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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2119365

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2119365

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2119365
TypeDécision
PublicationC
Formation1re Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET CALLON AVOCAT & CONSEIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 septembre 2021, Mme A C, représentée par Me Callon, demande au tribunal :

1°) de prononcer l'annulation de la lettre de notification du 16 avril 2021 et celle de la décision du 22 juillet de la même année rejetant son recours gracieux prises par le préfet de la région Ile-de-France ;

2°) d'enjoindre à l'autorité administrative compétente de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- Les décisions ont été prises par des auteurs incompétents ;

- Elles sont insuffisamment motivées ;

- Elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2023, le préfet de la région Ile-de-France conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 29 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au

13 avril 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'arrêté du 29 juin 2004 relatif au diplôme d'Etat d'assistant de service social ;

- l'arrêté du 22 août 2018 relatif au diplôme d'Etat d'assistant de service social ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Grossholz,

- et les conclusions de M. Pertuy, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, Mme C doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer l'annulation de la décision du 15 avril 2021 du jury, dont elle a eu notification par une lettre du préfet de la région Ile-de-France du 16 du même mois, de ne pas valider les domaines de compétence nécessaires à l'acquisition du diplôme d'Etat d'assistant de service social à laquelle elle s'est portée candidate ainsi que de la décision du 22 juillet 2021 par laquelle ledit préfet a rejeté son recours gracieux.

Sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité des conclusions :

2. En premier lieu, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur du courrier en date du

16 avril 2021 par lequel le préfet de la région Ile-de-France a informé Mme C de la décision du jury est sans incidence sur la légalité de cette dernière. Par ailleurs, par décision n°2021-42 du 13 avril 2021, publiée le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la région Ile-de-France, le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités a donné subdélégation à M. B, signataire de la décision du 22 juillet 2021 attaquée, pour prendre une décision de cette nature. Il en résulte que le moyen tiré de l'incompétence des auteurs des actes attaqués ne peut qu'être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L.211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; 2° Infligent une sanction ; 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ".

4. Les décisions attaquées n'entrant dans aucune des catégories mentionnées par les dispositions précitées, il n'en résulte pas, ni d'aucune autre disposition législative ou réglementaire, qu'elles devraient être motivées. Le moyen tiré de leur insuffisance de motivation ne peut donc qu'être écarté.

5. En dernier lieu, aux termes respectifs des articles 12 et 14 de l'arrêté du 29 juin 2004 susvisé et applicable, conformément à l'article 11 de l'arrêté du 22 août 2018, également susvisé, à la formation de Mme C, entamée avant le 1er septembre 2018 : " A l'issue de la formation, l'établissement de formation présente les candidats au diplôme et adresse au directeur régional des affaires sanitaires et sociales, avant la date limite fixée par celui-ci, un dossier comprenant, pour chaque candidat, le livret de formation, dûment complété, ainsi que le mémoire et le dossier de pratiques professionnelles en deux exemplaires. Le jury se prononce sur chacun des domaines de certification du diplôme d'Etat d'assistant de service social, à l'exception de ceux qui soit ont déjà été validés par un jury dans le cadre de la validation des acquis de l'expérience ou dans le cadre d'une décision de validation partielle telle que prévue à l'alinéa suivant, soit font l'objet d'une validation automatique conformément au dernier alinéa de l'article 11. Le jury établit la liste des candidats ayant validé les quatre domaines de certification du diplôme qui obtiennent, en conséquence, le diplôme d'Etat d'assistant de service social. Dans les cas où tous les domaines ne sont pas validés, le jury prend une décision de validation partielle mentionnant les domaines validés " et : " Sur la base du livret de présentation des acquis de l'expérience et d'un entretien avec le candidat, le jury, composé conformément à l'article 6 du décret n° 2004-533 du 11 juin 2004 susvisé, est compétent pour attribuer tout ou partie du diplôme d'Etat d'assistant de service social. En cas d'attribution partielle, le jury se prononce également sur les connaissances, aptitudes et compétences qui, sociales, doivent faire l'objet d'une évaluation complémentaire nécessaire à l'obtention du diplôme. En vue de cette évaluation, le candidat peut opter pour un complément d'expérience professionnelle visant une nouvelle demande de validation des acquis de l'expérience ou pour un complément par la voie de la formation préparant au diplôme. Dans ce cas, il est dispensé des épreuves du diplôme d'assistant de service social attachées aux compétences déjà validées et bénéficie des allégements de formation correspondants ".

6. Il n'appartient pas au juge administratif de contrôler l'appréciation portée par le jury sur les prestations des candidats à un examen, sauf s'il apparaît que les notes ont été attribuées sur le fondement d'autres considérations que la seule valeur de ces prestations. Il en résulte que Mme C ne saurait utilement soutenir que les appréciations de ses supérieurs hiérarchiques sur ses qualités lors de ses évaluations professionnelles contredisent l'appréciation portée par le jury pour refuser de valider des domaines de compétence nécessaires à l'acquisition du diplôme d'Etat d'assistant de service social à laquelle elle s'est portée candidate. Il en résulte que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet de la région Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,

Mme Grossholz, première conseillère,

Mme Ostyn, conseillère,

Rendu public par mise à disposition du greffe le 17 septembre 2024.

La rapporteure,

C. GROSSHOLZ

Le président,

J.-C. TRUILHELa greffière,

S. RUBIRALTA

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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