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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2120836

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2120836

jeudi 17 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2120836
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5e Section - 2e Chambre
Avocat requérantPIEROT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2021, M. C A, représenté par Me Pierot, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 12 août 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) l'a privé du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de le rétablir dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles dans un délai de 3 jours à compter du jugement à intervenir, sous astreindre de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- il dispose de motifs légitime pour ne pas s'être présenté à ses convocations ;

- la décision attaquée viole les dispositions de l'article L. 744-1 du cde de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il est sans ressources.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- et les conclusions de Mme Nikolic, rapporteure publique.

- M. A et le directeur général de l'OFII n'étaient pas présents, ni représentés.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, de nationalité afghane, né le 1er janvier 1995, s'est présenté à la préfecture de police le 18 décembre 2020 pour déposer une demande d'asile. La consultation du fichier " Eurodac " ayant permis d'établir que ses empreintes avaient été relevées en Autriche, une demande de reprise en charge a été adressée aux autorités autrichiennes, lesquelles ont donné leur accord le 19 janvier 2021. Par arrêté du 29 janvier 2021, le préfet de police a décidé de transférer le requérant vers l'Autriche. Le 22 juillet 2021, l'OFII a informé le requérant de son intention de mettre fin à ses conditions matérielles d'accueil, ce qu'elle a fait par une décision du 12 août 2021. Le requérant demande l'annulation de cette décision.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".

3. Par une décision du 29 octobre 2021, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris a rejeté la demande d'aide juridictionnelle de M. A. Par suite, les conclusions tendant à l'admission du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

Sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense

4. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites ".

5. En premier lieu, la décision du 12 août 2021 par laquelle l'OFII a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil de M. A précise les textes dont il est fait application et indique que l'intéressé n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti lors de l'acceptation de l'offre de prise en charge de l'OFII, notamment l'obligation de se présenter aux autorités. Elle comporte ainsi l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

6. En second lieu, le moyen tiré de l'atteinte manifestement illégale et grave au droit d'asile est inopérant dans le cadre des conclusions à fin d'annulation présentées dans le cadre du présent litige.

7. Pour justifier la décision attaquée, le directeur de l'OFII s'est fondé d'une part, sur la circonstance que le requérant n'avait pas déféré aux convocations des autorités chargées de l'asile, et d'autre part, sur la situation personnelle du requérant.

8. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. A ne s'est présenté à aucune des trois convocations prévues les 11, 12 et 19 juillet 2021 précédant son transfert en direction de l'Autriche. S'il justifie aujourd'hui ses absences par la concomitance de rendez-vous médicaux à ces mêmes dates, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'une seule consultation a eu lieu le jour de l'une de ses convocations en préfecture, le 19 juillet 2021. Par ailleurs, les documents médicaux versés au dossier ne permettent pas de justifier que son état de santé l'aurait mis dans l'impossibilité de se rendre aux autres convocations fixées par la préfecture de police les 11 et

12 juillet 2021.

9. D'autre part, si le requérant soutient que la décision attaquée n'a pas tenu compte de sa vulnérabilité, il n'apporte toutefois aucune précision, ni aucun élément probant à ce sujet, notamment s'agissant de sa situation personnelle ou familiale. Par suite, la décision attaquée n'est entachée ni d'une erreur de droit, ni d'une erreur manifeste d'appréciation.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de la décision de l'OFII du 18 août 2021 ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et les conclusions présentées au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 4 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Gros, président,

M. Feghouli, premier conseiller,

M. Hélard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.

Le rapporteur, Le président,

M. BD

La greffière,

S. PORRINAS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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