () / 9. qui aura mis en danger ou tenté de mettre en danger l'intégrité physique et/ou la vie d'autrui ; () / 21. qui aura été frappé d'une peine afflictive ou infamante ".
3. Il est constant que M. D a été condamné par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer à 24 mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits d'atteinte sexuelle par un majeur sur une mineure de quinze ans. Ces faits, qui relèvent de faits de violence et de mise en danger de l'intégrité physique d'autrui, appartiennent aux catégories visées par l'annexe 1 du disciplinaire général de la fédération française de basketball, qui est compétente, dans le cadre de l'exécution d'une mission de service public, pour adopter des sanctions disciplinaires. Par suite, et bien que les faits n'aient pas été commis à l'occasion de la pratique du basketball, le moyen tiré de l'incompétence des organes disciplinaires de la fédération française de basketball doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 9 du code civil : " Chacun a droit au respect de sa vie privée. " M. C B soutient que les faits qui lui sont reprochés ne se sont pas déroulés dans le cadre d'une activité sportive organisée par la fédération française de basketball. Toutefois, d'une part, ainsi qu'il a été dit, la fédération française de basketball pouvait, sans méconnaître sa compétence, se fonder sur la condamnation prononcée par le tribunal correctionnel le 8 octobre 2020 pour adopter la sanction litigieuse. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que cette sanction n'a fait l'objet d'aucune mesure de publication. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit au respect de la vie privée doit être écarté.
5. En troisième lieu, le principe " non bis in idem ", découlant du principe de nécessité des délits et des peines garanti par l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, ne fait pas obstacle à ce que les mêmes faits commis par une même personne puissent faire l'objet de poursuites différentes aux fins de sanctions de nature administrative ou pénale en application de corps de règles distincts. La sanction litigieuse étant une sanction disciplinaire, elle n'est pas de même nature que la condamnation prononcée le 8 octobre 2020 par le tribunal correctionnel. Par suite, elle n'a pas méconnu le principe susmentionné.
6. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article 22.1 du règlement disciplinaire général de la fédération française de basketball : " Les sanctions applicables sont : 1) Avertissement ; 2) Blâme ; 3) Amende : lorsque cette amende est infligée à une personne physique, elle ne peut excéder un montant de 45 000 euros. Un barème est prévu en annexe 4 du présent règlement ; 4) Perte d'une ou plusieurs rencontres sportives par pénalité ; 5) Perte de victoire ; 6) Pénalité en temps ou en points ; 7) Déclassement ; 8) Non-homologation d'un résultat sportif ; 9) Suspension de terrain ou de salle ; 10) Huis clos total ou partiel pour une ou plusieurs rencontres sportives ; 11) Interdiction temporaire ou définitive de participer aux manifestations sportives organisées ou autorisées par la fédération ; 12) Interdiction temporaire ou définitive de participer directement ou indirectement à l'organisation et au déroulement des compétitions et manifestations sportives autorisées par la fédération délégataire ou organisées par une fédération agréée ; 13) Interdiction d'exercice de fonction ; 14) Retrait provisoire de la licence pendant la durée de l'interdiction ; 15) Interdiction pour une durée qu'elle fixe d'être licencié de la fédération ou de s'y affilier ; 16) Suspension temporaire de licence ; 17) Radiation ; 18) Inéligibilité pour une durée déterminée aux instances dirigeantes ; 19) Radiation ou interdiction d'appartenir pour une durée déterminée à une instance disciplinaire ; 20) Suspension temporaire d'affiliation ". Aux termes de son article 22.2 : " Une ou plusieurs sanctions et/ou pénalités visées à l'article 22.1 peuvent être choisies cumulativement parmi celles énumérées ci-dessus dans le respect du principe de proportionnalité. Elles sont prononcées en considération de la gravité des faits et du comportement de leur auteur ".
7. M. D soutient que la sanction litigieuse est de nature à entraîner de graves conséquences sur son intégration et sa vie sociale et lui cause un préjudice professionnel en l'empêchant de rechercher un nouvel emploi de joueur professionnel de basketball pour la saison 2021/2022, alors qu'aucun élément ne permet d'établir l'existence d'un préjudice subi par son club ou la fédération, qu'il n'a pas d'antécédents disciplinaires et a toujours présenté une bonne image. Toutefois, au regard de la nature et de la particulière gravité des faits pour lesquels M. D a été condamné à deux ans d'emprisonnement avec sursis, ainsi que des fonctions de l'intéressé et de sa notoriété dans son environnement sportif, la sanction de suspension temporaire de licence pour une durée de deux ans fermes, qui n'est pas disproportionnée au regard de la gravité des agissements du requérant, n'est pas entachée d'erreur d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée en toutes ses conclusions.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la fédération française de basketball présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la fédération française de basketball présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, au président de la fédération française de basketball et au comité national olympique et sportif français.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Versol, présidente,
M. Pény, premier conseiller,
M. Doan, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
Le rapporteur,
R. Doan
La présidente,
F. Versol La greffière,
A. Cardon
La République mande et ordonne à la ministre des sports, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2117738/6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026