mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2117879 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BASIC ROUSSEAU AVOCATS (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 août 2021, M. B D, représenté par Me Rousseau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 juillet 2021 par laquelle la directrice de la formation tout au long de la vie de Sorbonne Université a émis un avis défavorable à sa candidature en première année de formation à l'institut de statistiques de Sorbonne Université (ISUP) ;
2°) d'enjoindre à la présidente de Sorbonne Université, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de l'admettre dans les effectifs du diplôme, dans le délai de trois jours à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de Sorbonne Université la somme de 2 000 euros en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle ne comporte aucune mention de la date d'examen de sa candidature ni du nom des personnes ayant procédé à cet examen ;
- elle est dépourvue de base légale, dès lors que l'institut de statistique de Sorbonne Université ne bénéficie pas du statut d'institut au sens des dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'éducation, ni d'aucun statut prévu par ces mêmes dispositions qui l'autoriserait à opérer une sélection au stade de la licence ;
- à supposer même qu'une sélection soit admise, l'établissement ne démontre pas qu'il a pris une délibération, régulièrement entrée en vigueur, pour fixer les conditions d'admission dans la licence demandée, ou même seulement informé les candidats des modalités de sélection si une telle délibération n'était pas requise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2023, la présidente de l'université Sorbonne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 12 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 avril 2023.
Par une décision du 25 janvier 2022, le bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. F, faute pour ce dernier d'avoir produit les documents justifiant de son éligibilité à cette aide.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Khansari,
- et les conclusions de M. Charzat, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. F a sollicité son inscription en première année de formation à l'institut de statistiques de Sorbonne Université (ISUP) au titre de l'année universitaire 2021-2022. Par la présente requête, elle demande l'annulation de la décision du 12 juillet 2021 par laquelle la directrice de la formation tout au long de la vie de Sorbonne Université a rejeté sa demande.
2. En premier lieu, par un arrêté du 2 juin 2020, le président de Sorbonne Université a donné délégation de signature à Mme A E, directrice de la formation tout au long de la vie de Sorbonne Université, à l'effet de signer, notamment, tous les actes, décisions et conventions relevant du périmètre de la formation et de la vie étudiante. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, ainsi que le fait valoir l'administration, aucune disposition législative ni réglementaire n'impose d'indiquer la date d'examen de la candidature du requérant ni le nom des personnes ayant procédé à cet examen dans la décision attaquée.
4. En troisième lieu, d'une part, aux termes du premier alinéa du VI de l'article L. 612-3 du code de l'éducation : " Une sélection peut être opérée, selon des modalités fixées par le ministre chargé de l'enseignement supérieur, pour l'accès aux sections de techniciens supérieurs, instituts, écoles et préparations à celles-ci, grands établissements au sens du chapitre VII du titre Ier du livre VII de la troisième partie et tous établissements où l'admission est subordonnée à un concours national ou à un concours de recrutement de la fonction publique, ainsi que pour l'accès aux formations de l'enseignement supérieur dispensées dans les lycées, aux cycles préparatoires intégrés, aux formations préparant au diplôme de comptabilité et de gestion ou aux diplômes d'études universitaires scientifiques et techniques, aux formations préparant à la licence professionnelle et aux formations de l'enseignement supérieur conduisant à la délivrance d'un double diplôme ".
5. D'autre part, l'article L. 613-2 du code de l'éducation prévoit que les établissements à caractère scientifique, culturel et professionnel peuvent, outre la délivrance des diplômes nationaux mentionnés à l'article L. 613-1 du même code, " organiser, sous leur responsabilité, des formations conduisant à des diplômes qui leur sont propres ou préparant à des examens ou des concours ". Compte tenu de la pleine autonomie qui leur est ainsi reconnue, en ce qui concerne les formations conduisant à la délivrance des diplômes qui leur sont propres, ces établissements ont compétence pour instaurer une sélection pour l'inscription à ces diplômes propres.
6. M. F soutient que la décision attaquée est dépourvue de base légale, dès lors que l'ISUP ne bénéficie pas du statut d'institut au sens des dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'éducation, ni d'aucun statut prévu par ces mêmes dispositions qui l'autoriserait à opérer une sélection au stade de la licence. Toutefois, la formation à laquelle l'intéressé s'est porté candidat constitue un diplôme propre à l'établissement Sorbonne Université au sens des dispositions de l'article L. 613-2 du code de l'éducation. Par suite, et compte tenu de ce qui a été au point précédent, Sorbonne Université pouvait instaurer une sélection pour l'accès à la formation dispensée par l'ISUP et la décision attaquée n'est pas dépourvue de base légale.
7. En dernier lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort des pièces du dossier que l'université a indiqué sur son site Internet que la première année de formation de l'ISUP était accessible par le biais d'une admission sur titre à partir de la troisième année de licence, après un cursus à dominante mathématique, ou via la banque d'épreuves des concours commune aux écoles d'actuariat et de statistiques, dite BECEAS. La décision attaquée a donc été prise au regard de la cohérence entre, d'une part, le projet de formation du candidat, les acquis de sa formation antérieure et ses compétences et, d'autre part, les caractéristiques de la formation demandée, sans que l'université n'ait à prendre une délibération déterminant les critères de sélection, dès lors qu'aucune disposition législative ou réglementaire ne le prévoit.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. F doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et à la présidente de Sorbonne Université.
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bachoffer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.
Le rapporteur,
A. Khansari
Le président,
B. BACHOFFER La greffière,
L. REGNIER
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026